‹ Manuel d'agriculture pratique algérienneChapitre 6 sur 39 · SI · texte numérisé non relu

SI

| IV. - Polj.ce..

Noos séparons des charrues les instruments de ce genre, à. double, triple ou quadrupla elïet. qu'on appelle bisocs, tr*~ soes OU polysoes, parce lu ■ rs I il n'es! guère possible

de leur faire faire de véritables labours sur une terre ordinaire, et qui n'a pas encore été travaillée depuis la dernière

Mais dans une terre déjà travaillée, quand il s'agit de netloyer nne jachère, de donner de petites façons aux terres destinées a recevoir des srraiaiNes on îles recolles dérobées, quand la lerre.n i' 1 ■'■ préalablement très bien ameublie, enfin quand il s'agil d'enfouir des semerres alors que le sol est en bon étal, la charrue double (ftg. li), les trisocs et même les

polysocs peuvent travailler dans de très bonne? conditions et rendre des services. En effet, il n'est p;n in'liffét'eni, .innnd on entreprend an lEihour, de pouvoir faire avec la même force cl dans le même Iciins, nue quantité d'ouvraee double ou triple de ce f[a'on nliliemlriiil ;iiee nue charme ordinaire.

La rlmrroe double il'Hownr.1, le irisoc de Grignon, sont les ijeil leurs insl rumen Is do ce genre.

S Y, — ChtnH « «pMn L'adaptation de la vapeur à tous les travaux agricoles a été tout particulièrement l'objet des rrrlicivlies de nos voisins de ia Grande-Bretagne: en etfet. de toutes les forces momies dont on dispose, c'est la moins coi't.euse, et, par conséquent, celle qui permet de produire à meilleur marché. San application pour b:s travaux d'intérieur, préparations d'alimenls, bat âges de récol.cs, etc.. est un l'ai! a-.Timipli dans beauroup de localités, et il serait à ilésirer qu'il put en être de même pour tous les Iraïaui. d'c\l rieur. Ile uraii.les iliflieuUés se. présentent, mais il ne parai, pas inijX'ssible qu'elles ne put-sen. Cire surmonlées un jour, et les ,riii;r:ics lai' es daos u«s derniers temps ont été cuuroiméoà par le suivès. En Angleterre, le labourage inapeui' se fait un mojtu des cliarrues

plus co m pli? te l'ijr. (i, — l'Immr» h vapeur de s-miii,

t'vidence, que son usa^e rient n'n li eil iiti nimscs .services dans les défrichements des landes et dans les contrées de grande culture que nous possédons encore en France ou dans nos possessions 'd'Afrique, où les liras sont si .souvent insuffisants.

Du reste, nous ne faisons- qu'indiquer ici ces insirunients qui ne pourrirent être emnlo.vés que p.tf de grands propriétaires ou par de erandi'senm parjr.es agricoles disposant d'un capiliil iniporiani. Ces propriétaires et ces compagnies mnnqueniencoie en AL'ù'ie. mais nous nu désespérons pas u,u'un jour les ressources qu'on peut tirer de notre colonie étant

mieux appréciées, l'intelligence et les capitaux se décident enfln à se diriger vers les rives algériennes.

S VI. — rwcliiuimenri!, eitirpateuri et tcarifioatouri.

Afin de suppléer an* charrues dans les labours snperficiels, les Anglais ont inventé plusieurs instruments qui atteignent parfiiiiemeni le l»ui qu'ils se proposaient : ce sont les déchaumeurs, cxlirpatems ou scariiicaleurs, donl l'usage commence à se propager en France, el dont L'importance est si grande qu'on ne saurait plus s'en passer, même dans une exploitation ordinaire.

En Algérie ces inslrumenls sont appelés a rendre les mêmes s-m ices, et nous voudrions les voir adopter.

Les déchaumeurs, exlirpaleurs ou scarificateurs ne diffèrent guère entre eux que par la forme de leur partie Iranclianlc, el dans la pratique on aune tendance à les confondre, bien cependant qu'ils soient destines chacun à un travail différent.

Le déclianmeur (ftg. 7) est destiné à rompre, à trancher la

couche gazonnée d'une terre avant son défonccmcnl el son ameuljlissemenl par la charrue; on l'emploie en juillet et août pour déeliauitier les terres qui oui porté une céréale d'hiver ou de printemps.

L'instrument le plus en usage el le plus recommandante esl le ilécliiiumnir trisnr. île Reriliill. qui peut aussi fonctionner comme charrue sous-sol. On l'emploie heaueoup en Angleterre pour opérer le déilKuurinsre et ■ l ■. iruire les herhes avant de procéder aux labDiu- iléliuinfs. Kn enlevant les deux pieds de derrière, el ne conservant que le soc du milieu, on peutfaire foucliooner cet instrument comme charruesous-sol,

L'eïtirpateur (flg. 8) doit particulièrement détruire et ar-

Flg. 8. — Eilirpnleiir.

racher les mauvaises herbes, tout en achevant l'émieuement d'une terre déjà ameublie. On l'emploie pour rompre, à la fin de l'hiver, les hlmurs il'uuiouiiie. Solidement construit, comme il doit l'élre, c'est, comme son nom l'indique, un instrument propre k couper les racines.

On croit généralement, dit M. Jourdier, dans son travail sur le matériel agricole, qu'avec une herse mécanique on détruit la mauvaise herbe; il n'en est rien. Les dents passent entre les racines; il n'y a que celles rjui se trouvent sur leur passage qui sont arrachées. Avec l'exlirpaieur, au contraire, on coupe tout, comme avec une charrue.

Le scarificateur (lig. 9) est destiné à fonctionner sur un sol

durci, ;tfln de l'ameublir, de le faire foisonner, pour le rendre propre à èlre pénétre par l'air atmosphérique.

Il doit remuer, fendre la terre perpendiculaire ment, la

scarifier enfin, puisque c'est le mot propre, pour la réchauffer, l'écrouler, la réduire.

Le scarificateur Howard, que représente noire vignetlr, est un des meilleurs instruments de ce retire; au moyen d'un levier très simple, il se déterre Luiii suliI 1 la fourrière, ce qui permet, quand on est arrivé au bout du champ, de prendre facilement la nouvelle place a labourer.

j. VII. — Hem».'

f.e hersage est la seconde opération des préparations de la terre, il a pour but de briser les molles, d'unir la surface du sol, d'enlever les mauvaises herbes ou, eniin, d'enfouir une semence ou un engrais.

En gênerai toutes les herses en usage en France sont défectueuses; elles sont pesantes, massives, mal construites, et font un mauvais travail; if n'y a d'exception que pour la herse Dombaslo cl pour celle; i:ariil!i''lo;r;iiriiiiii]in.:s de Valcoori et de Grignon.

En Algérie ces instruments sont encore plus défectueux qu'en France.

J. es herses anglaises présentent sur les nûtrts une supériorité incontestable ; mais malheureuscmenl elles ne sont en usage en France que dans les fermes-modèles eldansquelques exploitations progressistes; en Algérie elles nesontpoini employées du loin. Les a van tau es des lierres anglaises sont réels, elles rendent tous les service- qu'un doit en allendre, et la pratique a sanciionné ce que la théorie avait démontré, c'est-à-dire que ces herses s'engorgent moins que les antres;, que chaque dent agit, el, en conséquence, que le travail es! plus parfait qu'avec les hoeses à tirage direct.

La lierse en zig ml* d'Howard i J i.tr. Ht) est eomplétemcnl en fer; elle fait moru'ilie pour ameublir la terre cl couvrir les semailles; quand les cultivateurs en connaîtront le mérite, il n'y en aura plus d'autres en France. En Angleterre, elle est employée de la manière la plus exclusive.

L'accouplement des herses « ■ I : . i t un problème économique des plus intéressanls, el il a élè résolu de la façon la plus satisfaisante par les constructeur* anglais. Une seule herse n'exige en général qu'un seul dieial et donne peu de travail pouruu charretier, tandis qu'avec la herse ariiculéed'Hoivard, que nous ne saurions inqi recommander, conduite par un homme et Irais chevaux, on nr.eublii une surf, code :î-,00 de largo, à l'aidr île soixante detds qui tracent leurs soixante raies ii f)",05 de distance l'une de I nulle.

On emploie aussi en Angleterre et en Amérique une herse

a ch'dnes qui a pnrn, pour In première fois en France, au Concours général d'Agriculture de 1860, et a obtenu le pre-

mier pris ; elle prodnil un travail analogue à celui du jardinier; ii terre esl au^i bien ameuUlk' guy si elle avait été li-avuillf'c à lu ln'rlip cl au râteau.

La horse a chaînes (lig. 11) est composée de mailles rectangulaires accoupiiVs qm fimrfionnenl sur leurs angles; ces mailles sont posée; à audis • J roiis le- uni'-; avec les autres.

Cette herse est 1res flexible-, l'écaricment est mainlcnu, soit pnr des tringles en 1er ou bois, soit par une rangée de mailles tordues et inflexibles; elle a pour but de rendre plus fixe lu terre déjà hersée par les autres herses, de la nettoyer des mauvaises herbes, de recouvrir les semences ou de remplacer la lierse ù buissons pour hier la mousse des prairies, ce qu'elle fait d'une manière beaucoup plus satisfaisante; sa flexibilité, enfin, lui permet de suivre toutes les sinuosités du terrain.

C e~! après l'avoir vue fonctionner que nous appelons particulièrement l'attention des cultivateurs sur celte nouvelle herse.

]. YIII.— Rouk.ni.

L'utilité d'un bon rouleau est reconnue partout; cependant dans le plus grand nombre des localités on en est encore a se servir d'un rouleau en bois ou en pierre, a surface unie, qui n'écrase pas les mottes, ne plombe pas le terrain, et ne lui

donne pas la consistance nécessaire aux premiers phénomènes de la végétation.

Le rouleau est un instrument indispensable, et cependant ceui qu'on emploie sont en général très insuffisants. Le rouleau est destiné à écraser les mottes qui, dans la plupart des terrains consistants, ne sont pas suffisamment émietiées par les herses, l'action du temps et des intermittences de soleil et de pluie. Il sert encore h raiïermir le sol après les semailles, à empêcher les plantes de se déchausser, enfin son action favorise le tallemeot des plantes.

Construit le pins souvent d'une senle pièce, le rouleau n'atteint pas les fonds cl ('frase les saillirs du sol, à moins qu'on ne se serve d'un cylindre très court, ce qui entraîne une très grande perte de temps.

Les rouleau* |>n [VL'lmnm 1 - construits dans ces derniers temps tendent à olivier à ces mninvémenls : les uns à disques sont articulés et disloqués de manière à appuyer également la terre partout, quelles que soienl les inéL/alilés du terrain; les autres sont formés de disques dont les bonis sont taillés en biseaux, et séparés à ilisiaii.vs claies par îles disques plus petits; mais le rouleau le plus puissant et le plus énergique que possède l'agriculture européenne, c'est le rouleau brise-molles, appelé Crosskfl du nom de son inventeur. (Fig. 12.) Il se compose de disques dentés, en fonte, indépendants les uns des autres, souvent inégaux et enfilés sur un même es sieu. Aucune moite de terre ne résiste à l'action de ce rouleau. On s'en scrtuussi pour appuyer les semailles de blé^ ei il remplit l'office mécanique d'un vrai troupeau de moutons i enfin l'effet du rouleau Crosskil contre le ver est également supérieur à celui île tous les autres instruments dn même genre.

S ]X. — Ssmoira.

L'ensemencement est lapins importante et la / phisintéiessanledescpé- ) rations nécessaires à la production, car c' principalement, comme l'a très bien dit M.Jourdier, do la manière de semer que dépend la fécondité ou la plus ou moins grande stérilité des céréales.

Pour qu'un semis soit bien fait, il faut qu'il satisfasse à deux conditions essentielles : 1° que la semence soit égale-

ment répandue; 2° qu'elle soit repartie en quantité déterminée pour une élendue donnée.

Malgré loulc l'habi été que la pratique peul donner', il esl dinMIe que les semailles a la volée puissent jamais remplir d'une manière satisfais, itiie a ces deux cundilions.

Un seul moyen de réjjiilarisrT t-[ d'économiser la semence, c'est d'avoir recours aux insinunenls s (n'-ci iiu x employés au- 1 jourd'liui dans toute l' Angleterre, el dont I j-.i •• devient de plus en plus général en France.

En recourant aux excellents instruments que l'on possède, on n'a plus besoin de semeurs spénaux d une adresse toute p;inini.icre : la semence es! plus rvalrmcii! repartie, il y a économie notable de semence , el le l'jmiii est recouvert instantanément et garanti contre les dégâts des oiseaux el des insectes.

Lailin, en se servant de semoirs (iig. \'J) les plan les* sont

Fig. 13. — Semoir de Eoffolfc,

espacées d'une manière régulière qui . permet plus lard de les sarcler soil à la main, soil avec des instrumente à. cheval qui diminuent les frais et la (lun e des travaux.

Ce dernier avantage, est de la plus haute importance, et fait désirer à tous les amis du progrès agricole de voiries ensemencements au moyen des semoirs remplacer partout les semis à !a volée.

Les semoirs à cheval sont d'un usage économique, et malgré l'élévation de leur prix d'adial, qui fait que quelquefois le cultivateur hésita à en Taire l'acquisition, on ne saurait trop en vulgariser l'emploi, car, dès la première année, un ■bon semoir a gagné trois (ois ce qu'il a -coûté.

S X. Butloir;, biuoma, Eoul'6 à clicrnJ.

Les cultures en lignes, ainsi que quelques cultures industrielles, demandent à éiro L-umpiéiées par des binages et des sarclages; aussi s'est-on occupé de créer des instruments spéciaux destinés à détruire plus rapidement, plus économiquement et plus sûrement que ne le fait la houe à main, les mauvaises herbes qui infestent les champs.

Les boues à cheval (fig. U) et les bineuses (fig. la) renden

fïjt, u. — aomDiay.

faciles les sarclages et les binages, et assurent la destruction des plantes parasites ; c'est, du reste, un des avantages que présente la culture en lignes.

Quant aux bulloirs, ils ne sont pas d'un usage aussi général nue les houes, mais ils sont indispensables pour assurer le succès de certaines cultures, el notamment celle des racines.

La houe à cheval de Grignon, celle de M. Bodin, celle de Smith, le bineur de M. Moll, celui d'Howard, sont d'excellents inslrnmcnls, adoptés partout, el rendant tous les services qu'on peul en attendre,

■ Les constructeurs anglais possèdonl d'excellcnis bulloirs, mais la charrue tourne-oreille à laquelle on fixe un versoir de chaque colê, les remplace parfaitement.

J XI. Failli, furillei, inpi, «le.

La description do ces instruments, qui lendcnl a disparaître, est d'une médiocre utilité; tout le monde le* sonnait, et ils sont employés dues la plus grande partie <Jo l'Europe, ainsi qu'en Algérie.

La faucille est rinstruinent primitif; il y a cinquante ans, elle était encore presque evcl usl vimcicii I usitée pour les IrarBUx de la moisson ; en Algérie, 1rs Arabes ne connaissent guère d'aijire instrument. L:i faucille n'exii-c pas de force el peut Cire employée pur tous les Li as, même par les femmes; l'avantage qu'elle possède, c'est la iv^ikin:-.' ms javelles, mais elle cause une perlo notable de paille en forçant de couper les chaumes à une certaine hauteur. Enfin le travail est très lent, el un bon moissonneur, op ne perdaflt pus o)c temps, ne peut abattre plus .le 20 ares par jour.

La sape est en usage filiez les ouvriers belges, e[ ne s'est guère propagée même en France, car elle demande beaucoup de pratique pour arriver à une corluiue habileté. La sape coupe plus près de terre que la faucille, fait un bon [raiail el rend de très f.raiuLs .services dans les blés versés, où la faolx ne pénètre que difllcileraen!.

La fanls est le plus rapide des insli tiroents à main; elle pcul alialtre QO ;'l fît) arcs par joor, mais a ver deux personnes, un faucheur et sa ramasscusr. t. a laulx est moins délicate à manier que la sape, et coupe plus bas qu'elle, mais elle ébranle le grain el pénètre mai dan- les blés versés.

.Mais tous ces instruments doivent disparaître devant les machines à faucher et à moissonner, qui scienl un aro par minute el abaltem ni nil[ . beiue ]ilus quo les meilleurs faucheurs dans toute leur journée.

j XII. — FimchdUIQI.

Remplacer le travail de l'homme par celui «e In machine, h canup up plus expédilif et beaucoup moins coilletr*, tel est le prohlçme qn'on a cherché à. rûsopdre depuis quelques années. Tendant longtemps un grand nombre d'agriculteurs se son' monires incrédules à l'endroit des tnaclijiies à faucher el à moissonner; cependant le; expériences fuites ep Angleterre nu moment do l'Exposition de -Ifliil , celles qui ont eu lieu en Franco à Trappes, et cellos plus récentes des concours de Fouilleuse en f859, cl de Vincenncs en 1860, ne laissent plus

do doule ii cet égard : le problème est complètement résolu. - An concours de Fouilicuse, la faucheuse Allen (fig. 1G)

avait donné un résultai excellent. Celte machine fauche de 4 à 5 hectares par jour, et n'exige qu'un homme et deux chevaux qu'on renouvelle une fois dans la journée.

An concours de Vincennes, elle a été dislancée par une faucheuse Wooil, pcnVclioiméc p<u' L'ranslon, qui n nlilenu le premier prit des nuHinn'; éi rasiséns ntnsi que le prix d'honneur dans !e concours général entre les machines françaises et les machines éirangéres.

f.a machina Wood est liés légère (flg. 17), occupe peu de place, et peut par-.'r par unis II^ chemins : elle esi d'une très grande simplicité, roinlilion iiiilisjirn^iMe pour les engins destinés aux travaux des champs. Elle est à un ou deux chevaux; la faucheuse à un cheval coupe sur une largeur de I mèlre,cellcà deux chevaux sur une largeur de 1 mètre 2i\ centimètres. Le résultat parfait qu'on obliant avec celte faucheuse a fait l'admiration de tous les cultivateurs qui ont suivi les expériences de Vincennes.

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