Vessie natatoire
La vessie natatoire et les poumons ont, comme je l'ai déjà dit, le même mode de développement et ils ne difïerent morphologiquement que parce que les poumons dérivent sans exception de la face ventrale de l'intestin antérieur primaire, tandis que ce n'est qu'exceptionnellement le cas pour la vessie natatoire {Polypterus, Erythrines), qui provient d'ordinaire de la face dorsale. Le canal qui réunit la vessie à l'intestin antérieur (canal aérien) tantôt reste ouvert pendant toute la vie, par exemple chez les Ganoïdes et beaucoup de Téléostéens (Physostomes), tantôt, comme chez d'autres Téléostéens (Physoclystes), s'oblitère plus tard et se transforme en un cordon fibreux plein.
Dans ce dernier cas l'air extérieur ne peut naturellement pas pénétrer dans la vessie, et il doit y avoir excrétion de gaz par la paroi elle-même.
La vessie natatoire est toujours située derrière le péritoine, dans la partie supérieure de la cavité viscérale entre la colonne vertébrale (ou l'aorte et l'appareil génito-urinaire)etle canal intestinal. C'est un sac pair ou impair, à parois conjonctives, élastiques et musculaires, qui a souvent une longueur égale à celle de la cavité viscérale tout entière.
Ses deux moitiés peuvent présenter un développement symétrique ou asymétrique; dans d'autres cas {certains Téléostéens) la vessie est impaire, mais elle est divisée par des étranglements en plusieurs portions placées les unes derrière les autres; enfin, elle peut présenter des diverticules plus ou moins nombreux.
Sa face interne est tantôt lisse, tantôt réticulée, spongieuse par suite de la présence d'un système de trabécules plus ou moins complexe. Cette structure rappelle involontairement celle du poumon des Dipnoïques et des Amphibiens (fîg. 246).
Quant aux connexions qui existent chez certaines espèces entre la vessie natatoire et l'organe de l'ouïe, nous en avons déjà parlé plus haut.
Par suite de la disposition des vaisseaux, il entre dans la vessie natatoire du sang artériel et il en sort du sang veineux; celle-ci ne repré-
Fig. 246. — Face interne de la \esbic natatoire du Lepidosteus a\ec le syt.teme de trabécules. B, ruban fibreux longitudinal.
sente donc pas un appareil respiratoire, mais un appareil hydrostatique, qui permet à l'animal de s'élever ou de s'enfoncer dans l'eau (1).