‹ Manuel d'anatomie comparée des vertébrésChapitre 55 sur 69 · T. III · texte numérisé non relu

T. III

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Canal intestinal et ses annexes (1)

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Le canal intestinal est un tube qui commence à la bouche, traverse la cavité générale du corps {cœlome) et se termine à Y anus. Ses parois sont formées essentiellement de trois tuniques, une tunique interne, la muqueuse, une tunique moyenne, la sous-muqueuse, et une tunique externe, la tunique musculaire.

La première, le feuillet intestinoglandulaire de l'embryon, est d'origine entodermique ; elle donne naissance à de nombreuses formations glandulaires, et est par conséquent douée des propriétés de sécrétion et d'absorption. La deuxième tunique, composée de tissu adénoïde, sert essentiellement de support aux vaisseaux sanguins et aux appai'eils lymphoïdes ; la tunique externe enfin, le feuillet fibro-iiitestinal, &edi\ise en général en deux couches musculaires lisses, l'une interne à fibres circulaires, l'autre externe à fibres longitudinales, qui président aux mouvements, aux contractions (péris taltiques) de la paroi intestinale et remplissent par suite un double rôle; en premier lieu elles mettent de tous côtés en contact intime la bouillie alimentaire avec la surface interne

(1) Pour le développement du lube digestif, du canal neurentérique et des organes qui servent à la nutrition de l embryon, je renverrai à l'introduction ainsi qu'au chapitre qui traite des relations entre la mère et le fœtus.

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Fig. 208. — Coupe transversale schématique du corps d'un Vertébré. KW, paroi du corps; DW, paroi intestinale ; KH, cavité viscérale ; DH, cavité intestinale; DE, cellules de la muqueuse intestinale; BF, péritoine qui tapisse la paroi de la cavité viscérale, et qui, en BF^, se continue sur l'intestin et le fixe à la paroi dorsale du corps ; WS, colonne vertébrale; RM, moelle épinière.

épithéliale, c'est-à-dire avec la muqueuse, en second lieu elles expulsent du corps les substances impropres à la nutrition

Les muscles striés, innervés par les ne?'fs crâniens ou rachidietis , ne

se rencontrent que dans la partie antérieure et dans la partie postérieure du tube digestif.

Aces trois tuniques de la paroi intestinale s'ajoute encore une enveloppe extérieure accessoire, le péritoine.

C'est une membrane séreuse, revêtue d'un épithélium à cellules plates, qui tapisse la cavité générale du corps tout entière, la transforme en un grand espace lymphatique et qui se réfléchit sur les viscères qu'elle renferme. On y distingue un feuillet pariétal et un feuillet viscéral. Ces deux feuillets sont réunis l'un avec l'autre par l'intermédiaire du mésentère composé également de deux feuillets, et qui non seulement sert d'appareil suspenseur pour les viscères, mais encore sert à leur amener les vaisseaux et les nerfs. Ces derniers appartiennent pour la plupart au système sympathique. Le mésentère représente donc un système de replis de la paroi interne du corps, dans lequel les viscères sont en quelque sorte invaginés.

La partie antérieure du tube intestinal primitif fonctionne à la fois comme canal alimentaire et comme cavité respiratoire par suite des dispositions suivantes. La muqueuse produit une série de diverticules placés les uns derrière les autres, à chacun desquels correspond un enfoncement de l'ectoderme, et qui finalement débouchent à l'extérieur. Entre les orifices ainsi formés sont situés les arcs viscéraux, que nous

Fig. 209. — Schéma de l'intestin buccal des Poissons (A), à&s Aniphibiens, Repliles et Oiseaux (B) et des Mammifères (C).

N, orifice de la cavité nasale; Ch, arrière-narines; D, intestin ; Ji, fentes branchiales ; i, poumons; T, trachée; 0, œsophage. La flèche désignée par la lettre A indique la voie aérienne; la flèche désignée par la lettre B, la voie digestive. -j- indique le point d'entrecroisement de ces deux voies.

avons étudiés à propos du squelette viscéral et dans l'intérieur desquels se développent des capillaires, de sorte que l'eau qui traverse ces orifices est soumise à un échange gazeux constant. En un mot il se développe des branchies.

Bien que ces dernières ne jouent un rôle physiologique que chez les Poissons, les Dipnoïques et les Amphibiens qui vivent dans Veau (et toutes les larves des Amphihiens), cependant la portion spacieuse de la cavité de la houche et du pharynx, située derrière Ids arrière-narines, représente encorechez les Vertébrés supérieurs, avant qu'il ne se développe un véritable palais(C/ie7ow?ews, Crocodiles), un passage commun pour l'air et les aliments (fig. 209).

L'apparition delà voûte palatine divise, comme on sait, la cavité buccale primitive en deux étages, l'un supérieur respiratoire, l'autre inférieur digestif, c'est-à-dire en cavité nasale et cavité buccale secondaire ou définitive. Mais cette séparation n'est nullement absolue, même chez les Vertébrés supérieurs comme les Mammifères (fig. 209 C), car cette deuxième partie de l'intestin antérieur, que l'on désigne sous le nom depharynx etquiest séparée chez les Mammifères et les Crocodiles par un repli musculo-membraneux {voile du palais) de la cavité buccale, est dans une certaine étendue commune au conduit aérien et au conduit alimentaire. Ces deux conduits ne sont définitivement séparés qu'à partir de l'origine du larynx.

Le canal intestinal de tous les Vertébrés se divise en trois portions principales, I'intestin antérieur, I'in- TESTiN MOYEN et l'iNTESTiN POSTÉRIEUR. Le premier s'étend jusqu'à l'orifice des conduits excréteurs du foie et se subdivise en quatre parties, l'mtestm buccal ou céphaliqiœ (cavité de la bouche), le pharynx, V œsophage et Yestomac (qui n'existe pas toujours). Vintestin moyen, qui est toujours

Fig. 210. — Schéma de l'ensemble du tube intestinal de VHomme. GU, glandes salivaires; Ph, pharynx ;G?.</i, glande thyroïde ; Gl.thy, thymus ; Lff, poumons; Oe, œsophage; Z, diaphragme; Mg, estomac; Lh, foie; Pa, pancréas; Dd, duodénum(intebtinmoyen); Fie, valvule iléo-cœcale ; Pv, appendice vermiculaire ; Ca, côlon ascendant ; 67, côlon transverse; Cd, côlon descendant; H, rectum; A, anus.

plus étendu que les deux autres, à son origine a des rapports importants avec le foie et le pancréas. Il est désigné en anatomie humaine sous le nom à'intestin grêle ou sous celui de jéjunum et à'iléon. Vintestin postêrieur, gros intestin ou côlon de Fanatomie humaine, peut se diviser en gros intestin proprement dit et en intestin terminal ou anal [rectum). Entre l'intestin antérieur et l'intestin moyen, ainsi qu'entre ce dernier et l'intestin postérieur, il existe en général un épaississement de la couche musculaire, qui agit comme sphincter [valvule pylori que et valvule iléo-cœcale ou de Bauliin).

Tantôt le canal intestinal est droit, tantôt il décrit des courbes ou des circonvolutions plus ou moins prononcées. Dans ce dernier cas, il est beaucoup plus long et par suite il y a accroissement de la surface absorbante et digestive.

Cette surface est encore augmentée par suite de la présence fréquente de saillies de la muqueuse {plis, villosités, papilles).

La figure 210 représente la disposition générale du canal intestinal et de ses annexes chez l'Homme. Toutes ces annexes dérivent de la 7nuqueuse ; elles ont par conséquent une origine épithéliale ; elles restent pendant toute la vie des organes glandulaires ou tout au moins constitués suivant le type des glandes. Les éléments du mésoderme ne s'y ajoutent que secondairement.

Les organes appendiculaires de l'intestin sont, à partir de la bouche :

1° Les GLANDES SALIVAIRES (fig. 210, Gls);

2° Les GLANDES MUQUEUSES;

3° La GLANDE THYROÏDE [Gl. tJl) ;

4° Le THYMUS Gl. thy);

5° Les POUMONS [vessie natatoire) [Lg) ;

6° Le FOIE [Lb);

7° Le PANCRÉAS [Pa).

Enfin il faut ajouter encore les glandes de l'estomac et les glandes de l'intestin [glandes à pepsine, glandes de Lieberkûhn, etc.).

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