‹ Manuel d'anatomie comparéeChapitre 44 sur 93 · Appendices de V œsophage · texte numérisé non relu

Appendices de V œsophage

Des organes glandulaires qui se rencontrent sur ses difTérentes parties, sont en connexion avec le canal intestinal des Arthropodes. On désigne sous le nom de glandes salivaires celles qui débouchent dans Toesophage. 11 n'y a chez les Crustacés que peu de formations qui puissent être rapportées à celles qui nous occupent ici. Des glandes uniccllulaires, situées dans le voisinage de la bouche, ont été indiquées chez les Crustacés inférieurs {Copépodes^ Daphnides)^ comme organes salivaires; maison n*a pas pu avec certitude le^ reconnaître chez les autres. Nous les trouvons, par contre, fort répandus chez les Arthropodes à respiration aérienne, où ils peuvent remplir en même temps des fonctions différentes. Les Scorpions, parmi les Arachnides^ ont àcux paires de glandes lobulées qui, reposant sur des élargissements latcmux de l'intestin, débouchent dans l'œsophage. Chez les GaléodeSj ils cou- ^\i>ieni en deux boyaux en partie enroulés en peloton, et chez les Araignées^ en une masse glandulaire entourant le pharynx ; on est cependant encore dans le doute, si les glandes à venin qui s'ouvrent à la pointe des chélicères ne représentent pas des glandes salivaires modifiées. Ces dernières sont (rcs-développées chez les Acariens , qui en possèdent plusieurs paires dilTéremment conformées, et dont la sécrétion est vraisemblablement partiellement employée comme venin.

On a indiqué comme glandes salivaires chez les Myriapodes^ des glandes en tubes simples (Julus) ou lobées (Lithobius) ou en grappes (Scolopendra)^ et chez ce dernier au nombre de trois paires. Comme cependant toutes ne débouchent pas dans l'intestin, mais dans le voisinage de la bouche et de ses |>arlics maxillaires, elles doivent être comprises autrement.

Les glandes salivaires présentent chez les Insectes des états fort différents en ce qui concerne leur nombre, forme, et structure élémentaire. Leurs fonctions doivent donc certainement être aussi de nature fort diverse.

Elles ne paraissent manquer complètement que chez peu d'Insectes tels que les Ephéme'rides, Libellulides et Aphides, et elles ne sont que peu développées ï^^hezles Myrméléonides et Sialides. Ce sont tantôt de longs tubes enroulés, tantôt lobés et diversement ramifiés, qui fréquemment accompagnent l'intestin sur une certaine étendue. Il y a souvent deux, ou même trois paires de glandes salivaires, qui présentent dans leur structure des conditions fort variables. Eu ce qui concerne leur forme extérieure et leur répartition dans les

divers groupes d'Insectes, les glandes salivaires consistent en une paire de longs boyaux chez les Coléoptères, les Diptères et les Lépidoptères. Les formes ramifiées en grappes ou lobées dominent dans les ordres des Hémiptères et des Orthoptères, et se rencontrent aussi chez les Coléoptères. Lorsqu'il y a plusieurs paires de glandes salivaires, comme chez les Hémiptères, il s\ joint encore une ou plusieurs paires de glandes simples en forme de tube.

C'est aux glandes salivaires qu'on doit rattacher un appareil glandulaire décrit par Leydi^' chez VArguhis (Cruslacé), et qui s'ouvrant dans une trompe actTce fonctionne probablement comme un organe venimeux. Connaissant chez les Insectes des organes pareils qui versent dans des appanMJs à aiguillon une sécrétion ayant des propriétés venimeuses, nous pouvons provisoirement y rattacher toutes les conformations semblables, quêteurs produiLs soient ou non venimeux. Mais de toutes ces glandes dont personne ne met en doute la nature salivairc, on ne connaît encore presque rien quant aux fonctions, si ce n'est qu'elles aboutissent dans l'œsophage. Les observations de >Veissmann déjà indiquées préccdcnmaent (page 584) montrent combien ce sujet nous est encore peu connu.

Sur les glandes salivaires des Acariens, voy. Leydig (sur VIxodcs), et Pagenstccber, (o. c.) Ces organes consistent en quatre tubes ovales chez les Tardigrades.

Les différences dans le nombre et la forme des glandes salivaires portent non-seulcimnl sur les ordres chez les Insectes, mais même sur les familles. Celles des Orthoptères sont IW'*grandes ; elles sont ramifiées, lobées et placées sur le jabot, et des deux côtés viennent w' réunir dans un canal commun. Parmi lesPseudo-Névroptères, elles consistent chez les Termn en deux tubes allongés et également lobés. Chez le Panorpa se présente la particularité que tandis que la femelle n'offre que des groupes de glandes peu apparents, on trouvo chez le nuile six grands cœcums. Chez les Diptères, les différences ne portent que sur leur longueur plus ou moins considérable, et la distinction plus ou moins prononcée entre les parties sécrétiiit*'> et le conduit excréteur. Il en est de même chez les Lépidoptères. Chez les Coléoptères, il^ sont parfois rudimentaires, par exemple chez les Lamellicornes ; ou ne consistent qu'en tub»-* simples. Chez quelques familles, les Cérambycidos par exemple, chaque glande est fornit'e par une touffe de tubes courts et ramifiés. Dans les Hémiptères, les Punaises ont ordinairement deux, quelques-unes trois paires de glandes salivaires. L'une d'elles est plus coiu-idérable , lobée ou composée de tubes affectant des configurations très-diverses. 11 en |';irt fréquemment deux conduits excréteurs, dont l'un forme parfois une boucle dans son trajrt sinueux. La seconde, ou les deux autres paires ont ordinairement une conformation plu^ simple. Les Cicadées ont un appareil salivairc également formé de plusieurs glandes, dont une partie est cachée dans la tête.

Les conduits excréteurs dos glandes salivaires offrent par places des élargissements, ri'^ervoirs du liquide sécrété, qui peuvent même se développer de manière à fonner des apjMMidices vésiculiformes et indépendants, sur le canal excréteur. On eu rencontre chez les t orthoptères [Manlis, Blaila^ Ephippigera),ei aussi chez les Diptères (Liicilia Cœsar) . Yoirpmr leur structure élémentaire, U. Meckel, Arc/i. An, Phys., 1846, p. t25, et les travaux de Leydig.

Page 1