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MUSCLES MIMIQUES

Les muscles mimiques, dont on trouve déjà des traces chez les formes inférieures des Vertébrés, ne sont complètement développés que chez les Mammifères. Cela est vrai surtout pour les Primates, de sorte que l'on peut dire que le développement de ces muscles (placés sous la dépendance du nerf facial) marche de pair avec le développement du cerveau et des fonctions psychiques.

Les considérations suivantes nous permettent d'établir leur phylogénie. Le fait qu'ils sont tous compris dans le système musculaire qui est sous la dépendance du facial conduit à admettre que les muscles innervés par ce nerf, appartenant au squelette viscéral et primitivement étrangers à la face, ont subi un changement de position. Ils ont dû s'avancer en haut, au delà de la région de la mâchoire inférieure et de la nuque, et afïecter des connexions étroites avec les parties molles qui entourent le conduit auditif externe et la bouche, c'est-à-dire avec les lèvres et le pavillon de l'oreille, qui se sont aussi développés secondairement (1).

Ils ont continué à s'étendre davantage et à entrer en rapport avec de nouveaux organes, avec l'œil, les narines, le front et la région temporale (fig. 126 et 127). Il est probable qu'ils arrivèrent en même temps dans la région pariétale, par une double voie, d'une part par la région frontale et la région temporale, d'autre part par la région occipitale. Cette double voie, séparée par la région de l'oreille, était en quelque sorte déterminée à l'avance par la distribution du nerf facial, qui se divise immédiatement après sa sortie du crâne en une branche antérieure (préauriculaire) et une branche postérieure (postauriculaire). Les deux groupes de muscles n'en formaient primitivement qu'un seul au-dessous du trou auditif, et ce n'est qu'au-dessus qu'ils devinrent peu à peu indépendants, à mesure qu'ils s'insérèrent sur des pièces du squelette céphalique qui se différenciaient de plus en plus, c'est-à-dire qu'ils entrèrent en

(1) Les muscles transverse et oblique de l'oreille, qui sont situés sur la face postérieure du pavillon de l'oreille, appartiennent au système du muscle auriculo-occipital ou de l'auriculaire postérieur, tandis que le muscle Irago-antitragicus doitêtre considéré comme dérivé du muscle auriculo-labial inférieur. Les muscles de l'hélix enfin, y compris le pyramidal (Irago-hélicien) dérivent du système de l'auriculo-labial supérieur.

rapport avec de nouvelles parties. En outre, des anomalies de portions musculaires, qui se manifestent chez certains individus, entraînent la formation de nouvelles couches de muscles et par suite de cette différenciation un perfectionnement dans les fonctions de la musculature de la face(Rug'e).

Par conséquent le muscle peaucier du cou (platysma myoides) est le 'point de départ commun des muscles de la face; il représente le reste

M.orb.oâ»U

M.orhit.awr.

Mauric.sup. , M.aurtc.ocdpif.

Mmax lab

M. levaioi labii

M.helic.

Depressorhelkà-

M.ofb.oris

M. auricultt'labud.

-.^ % M.anfûrag Mminlahinf

Fig. 126.

Muscles et nerfs de la face du Propithecus. Couche superficielle des muscles avec la distribution du facial (d'après Ruge).

inutilisé de muscles qui se sont étendus sur la tête et qui au cou ont jiersisté sous une forme indifférente (Gegenbaur).

La meilleure preuve, c'est que parfois chez l'Homme le muscle peaucier se continue directement avec le joe/?'^ zygomatiqtte, Vorbiculaire de Vœil, Y auriculaire antérieur et le transverse de la nuque.

Il est intéressant de constater que, à côté de cette formation de muscles nouveaux, surviennent aussi dans la musculature de la face des transformations qui se terminent par une atrophie plus ou moins complète de certains muscles.

MYOLOGIE 133

Dans ce dernier cas, tantôt les muscles sont remplacés par des membranes tendineuses, c'est-à-dire par des fascias, tantôt ils disparaissent complètement. C'est ainsi que chez l'Homme le fascia temporal superficiel a remplacé le muscle auriculo-labial (temporo-labial) des Prosimiens et le fascia parotidéo-masséterin, le sphincter du cou, de ces mêmes animaux. De même une grande partie de l'aponévrose épicranienne se compose de faisceaux devenus tendineux du muscle occipital (Ruge).

Jusqu'ici il n'a été question que du peaucier du cou et de ses dérivés dans la face; mais chez les Prosimiens, il existe en outre dans la région

M.Icvatorlabii

M. orUto-auric. M. helicis

M.ofb.oculi \ M.aurk.siip /

M. (i,iip^^ labial W

M.lmg.

miiiiracf,

-^, M.maniLu hido-iuiricul

M. sphincter coUi^ Flati/sma

Fig. 127. — Couche superficielle des muscles de la face du Lepilemur mustelinus. La couche profonde se voit au cou (d'après RuGK;.

du cou, au-dessous de ce muscle, une seconde couche musculaire cutanée profonde, à laquelle on donne le nom de sphincter dit cou. De cette couche dérivent les muscles suivants : orbiculaire des lèvres, abaisseur du cartilage tarse, canin (élévateur de l'angle des lèvres de l'Homme), maxillo -labial (élévateur propre delà lèvre supérieure), buccin ateur et enfin les muscles du nez.

Nous voyons ainsi que les muscles qui dérivent du peaucier et du sphincter du cou sont groupés d'une façon générale autour des organes des sens ; ils jouentun rôle importantcomme muscles dilatateurs et comme sphincters, et servent aussi autour des lèvres d'organes de préhension.

En même temps qu'a lieu cette différenciation musculaire, le facial se ramifie, se dispose en plexus de manière à former en quelque sorte un réseau de mailles allongées. Pour la disposition de ses fibres voyez le chapitre relatif aux nerfs crâniens.

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