‹ Manuel d'anatomie chirurgicale, générale et topographiqueChapitre 37 sur 47 · MEMBRES PELVIENS. L · texte numérisé non relu

MEMBRES PELVIENS. L

le pilier interne se fixe sur la ligne semblable du côté opposé, ces deux piliers, après s'être écartés en haut, doivent se rencontrer sous un angle aigu en se terminant au-devant du pubis. Il en résulte que l’action du grand oblique, aidée par la distension des parois du ventre, peut en rapprocher les bords au point de transformer l'anneau inguinal en une sorte de boutonnière ; de là, un étranglement par l’action musculaire. Les fibres en sau- Loir, qui constituent le côté supérieur de cet anneau, étant soumises à la même action, font que ses trois bords peuvent se rapprocher sous l'influence des muscles, et que non-seulement il peut arriver un étranglement spasmodique, mais encore que les narcotiques et les vomitifs peuvent être des adjuvants fort utiles du taxis dans la hernie inguinale.

(2. Fosse iliaque. — Au-dessus du ligament de Falloppe se trouve la fosse iliaque, qui, limitée supérieurement par la crête de l’os coxal, où elle présente une petite rainure qui augmente de profondeur en arrière, inférieurement par le bord postérieur du ligament de Faloppe ou la bandelette ilio-pubienne, et, en dedans, par le bord interne des muscles psoas, triangulaire, par conséquent, est inclinée en haut, en arrière et en dedans. Dans ses deux tiers externes, elle présente une sorte d’excavation, de gouttière, plus profonde chez la femme que chez l'homme, et qui se rétrécit gradueilement, pour se terminer par un petit cul-de-sac, entre l’épine de l’ilium et l'artère iliaque. En dedans, elle offre une saillie, d’abord très-grosse, qui décroit ensuite jusqu’à l’arcade crurale, où elle limite la rainure dont je parlais tout-à-l'heure. Sur son côté interne on remarque une autre fossette, circonscrite par le ligament de Falloppe en avant, la crête pectinée en arrière, les artères iliaque externe et épigastrique en dehors, par l'origine du ligament ombilical en dedans, et qui, située au-dessous de la fossetle inguinale moyenne, correspond à l'ouverture supérieure du canal crural, comme la précédente, placée en dehors de l'artère épigastrique, au-dessous de la fossette inguinale externe , correspond à l’ouverlure postérieure du canal inguinal. La saillie dont il s'agit sépare, en outre, la fosse iliaque proprement dite du bassin, dont elle borde le détroit abdominal. Le péritoine, très-souple, facile à séparer des parties qu'il recouvre, parait plus épais ici que dans les autres régions, parce que la couche celluleuse qui le double revêt parfois le caractère fibreux.

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A. Fascia transversalis. — La couche membraneuse située entre le feuillet adhérent du péritoine et le muscle transverse est constamment formée par deux lames distinctes ; une, qui tapisse la face interne du muscle transverse et du muscle droit, est le feuillet que j'ai décrit sous le nom de fascia propria ou de fascia sous-séreux de l'abdomen ; l’autre, plus forte que la précédenie, à laquelle elle n’adhère que par le tissu cellulaire lâche, forme ce que j'ai indiqué sous le titre de fuscia transversalis. Celle-ci est fixée d’une part au pubis et à l’iléon; de l’autre aux tendons des muscles droit et transverse, au moyen de l’entrelacement de ses fibres. Cette lame, à cause de sa résistance, doit être considérée comme constituant essentiellement la paroi postérieure du canal inguinal.

On peut distinguer en internes, externes et antérieures, les fibres qui la constituent.

Les premières suivent à peu près la direction du muscle droit, et s’insèrent sur la crête sus-pubienne, dans l'étendue d’un pouce à un pouce et demi, à partir de l’épine du même nom. À un pouce et demi ou deux pouces au-dessus, elles se terminent au moyen de l’entrelacement de leurs extrémités, sur la face postérieure du muscie transverse, depuis le bord externe du muscle droit jusqu’à un pouce ou un pouce et demi en dehors.

Les fibres externes, parallèles aux internes et sur le même plan, descendent verticalement jusqu’au bord supérieur du canal crural, vis-à-vis l'artère et la veine fémorales ; là elles se recourbent en dehors au-dessous des vaisseaux spermaliques et du cordon, pour accompagner le bord supérieur de la bandelette iliopubienne jusqu'à la crête iliaque, où elles se fixent. Elles constituent donc, à la fois, les piliers interne et inférieur de l’anneau inguinal interne, de manière à soutenir le commencement du cordon spermatique. Par en haut et en dedans, on voit qu'après leur entrelacement avec les fibres aponévrotiques du muscle transverse, chacune d’elles se continue avec un faisceau charnu du muscle droit,

Les fibres antérieures sont appliquées au-devant des fibres internes et des fibres externes que je viens de décrire, et forment avec elles des angles d'environ 50 degrés. Elles s’insèrent, d’une part, à la partie la plus interne de la crête du pubis, dans la même étenduë que les précédentés, et semblent, de Vautre, se continuer avec le bord externe du tendon du muscle

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droit; mais, en les suivant avec soin, on voit qu’elles proviennent des muscles transverse et petit oblique du eôté opposé. Ces fibres s’entrelacent souvent avec les fibres placées derrière, et mettent ainsi obstacle à la formation de la hernie inguinale interne.

Le péritoine ainsi que le fascia propria étant enlevés, on voit

à nu les bandes dont je viens de parler. Tendues par l’action des muscles droit et transverse, ces bandes résistent à la pression du doigt, et présentent un bord mousse qui correspond au pilier supérieur de l’anneau interne. La portion du transverse placée au-devant n’y adhère que par du tissu cellulaire lâche, excepté à un pouce et demi ou deux pouces au-dessus de la crête du pubis, où elles s’entrelacent réellement. Si on appuie le doigt immédiatement en dehors du bord vertical de l’anneau interne, le péritoine s’y laisse facilement déprimer, de manière à représenter un sac herniaire de petite dimension. La hernie inguinale obliqué ne se fait pas autrement.

Lorsque les muscles droits et le diaphragme se contractent, le petit oblique et le transverse sont nécessairement tendus et poussés en avant. Plus la contraclion est forte, plus elle tend la paroi postérieure du canal inguinal. Cette paroi, plane et résistante, se retirant en arrière, refoule les autres muscles en ayant, les écarte de l'anneau interne, et convertit le péritoine, entre ces deux parties, en un plan incliné, que rien n ‘empsche de trayerser le trajet herniaire.

Cette tendance de l’anneau inguinal interne à s *entr’o ouvrir est d’autant plus grande que le tronc est plus fortement fléchi sur les membres abdominaux pendant les efforts qui peuvent donner lieu à une hernie. Dans cetie position, en effet, la cavité abdominale étant raccourcie, se dilate davantage latéralement; la bandelette ilio-pubienne, à laquelle les fibres des muscles transverse et petit oblique qui passent en avant et en dehors, sont intimement liées, se relâchant, permet à la partie inférieure de ces deux muscles de se laisser distendre.

Ainsi donc, pendant l’état de flexion du tronc, tout effort violent, tel que le soulèvement d’un fardeau, etc., tend matériellement à ouvrir l'anneau inguinal interne, et, par conséquent, à faciliter la formation de la hernie inguinale oblique.

B. F'ascia propria. — Le fascia sous-séreux ou propria serail formé par un plan de fibres venant du grand oblique, du

côté opposé, sur la face interne du muscle transvèrse, après avoir traversé la ligne médiane, Se portant ainsi de la ligne blanche vers le flanc et la fosse iliaque sous l’aspect d'une lame généra= lement assez mince, ce fascia finit par arriver sur le contot de l'excavation pelvienne et les parties latérales du corps des vettèbres lombaires, où il se fixe. Une autre série de fibres qui ont leur point de départ entre les digitalions du diaphragme, concourent également à le former en descendant jusque sur la crête iliaque, où elles s'arrêtent après s'être entrelacées avec les précédentes, comme pour former une (oile. De cette façon, le fascia sous-séreux tapisse toute la fosse iliaque, ferme l'entrée du canal crural, où il forme le septum-érural de M, Cloquet, toute la région du flanc, en un mot, toute la face interne de la paroi abdominale, depuis le pubis jusqu’au diaphragme, et depuis la ligne médiane antérieure jusqu’à la ligne médiane postérieure. If est séparé du péritoine par les petits nerfs du plexus lombaire, par de la graisse et par le tissu purement cellulaire. C’est dans son épaisseur que se trouvent l'artère épigastrique et l’origine de lartère circonfiexe de l’ilium ; ses adhérences, soit au fascia iliaca, soit aux bandelettes qui viennent former l’entonnoir cru: ral, soit à la crête iliaque, ne sont jamais intimes ; elles deviennent, en général, d'autant plus fortes qu’on's’approche davantage de la ligne médiane ou du diaphragme.

C. Fascia iliaca.— Le feuillet très-mince que j'ai fait partir du ligament cintré et de l’arcade fibreuse qui embrasse l’origine des spoas, pour le faire épanouir au-devant de ces muscles, s’épaissit insensiblement en descendant vers la fosse iliaque. Son épaisseur diminuant en dedans, augmente, au contraire, en de= hors et en bas; bridant les muscles psoas, il se fixe entre eux et les vaisseaux sur le détroit du bassin. Inférieurement le fascia iliaca s’épaissit encore, se relève un peu dans sa moitié externe comme pour s'attacher au ligament de Falloppe depuis lépine iiaque jusqu’à environ huit lignes en dehors dé lartère crurale, et sur la crête pectinée, avant d'arriver à l’épine du pubis et d’accompagner les psoas et iliaques en leur formant uné gaîne jus qu’au petit trochanter. La fosse iliaque offre en outre diverses bandelettes importantes à connaître.

D. Bandeletle ilio-pubienne. — Après avoir enlevé le péri= toine, la couche celluleuse et le fascia propria de la fosse iliaque, on voit, en dehors et en avant, un ruban fibreux qui naît du

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tiers antérieur de la crête iliaque, par un assez grand nombre de fibres comme plaquées sur la face péritonéale du fascia iliaca, qu'elle croise d’abord presque à angle droit. Au niveau de l’épine antéro-supérieure, cette bandelette parait être formée de trois ordres de fibres : 1° de celles qui viennent d’être indiquées et qui se courbent en arc, en continuant de marcheren dedans ; 20 d'un autre faisceau qui vient plus particulièrement de l'épiné iliaque, et qui, se rapprochant peu à peu du précédent, s’entrelace en partie avec lui, vers le milieu de l’espace qui sépare l’épine iliaque antéro-supérieure des vaisseaux cruraux; 5 le troisième ordre de fibres se voit au-dessous et en arrière de l'épine iliaque, entre les deux rubans prégédents, et se dirige en dedans et en avant, comme pour passer au-dessous du dernier faisceau indiqué, et gagner la paroi antérieure du canal crural.

Après s'être rétrécie au point d’entrecroisement de ses fibres, cette bandeïelte se bifurque de manière que sa branche supérieure qui suit la direction de l’arcade crurale, vient se fixer près de la symphyse à la crête sus-pubienne, en s’épanouissant pour concourir à la formation du ligament de Gimbernat. Sa branche inférieure, s’abaissan(, au contraire, passe derrière les vaisseaux iliaques, entre eux et le fascia iliaca qui recouvre le muscle psoas, pour se fixer sur le détroit supérieur ou l’éminence iliopectinée, C’est l'ensemble de ces fibres qui constitue la bandelette ilio-pubienne, laquelle, de cette façon, est épanouie sous forme de faux du côté de la crête coxale, et divisée comme pour conslituer l'ouverture iliaque du canal crural en dedans ; si bien que son bord supérieur est concaye en haut, et son bord inférieur concave en bas.

Quand le corps est dans une position verticale, la bandelette ilio-pubienne ne décrit pas une ligne droite entre l’épine antérosupérieure de l'os des iles et l'épine du pubis, mais bien une ligne courbe, convexe en bas.

Elle se trouve maintenue dans cette position par l’entrelacement de quelques-unes des fibres de sa moitié externe avec celles du bord supérieur du fascia lata, avec celles de la moitié externe du ligament de Poupart, avec les fibres en sautoir du grand oblique, et avec l'extrémité supérieure des fibres de l’aponévrose propre du couturier.

Quand le tronc se fléchit sur les cuisses et réciproquement, le fascia lala et l’aponéyrose propre du couturier, se trouvant relà-

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chés, ne maintiennent plus en état de tension le bord inférieur du ligament de Poupart et la bandelette ilio-pubienne, mais permettent à leurs angles de s’effacer. Ces parties alors peuvent être tirées en haut par la contraction simultanée des deux muscles grands obliques, jusqu'à ce qu’elles forment une ligne droite entre les deux épines, ou une ligne courbe convexe en haut.

E. Bandelette ilio-pelvienne. — La branche inférieure de la bandelette ilio-pubienne semble être croisée, en se terminant, par une bandelette fibreuse, épaisse, plaquée sur le contour du détroit supérieur, depuis l'articulation sacro-iliaque jusqu'à la partie antérieure de la crête sus- pubienne, bandelette qu’on peut appeler ilio-pelvienne.

F. — La bandelette ilio-pelvienne est entrecroisée, à son tour, un peu plus en dehors, par un épanouissement divergeant du tendon du petit psoas, dont les fibres, passant les unes en dessus, les autres en dessous, vont se perdre, celles-ci sur l’éminence ilio-pectinée, celles-là dans l’entonnoir crural dont il sera question tout-à-l'heure.

G. — La bandelette ilio-pelvienne est également entrecroisée

par une série de fibres pelvi-crurales qui semblent naître de son bord z/iaque, et qui, gagnant en dehors et en avant le corps du pubis, vont se perdre, comme les précédentes, dans la paroi postérieure del'entonnoir crural.

H. Bandelette pubio-crurale. — Une série de fibres qui, nées de la crête sus-pubienne, entre la bandeletle ilio-pelvienne et la bandelette ilio-pubienne, près de leur extrémité interne, se portent, sous forme du rubans, en dehors et en bas jusqu’audevant ou en arrière des vaisseaux fémoraux, viennent en outre se rendre dans l’entonnoir crural. Quelques-unes de ces fibres, prises dans le plan postérieur, se dirigent d’arrière en avant, s’entrelacent avec quelques-unes de celles du petit psoas, et passent, en constituant une cloison, entre l'artère et la veine, afin de se mêler à celles du plan antérieur.

(5. Canal crural.

Faisant communiquer le côté interne de la fosse iliaque avec le creux inguinal, le canal crural représente une sorte d’entonnoir dont la base serait dans LE bassin, et le sommet à fa cuisse.

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A. Ouverture ilfaque. — Mesurée en travers, l'ouverture supérieure du canal crural offre un diamètre d'environ deux pouces, et souvent de deux pouces et demi chez la femme, D’avant en arrière, dans sa plus grande largeur, elle n’a que dix lignes ou un pouce, et se rétrécit ensuite à mesure qu’on s'éloigne de sa portion moyenne. Dans l’état naturel, elle est divisée en deux portions par les vaisseaux cruraux, de manière que de la fosse iliaque on y arriverait par deux fossettes que j'appellerai fossettes crurales; une interne, l'autre externe, et qu ‘il ne faut pas confondre avec les fosseties inquinales dont j ÿ ai parlé plus haut où dont il sera bientôt question.

Sa portion interne, la plus large, forme ce que l'on a spécialement décrit sous le nom d’'anneau crural. Ses limites sont, en dedans, le bord concave du ligament de Gimbernat ; en avant, leligament de Falloppe; en arrière, la crête ilio-pectinée ; en dehors, la veine crurale, l'artère du même nom et l'artère épigastrique. Elle renferme ordinairement un ganglion lymphatique séparé des vaisseaux par une sorle de cloison, un prolongement du fascia propria, et quelques cellules graisseuses qui la bouchent presque en totalité. C’est elle qui donne passage aux viscères dans la hernie crurale. Sa portion externe est triangulaire aussi.

Dans son ensemble, elle constitue donc une grande ouvertüre à peu près elliptique, formée supérieurement par la branche abdominale de la bandelette ilio-pubienne, inférieurement par la branche iliaque de cette même bandelette, et par les autres plaques d’entrecroisement qui viennent d’être mentionnées. Son angle interne est émoussé par le ligament de Gimbernat, tandis que son angle externe reste assez aigu. Les vaisseaux fémoraux la divisent en deux moitiés inégales. Du côté de la cuisse, cette ouverture se continue, par un épanouissement fibreux, dans toute l'étendue du canal crural, sous la forme d’un cône dont le sommet vient $e terminer sûr là tunique externe des vaisseaux, au niveau de l'entrée de la Saphène dans la veine crurale.

L'espèce d’entonnoir résultant de cet assemblage de fibres, puisé dans les bandelettes de la fosse iliaque, est donc une cavité à deux loges, interrompue dans quelques points par un léger réseau où par une véritable lame fibreuse. Sa paroi . antérieure est cachée par le feuillet falciforme du fascia lata, tandis que sa paroi postérieure repose sur la couche profonde

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du même fascia. En dedans, il semble se continuer avec le bord concave du ligament de Gimbernat; en dehors, il est d’abord séparé de la couche du fascia lata qui descend sur le côté interne des muscles psoas et iliaque, par une quantité assez considérable de tissu cellulaire graisseux. Jusqu'ici cet appareil a été confondu, tantôt avec le fascia lata, tantôt avec le fascia propria. Quant à la bandelette ilio-pubienne, elle a été généralement prise pour une portion du fascia iliaca ou du n ment de Falloppe.

, Ligament de Gimbernat. — La plaque fibreuse connue sous le nom de ligament de Gimbernat est un organe composé des extrémités de plusieurs aponévroses. Ainsi, on y trouve, de bas en haut : 1° le feuillet profond du fascia sous-eutané de la cuisse ; 20 le feuillet profond du fascia sous-cutané du ventre; 8° le dartos ; 4° le feuillet superficiel du fascia lata ; 5° les attaches pubiennes des fibres en sautoir, qui constituent le bord supérieur de l’anneau inguinal externe ; 6° la portion postérieure du pilier externe du côté correspondant; 7° les fibres d’origine du crémaster pubien, chez l'homme; celles du ligament rond, chez la femme; du gubernaculum testis, chez le fœtus ; 8 les attaches de cette portion du pilier interne du côté opposé qui constitue le ligament de Colles; 9 le fascia intermusculaire des grand et petit obliques; 100 le fascia intermusculaire du petit oblique et du muscle transverse; 11° le tendon de la partie inférieure du petit oblique; 12° le tendon de la partie inférieure du transverse ; 15° la portion aponévrotique du muscle droit; 14° l’attache pubienne de la bandelette ilio-pubienne ; 15° l’origine de l'éventail fibreux interne qui concourt à former l’entonnoir des vaisseaux fémoraux ; 16° le fascia transversalis ; 17° l'extrémité du ligament sus-pubien. Se continuant par son bord antérieur avec le bord inférieur du pilier externe de l'anneau inguinal, fixé par son bord postérieur sur la crête pectinée, et offrant par sa basele bord concave dont je parlais tout-à-l’heure, le ligament de Gimbernat correspond par son.sommet à l’épine du pubis. Il se continue quelquefois avec les deux lames du fascia lata, de telle sorte que sa face supérieure s'incline en bas et en dehors, comme pour former une gouttière qui eomplète alors la fosse iliaque et l’espèce d’entonnoir que présente naturellement le canal crural.

B, — Les parois du canal crural sont formées par l’aponé-

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vrose fémorale. Prise en dehors, cette aponévrose se porte sur le muscle droit antérieur, en dédaue duquel une lame assez forte venant du bassin s'en détache, pour se glisser entre lui et les psoas el iliaque, puis se continuer en arrière avec la capsule articulaire. Elle se dédouble ensuite pour envelopper le couturier. En dedans de ce muscle, elle adhère par en haut au bord inférieur du ligament de Falloppe et se dédouble bientôt de nouveau. Des deux feuillets qui résultent de ce dernier dédoublement, le profond envoie une lame épaisse entre les museles psoas et pectiné, avant d'arriver sous les vaisseaux et de tapisser la face antérieure des muscles adducteurs, depuis la crête sus-pubienne jusqu’au bas de la région inguinale. En dedans et en haut il finit par se retrouver en contact avec le ligament de Poupart, ou celui de Gimbernat. L'autre feuillet ou le superficiel, que j’ai laissé près du couturier, s’écarte du précédent, passe au-devant des vaisseaux cruraux, et vient, en se fixant par son sommet sur la crête et tout près de l'épine suspubienne, concourir à la formation du ligament de Gimbernat, Il est (triangulaire ou falciforme. L'un de ses bords, le supérieur, tient au ligament de Falloppe. Un autre, l’externe, en est le point de départ. Le troisième représente une espèce d’arcade et circonscrit la partie supérieure et externe de l'ouverture inguinale du fascia lala.

C. — L'ouverture inquinale du canal crural, dont la moitié interne et inférieure simule plutôt une gouttière, a la forme d’un ovale, ayant sa grosse extrémité en dehors et en bas, et sa pointe au pilier externe de l’anneau du grand oblique. Prise du côté du pubis, cette ouverture se contourne d’abord en demicercle, en dehors et en bas, pour se relever ensuite de dehors en dedans, puis de bas en haut, comme si son extrémité de terminaison voulait glisser sous son point d’origine ; de manière, enfin, à former dans sa totalité un tour de spirale, et que son axe tombe obliquement, de dedans en dehors, sur l’axe antéropostérieur de la cuisse. Comme des feuillets lamelleux, sorté de raréfaction du fascia lata, la remplissent ou la ferment d’une manière assez solide, beaucoup d’observateurs ont pu croire qu’elle n'existe réellement pas ; mais en prenant la saphène pour guide, on la rencontre toujours, pourvu qu’on fasse abstraction de la toile rélicuée, de l'espèce de feuillet criblé qui en masque la forme.

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. La paroi postérieure du canal crural est constituée par le feuillet profond du /ascia lata. Son côté externe, long de deux pouces et demi environ, oblique de haut en bas et de dehors en dedans, est produit par l’écartement des deux lames du /ascia lata. N'existant pas, à proprement parler, son côté interne ne s'étend que depuis la crête pectinée ou le ligament de Gimbernat jusqu’au dessous du ligament de Poupart. L'échancrure du feuillet superficiel de l’aponévrose le remplace dans ce sens. Son orifice inférieur laisse à découvert une partié de la veine, renferme des ganglions lymphatiques profonds, et surtout du tissu cellulaire, qui unit le fascia sous-cutané au fascia souspéritonéal.

- D. — Véritable continuation de la fosse iliaque dégagée de ses viscères, de son péritoine et du fascia propria qui la remplissent, ce canal, tapissé par l’entonnoir du même nom, s'engage sous la moitié interne de l’arcade fémorale, et se porte à la cuisse, en formant un conduit dont la paroi antérieure manque en grande partie pour recevoir la veine saphène, et qui finit par se continuer au-dessous avec la gaîne du muscle couturier. IL est aisé de comprendre ainsi comment des matières épanchées dans l'abdomen, entre le péritoine et les aponévroses, peuvent se transporter dans l’aine et produire l’infiltration du membre, ou donner naissance à des abcès par congestion capables d'en imposer pour une hernie ou quelque autre tumeur.

L'espace qui existe entre l’épine iliaque supérieure et celle du pubis étant plus considérable dans la femme que chez l’homme, fait que la hernie fémorale est beaucoup plus fréquente chez la première que dans le second. Une autre raison anatomique concourt puissamment à augmenter cette fréquencerelative des hernies crurales chez la femme, Le canal inguinal, très-étroit dans le sexe, n’a point de scrotum qui le prolonge à l'extérieur, Les viscères ne pouvant pas s'échapper par là comme chez l'homme, se rejetient, au contraire, dans la fossette crurale de la région iliaque, et franchissent plus facilement le canal fémoral. Néanmoins, le bassin de la petite fille différant peu, pour la largeur, de celui du petit garçon, fait que les hernies inguinales et crurales sont presque aussi communes, jusqu’à l'âge de dix ans, chez l’une que chez l’autre. C’est donc après la puberté, seulement, que ces différences sont très-grandes,

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$ 4. — Canal inguinal.

On désigne par ce nom le trajet que parcourt le cordon tes: ticulaire, en traversant les parois abdominales, Sa direction est oblique de haut en bas, de dehors en dedans et d'arrière ên avant. Comme canal, il a d’un à deux pouces de longueur. Dé la partie interne de son ouverture pubienne à la partie externe de son orifice iliaque, il y a trois pouces, et deux pouces environ de cette dernière à l’épine iliaque antéro-supérieure. Sa paroi externe ou antérieure , formée par quelques fibres du petit oblique et par l’aponévrose de l’oblique externe, en est la plus forte, Se continuant en haut avec la paroi du ventre, elle peut s’amincir, se distendre, et permettre aux organes de proéminer au dehors, en formant une espèce de hernie ventrale audessus du ligament de Poupart. Sa paroi postérieure ou pelvienne, constituée par la portion interne du fascia transversalis, est d'autant plus épaisse et plus forte qu’elle se rapproche davantage du pubis. En arrière, cette paroi peut être divisée en deux portions. La première, très-peu étendue, comprise entre l'ouverture postérieure du canal et l'artère épigastrique, fait partie de l’excavation ou de la /ossetle ingquinale externe. La seconde, limitée par l'artère épigastrique en dehors et par l’artère ombilicale en dedans, correspond à la /ossette inguinale interne. Une troisième dépression, qu’on pourrait appeler /ossette vésico-inguinale, s'étend de l'artère ombilieale au bord externe du tendon du muscle droit. La paroi supérieure du canal inguinal n'existe pas, à proprement parler, ou du moins elle n’est formée que par les fibres du muscle petit oblique remplissant l’espace qui sépare l’aponévrose externe du facia transversalis.

A.— L'ouverture antérieure ou pubienne du canal inguinal est circonscrite par les deux piliers du ligament de Poupart. Son orifice postérieur ou iliaque répond à peu près au milieu de l’espace qui existe entre l’épine iliaque et le pubis. Regardant en haut, en dehors et en arrière, tandis que l’anneau externe est incliné en bas, il fait que, dans son ensemble, le cordon présente trois directions différentes, ou la forme d'un Z allongé. Ces deux ouvertures ne se correspondent pas plus à la naissance que dans l’âge adulte. Les préparations de M. Thomson m'ont

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prouvé qu'en soutenant le contraire, Scarpa s’est réellement trompé. Le canal inguinal est naturellement rempli par le cordon spermatique, qui, composé d'abord du canal déférent, de l'artère et des veines testiculaires, des nerfs fournis par le grand sympathique, d’un reste de l’ancienne (unique vaginale, du tissu cellulaire qui double le péritoine, d'une troisième lame qui se détache de la circonférence de l'ouverture du fascia transversalis, enfin, d’un prolongement de la couche celluleuse qu’on trouve entre cette aponévrose et les muscles, s’enveloppe graduellement ensuite d’une nouvelle gaîne aux dépens du muscle petit oblique, et, en sortant de l'anneau, de plusieurs autres couches emboîtées l’une dans l’autre. L'artère, les veines et le canal déférent forment la partie centrale du cordon, mais dé manière que l'artère ct le canal sont presque toujours en arrière, tandis que les veines se tournent en avant. La branche du nerf génito-crural et l’artériole épigastrique, ordinairement placées en dedans, sont encore renfermées dañs la ghîne cellulaire profonde. Le nerf ilio-scrotal, au contraire, glisse entre le crémaster et la tunique fibreuse.

B, — On trouve encore un assez grand nombre d'autres objets au voisinage de l’anneau pubien du canal inguinal.

I. Dartos.— Le dartos n’est continu ni avec l’une ni avec l’au-

tre lame du fascia sous-cutané ; sa cloison n'est point fixée sur le raphé du corps spongieux de l’urètre. C'est un organe à part, avec des attaches bien arrêtées, et qui est parfaitement charnu chez plusieurs mammifères. Constituant dans l’homme un tissu intermédiaire aux tendons et aux muscles, il est quelquefois doué d’une assez grande élasticité, Il y a un dartos pour chaque côté; son attache inférieure ou principale a lieu dans toute létendue de la branche ischio-pubienne. Supérieurement il se fixe à la moitié interne du ligament de Poupart, et aux deux piliers de l'anneau inguinal, au-dessus du pilier interne. Du côté dé l'abdomen, ses fibres passent entre les fibrilles qui constituent la lame profonde du fascia sous-cutané, comme pour s’entrelacer avec l’aponévrose du grand oblique et se continuer avec les fibres du muscle droit.

Chaque dartos fait un sac à part pour le testicule et le cordon du côté correspondant. L’adossement de ces deux sacs constitue la cloison des bourses. En haut, il forme la portion superficielle du ligament suspenseur de la verge. Les artères superficielles,

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du périnée provenant de l'artère ischiatique rampent entre les deux lames qui constituent sa cloison. 1l en est de même de la branche superficielle de l'artère honteuse interne. Les deux dar- {os ainsi adossés, sont enveloppés par le fascia sous-cutané com-. mun, tandis que chaque dartos est tapissé en dedans par un prolongement du fascia sous-cutané profond du ventre. L’arrangement dont il vient d'être question explique pourquoi l'urine venant de la portion bulbeuse de l’urètre, peut arriver dans la verge, et sous les téguments de rome

Le nerf ilio-scrotal se perd presque entièrement dansle dartos. qui reçoit des branches artérielles de quatre sources, savoir : des deux artères honteuses externes, de la branche périnéale, de l'artère ischiatique, et de la branche superficielle du périnée, fournie par l'artère honteuse interne. La plus grande partie de ces vaisseaux se perd dans le tissu du dartos même.

On peut suivre les attaches abdominales du dartos, vers la ligne médiane, à travers les intervalles des fibres aponévrotiques des muscles obliques et transverse, jusque dans les expansions terminales de certains faisceaux charnus du muscle droit. En outre, on peut voir la continuité de ces fibres en dehors avec celles du tendon du grand oblique du même côté.

Il. F’entrier. — Il existe, chez l’homme comme chezla femme; un véritable rudiment du ventrier élastique des mammifères, Ce corps consiste dans une bande de fibres aplaties d’avant en arrière. Implanté en bas, à deux pouces au-dessous de la symphyse pubienne, sur la partie du fascia lata placée vis-à-vis le muscle grêle interne de la cuisse, il se fixe en haut sur le pilier interne, depuis l'angle supérieur de l’anneau jusqu'à la ligne médiane.

Cette bandelette couchée derrière les attaches abdominales du dartos el de la couche profonde du fascia sous-cutané du ventre, recouvre à la fois l’épine pubienne et la moitié interne de l’anneau inguinal externe. Constituant ainsi une sorte de couvercle, elle déjette le cordon testiculaire sur le pilier externe. Elle fait qu’il ne faut pas se mettre entre les jambes du malade pour réduire une hernie inguinale, car le rapprochement des cuisses la relâche, tandis que pendant leur écartement elle bride fortement l'anneau.

III. Fibres en sautoir. —Les fibres qui traversent en sautoir la-face inférieure de l'aponévrose du grand oblique proviennent de FPaponévrose du muscle correspondant du côté opposé, et se

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divisent naturellement en deux ordres, Après avoir croisé le bord supérieur de l'anneau inguinal, les unes contournent la face inférieure du pilier externe pour se fixer sur la partie interne de la crête sus-pubienne, en tapissant la face crurale du ligament de Gimbernat, qu’elles concourent à former. Les autres brident l’écartement supérieur des deux piliers, gagnent la face antérieure du ligament de Poupart, dont elles contournent le bord inférieur dans son tiers externe, remontent entre lui et le fascia iliaca, pour se fixer enfin au bord interne de Ja crêle iliaque,

Dans la hernie inguinale, ces fibres deviennent le principal agent de l’étranglement à l'anneau; car, plus celles qui se fixent au pubis sont repoussées par la hernie, plus les deux portions de la parabole qu’elles décrivent autour du col du sac tendent à se rapprocher, La seconde partie des fibres en sautoir, étant fixée à la crête iliaque, sert à tendre le ligament de Falloppe pendant la flexion de Ia cuisse, si les muscles abdominaux agissent; mais sion fléchit aussi le tronc, on les relâche,

IV. Ligament de Colles, — La portion du grand oblique qui vient de la huitième côté constitue, par son bord inférieur ou externe, le pilier interne de l’anneau inguinal, Arrivée à la ligne médiane, celle portion s’entre-croise avec la partie correspondante de l'aponévrose du côté opposé; mais de manière que les fibres qui proviennent du côté droit se placent définitivement à gauche, en s’'insérant, 1° sur toute la crête sous-épineuse du pubis, 2 sur l’épine ‘pubienne ; et 5° sur la moitié interne de la crête sus-pubienne. De cet arrangement il résulte qu’on observe, en soulevant le pilier interne de l’autre côté, une plaque fibreuse , triangulaire , limitée en bas par les attaches osseuses déjà indiquées , et en dedans par la ligne médiane, |

‘ Celte plaque, remplissant l’angle formé par le bord externe du muscle droit de l'abdomen, et la parlie interne de la crête sus-pubienne, constitue une des lames qui servent à compléter le ligament de Gimbernat. Elle renforce cette partie de la paroi postérieure du canal inguinal qui est placée vis-à-vis de l’anneau externe. C’esl le bord supérieur de cette portion triangulaire qui empêche la hernie inguinale directe de reposer sur le sommet du pubis ; c'est elle également qui, tendue par la con-

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traction du muscle grand oblique, offre un bord résistant contre lequel la hernie ‘inguinale directe, une fois formée, se laisse étrangler par les tissus VIrO ant. Elle se voit ‘dans l'angle interne de l'anneau préalablement dégarni de parties molles.

V. Crête sous-épineuse du pubis. — I existe sur la face antérieure du pubis une crête qui s'étend de l’épine de cet os au milieu de la symphyse. Constituant la limite entre la cuisse et l'abdomen, elle donne successivement attache de bas en haut :

au fascia lata pubien ; 2° à la couche profonde du fascia souseutané de la cuisse ; 3° à la partie réfléchie de la lame profonde du fascia sous-cutané du ventre ; 4° au repli falciforme du fascia lala ; 5° aux fibres en sautoir du ligament de Poupart ; 6° à des fibres du pilier externe de l’anneau inguinal ; 7° aux fibres tendineuses qui, chez l’homme, donnent naissance au crémaster pubien, et aux fibres d'insertion du ligament rond chez la femme; 8° aux fibres du pilier externe de l'anneau du côté opposé, qui constituent le liÿament dit de Colles ; 9° au fascia placé entre le grand et le petit obliques ; 100 à certaines fibres tendinéuses du petit oblique du côté OpPOsé ; 11° au fascia intermusculaire du petit oblique et du transverse ; 12° à certains fibres du transyerse du côté opposé ; 15° au tendon du muscle pyramidal du côté correspondant. Ces parties sont attachées à toute l’étendue de la crêle, que je nommerai, pour la distinguer, crête sous-épineuse du pubis, et que M. Thomson a décrite le premier.

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