ARTICULATIONS DU MEMBRE INFÉRIEUR
L'Articulation coxo-fémorale (pi. V, 5, e) a lieu entre la cavité cotyloïde et la tête fémorale. La cavité cotyloïde est rendue plus profonde à l'aide d'un cartilage qui incruste le pourtour osseux; au fond de la cavité cotyloïde le cartillage est remplacé par de la graisse et du tissu conjonctif. La tête du fémur s'adapte parfaitement à la cavité cotyloïde et le col de l'os est partiellement retenu dans cette cavité.
Un ligament interarticulaire se trouve fixé au fond de la cavité cotyloïde et dans le creux que présente le milieu de la tête du fémur. — Une capsule, fixée en haut au rebord de la cavité et en bas aux lignes rugueuses qui unissent les trochanters, recouvre complètement l'articulation; elle est encore renforcée par d'autres ligaments, tandis que la pression atmosphérique et les muscles environnants contribuent puissamment à maintenir le contact des surfaces articulaires.
Cette articulation permet tous les mouvements. Les mouvements de flexion et d'extension ont lieu suivant l'axe du col du fémur ; la tête de cet os ne subit d'autre déplacement qu'un mouvement de rotation en avant ou en arrière dans la cavité cotyloïde.
Le mouvement de flexion peut être tel que la cuisse peut toucher la partie inférieure du tronc; il se forme alors un angle de 130°. — Le mouvement d'extension n'est pas si étendu parce que la grande résistance de la paroi antérieure de la
capsule s'y oppose. S'il n'en était pas ainsi , alors le rebord de la cavité cotyloïde viendrait mettre un obstacle à un mouvement d'extension plus étendu.
Le mouvement de rotation est plus compliqué; pour le comprendre, on se rappellera que le col du fémur forme un angle presque droit avec le corps de l'os et quand la tête du fémur glisse dans la cavité cotyloïde, le col est mis en mouvement et celui-ci se communique au reste de l'os. Le fémur ne tourne donc pas sur son axe, mais il décrit un arc de cercle dans la direction du col et de la tête du fémur. Le fémur ayant une direction oblique en bas et en dedans, il en résulte que son extrémité inférieure vient se placer presque dans la direction d'une ligne verticale qui partirait de la tête du fémur; c'est ainsi que cette partie opère alors sa rotation presque sur son propre axe. Dans le mouvement de rotation la tête décrit donc un fragment de cône dont le sommet correspondrait à l'extrémité inférieure du fémur et la base à son extrémité supérieure, là où l'axe du corps de l'os s'unit à celui du col.
La jambe étant pendante, l'abduction se fait sous un angle de 45°; dans ce cas la rotation en dedans et en dehors reste encore possible sous un angle de 45 à 50°. La hanche étant dans un état de semi-flexion, l'abduction et l'adduction peuvent encore avoir lieu en formant un arc de 90°; l'une jambe peut alors être portée au-dessus de l'autre et les genoux peuvent plus facilement se comprimer que lorsque la cuisse se trouve en état d'extension.
L'Articulation du genou (pi. V, 6) est une articulation trochléenne formée par les condyles du fémur et les cavités glénoïdes du tibia. Le péroné n'est uni à cette articulation que par l'intermédiaire de quelques ligaments qui se fixent à la tête de cet os.
Le corps du fémur est disposé obliquement sur le tibia et forme avec cet os un angle. La surface articulaire inférieure du fémur a la forme d'un fer à cheval irrégulier, dont la partie convexe sert à l'articulation avec le tibia, tandis que la partie antérieure s'articule avec la rotule. Les surfaces articulaires du tibia sont concaves et plus ou moins ovales.
Les surfaces articulaires du fémur et du tibia sont séparées par des fibrocartilages interarticulaires de forme semi-lunaire (pi. III, 42).
Les ligaments du genou sont au nombre de quatre; deux de ces ligaments se trouvent en dehors de la cavité articulaire, les deux autres occupent l'intérieur de l'articulation. Les ligaments externes s'insèrent aux tubérosités du fémur d'un côté, et à la tête du péroné et à la tubérosité interne du tibia d'un autre côté (pi. V, 6, a, a). Les ligaments internes sont appelés croisés, parce qu'ils se croisent en se dirigeant des condyles du fémur à la crête du tibia.
La capsule de l'articulation du genou se caractérise en ce que ses couches externes, très-solides, sont essentiellement constituées par les tendons des muscles environnants. Le tendon du triceps crural (pi. III, 6, b, b) entoure la rotule et envoie des prolongements latéraux dans les espaces qui existent entre la rotule et les ligaments latéraux. Derrière le tendon qui renferme la rotule, se rencontre une grande quantité de tissu graisseux dont la présence est très-importante à connaître, parce que ce tissu se déplace pendant les mouvements du genou et qu'il en modifie la forme ainsi que nous le verrons dans la deuxième partie de l'ouvrage.
En arrière- la capsule se trouve fixée à l'extrémité inférieure du fémur et au bord supérieur du tibia; elle embrasse les deux condyles du fémur et est renforcée par les tendons des muscles demi-membraneux et des muscles jumeaux.
Les mouvements, que cette articulation permet, sont : une flexion en arrière, sous un angle de 160° et une rotation en dedans ou en dehors quand la capsule est relâchée, c'est-à-dire le genou étant dans un état de semi-flexion. La flexion peut être tellement étendue, que la jambe vient toucher la cuisse et même que le talon touche la fesse du même côté. — L'extension cesse quand la jambe est rapportée dans la même direction que la cuisse.
Articulations péronéo-tibiales. — Elles sont au nombre de deux :
En haut, l'articulation a lieu à l'aide de deux facettes articulaires que présentent la tubérosité externe du tibia et la face interne de la tête du péroné. Ces deux parties sont entourées d'une capsule renforcée en avant par un ligament.
En bas (pi. V, 1, a) l'articulation se fait entre la cavité triangulaire du tibia, et la partie inférieure du péroné qui est située au-dessus de la malléole externe. Ces parties sont maintenues par des ligaments antérieurs et postérieurs.
Les corps des deux os sont ralliés par un ligament interosseux.
Articulations du pied. — Les surfaces articulaires inférieures des os de la jambe sont unies à celles des os du tarse et ceux-ci le sont avec ceux du métatarse, de telle sorte qu'aucune articulation isolée ne peut se mouvoir sans communiquer le mouvement aux autres.
L'articulation de la jambe avec l'astragale (pi. V, fig. 7 et 8), c'est-à-dire entre la trochlée formée par l'astragale et les surfaces articulaires inférieures du tibia et du péroné, présente en avant et en arrière une capsule qui s'insère à l'astragale, au tibia et aux deux malléoles. Dans cette articulation, l'axe passe, en dehors à travers la malléole du côté externe et du côté interne au-dessous de la malléole correspondante.
Cette articulation ne permet que les mouvements de flexion et d'extension.
L'articulation entre la surface concave de l'astragale avec la. surface convexe du calcanéum a lieu à l'aide d'une capsule fixée aux rebords articulaires.
L'articidation entre la tête de l'astragale et la surface concave du scaphoïde avec les deux facettes articulaires du calcanéum est également munie d'une capsule fixée aux rebords articulaires, mais elle est renforcée en arrière par un ligament large.
L'articulation par emboîtement réciproque entre le calcanéum et le cuboïde a lieu par une capsule qui est renforcée en bas par plusieurs ligaments.
Ces diverses articulations reçoivent encore d'autres ligaments solides qui partent des malléoles pour se distribuer à l'astragale, au calcanéum et au scaphoïde.
Les articulations des os de la rangée antérieure du tarse (scaphoïde, cunéiformes, cuboïde), soit entre eux, soit avec les métatarsiens, ont lieu par de fortes capsules fixées à la face dorsale et à la face plantaire du pied. Divers autres ligaments concourent à renforcer ces capsules.
En dehors des ligaments spéciaux que nous venons de mentionner, il en est encore d'autres généraux, qui unissent la partie postérieure du pied avec sa partie antérieure pour maintenir la solidité de sa voûte. Ces ligaments sont
surtout nombreux à la face plantaire et s'étendent du calcanéum au scaphoïde, au cuboïde et à la base des métatarsiens.
Dans les articulations du tarse on rencontre : les mouvements de flexion et ^extension, qui permettent au côté interne du pied de se rapprocher ou de s'éloigner de la ligne médiane du corps, ainsi que le soulèvement du bord interne ou externe du pied.
Les articulations des têtes des métatarsiens avec les phalanges et celles des phalanges entre elles (pi. V, fig. 7 et 8) correspondent à celles des métacarpiens et des doigts. Elles ne peuvent exécuter que des mouvements de flexion et d'extension. — La partie antérieure du pied ne touche le sol que par les articulations des tètes des métatarsiens avec les premières phalanges.
Nous terminons ici la description sommaire des os et des articulations dont l'ensemble constitue un squelette articulé. Nous sommes convaincu que cette description aura suffi pour en comprendre toute l'importance et que l'étude du squelette articulé doit servir de base à l'étude ultérieure du corps humain. En effet, sans ces connaissances l'étude des mouvements est rendue impossible et l'artiste doit connaître non-seulement les os tels qu'ils se présentent à l'état isolé mais encore la position naturelle qu'ils occupent chez l'homme.
Le squelette de l'enfant diffère de celui de l'adulte ; aussi insisterons-nous sur ces différences quand nous expliquerons les formes extérieures du corps humain à ces deux périodes.
Chez le nouveau-né les os n'offrent pas cette dureté qu'on rencontre chez l'adulte ; ils se présentent sous un état que l'on peut comparer à celui du cartilage; ce n'est que plus tard, au fur et à mesure que l'enfant avance en âge, que cet état cartilagineux passe à l'état osseux et vers l'âge de vingt à vingt-cinq ans le système osseux est parvenu à son complet développement.
L'examen dès membres montre que chez le nouveau-né les extrémités de ces os sont toujours épaissies et que les corps des os sont courts et minces. C'est ce qui explique le plus grand volume des articulations chez l'enfant. L'ossification ne se fait que progressivement et alors les os s'allongent et s'épaississent jusqu'au moment de leur complet développement. Il existe dès lors une meilleure proportion et une plus grande harmonie entre les différentes parties du corps, tandis que les modifications, que les os subissent ultérieurement dans le cours de la vie, n'amènent plus aucune modification de forme.