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Méninges crâniennes et rachidiennes

Les membranes d'enveloppe de l'encéphale sont produites par la difïérenciation d'une couche indifférente de tissu conjonctif située entre les organes centraux du système nerveux et les pièces osseuses qui les entourent. Chez les Poissons il n'y a que deux membranes, la dure-mère

(1) L'aqueduc de Sylvius est le canal qui fait communiquer le troisième ventricule avec le quatrième (fig. 138,^5').

qui tapisse la face interne de la capsule crânienne et la pie-mère qui recouvre Fencéphale. Celte dernière correspond en même temps à Farach- NOÏDE des Vertébrés supérieurs ; celle-ci ne forme donc pas encore ici une couche différenciée. Toutes deux contiennent des vaisseaux ; la première sert de périchondre ou de périoste au crâne, la seconde, beaucoup plus vasculaire, sert à la nutrition du cerveau. La dure-mèi^e est formée de deux lamelles qui ne sont séparées dans toute l'étendue du système nerveux central que chez les Vertébrés inférieurs; chez les Vertébrés supérieurs elles ne sont nettement distinctes que dans le canal rachidien ; dans le crâne elles sont soudées ensemble (1). Comme l'encéphale des Poissons ne remplit pas à beaucoup près toute la cavité de la capsule crânienne,il reste entre lesdeux un espace lymphatique péricérébral (et périmédullaire) assez vaste qui correspond à V espace sus - arachnoïdien des Vertébrés supérieurs.

La difîérenciation de la membrane vasculaire primaire en pie-mère et en arachnoïde résulte de ce que dans les points où se produisent des dépressions profondes à la surface de l'encéphale elle se divise en deux lamelles, l'une profonde qui reste fixée à l'encéphale et qui pénètre même dans les ventricules {toile choroïdienne, plexus choroïdes), l'autre externe qui passe au-dessus des dépressions à la manière d'un pont (fig. 140).

Il se produit de la sorte un espace lymphoïde, espace sous-arachnoïdien, mdiis qui n'est jamais aussi différencié que l'espace sus-arachnoïdien.

Fig. 140. — Enveloppes de l'encéphale de VHomme (d'après SCHWALBE). D M, dure-mère; S R, espace sus-arachnoïdien ; A, arachnoïde ; PM, pie-mère ; GR, substance grise corticale du cerveau.

Avant de passer à l'étude de l'encéphale dans les divers groupes de Vertébrés, je ferai remarquer que les nerfs crâniens seront traités à part dans un chapitre spécial; je n'aurai donc pas à m'en occuper ici. D'ailleurs ils sont très exactement représentés dans les figures, de sorte qu'il est facile de les reconnaître sans l'aide d'une description. Ils sont partout désignés par les noms et par les numéros qu'on leur donne en anatomie humaine.

(1) Chez les Mammifères on trouve sur la face interne de ,1a dure-mère des prolongements fibreux, auxquels on donne les noms de faux du cerveau et de tente du cervelet. La faux, qui commence à apparaître chez les Oiseaux où elle est encore très peu développée, s'enfonce dans la grande scissure interhèmisphérique entre les deux moitiés du cerveau antérieui. La tente est située entre le cerveau postérieur et les lobes occipitaux du cerveau antérieur; La dure-mère des Mammifères renferme des sinus, qui reçoivent le sang veineux de l'encéphale et le déversent dans la veine jugulaire interne.

Poissons.

Amphioxus. Le renflement conique de l'extrémité antérieure de la moelle épinière présente une dilatation du canal central, que l'on doit considérer comme homologue à un ventricule. Sur la face dorsale cette cavité ventriculaire s'ouvre librement à l'extérieur, et cet orifice ne peut correspondre qu'à un neuropore, c'est-à-dire au dernier reste de la communication de l'encéphale avec l'épiderme (Hatschek). Si cette opinion est exacte, rien n'empêche d'admettre que la vésicule cérébrale conique de l'Amphioxus correspond à la nésicule cérébrale antérieure et peut-être aussi à la vésicule cérébrale moyenne des autres Vertébrés, et que les parties postérieures du cerveau, c'est-à-dire le cerveau postérieur et l' arrière-cerveau, ne sont pas encore différenciés de la moelle épinière. Le neuropore correspond-il également à l'organe olfactif, c'est ce qui n'est actuellement pas possible de décider.

Cyclostomes. L'encéphale des Cyclostomes offre une conformation très inférieure ; sous bien des rapports il représente un type embryonnaire . Cela est vrai surtout du cerveau de YAmniocète caractérisé par sa forme grêle et allongée. Les différentes parties de l'encéphale sont situées presque horizontalement les unes derrière les autres, et ce qu'il y a de plus intéressant c'est que la partie du cerveau antérieur secondaire, que nous avons désignée plus haut sous le nom de zone palléale ou de pallium, nestforinée que par une seule couche de cellules épithéliales (1). Elle est recouverte sur sa face dorsale par la pie-mère. Sur la figure 141 la zone palléale a été enlevée, mais on a conservé la partie basilaire épaissie. En avant cette dernière se continue avec les lobes olfactifs {Loi), dans chacun desquels le ventricule envoie un prolongement.

Le cerveau postérieur et Y arrière-cerveau sont très longs, de sorte que l'encéphale de Y Amniocète présente l'aspect de la moelle épinière. Par contre chez le Petromyzon les différentes parties de l'encéphale, principalement le cerveau moyen, sont plus ramassées et plus larges. Il en est de même chez IsiMyxine, dont l'encéphale présente manifestement une conformation très inférieure. Chez aucun Cyclostome Yépiphyse ne traverse la voûte crânienne.

L'épiphyse de YAmmocèle et du Peiromyson se divise en une partie proximale en forme de tige et une partie distale composée de deux vésicules, situées l'une au-dessus de l'autre. Sur la circonférence ventrale de la vésicule dorsale, la plus volumineuse des deux, se trouve une couche épithéliale stratifiée, dont les cellules présentent des stries rayonnantes et un peu de pigment ; ce sont les derniers vestiges de l'œil pariétal. Il n'y a aucune trace de cristallin. 11 est remarquable que chez les Pélromyzontes adultes, plus rarement chez VAmmocète, cet organe est bondé de pigment et qu'il s'avance davantage du côté dorsal, comme s'il tendait à reconquérir son ancien rôle physiologique (Beard).

(1) Il en est de même de la région palléale du Petromyzon. Quant à la Myxine et au Bdellostoma on ne sait rien à ce sujet.

Sélaciens. L'encéphale des Sélaciens représente aussi, comme celui des Cyclostomes, un type embryonnaire arrêté dans son développement, mais ses différentes parties sont déjà beaucoup plus différenciées. D'après la forme extérieure du cerveau on peut diviser les Sélaciens en deux

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Fig. 141, — Encéphale de VAmmocoetes. A, face inférieure. B, face supérieure. C, face latérale.

Vff, cerveau antérieur et son ganglion basilaire (Baa. G) ; L. ol, lobe olfactif; ZH, cerveau intermédiaire ; Gp, glande pinéale; Hyp, hypophyse ; Sv, saccus vasculosus ; MH, cerveau moyen ; HH, cerveau postérieur; iVA", arrière-cerveau ; Med, moelle épinière ; / à X7/, première à douzième paire de nerfs crâniens.

grands groupes. Le premier groupe, représenté par les Spinacidés, les Scymnus, les Notidanides, possède un encéphale étroit et très allongé, le second, qui comprend tous les autres Sélaciens, a un encéphale plus large et moins allongé, et dont les différentes parties sont plus rapprochées les unes des autres. Chez presque tous les Squales le cerveau

antérieur se distingue des autres parties de l'encéphale par son volume considérable. Tantôt sa symétrie bilatérale est nettement marquée [Notidanides), tantôt elle est fort peu distincte (Scyllium); mais, même dans

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