Poumons
Les poumons se développent derrière les diverticules sacciformes que nous avons étudiés plus haut et qui constituent les fentes branchiales ou fentes pharyngiennes.
A l'endroit où doivent se développer les poumons, immédiatement en arrière du cinquième ou du sixième arc aor tique, l'intestin antérieur
Fig. 247. — A, B, C, schémas du développement des poumons. PD, tube intestinal primitif; S,S^, sac pulmonaire primitivement impair, plus tard pair; <, trachée
&, bronche.
est comprimé latéralement et présente à droite et à gauche un repli longitudinal qui le divise en deux parties, l'une dorsale, l'autre ventrale.
Sur cette dernière apparaît, à l'extrémité postérieure, un diverticule sacciforme impair qui, au début, communique avec la cavité de l'intestin par un long orifice.
Bientôt ce petit sac pulmonaire primitif se divise par un sillon longitudinal en deux moitiés latérales, qui deviennent de plus en plus distinctes de bas en haut, c'est-à-dire dans la direction de la bouche et qui se séparent de plus en plus du tube intestinal (fig. 247). Dans un stade plus avancé on distingue de chaque côté un sac vul^xo^ mkis. proprement dit et une partie rétrécie tubuleuse, la bronche primitive; les deux bronches débouchent dans la trachée encore très courte. A la partie supérieure de celle-ci, c'est-à-dire au point oii l'arbre respiratoire se détache du tube intestinal, se développe le larynx.
// en résulte que le sac pulmonaire proprement dit est la jjartie phylétiquement la plus ancienne, et que les bronches, la trachée et le larynx ne sont que des acquisitions postérieures. Cette proposition se trouve aussi confirmée par l'anatomie comparée.
Les deux feuillets qui constituent la paroi du canal intestinal, c'est-àdire le mésoderme et Ventoderme, prennent part à la formation du poumon; le dernier joue le rôle principal dans les premières phases du développement. 11 donne naissance à des diverticules creux et à des bour-
(1) L'Amphioxus et les Cyclostomes sont entièrement dépourvus de vessie natatoire et il n'est pas encore certain que le petit diverticule de la paroi dorsale de l'œsophage chez les Sélaciens en représente les vestiges.
g-eons, qui s'enfoncent dans le tissu mésodermique environnant, très vasculaire, constitué par de la substance conjonctive et par des muscles, et qui en s'accroissant et se multipliant de plus en plus finissent par former une arborisation de canaux creux, c'est-à-dire des bronches de deuxième, de troisième ordre, etc., à extrémités renflées en massue {infundibulums et alvéoles).
L'épithélium qui tapisse la face interne des bronches est garni de cils.
De cette façon se trouve considérablement accrue, principalement chez les Vertébrés supérieurs, l'étendue de la surface respiratoire, c'està-dire qu'il en résulte une augmentation dans la capacité fonctionnelle du poumon. Le ^ perfectionnement, que l'on observe dans la série des Vertébrés, a son parallèle dans l'ontogénie, et il en est de même dans le cas oii le poumon est divisé en lobes, disposition que l'on doit toujours considérer comme acquise secondaire-
, , . ' n •!• X F'S- 248. — Deux phases du développement du poumon
ment, nien qu elle se manifeste des Mammifères, a, phase précoce ; B, phase plus avau-
Qe Donne neure uanS le Ûeve- Xgr, désigne en Aies vésicules pulmonaires primaires, en b lonnPmPnt iridividlipl les vésicules pulmonaires secondaires.
Dans ce qui va suivre nous traiterons successivement des 'ooies aériennes, c'est-à-dire le larynx, la trachée et les bronches, et des poumons proprement dits.
Voies aériennes.
Les voies aériennes, tantôt sont formées seulement par du tissu conjonctif, à.Q^ fibres musculaires et des fibres élastiques, tantôt il s'y ajoute, et c'est généralement le cas, des éléments cartilagineux, c'est-à-dire une charpente solide, qui par son élasticité maintient béant l'ensemble du système de canaux. Les parties cartilagineuses sont beaucoup plus développées dans le larynx, et constituent en ce point un cadre sur lequel sont tendues des membranes vibrantes, les cordes vocales.
Les cartilages qui forment la charpente du larynx sont, comme je l'ai déjà signalé dans la première édition de mon Traité d'Anatomie comparée des Vertébrés, les éléments hyalins phylétiquement les plus anciens de r appareil respiratoire tout entier. Les éléments cartilagineux de la trachée et des bronches, qui représentent des formations plus récentes, se sont manifestement développés par suite de rallongement progressif des voies respiratoires et de la nécessité, qui en est résultée, de les maintenir béantes .
La longueur des voies aériennes est en général en rapport avec la longueur du cou ; mais cette proportion n'est pas absolue, comme le
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montrent certains Ichthyoïdes et Dérotrèmes, les Gymnophiones et plusieurs Reptiles. D'ailleurs les phénomènes d'accroissement, l'allongement en arrière des poumons à partir de leur point d'origine, jouent ici le principal rôle.
Dipnoïques et Amphibiens.
Chez les Dipnoïques il ne se développe pas encore de cartilage hyalin dans le larynx, mais il existe déjà un muscle volumineux à fihres radiées, qui s'est différencié des muscles du pharynx et qui agit comme dilatateur. Il n'y a pas de sphincter; il est remplacé par un repli annulaire formé par des fibres élastiques. L'orifice en forme de fente du larynx donne entrée dans une courte cavité sacciforme, à laquelle font
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