ORGANES ÉLECTRIQUES
branche qui vient du trijumeau. Chez tous les Poissons pseudo-électriques ainsi que chez le Gymnote, où ils pénètrent au nombre de plus de 200 dans l'organe électrique, ils tirent leur origine de la moelle épinière, et probablement ils ont des rapports étroits avec les cornes antérieures de la moelle, qui sont particulièrement développées chez ce dernier Poisson. Il est très remarquable que les nerfs électriques du Maloptèrure sont fournis de chaque côté par une seule fibre nerveuse gigantesque, sortie d'une cellule nerveuse colossale, située dans le voisinage du deuxième nerf cervical, et qui s'étend jusqu'à l'extrémité de la queue en se ramifiant dans tout son parcours. Elle est entourée d'une gaine épaisse.
Si nous examinons la structure histologique des terminaisons périphériques des nerfs, nous verrons que cette struture est essentiellement la même dans les plaques électriques et dans les plaques motrices.
Nous pouvons nous borner à une description sommaire, car la disposition est d'une façon générale iden- Fig.131. — coionnes tique chez tous les Poissons électriques. Torpèdo^marmo-
Le nerf, contenu dans la cloison des losres, diminue ra?» (à demi sché-
' . . matique).
graduellement d'épaisseur; sa gaine épaisse finit par disparaître ainsi que son enveloppe de myéline; il se renfle brusquement en massue et se divise ensuite en un grand nombre de fibres primitives qui présentent des arborisations de plus en plus fines, mais sans s'anastomoser entre elles, de sorte qu'il n'y a jamais formation d'un véritable réseau nerveux. Chez la Torpille les terminaisons nerveuses sont situées sur la face ventrale de ce que l'on appelle la lame électrique (fig. 132, EP); chez le Gymnote, sur la face postérieure qui regarde la queue. Enfin chez le Maloptèrure, de même que chez le Gymnote, le nerf arrive en arrière dans la lame électrique, la perfore et s'étale sur la face antérieure qui regarde la tête (1). 11 est nécessaire de se rappeler cette diff'érence dans la disposition des nerfs électriques pour se rendre compte de la direction du courant électrique.
La lame électrique à l'état frais représente un disque homogène, transparent, entouré d'une membrane particulière, et dans lequel se trouvent des cellules étoilées munies de longs prolongements. Ses deux faces ofl^rent des saillies irrégulières, séparées par des sinus plus ou moins profonds et qui donnent à l'ensemble un aspect lobé (fig. 132, EP).
Ces disques, comme nous l'avons indiqué plus haut, doivent être considérés comme de la substance musculaire transformée, et comme ils sont intimement unis avec la plaque nerveuse, il en résulte que la lamelle électrique n'est pas une formation homogène (comme on le croyait jadis), mais qu'elle est formée par deux sortes d'éléments. Elle ne remplit pas
(1) Babuchin, dont les recherches ont été faites sur les Maloptérures vivants, conteste de la façon la plus positive que le nerf traverse la plaque électrique. De nouvelles recherches sont nécessaires pour décider s'il a raison sur ce point.
complètement Talvéole; il reste toujours au-dessus {Torpille) ou en avant d'elle [Gymnote, M aloptéruré) , entre elle et la paroi de Talvéole suivante, un espace rempli par du tissu gélatineux ou parfois seulement par un liquide (fig. 132, G). La face sur laquelle s'étalent les terminaisons nerveuses est, au moment d'une décharge, électi^o - négative , la face opposée électropositive. La disposition précisément inverse des parties qui la constituent chez le Gymnote et le Maloptérure explique pourquoi le courant électrique ne se dirige pas dans le même sens chez ces Poissons, mais a, au contraire, une direction opposée. C'est ainsi que chez le Maloptérure le courant est dirigé de la tête vers la queue, et chez le Gymnote de la queue vers la tête. Chez la Torpille le courant est dirigé de la face inférieure vers la face supérieure.
Les expériences ont montré que les Poissons électriques ne sont pas influencés par les commotions électriques; mais cette proposition n'est pas absolue, car les muscles et leurs nerfs fraîchement préparés, ainsi que les nerfs électriques sont excités par le courant électrique. « La question la plus importante en ce qui touche les Poissons électriques est celle du mécanisme par lequel les plaques électriques se trouvent transitoirement à l'état de tension. La solution de cette question, bien que probablement moins difficile que celle du mécanisme du raccourcissement des muscles, est encore bien éloignée » (du Bois- Reymond). La seule chose, que l'on puisse dire avec certitude c'est que chez les Poissons la production de l'électricité est soumise à la volonté.
Bibliographie.
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G. Fritsch. Die elektrischen Fische. Nach neuen Untersuchungen anatomisch-zoologisch dargestellt. Abth. I. Malopterurus electricus. Leipzig, 1887, (Voyez aussiles autres mémoires de cet auteur dans les Sitzungsberichten de l'Académie des Sciences de Berlin des cinq dernières années.)
C. Sachs. Beobachtungen und Versuche am Sûdamerikanischen Zitteraale (Gymnotus electricus). In Briefen an den Herausgeber und mit Vorbemerkungen des letzteren (Du Bois- Reymond). Arch. f. Anat. und Physiol. 1877.
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Id. Traité technique d'histologie. 2' édition. Paris, 1889.
Fig. 132. — Coupe à travers les loges de l'organe électrique. Fort grossissement (à demi schématique).
BGi charpente conjonctive (parois des loges) ; EP, plaques électriques N, nerf qui pénètre dans les cloisons ; ISN, fibres nerveuses terminales sur la face postérieure ou inférieure de chaque loge ; C, tissu gélatineux. La flèche indique la direction postéro - antérieure ou ventro-dorsale.
Le système nerveux, qui dérive de Vectodeimie [feuillet sensoriel) et dont le développement précoce indique la haute importance, se compose essentiellement de trois sortes d'éléments fondamentaux : 1° de cellules nerveuses; 2° de fibres à double contour et de fibres pâles; 3° du névri- LEMME et de la névroglie, qui servent de gaines el de substance unissante (1). Il s'y ajoute enfin des enveloppes mésodermiques [conjonctives) .
Le système nerveux se divise en trois parties principales : le système
NERVEUX CENTRAL, le SYSTÈME NERVEUX PÉRIPHÉRIQUE et le SYSTÈME DU SYMPA- THIQUE. Le premier qui comprend I'encéphale et la moelle épinière, provient directement de l'ectoderme, tandis que les nerfs périphériques avec leurs ganglions ne se développent que secondairement. Le système nerveux sympathique ne se développe qu'en troisième lieu et en connexion étroite avec le système nerveux périphérique, comme nous le montrerons plus tard.
Système nerveux centraL
Le système nerveux central apparaît au début sous la forme d'un sillon, situé dans l'axe du corps, au-dessus de la corde dorsale, et auquel on donne le nom de sillon médullaire. Il est primitivement formé, comme la couche superficielle delà peau dont il dérive, de cellules épithéliales ;
(1) La névroglie, qui est surtout abondante à la face externe du système nerveux central ainsi que sur sa face interne qui limite les cavités intérieures, peut présenter des éléments figurés (cellules et prolongements) ou en être dépourvue; par sa disposition en réseau elle constitue une sorte de substance fondamentale dans laquelle sont contenus les éléments nerveux (neurospongium ou myelospongium). Les cellules de la névroglie peuvent devenir cornées (hornspongiosà), ce qui est facile à comprendre puisqu'elles dérivent de l'ectoderme.
mais plus tard, lorsque le sillon s'est transformé en tube (canal médullaire) par la soudure de ses bords, il se développe des fibres et par suite s'établit la conduction physiologique en sejis centripète (nerfs sensibles)
et en se7is centrifuge (nerfs moteurs).
De bonne heure la partie antérieure du canal médullaire se distingue par son renflement considérable de la partie postérieure beaucoup plus longue et plus étroite, qui communique au début avec l'intestin caudal
Fig. 134. — Schéma de la moelle épinière avec les nerfs qui en partent.
A, la moelle s'étend jusqu'à l'extrémité de la queue. B, la moelle cesse bien avant l'extrémité de la queue et ne se prolonge en arrière que par le filum terminale (F.t). Mo, moelle allongée; Pc, plexus cervical; Pb , plexus brachial; Pth, nerfs thoraciques ; Pi, plexus sacro-lombaire; Ce, queue de cheval.
Fig. 133. — Système nerveux de la Grenouille (d'après A. Ecker). He, hémisphères cérébraux (cerveau antérieur); Lob, lobes optiques (cerveau moyen); Le, bandelette optique; it/, moelle épinière ; 3f' à M'", nerfs rachidiens, qui en ,S'3i" envoient des anses anastomotiques aux ganglions (5' — 5'°) du sympathique; No, nerf obturateur ; iVï", nerf sciatique; I k X, première à dixième paire de nerfs crâniens ; (r, ganglion du nerf vague ; Vg, ganglion de Gasser ; o, globe oculaire ;iV, sac nasal ; Va à Ve, les différentes branches du trijumeau; i^, nerf facial ; Vs, anastomose d u sympathique avec le ganglion de Gasser ; X' à X-*, branches du vague. Quelques fibres du sympathique accompagnent la branche du nerf vague.
par le canal neurentérique (1). La première constitue V ébauche du cerveau, la seconde Yébauche de la moelle épinière. Toutes deux ont donc la même origine et renferment un canal appelé dans la moelle canal central et dans le cerveau cavité des ventricules. Le canal central et la cavité des ventricules, primitivement très larges, se rétrécissent considérablement, surtoutle premier, par suite de l'augmentation d'épaisseur de leurs parois.
Chez beaucoup de Vertébrés {Téléosléens, Salamandra atra, Lacerta, Poulet, beaucoup de Maminifères, par exemple la Souris, le Chien, le Bœuf, le Mouton, V Homme) le canal médullaire présente pendant la période embryonnaire une segmentation purtielle; mais ce dernier, comme j'ai déjà eu l'occasion de le faire remarquer dans Tintroduction, e^i primitivement uniforme dans toute son étendue, sa segmentation est donc, comme celle de la colonne vertébrale, secondaire et il ne peut être question ici d'une mélamérie primaire.