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Intestin antérieur proprement dit

Poissons, Dipnoïques et Amphibiens.

Tandis que chez VAmphioxus on peut peut-être considérer comme une sorte d'estomac une dilatation du canal digestif, chez les Cyclostomes, les Dipnoïques, les Chimères, chez certains Téléostéens et plusieurs [chthyoïdes, l'estomac n'est pas nettement distinct du reste du tube digestif, qui s'étend parfois en ligne droite dans la cavité viscérale. Dans ce cas la limite entre l'intestin antérieur et l'intestin moyen est marquée, comme nous l'avons déjà mentionné, par le point où le canal excréteur de la bile (canal cholédoque) traverse la paroi digestive.

Chez d'autres Poissons, par exemple \e& Squalides, tous les Ganoïdes, de nombreux Téléostéens, Iq's, Dérotrèmes, les Salamandrines et tous les Anoures, l'estomac est plus ou moins sacciforme ou contourné en anse, de sorte que l'on peut y distinguer une partie descendante (fig. 222, M) et une partie récurrente, le tube pylorique (PR). En général l'estomac s'adapte à la forme du corps. C'est ainsi que chez les Raies et les Anou7'es il est beaucoup plus développé en largeur que chez la plupart des aiUres Poissons et chez les Salaynandrines ; cette règle s'applique aussi aux Reptiles (comp. fîg. 223). Les plus grandes variations de forme se rencontrent chez les Téléostéens. L'œsophage est en général court ; fréquemment il n'est pas nettement distinct de l'estomac; cependant il y a de nombreuses exceptions, par exemple chez plusieurs Téléostéens et ohazldi Sirène lacertine (fig. 223, Oe).

Reptiles.

Ici le cou est bien plus différencié, aussi l'œsophage est-il assez le ng et toujours nettement séparé de l'estomac plus spacieux, en général sacciforme [Crocodiiiens) ou recourbé en anse et par suite

transversal {Chcloniens) (1). Les Serpents, les Sauriens serpenti formes

et les, Amjjhisbènes ont un estomac fusiforme, situé dans Taxe du corps;

Fig. 222. Fig. 223 Flntestin antérieur tout entier est

très extensible, ces animaux avalant en une fois une grande quantité de nourriture sans la mâcher.

Oiseaux.

On observe ici une division du travail physiologique par suite d'adaptation au régime alimentaire, au mode d'existence de ces animaux et à l'absence des dents. L'estomac, qui jusqu'ici était simple, se divise en deux parties, l'une antérieure, l'autre postérieure (2). La première seule, à laquelle on donne le nom d'estomac glandulaire {ventricule succenturié, fig. 224, DM), à cause de l'abondance des glandes qu'elle renferme, contribue aux phénomènes chimiques de la digestion ; la seconde, dont la face interne est tapissée d'une couche coriiée formée par la sécrétion qui se durcit des glandes do la paroi, n'a qu'une action mécanique, aussi possède-t-elle une paroi musculaire très épaisse, munie de deux disques tendineux (fig. 224 et 225, MM). C'est pour cette raison ^^ qu'on lui donne le nom d'estomac musculeux {gésier); son développement est proportionnel au degré de consistance des aliments. C'est chez

Fig. 223.- Canalintestinal delà 5^VanZace,Vma. leS GrauivOreS qUO la COUChc UlUS-

^^A^^°Ç>''''^-'''''^P^'"'TP^''""H'i?."!^'^^'^^.^'^'''°'"^'' culaire est la plus puissante et la

{M)\ P, région pylorique; MD, intestin moyen; i i •

ED. intestin terminal. couclic coméo laplus épaisso, taudis

que cette puissance et cette épaisseur diminuent graduellement dans la série des /nsec/n'ores jusqu'aux Rapaces, en même temps que la division du travail est de moins en moins apparente. De sorte qu'on peut encore aujourd'hui dans la série des Oiseaux actuels suivre pas à pas les degrés

(1) L'œsophage des Tortues marines est, comme celui de plusieurs Oiseaux, recouvert de papilles cornées.

|2) Chez les Crocodiles plusieurs faits montrent que l'estomac présente un degré supérieur d'organisation, qui rappelle celui des Oiseaux.

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Fig. 222. — Canal intestinal d'un Squatide.

H, cœur; Pc, péricarde; S», sinus veineux; L, L, les deux lobes du foie écartés de façon à faire voir l'estomac (M), le tube pylorique (PR) et la région du pylore (P); MD , intestin moyen ; ED, intestin terminal ; Gxp, glande sus-anale; AT, poches anales ; Pa, Pa, pores abdominaux ; Mi, rate.

de différenciation que l'estomac a éprouvés dans le cours de la phy-

logénie

Enfin, il faut encore mentionner la dilatation de l'œsophage, que l'on désigne sous le nom de jabot (fig. 224, Ig). On distingue deux sortes de jabots": le faux jabot, qui ne sert qu'à emmagasiner les aliments, et le jabot vrai, qui exerce sur eux une action chimique.

Mammifères.

De même que chez les Oiseaux, l'œsophage est ici bien distinct de

Fig. 224.

Ûe—-^

Fig. 225. jj

Oe

MB

-MM

-DM

-MM

Fig. 22-i. — a<-iieina de l'intestin antérieur d'un Oiseau. Oe, Ob'œsopiiage; Ig, jabot ; DM, estomac glandulaire ; MM, gésier ; MD, intestin moyen,

Fig. 225. — A, gésier et estomac glandulaire du Fulicra atra. B, coupe transversale de la partie latérale du gésier du Coq^ de bruyère. Oe, œaophage ;DM, estomac glandulaire ; ilfi)/, gésier; S, son disque tendineux ; MS, couche mubculaire; DS, couche glandulaire ; RP, plaque triturante, formée par la sécrétion durcie de la couche glandulaire ; L, cavité du gésier.

l'estomac ; sa portion initiale différenciée, pourvue de muscles puissants, est appelée pharynx.

L'estomac présente chez ces animaux de très nombreuses modifications, liées au régime alimentaire, que l'on ne rencontre dans aucune autre classe de Vertébrés. En général sa position est plus ou moins transversale et sa forme celle d'un sac ; on y distingue une portion cardiaque qui se continue avec l'œsophage et une portion pylorique qui se continue avec l'intestin moyen.

En général l'estomac des Herbivores est plus volumineux et plus compliqué que celui des Carnassiers ; il peut être divisé en chambres en nombre variable, par exemple au nombre de quatre chez les Ruminants (fig. 226 E), \n. panse, le bonnet ou réseau, le feuillet et la caillette (1). Les deux premières ne sont que de simples réservoirs,

(1) Le feuillet fait défaut à plusieurs Ruminants, tels que les Tylopodes et les Moschidés, de sorte que chez eux l'estomac ne se compose que de trois parties. Le feuillet est ontogéniquement et phylogéniquement le dernier produit de différenciation de l'estomac des Ruminants. La forme ainsi que la structure de ses lamelles sont très variables; c'est chez le Bœuf qu'il est le plus volumineux.

d'où les aliments remontent dans la bouche pour y être de nouveau imbibés de salive et mâchés; après quoi ils pénètrent dans le feuillet et enfin dans la caillette, qui seule est pourvue de glandes à pepsine et sert à la digestion. Les flèches pointillées dans la figure 226 E indiquent la marche que suivent les aliments.

Probablement tous les Cétacés, à l'exception des Ziphiol'des, ont un estomac composé de trois compartiments. Le premier est une dilatation non glandulaire de l'œsophage ; le second correspond au cardia des Carnivores ; il est pourvu de glandes à pepsine. Le troisième se divise en plusieurs parties et correspond à la partie pylorique de l'estomac des Carnivores; ses glandes sont des glandes à mucus.

Fig. 226. — Différentes formes de l'estomac des Mammifères. A, Chien. B, Mus decumanus. C, Mu musculus. Y), Belette. E, schéma de l'estomac d s i2Mmmaw<s; la flèche ndique la marche que suivent les aliments; R.R, panse et bonnet; O, feuillet; A, caillette. F, estomac de l'homme, dont les muscles ont été préparés. G, estomac du Chameau; JR,IÎ, panse et bonnet; A, caillette; WZ, cellules aquifères. H, estomac de VEchidna hystria ; Cm,i, petite courbure ; Cma, grande courbure. J, estomac de Bradypus tridactylus ; fti partie correspondant à la panse, et f , partie correspondant au bonnet des Ruminants ; la première forme en MB un cul-de-sac ; **, diverticule du duodénum {Du). La figure G d'après Gegenbaur.

Oe, œsophage; P, pylore; Se, sac cardiaque; Sp, sac pylorique; Ca, cardia.

OIIGANES DIGKSÏIFS

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