‹ Manuel d'agriculture pratique algérienneChapitre 30 sur 39 · CHAPITRE XXIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIII

Industrie agricole

Dans uû procèdent travail (() nous disions :

* Dans les dix dernières années les cultures industrielles ont (ait en Algérie de grands progrès; elles présentent, en effet, des avantages très clairs, elles sont lucratives, rapportent immédiatement un profit net et, élevé ; enfin elles se prélent favorablement aux exigences des assolements. Là n est pas tout leur mérite; elles doivent contribuer à opérer une révolution économique dans l'agriculture algérienne, analogue a colle qui tend à se produire en France : lo producteur se faisant industriel au profit du consommateur, c'est-à-dire au profit de tous, » Quel esi le produit, en effet, dit M. Jourdier dans son Çatàchbirru: d'agriculture-, qui nous entoure et qui ne vienne pas de la terre? il est dés lors évident que le jour où, au lieu de l'expédier h droite ou à gauebe, tx des dislances plus ou moins longues, de le faire passer de main en mainen laissant chaque fois ll l'intermédiaire un lucre qui augmente sa valeur vénale, sans profit pour le cultivateur, et au détriment du consommateur, ce jour-là, on aura bien approché de la solution du problème de la vie au meilleur marché possible. »

Au point de vue de l'intérêt général, il y a donc intérêt à ce que ('agriculteur se fasse industriel ; mais il y a intérêt aussi pour l'agriculteur lui-même,

■ L'agriculture, dit M. P. Joigneaux, peut s'accorder et aller de pair avec certaines industries. Il serait à désirer que beaucoup de cultivateurs fussent industriels ; la ferme ne ferait qu'y gagner. Ainsi, par exemple, les brasseries, les distilleries sont, dans bien des cas, les meilleurs auxiliaires do la ferme, en ce sens que les résLdus permettent de pratiquer

(I) Était tur rAïritulluia cli) Colon ia ni du de l'Algfric.

IVicrmviTfM du t- Mil '. l'ouM* ■ i tin? ro'T.ii ni [■ ir !oil« la production du fumier. Or, où l'engrais abonde, la terre s'enrichît, elle cultivateur s'enrichit en même temps...

• En général, nos cul lii.nl en rs feraient bien de se créer, en rtehorsde leurs occupations ocdinaires et pour les temps de chômage, diverses petites ressources qui ne sont point à dédaigner et qui n'exigent pas d'avances onéreuses : Qu'est-ce qui les empêche d'établir 'lis (Veuleries, des distilleries modestes?... Qu'est-ce qui empêche le cultivateur d'ouvrir, à coté des moulins à céréales, des moulins à huile?,.. »

En Algérie, autant qu'en France, les colons ne doivent pas perdre de vue ces divers auxiliaires de l'ai; ri culture sur lesquels nous ne pouvons nous arrêter sans dépasser les limites fixées a ce travail. Cependant, nous devons nous arrêter à uni: de ces industries qui e-f. appelée à un jiraiid avenir dans notre colonie : l'industrie séricicolc.

C'est ordinairement dans les premiers jours d'avril qu'en Algérie la feuille du mûrier commence à se développer; c'est à celte époque qu'il convient de. meure la "ruine à l'éclosion ; mois, en ra'son de l'importance de cette industrie, il convient de résumer par ordre tout ce qui y a rapport, savoir : K" la culture du mûrier; 1° la disposition L'énergie des locaux; l'éducalion des vers a soie proji renient dite.

1° Culture du mûrier. — Dans le chapitre des plantations nous avons indiqué re qui a rapport à la culture proprement dite, ainsi qu'à !a cueillette et à. la taille ; nous y renvoyons le lecteur.

Les vers ne mangent pas les feuilles malpropres ou flétries; ils ne mangent que la partie saine des feuilles tachées de rouille, et celles qui sont couvertes de miellée sont con-

La feuille ne doit être cueillie qu'après l'évaporation de la rosée; on l'apporte dans les nmeasins dan; des draps ou sur des brouettes ou des voitures, suivant les dislances. On ne doit donner aux vers ni feuilles mouillées ni même humides, sous peine d'en voir mourir.

La dessiccation des feuilles, dan- les pays séricicoles, se fait au moyen d'un appareil ventilateur à air chaud nui leur enlève leur humidité; une dessiccation au soleil ardent est contraire. Si l'air extérieur est sec et hàleux. les portes du magasin ne doivent pas rester ouvertes, une fraîcheur salutaire devant toujours s'y faire sentir.

2" Dispositions gënùraU- nu local. — Les bâtiments né—

cessaires ii l'éducation des vers résultent de la manière même dont les vers à soie accomplissent les fonctions de lu yie et dév.'IopqnTil leur aciivi'.é productive.

En Chine, nu Japon, les vers sont élevés à l'état libre ou dnns l'intérieur des habitations; mais en Europe, même on Italie ainsi qu'en Afrique, les ■munnaiteries, Mlimenls affectés aux vers à soie, son! indispensable* pour les garantir aussi bien contre le froid que contre les chaleurs trop

Les bâtiments doivent, le plus possible, être établis dans une localité aérée, loin des lieux m an": casent et humides, où l'almosphére serait épaisse et se renouvellerait difficilement; ils ne doivent point être trop exposés au soleil du midi; les fenêtres, autant que possible, doivent regarder le levant et le couchant.

Les emplacements, les plus favorables sont une éminence ou un plateau élevé.

Les bâtiments doivent avoir des dimensions en raison de la force do l'éducation projetée ; on peut prendre, comme point de départ de l'étendue à donner aux bâtiments, la donnée suivante: On compte dans une once (M gr.) de graine, environ i2,l)00 œufs; si tous arrivaient à bien, ils auraient besoin, parvenus à leur dernier Age, d'une superficie d'environ 31 mètres carrés, c'est-à-dire que les claies sur lesquelles les vers sont placés doivent offrir, à cette époque, celte superficie pour chaque once.

Ces construction.! doivent éhe vasles, parce que, pour une éducation de an onci*s (iU0 e.r.) (1), il s'agit de donner un abri ù 7 ou 8J0.OO0 vers qui, imperceptibles au moment de leur naissance, arriveront dis Unir cinquième âge à plus de 3 pouces (97 millini.) de longueur, et auront un poids total de 3,000 à 3,ij00 Ul.: parce que, encore, elles doivent recevoir pendant le nuirs de l'édn, alion te dépôt de 20.000 kil. de feuilles de mûrier, dont les cinq sixièmes y seront apportés eleonsommés pendant lesseplou liuil jours que durera le cinquième âge.

Elles doivent être aérées cl sa'iubrcs. parce que ce serait compromettre évidemment le sort do l'éducation entière que de ne donner à respirer à 7 ou 800,000 vers qu'un air vicié. Enfin, elles doivent offrir la possibilité d'y maintenir la température à un point donné et connu nécessaire au ver à soie. Cette Icmpéi-nliirc, quelle que soit celle qui régne extérieurement, doit être maintenue dans l'intérieur

il) Dictionnaire de l'iiidusîrie, rfi., an. m:>j-ii»iu«i i l-, par 11, Soulage Hsiliu.

de l'atelier, de 21 a 28 degrés pour les cinq premiers jours, et ensuite à20 degrés an thermomètre ileRéaumur pendant le restant de l'éducation,

Pour ces constructions, les colons devront, du reste, consulter les excellents traités qui ont Été publies sur celte matière.

3" Education des vers à soie. — On prépare l'éclosion des vers lorsque les mûriers commencent à montrer à l'extrémité de leurs rameaux quatre petites feuilles développées, de manière que le cinquième àgu les vers à soie corresponde à la parfaite maturité de la feuille.

Suivant les climats, celte époque est plus ou moins rapprochée ; en Provence, elle a lieu habituellement du 10 au fb avril, eu Algérie, du 1 er au 10.

L'éclosion a lien an moyen de l'incubation artificielle ; les œufs sont placés dans mu: éluvu ilnnl la leiiijiiTaliire, parlant de 11 à 18 degrés de Niai-air, s/éléve trni.hii'llcment de un à deux degrés par jour, jusqu'à ci- qu'elle ail ailcint 2S degrés; coïts température est alors maintenue pendant toute la durée de l'éclosion, qui a lieu du septième an douzième jour de l'incubation.

Pendant celte époque, les œufs sont remués légèremenf plusieurs fois par jour dans la boite qui les renferme,- lorsque le moment de l'éclosion est arrivé, on place sur les ccafs dos papiers criblés de irons, et sur le papier quelques rameaux de mûrier, ayanl les feuilles les plus tendres et les moins développées. Lis vers, adirés par la feuille, passent à travers le papier el couvrent entièrement les jeunes rameaux.

L'œuf devenu ver est transporté de l'étuve à l'atelier; il est alors à son premier âge. et il en a cinq à parcourir jusqu'au momcntilela montée.

Voici, d'après la méthode de M, Camille Bcauvais, le cours d'il ne éducation.

Le premier jour du premier âge (1),. le thermomètre marque Î4 degré- cl l'bygrninèl.rc de 80 à 8!>.

L'espace occupé par le produit do 1 once (30 gr.) de graine, ' environ 40,0110 vers, est de 2 pouces carrés (0,21 m. c.) ils consomment dans les 24 lieures, UOO gr. de feuilles non mondées, qui leur sent dis. ri butes en 24 repas. Pendant les trois premiers âges, la feuille doit être coupée très menue ; oi, au lic-i de la i.iisiribuer à la main, il y a une économie de

(I) Dictionnaire de lludulrle, tic.

— ïOT —

romps et d'égalité dans la répartition en se servant d'un lamis li mailles en fil de fur de ISmlIl. de coté.

L'hygromètre est exactement au même degré pendant Uni le I i'«iui:alion.

Le deuxième jour, le thermomètre doit marquer 23 degrés et on administrera 1 kil. de feuilles on 2i repas. - Le thermomètre marquera 'ii dcgivs le troisième jour. Il faudra 2 kilog. de feuilles en 24 repas. On procédera au de-

liLl:l]l(!llL (!L LUI di'dunMcmnit.

Le délitemeot consiste il enlever la litière de dessous les vers; le dédoublement à les espacer de manière à laisser entre eux une place vide égale il celle qu'ils occupent sur la claie, ce qui a lien dans les derniers âges, en formant deux claies avec les vers d'une seule.

Pour le défilement, M. Camille Tlcauvais prescrit l'emploi de filets ù mailles carrées de ISmillim. de coté. Qn los place sur la claie couverte de vers au moment du repas ; on répand de la Feuille sur le filet, et lorsque les vers y sont attachés, on saisit le illet et on le dépose sur une claie libre. Les vers restés sur la litière son! ensuite réunis sur les labiés de transport.

On débarrasse sur-le-champ l'atelier des débris qui restent

sur la claie.

Entre les mues, il y a toujours un redoublement d'appétit appelé prfite frèze dans les quatre premiers âges, si grande /Vèaedaris le cinquième.

Le quatrième jour est l'état de sommeil ; le thermomètre est a 21 degrés. Les vers occupent! m. (35 cent, carré.

A l'approche de <:hai;ue mue, ies vers lèvent et secouent la (file, et leur appétit diminue. Il ne faut plus alors répandre de feuilles que sur ceux qui ne dorment pas encore, et cesser toulifaitlorsqu'ilssonleniiormij.

Le cinquième jour de l'éducation est le premier du deuxième âge. Le thermomètre est descendu à 20° et il y sera maintenu pendant le restant de l'éducation. On repartira i kilog. de feuilles en dix-huit repas. Il faudra, après la mue, augmenter successivement la quantilé do nourriture en raison de hippélii des vers. On procédera au délltemeni.

Au second jour du deuxième âge, il faudra pour les dixhnit repas 6 kil. 500 gr. de feuilles. Le troisième jonr, 600 gr. suffiront; c'est l'état de mue. Les vers occuperont alors deux mètres carrés.

Au huitième jour de l'éducation, premier du troisième 3ge, on ne donnera plus que douze repas par jour; 3 kil. 500 gr. de feuilles serviront; au deuxième, il en faudra 7 hil. 500; au troisième, 20 kil.; au quatrième, 4li kil.; le

cinquième jour de sommeil n'en demandera que 1 kil. 500. Le premier jour, il y aura eu délilement et dédoublement le troisième déliiuiioiiL; au cinquième, les vers occuperont 5 m. 27 c. carrés.

Le treizième jour est le premier du qualrièmc âge. Il faut 20 kil. tic feuilles, on procède au délilement; le deuxième il en faut 32 kil. S00, et le troisième liu kil.. .licitement et dédoublement. Le quatrième la raiion se réduit ù :18 kil. MO ; il n'en faut que 2 kil. MO liu cinquième, à cause de la mue. L'espace occupe pur les vers est alors de 12 m. 05 c. carrés.

Le cinquième âge commence au dix-huitième jour; on cesse de couper ia feuille, mais il en faut 3b kil. le premier jour, 65 kil. 500 le deuxième; (00 kil. le troisième; 170 kil. le quatrième, 230 kil. le cinquième, 150 kil. le sixième. La grande abondance de la litière exige un délilemenl journalier et le développement de l'insecte un dédoublement le vingtième jour. Ce développement demande au vingt-troisième jour urfespace de 3i ni. 66 c. carrés.

Le vingt-quatrième jour, septième du cinquième ùge, les vers commencent à monter. 11 no leur faut plus que 50 kil. do de feuilles.

Depuis le premier jour du cinquième âge, on a réduit les repiis à huit par jour.

On rame, c'est-à-dire qu'on dispose sur les claies des petits fagots ou fascines, laits avec de la bruyère, du genêt ou du bouleau; on les place de telle sorte que la p a ni u supérieure se recourbe cl fait berceau avec le rang do fagots le plus voisin. Les vers monlent et se partagent les espaces librus (Julie les ;io;iU's bruiu'lu's de ces faisceaux.

On reconnaît que les vers se préparent à filer leurs cocons

1" Ils se vident do toutes les matières excrémentielles contenues dans leur corps ;

2° Leursserresetsurloutleurspaltes, prennent une transparence qui parlicipede la couleur du cocon qu'ils doivent filer ;

3° Ils errent sans manger sur les feuilles, et cherchent à grimper sur tout ce qu'ils rencontrent, eulrainanl après eux du longs bouts de bave de soie.

Au trentième jour on dèrame. Chaque ver ne met que trois jours a filer son cocon, mais il est bon de ne les ùéramer qu'au bout rie six ou huit jours, afin que les vers les derniers montés aient séjourné quelque temps dans les cabanes.

On choisit pour la reproduction les cocons les mieux conformés; 500 gr. de cocons donnent 30 gr. (une once) d'œufs.

Les autres cocons sont déposas sur des claies jusqu'au moment d'étouffer les chrysalides, opération qui doit être faite

le pins tût possible. Le ver se change en chrysalide aussitôt son cocon terminé.

Au quatrième jonr, les papillons commencent en général â sortir des cocons pen après le lever du soleil. La chambre où ils naissent doil être obscure. Les mâles cherchenl aussitôt à s'accoupler; on doit les séparer des femelles après sepi ou huit heures d'accouplement. Les femelles pondent immédiatement après la séparation ; chacune d*elles pond de 300 à SOu œufs, et on recueille la graine sur des linges blancs. Après l'avoir laissé séjourner 15 ou 20 jours dans le local où elle a été pondue, on met la graine dansmno cave à 9 ou 10°, afin de la conserver pour l'année suivante, ayant soin de la visiter de temps â autre.

En résumé, la principale condition de réussite d'une édu- I po ible dans l'accomplissement de toutes les phases de l'existence des vers, et pour goecer.e condition poisse être remplie, il faut maintenir dans falelier:

1" Une température élevée et suffisamment humide, également réparlie ; 2 ' Une ventilation énergique et conslanle ; 3° Une alimentation légère, fréquente el régulière ; i J Une propreté minutieuse;

5° Enfin, une surveillance active el do tous les instanls.

E.i! |n'tipndain: niiipnanier qui vend ses cocons, doit le faire aussitôt déramés, parce que chaque jour de retard en diminue sensiblement le poids ; la p,:rle est d'un liers au bout d'un mois, elle dépasse la moitié, si on tarde davantage.

Quanta l'éducateur gui f.Jt dévier chez lui, une fois les chrysalideséloutTé:-, re gui doit avoir lien après le déramage, il peut placer -les cocons sur des claies, dans un lieu sec el aéré, toujours à l'abri dirais.

'j S FJI. La coobenMn.

L' administra lion a donné des encouragements importants pour développer l'éducation de la cochenille, cependant elle s est peu développée ; il faut toutefois ajouter que les essais tentés ont Été couronnes de succès, que les qualités industrielles du prodùil sont reconnues et que les faits économiques constatent que la culture du nopal et l'éducation do la cochenille laissent aux colons un 1res lar^i; iicurde,;.

Parmi les raisons qui ont pu arrêter le développement de cette culture, on ne peut guère signaler que les ravages des oiseaus qui sont très friands el la crainte de l'abaissement de la valeur da produit par une production plus importante,

crainte qui, du reste, s'est réalisée en partie, si l'on compare les prix actuels avec ceux de la cochenille, il y a quclquei années.

Quoiqu'il en soit, nous crovona que le colon peut entreprendre, sur une petite échelle (2fi ares par exemple), la «ulluro du nopal el l'éducation de la cochenille ; il y aurait là de quoi occuper utilement les femmes et les enfants pendant une partie de l'année.

D'après M. Hardy, qui a fait une excellente étude de l'éducalinn île la dn'lu'uillt! à la h'' pi ni ère cenl in le , celle nliiracation estde bien moins difficile qu'une éducation de vers à soie.

Le terrain qu'on doit choisir 'doit être complètement ouvert, sans arbre, et situe do manière â ce que l'ombre des corps voisins ne vienne, en aucun temps, se projeter sur la plantation. Cependant le lerrain doit être, autant que possible, complètement abrilè des vents d'ouest.

La plantation devra être entourée d'une haie.

Le sel doit être d'excellenle qualité, ni trop compact, ni trop léger; l'argile cependant doit en Cire l'élément principal ; il doit être situé, soit a proximité d'un cours d'eau, soit d'une rivière, afin de pouvoir être irrigué quelquefois.

Le sol doit être défoncé de S0 à 60 centimètres de profondeur une année à l'avance. L'année suivante on donne deux ou trois lulioars profonds, autant de hersages pour bien diviser el ameublir la terre.

La plantation des nopals a lieu en avril, au moyen de boutures qu'on place à 30 centimètres de distance, en lignes espacées de i mètre 60 centimètres. Chaque bouture est enfoncée en terre à moitié de sa longueur, en ayant soin de mettre la largeur parallèlement à la ligne.

Les cultures d'entretien sont do fréquents binages de manière a ne jamais laisser croître de mauvaises herbes dans la nopalerie, ni jamais laisser la terre se durcir.

Dans les temps secs, on irrigue, mais modérément, et seulement lorsque le nopal a fait ses racines el que ses bourgeons sont déjà, à moitié développés.

Après la première pousse, on supprime les bourgeon qui sont venus sur la partie plane, no laissant que trois ou quatre de ceux qui sont placés sur les bords et au sommet.

Ces soins sont continués jusqu'au moment de placer les cochenilles mères, c'est-à-dire dans le courant de la troisième année.

« A la fin de la seconde année, dit H. Hardy, les nopals doivent avoir poussé quatre articles superposés. 11 faudra alors se procurer des cochenilles mères pour l'éducation

d'hiver, dansle but seulement d'avoirau printemps une bonne provision de mères, et faire, au retour du beau temps, une éducation ([ui n'exiti-i;r:i pas tes mêmes soins ni les mêmes précautions que relie d'hiver. »

En effet, l'éducation d'hiver qui se fait ou moyen d'abri est 1res dispendieuse et ne doit avoir pour but que la conservalion et In production des mères pour les éducations d'été.

Les cochenilles mires se répartissent sur les nopals en septembre, puni l' éditai -ion d'hiver, dans le courant de mai, pour la première éducation d'été.

La première éducation d'été se récolle en juillet ; on procède aussitôt à la pose des nids pour la seconde, qui se récolte en septembre.

Un traite, rédige par M. Hardy, et pnblié par les soins de l'administration, conlient tous les détails nécessaires pour conduire et mener à bien une éducation de cochenille ; nous y renvoyons le lecteur, lui rappelant qu'un agent de ia Pépinière a mission de se rendre auprès des personnes qui en témoignent le désir ei qui veulent se livrer ù l'éducation de la cochenille, afin de leur donner sur place des conseils sur le choix de l'emplacement, sur In disposition et l'exécution do la plantation, l'entretien cl la taille des nopals, le moment opportun et la manière de disséminer la cochenille, les soins à donner à la récolte, etc.

j tV, — Avenir iat industriel Qgrfcolei,

Les limites qui nous sont tracées ne nous permettent pas d'entrer dans de plus longs détails sur les différentes industries qui trouvent leur place dans une exploitation aprienle ; elles sont nombreuses, et un grand avenir leur est réserré; c'est en quelque sorte une révolution économique, industrielle et agricole dont M. Jounlicr a dit que les avantages étaient aussi grands qu'ils étaient pressants : i En effet, le jour où le capital viendra à la terre, il la fertilisera au profit de tous; tandis qu'au contraire, tant qu'il restera a la spéculation, ce ne sera qu'au bénéfice de quelques-uns oh au détriment du plus grand nombre.

Page 1