‹ Manuel d'anatomie comparéeChapitre 48 sur 93 · SI · texte numérisé non relu

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Parmi les Crustacés nous rencontrons Thermaphrodisme chez les Cirrhipèdes^ cependant les sexes sont séparés chez une partie des animaux de cet ordre. Les testicules et les ovaires consistent en tubes très-ramifiés, qui ne se distinguent extérieurement que par la différence de leur situation. Les ovaires sont chez les Lépadides cachés dans le pédicule formé par une expansion du manteau et s'ouvrent de chaque côté dans la cavité de ce dernier par un oviducle. Ils sont enfouis dans le manteau chez les Balanides. Les glandes sexuelles mâles sont dans les deux familles placées sur le trajet de l'instestin et de chaque côté se réunissent en un canal déférent qui accompagne le rectum, se joint a celui du côté opposé et débouche à l'extrémité du post* abdomen.

Chez les autres Crustacés à sexes séparés, les dispositions des appareils des deux sortes présentent un haut degré de ressemblance. Deux formes différentes d'appareils génitaux peuvent être distinguées d'après la disposition des glandes produisant les germes ; elles sont impaires ou paires. Ces deux types paraissent cependant se rattacher l'un à l'autre soit par la soudure de deux glandes génitales en un seul organe apparent, soit par leur écartement variable. Le type représenté par une glande génitale impaire se rencontre chez les Copépodes libres. L'ovaire ou le testicule {fig. 115, t) est placé sur la ligne médiane et sur la partie moyenne de l'intestin (v). L'ovaire envoie de chaque côté un oviducte, qui se dirige en arrière ; c'est un tube simple ou enroulé dans sa partie extrême fonctionnant comme utérus (Copépodes parasites) , ou encore présentant sur son trajet de nombreuses expansions (fig. 114, B) destinées à recevoir les œufs (Corycaéides). La courte portion terminale a des parois glandulaires, ou porte une glande agglutlnative particulière. Un élargissement de cette portion terminale fonctionne comme réceptacle de semence, et dans beaucoup de cas, chez les parasites par exemple, peut prendre la forme d'une partie distincte, pourvue d'un orifice indépendant, destinée à recevoir le sperme. Chez beaucoup de Copépodcs parasites, l'ovaire est double, et les deux ovaires sont fréquemment rapprochés l'un de l'autre. Le même fait se présente pour les testicules des Copépodcs parasites mâles, les formes vivant à l'état libre, ayant un testicule simple. Chez les Corycaéides cependant le testicule est divisé en deux moitiés, ayant chacune son conduit déférent. Ces deux conduits n'existent du reste pas partout. Dans beaucoup de familles le conduit droit disparaît. L'extrémité fré-

Pi*. H3. — Intestin et appareU génital mMe de Pleuroma, tu de côté ; œ, œsophage; v, intestin moyen; A, cecum impair; t, rectum; c, cœur; f, testicule; wf, conduit déférent enroulé. (D'après Clans.)

quemment enroulée du conduit déférent (^jf. ii3, vd) sert de vésicule séminale, dans laquelle se forment les spermatophores.

Chez les Bvanchiopodes les glandes génitales consistant en tubes séparés, sont placées sur les côtés du canal intestinal. Elles sont simples chez les Daphuides et se continuent directement en un conduit excréteur peu modifié. Les(organes mâles et femelles débouchent près de l'extrémité du corps. Les Phyllopodes montrent une organisation analogue. Testicules ou ovaires tantôt n'occupent que la partie postérieure de la cavité du corps et émettent par leur extrémité antérieure un conduit excréteur qui se recourbe ensuite en arrière (Artemia, Branchipus)^ tantôt ils commencent plus en avant, le conduit excréteur partant près de leur extrémité postérieure {Holopedium), Une partie dilatée de Toviducte fonctionne comme utérus chez les premiers ; le canal déférent présente de même une dilatation qui constitue une vésicule séminale. Cette forme simple d'organes sexuels subit dans la plupart des Phyllopodes des modifications résultant de l'accroissement des glandes génitales. L'ovaire du Limnadia présente des expansions en forme de courtes poches, qui en se ramifiant constituent chez VApus une glande lobée et allongée des deux côtés du canal digestif, depuis la tête jusqu'au rectum. Cet organe n'est pas seulement le lieu de formation des germes ; il sert encore de réservoir pour les œufs murs (Utérus). Le testicule se comporte de la même manière.

L'appareil sexuel des Pœcilopodes présente des dispositions analogues : les ovaires sont formés d'un grand nombre de tubes ramifiés qui décrivent des sinuosités dans la cavité du corps, et présentant de nombreuses anastomoses, constituent un réseau de chaque côté du corps. Les deux réseaux latéraux s'unissent sur la ligne médiane, ce qui rappelle la soudure des glandes génitales chez les Copépodes. La formation des œufs n'étant pas ici circonscrite à cette partie impaire, mais se faisant sur plusieurs points du réseau, et notamment dans les ramifications fines, il en résulte une modification qui n'est pas insignifiante. Lo fait, que les différentes portions de l'appareil ne sont pas nettement distinctes implique en même temps un état inférieur d'organisation. Les tubes les plus élargis servent à recueillir les œufs, et se réunissent de chaque côté en un canal commun. Les organes màlcs présentent une disposition semblable.

Parmi les Arlhrostracés^ c'est la séparation des organes sexuels des deux côtés qui prévaut, et ils ont pour la plupart des débouchés distincts. Les organes femelles chez les Amphipodes, consistent en tubes simples qui s'ouvrent ordinairement à la base du cinquième segment tlioracique. Chez les Isopodes (fi(j, H4, C), ces tubes sont fermés en avant et en arrière, et le canal de sortie prend naissance sur leur trajet. Dans quelques cas {Gyg^^ hranchialis) y les deux tubes longitudinaux sont pourvus d'expansions latérales. On doit considérer les extrémités des tubes comme étant la glande génitale proprement dite, tandis que leur portion élargie représente l'utérus. Les organes mâles concordent avec les précédents; on observe cependant chez les hopodeSy que plusieurs tubes testiculaires de chaque côté [fuj, 115, B) se réunissent en une partie spéciale et comnmne, d'où part un canal déférent étroit et fréquennnent enroulé. Ce canal peut avoir son orifice propre, ou se réunir avec le canal de l'autre côté.

ORGAHES SEIUELS. 4»

Panni les Malacostracéa, les Schitopodei présentent les organes sexuels

les plus simples ; Van Bencden les a Tait connaître chez le Mytit. Les organes

femelles {fig. 114, A) coosistent en un oraire impair (o), communiquant,

par deux conduits latéraui. afoc deux

grandes dilatations en forme de cœ- /-^ ■« .--i .^,

cuins, qui sont des utérus ; ces derniers enraient par leur extrémité postérieure an court conduit {od) à rouverturc gé-

nitale. Cette coiineiion d'organes bi-latéraux existe aussi pour le testicule. Celui-ci est formé d'une double série de follicules glandulaires qui s'ou- Trent dans un canal flexueux, constituant un canal déférent simple, et s'ou- Trant à la base de la dernière paire de pattes.

Les organes générateurs des Décapodes se rattachent de près à ceux des %m par les connexions médianes qu'ils présentent, seulement ils sont plus développés. Ou bien la portion glandulaire se complique d'un grand nombre de lobes, ou bien les conduits excréteurs s'allongent et décrivent des firconvolutions, et se partagent en subdivisions de structure et d'usage dirtércnts. Les organes femelles sont représentés par deux longs tubes s'étendant en avant et en arrière et réunis entre eux aux deux extrémités par des «induits transversaux; ces tubes forment en partie les glandes génitales, mais le reste fonctionne certainement comme utérus et oviductcs , Chez l'Ëcrevisse les deux portions antérieures ont la forme de lobes courts, les deux postérieures se confondant en une seule impaire. Un conduit excréteur court se rend de chaque càtc à l'ouverture génitale qui n'est placée que chez les Caridines comme elle l'est chez les Schizopodes, tandis que chez les Macroures die se trouve à l'article basilaire de la troisième paire de pattes, et chez les Brachyurcs sur le segment qui porte cette paire de membres. Chez les firarliyures le canal déférent se caractérise par une dilatation en forme de poche que l'on doit considérer comme une vésicule séminale. Les testicules sont for-

Fif. 114. — Ornine* Miadi remellei de Cniilicéi; A, Myiâ; B, Saiiphiriaa; C, Omtaa;

o, DTiire ; ad, OTiduclc; u. uUrui.

Fig. HS. — Orginei teiuFls miles ; À, dr Uomaria, et fi, A'OnUeut; U, ImIjcuIm; td, chudi

lUIémiti; M, i£«ica1a lémiiute -.o, ariGcM; p, orgtae «ipuUteur.

mes de deux tubes Irès-enroulés et présentent des connexions transversales dans leur portion antérieure. Comme les organes femelles, les testicules sont en grande partie situés dans le céphalothorax, et ne se trouvent dans Tabdomen que chez les Paguriis (Bernard Termite). Les conduits déférents de ces derniers sont longs, très-flexucux et vont peu à peu en s'élargissant. Ces dispositions sont celles de presque tous les autres Décapodes^ mais elles présentent de nombreuses particularités, soit dans Textension des lobes produits par les replis du canal séminal, soit dans la formation de parties impaires résultant de la fusion des glandes latérales. La réunion des glandes génitales est plus complète chez TÉcrevisse, de sorte que Tovaire représente un organe à trois lobes. Un conduit déférent long et sinueux se rend de chaque côté à Touverture génitale externe, située ordinairement à Tarticle basilaire de la dernière paire de pattes, et chez les Crustacés brachyures à l'extrémité d'un double pénis dû à la transformation d'une paire de membres. L'appareil mâle se comporte donc par son mode d'ouverture comme chez les Schizopodes, tandis que l'orifice femelle est porté plus en avant.

L'appareil génital des Stomapodes présente quelques particularités qui empêchent de le rattacher comme celui des Décapodes aux organes des Crustacés inférieurs. Les ovaires sont notamment formés chez les SquUla de nombreux tubes glandulaires occupant les côtés de l'abdomen pour se réunir en une partie médiane située sous l'intestin. Trois paires de conduits déférents partant de l'extrémité antérieure se dirigent vers la face ventrale, et se réunissent sur la ligne, après s'être dilatés, en un canal longitudinal qui se dirige en avant vers un orifice génital simple, placé sur une saillie. La partie formatrice des produits sexuels de l'appareil mâle, se comporte seule comme la partie correspondante de l'appareil femelle, tandis que les deux canaux déférents provenant des testicules se rendent à deux organes copula leurs qui sont placés en saillie à la base des deux dernières pattes.

Les membres peuvent partiellement ou dans leur entier présenter dans les deux sexes des rapports très-différents avec les fonctions génératrices. Dans le sexe mâle, ils participent directement ou indirectement à l'acte copulateur. Chez les Copépodes (Cyclopsine) et beaucoup de Phyllopodes (BranchipiLSy Artemia)y les antennes transformées en organes de préhension servent à assujettir la femelle. Parfois cette modification ne porte que sur une seule antenne ; une transformation analogue peut adapter à la même fonction soit une paire de pattes, soit une seule patte, et cela suivant les modes les plus dilTérents. Ces dispositions ne sont pas moins répandues chez les Amphipodes, où fréquemment sur une paire de pattes, le dernier article est transformé en pince pour remplir les mêmes fonctions, et à cet elTel revêt des formes toutes particulières. Des parties de membres fonctiounaiit comme pénis sont en rapports directs avec l'accguplement, chez les Isopodes et Décapodes. Chez les premiei-s, cet organe forme un appendice de la première paire des membres abdominaux, et chez les Décapodes macroures la première paire de pattes de l'abdomen présente fréquemment un sillon vei-s son extrémité. Chez les Brachyures par contre, par suite du transfert de l'orifiee génital des pattes au corps lui-même, il y a formation d'un pénis îndéi)en-

dant, de forme tubulairc, et à l^extrémitc libre duquel se trouve situé rorificc génital.

Chez les individus femelles les membres constituent des appareils destinés à la fixation ou à la protection des œufs, qui ne sont presque jamais pondus libres et séparés, ou attachés à des corps étrangers. Tantôt c'est une paire de pattes abdominales à laquelle des œufs réunis en masses cylindriques ou en lobes sont attachés à Taide du produit de la sécrétion de glandes à visquosité; tantôt l'ensemble des œufs pondus est réparti sur un plus grand nombre de pattes de Tabdomen, comme chez les Décapodes ; tantôt comme cela a Heu chez les Isopodes, il se forme une grande cavité incubatriccà la face ventrale, circonscrite par des lamelles (fig. 116, p') émanant des pattes thoraciques et imbriquées entre elles. Une cavité ayant une destination semblable est constituée chez les Mysis par des élargissements foliacés des deux dernières pattes thoraciques. Il se forme encore d'une autre manière (jig, 100, o\ p. 576) entre le manteau et la partie postérieure du corps chez les Dapkîiides^ une cavité d'incubation dans ^^^

laquelle les œufs sont maintenus par des saillies

dorsales ou d'autres appendices de l'abdomen. Enfin nous trouvons, servant de poches incubatrices, la cavité du manteau des Cirrhipèdes et l'espace qui lui correspond chez les Rhizocéphales. Par toutes ces adaptations des parties extérieures du coq>s à des usages relatifs à la reproduction, dont nous n'indiquons que les traits principaux, la différenciation des sexes s'accuse toujours davantage et l'introduction de nouveaux phénomènes dans le champ de la propagation agrandit constamment le domaine de la division du travail.

Us Cirrhipèdei présentent au point de me de cette reproduction la particularité que les milles sont rudimentaires, et sont privés d*intestin ainsi que de la plupart des membres. Des individus (le celte oature se trouvent non-seulement chez les genres à sexes séparés (Crypiophialui^ Alcippe), mais aussi ce qui estbien plus remarquable, chez ceux qui sont hermaphrodites (Ihla^ Scatpellum), Dans ce dernier cas il y a une sorte de différenciation sexuelle, remarquable en ce qu'elle ne s*accomplit que sur une partie des individus. Le rahougrissement des mâles, que nous avons déjà rencontre chez les Rôti fera parmi les Vers, existe d'ailleurs dans beaucoup de divisions des Crustacés, Nous l'observons très-généralement chez les Copé» podet parasites, où les mâles toujours beaucoup plus petits que la femelle, sont fréquemment comme chez les Cirrhipèdes, fixés dans le voisinage de son orifice générateur. 11 en est de même chez les Bopyrus, et dans d'autres groupes comme chez les Daphnides et Phyllo^ pode$, les mâles bien qu'ayant la même organisation, sont plus petits que les femelles. Chez les Rhizocéphales dont jusqu'à présent on ne connaît que des individus femelles, les mâles wnt peut être aussi à un état rudimentaire. (Voir sur les organes sexuels femelles des Cirrhipt'des, Krohn Arch, Aa/., XX\). L'orifice de l'oviducte pair se trouve h l'article basilairc d(> la patte cirrhifere la plus antérieure.

D e^t à remarquer au sujet des organes sexuels des Copépodes que la grosseur de la glande grrminative femelle varie suivant le degré de développement auquel les œufs arrivent dans ^n intérieur, et se rattache aussi àTampIitude différente que le canal de sortie peut avoir. Les appendices de l'extrémité de ces canaux, appendices qu*on a désignées sous le nom de « glandes à

Fig. 116. —Coupe d'un Cloporte; p, pied; ;/, appendice ventral du pied servant à la formation d'une earité îocobtlrice.

viscosité » sont simples chez les Cyclopi, La position de Touverture génitale est variable, elle peut être latérale, dorsale ou ventrale, ce dernier cas déterminant la fusion des deux ouvertures^ latérales en une fissure transversale (Tisbe) et le groupement des œufs en une masse unique, tandis qu'ailleurs ils sont partagés en deux masses, dites ovisacs. — Les mâles des PonUUidei, CahnideSf et de la plupart des HarpactideSy parmi les Copépodes, ne possèdent qu'un conduit séminal. Le testicule et Tovaire des Copépodes parasites, ont une conformation différente de ce qu'elle est ailleurs ; chacune de ces glandes étant formée d'un tube allongé décrivant do nombreux replis, forme qui reparait chez les Décapodes au moins dans la structure du testicule (Glaus). — Les organes sexuels de VArgulus sont forts différents de ceux des Copépodet, mais sans cependant ressembler à ceux des Branchiopodes ; l'ovaire est un tube simple, placé sur la ligne médiane, qui s'étend jusqu'à la base de l'appendice terminal en forme de nageoire, où il débouche par un court oviducte. L'appareil mâle est constitué par leux iù^ûcules situés dans l'appendice terminal qui représente un abdomen rudimentaire, et dont les conduits déférents dirigés en avant, se réunissent en une vésicule séminale médiane. Celle-ci envoie de nouveau deux vaisseaux déférents en arrière qui, après s'être réunis avec une longue glande accessoire, se terminent sur une papille commune située eh avant de Tabdomen (Leydig).

Les organes génitaux des Ostracodes présentent une disposition exceptionnelle. Chez \os Cyprigy 1 appareil mâle parait formé de six tubes testiculaires allongés, en grande partie parallèles, et serrés dans leur trajet, se réunissant en un même point à un largo canal défé> rent qui, avant d'arriver à l'organe copulateur, est encore en connexion avec une gbinde muciparc longuement pédonculée et d'une structure complexe (Zenkcr.)

La glande productrice des germes chez les femelles de Daphnide» donne naissance à des époques différentes à deux formes d'œufs. Les œufs produits pendant le printemps et Yiii* se développent sans fécondation, dans la cavité incubatrice mentionnée plus haut. Les mâles n'apparaissent qu'en automne, et alors il se forme d'autres œufs qui enfermes par deux (Daphnia) dans une partie détachée de la coque, ou au nombre de deux à dix dans la coque entière (AcanthocercuSy Lynceus)y passent l'hiver dans cette enveloppe. On a considéré ce cas tantôt comme une génération alternante , tantôt comme une parthénogenèse, et on l'a consigné au nombre des modes de reproduction asexuellc. Lorsque nous considérons que c'est non-seulement le même individu, mais aussi le même organe qui produit les deux formes de germes (œufs d'hiver et d'été) il est difficile d'y voir des a gemmes « ou des « bourgeoDS, i c'est-à-dire des productions qui partout ailleurs n'ont pas de rapports avec les organes sexuels. Le phénomène se laisse beaucoup mieux rattacber à un état primitif où la diflërenciation sexuelle était complète, et dans lequel les œufs formés d'abord régulièrement et aptes au développement après fécondation, ont peu à peu acquis en partie la faculté de se développer sans cette dernière. Les mêmes conditions se rencontrent chez les Phyllopodeê, L'absence de vésicule germinative signalée par Leydig dans l'œuf des Daphnides reste encore éniginatique. L'apparition des mâles en très -petite quantité est en rapport avec ce phénomène. (Voy. Kozujjowski, M rc/ï. Pfat., 1857, p. 312, sur le mâle longtemps cherché de VApus).

Dans Tappareil sexuel des Décapodes , surtout pour les organes femelles, la distinction entre la glande génitidc et les conduits de sortie reste encore à établir, car l'organe ordinairement appelé ovaire ne présente certainement que la plus petite partie du lieu de formation des œufs.

Les élémenU séminaux des Crustacés présentent dans leur apparence des différences extraordinaires , et ne se ressemblent que par leur immobilité. Los filaments sptTniatiques des Cirrhipèdes font exception. Des éléments spermatiques filiformes mais imiiiobilr». se trouvent chez les Ifopodes, les Amphipodes et aussi les Ostracodes, chez lesquels ils atteignent même une longueur considérable. La forme la plus répandue est celle de corps cellulaires. Ils sont quelquefois munis d'appendices qui leur donnent des formes parliculi«'nN dont une des plus remarquables est la forme rayonnée qu'affectent ces corpuscules chei le< Décapodes où on les a appelés des « cellules étoilées. » Parmi les Schizopodes, chez le Miin* du moins, ils se présentent sous l'aspect d'éléments filiformes et recourbés en crochet à un»' extrémité. Le Cuma possédant aussi des spermatozoïdes filiformes, on voit que Teitension de cette forme dans les groupes inférieurs n'est pas sans importance, et on doit alors considér»*r

Taotre forme comme ajanl apparu pour la première fois dans la classe. (Siebold, Arch, An, Phyt,, i836-37; KôUiker, BeitrOge zur Kenntniêi, etc.).

Parmi les Arachnides les organes hermaphrodites ne sont conservés que chez les Tardigrades. Ils consistent chez ces animaux en un ovaire impair situé sur le canal digestif, deux testicules placés sur ses câtés, et un réservoir spermatique formé par la réunion des canaux déférents, organes qui sont encore en connexion * avec quelques glandes, et débouchent dans le cloaque.

Chez les autres Arachnides à sexes séparés, les glandes productrices des deux espèces d'éléments sexuels, sont ordinairement ou impaires ou unies transversalement et s'ouvrent sur la face ventrale par des conduits excréteurs séparés ou réunis, toujours dirigés en avant. Outre des organes glandulaires accessoires ou particuliers , des expansions des conduits déférents servant à recevoir et à conserver la semence ou les œufs, il y a encore des appareils destinés à l'expulsion des produits sexuels et qui suivant les sexes sont qua» lifiés des noms de pénis ou d'oviscaptes. Les organes mâles reproduisent avec peu de différences le type des organes femelles. La réunion des glandes génitales latérales et l'appareil impair qui en résulte, rappellent les dispositions semblables existant chez les Crustacées, sans qu'on puisse cependant en déduire quelques rapports de parenté plus rapprochés.

Les ovaires consistent chez les Scorpions en trois tubes allongés qui se réunissant par leur extrémité postérieure en forme d'arcs, sont de plus reliés entre eux par qimtre anastomoses transversales. Les œufs se forment ici, comme dans les autres divisions, dans des expansions de la paroi de ces tubes, qui peuvent même se développer et devenir de longs appendices. Les connectifs transverses qui de chaque côté déterminent quatre larges mailles, indiquent une segmentation de l'organe qui suit exactement celle de l'abdomen. Des deux tubes longitudinaux extérieurs partent des oviductcs fusiformes qui à cause du sperme qu'ils renferment peuvent aussi être regardés conune des poches copulatrices. Leur orifice se trouve à la base de l'abdomen.

Les testicules des Scorpions sont ioni comme les ovaires, formés d'une paire de tubes disposés en lacets et reliés par des anastomoses transversales. Le tube (ovarien médian est cependant ici remplacé par deux tubes situés l'un à droite, l'autre à gauche, de sorte qu'ici l'organe est parfaitement double. Le conduit déférent qui part sur le devant de chaque testicule débouche, après s'être réuni avec celui de l'autre côté, à l'extérieur du corps au même point où se trouve aussi l'ouverture génitale chez la femelle. Au conduit dérércnt s'ajoutent encore de chaque côté des organes accessoires, ayant ordinairement la forme de deux paires de cœcums de longueur variable, qui sont en partie de nature glandulaire, et fonctionnent aussi comme vésicules séminales.

La séparation des glandes productrices des éléments sexuels est complète chez les Galéodes et les Aranéens. Les ovaires consistent en deux sacs larges

il» ARTHROPODES.

chez les Galcodes, plus étroils chez les Araignées, qui produisent les œufs à leur face extérieure, et même sur des piolongements pédieulés chez 1rs Araignées. La réunion des deux conduits servant à la sortie des œufs pruduil un conduit vaginal qui pi-ésentc quelquefois (Galéodes) un élargissement, cl est pourvu à son extrémité de une ou deux poches copulatrices. Les or^an» mâles des Galéodes se ramènent ,i ceux des Scorpions, mais les tubes longitudinaux pair:i de chaque ci>té qui repiésentent les testicules n'ont pas de conncvioiis Iransvcrscs, et sont siuqilenient quatre canaux libres. Chez les Araignées ils sont réduits a deux.

Chez les Ojùlwnides comme chez les Acariens la forme annulaire prédominante des glandes sexuelles constitue une disposition générale qui s« 4 rattache aux anastomoses transm-

ses des Scorpionîdes. Cette forme annulaire {fig. Hl, B. o) est trèicomplète chez les Opilionides. Les œufs se développent à la surfaci' de l'anneau, comme chez les Araif^nées et les Scorpious, sur des cjpansions pédicellées. Ils sont ô^ncués dans l'intérieur du lube mnrien, et par un canal qui le relie à l'oviducte, ils arrivent dans une vaste dilatation de ce dernier (u), un utérus. Un prolongement de l'uliirus en forme de canal étroit et enroulé conduit à un tube protractile {op) (tarière ou oviscapte). Un canal dreuhiire remplace l'anneau ovarien chez les mâles; le testicule n'en constilof qu'une partie (/!'/. 117, A, t), dont les deux extrémités se continuent avtv les canaux déférents {vd) qui achèvent le cercle. Ceux-ci forment par leur réunion un peloton enroulé aboutissant à un canal plus large, jouant le riile de vésicule séminale, et correspondant à l'utérus. Enfin ce dernier aboutit à une partie semblable à l'oviscapte et également protractile ; c'est le pénis qtti par son extrémité est encore en connexion avec deux grandes touffes de glandes accessoires {gi}.

La forme annulaire des glandes productrices des éléments sexuels se retrouve encore complètement chez beaucoup d'Acariens ; seulement les diverses parties de l'appareil se comportent un peu différemment. Dans l'appareil femelle, la plus grande partie de l'anneau est attribuée aux oviducLes par suite de la réduction de la partie formatrice des œufs. Ce sont surtout les parties de l'anneau en continuité avec le conduit excréteur impair qui s'épanouissent fn-qnemment en un large utérus à deux cornes, maïs cet utérus peut aussi ètn^ exclusivement composé de la partie impaire. Dans l'appareil mâle, c'est cette dernière qui est la plus courte, et les deux parties de l'unncau qui pr

Fi|E. 117. — Orginci gfnilaui de Phalanyium oj/ilio; A, organes i ténat; ji, finit ; m, muscle réirocleur i jt, glandes nnneio 0, ovaire ; u, ulérui; op, oriiciptc ; m, muscles rârauleun.

OHtiANES SEKUSLS. 4S»

leur ri!unioalacDii!stîtU€iitsuiit élargies ea vésicules tséiiiinuies. La{iartie inijjairc est dans les deux sexes en eoanexion avuc des glandes accessoires qui chcs les inâlos prennent un grand développement. La diversité du mode de distri* liulion des fonctions sur le même canal annulaire conduit à la séparation de ce dernier en deux tubes génitaux, lorsqu'une partie stérile surgit au milieu delà portiuo de l'anneau producteur de germes. Les deux moitiés dans lesquelles l'anDcau se partage ainsi, sont dans quelques cas reliées par un canal ou un tissu iadiiïéR'nt, d'où résultent des organes doubles qui ne se réunissent qu' à kur oriGce, ou sont reliés par une partie impaire qui s'y rattache {Ixodes).

Le canal annulaire, qui jusqu'à présent fonctionne par quelques-unes de SCS parties, comme producteur d'é- Icments sexuels, peut aussi être viclusivement affecté aux voies de sortie, tes glandes génitales éUnt représentées par des appendices de ce canal. Les Pentaitomei {fig. 118) fournissent un -^ exemple de cette transformation, qui s' écaile beaucoup des disposi- y : lions propres au\ autres Arachnides. Nous trouvons dans l'apjia- ,/ reil femelle un tube ovarien allongé, pourvu de follicules pro- ' duisant des œufs et qui, par ce point du moins, présente le caractère général de l'ovaire des Arachnides. Le canal excréteur de l'ovaire se partage en avant en deux oviductes qui, se réunissant de nouveau, forment le canal annulaire typique. Une partie impaire très-longue, partant de là, forme un canal très-enroulé conduisant à l'extrémité postérieure du corps. Ce canal sert à la fois d'ulénis et de vagin, et porte deux poches copulalrices à sa naissance sur l'anneau. L'appareil niâle présente "ne disposition analogue. Un ou deux testicules {fig. 118, A, (), accompa- ^ant l'intestin, envoient un canal déférent vers une partie impaire (-1. B, d). Celle-ci représente une vésicule séminale et se continue avec la i^rtion annulaire {A, d'). Deux glandes accessoires (^1 débouchent dans celte

Fit. 1K-

H- m~ A, PcnlOMlomumltVHiouIei; A, mile xiecial li:sliii ; a, anus : p, roilinionts do membre» avec crocliel luui («ûkule séiniiute;: d'.ii'irliunaanulairG de l'appai l'iiuctu gioi'ic ; d, canduil durèrent oimmun du tettici le canal gt'oum; f.cirriiei bc, poche du tirrliei pa,

illn H a|>parc<l i;éniUl ; o, bouche ; i, In- 1 1, teiticukcs ; d, conduit dilinnl caoil griiilali^.glaniles; It, une moitié de E. d'. partie glandulaire dans Lquellc pièce chilioeusc. (D'ipièa II. Lcuclurt.,

dernière, dont la portion antérieure, en forme (B, bc) de poche, renferme une continuation du canal déférent (B, c) qui y est enroulé. Diflërant en cela de l'ouverture génitale femelle, celle de l'appareil mâle se trouve à la partie antérieure du corps.

Vis-à-vis de ces organes différenciés de manières si diverses, nous devons considérer les organes sexuels des Pycnogonides comme étant à Tctat le plus inférieur. Les produits sexuels naissent sur les parois de la cavité du corps ou sur un point déterminé du quatrième article des pattes, et, sans qu'il y ait aucun appareil conducteur particulier, sont évacués par une ouverlure placée tantôt sur toutes, tantôt sur une paire de pattes.

Les organes génitaux des Myriapodes se rapprochent le plus par la forme et la disposition de ceux des Arachnides^ et comme eux débouchent sur la

partie antérieure du corps, à savoir sur le troisième segment. Les Scolopendres seules ont leur orifice génital à Textrémité postérieure du corps. Chez les femelles, les glandes ovariennes ont la forme d'un tube simple en aj)parenee et allongé, à la surface interne duquel les œufs font saillie (Julides, Scolopendrides et Glomérides) , ou bien elles sont doubles ( Craspedosoma ) et s'unissent ensuite à leur extrémité postérieure, d'où partent à nouveau deux oviductes spéciaux qui, après un trajet en arc, vont déboucher séparément. Chez les Scolopendres , Toviducte, continuation d'un tube ovarien simple, est ordinairement simple ; toutefois , en général , la nature double de cet organe se trahit quelquefois par des oviductes doubles, et aussi parce que, dans le tube ovarien simple en apparence, les œufs ne se développent que sur les deux côtés. Les organes accessoires sont toujours répartis symétriquement des deux côtés, et consistent en deux paires d'organes glandulaires d*aspect divers, placées soit sur l'oviducte, soit, ce qui est le plus fréquent, tout à fait à rorifice génital, (fig. 119, gl). Les glandes delà première paire ont chacune la forme d'une vésicule pédicellée, et leur contenu les désigne comme des poches copulatrices, tandis que l'autre paire, qui est parfois double, peut, vu sa structure, être placée à côté des glandes à viscofiilc des Crustacés femelles.

Le dédoublement des organes mâles est également fréquemment limité aux conduits excréteurs et aux appareils accessoires seulement. Cependant plusieun? Glomérides et Julides ont un double tube testiculaire dont les deux moitiés se déversent dans un canal déférent commun, et sont souvent unies entre elles

Fig, 119.

Pig. 110. -^ Organes sexuels femelles de Scolopendra planata; ov, ovaire ; ^/, gbndcs (d'apte* Fobfe) .

OHGAMilS SEXUELS. 431

par un nombre d'anastomoses transversales assez considérable pour qu'elles paraissenL ne former qu'un seul organe. Là où il n'y a qu'un tube tcsticulairc, il est tout le long de ses deux càtés ou à des distances régulières pourvu de follicules ronds ou obiongs remplis de semence {fig. ItiO, (() et qu'on peut considérer comme autant de testicules réunis sur le tube médian servant de canal déféreiil commun. Celle structure ne parait pas être répartie d'une manière déterminée entre des familles distinctes; car tandis qu'elle se trouve dans quelques Seolopendridet, d'autres genres du lucme groupe ont le testicule simple : il en est de même chez plusieurs Jalidet. La canal déférent reste rarement simple ( dans quelques Scotopendrides , fig. 1 20, t> | ; il esl ordinairement divisé, comme l'oviductc, en deux branches qui s'ouvrent sur une courte papille, comme chez lesiii/ides et les Glomérides, ou se réunissent encore une fois pour déboucher dans un court pénis situé à l'eilrémitc postérieure du corps (Seolopendrides) . La dernière portion du canal déférent, qu'il soit simple ou double, présente fréquemment des dilatations ou élargissements, ou forme un tube large qui sert à accumuler le sperme comme une vési- , cule séminale, {fig. 120, v'). Rn avant et tout près de cette ouverture s'insèrent encore quelques paires de glandes {fig. 120, gtj, dont la fonction n'est pas encore déteiTuinée. Dans les rapports d'ensemble de l'appareil sexuel nous pouvons constater en même temps une tendance au rapprochement vers les Cnislacés exprimée par In séparation des orîGccs, et des ressemblances avec les Arachnides résultant de la formation de parties annulaires, bien qu'il soit cependant difficile d'y reconnaître des rapporU plus directs et immédiats. La transformation de membres en organes de copulation, que l'on volt chez les Crustacés, ne s'observe chez les Arachnides que parmi les Araignées, où ce sont les palpes qui chez les milles se modifient en organes compliqués, chaînés de transmettre le sperme à l'ouverture géittlalc femelle. On n'a pas encore pu déterminer jusqu'à quel point on pourrait rattacher au mcnic ordre de faits les appendices pectiniformes du segment génital dans les deux sexes des Scorpions.

\a confomittian des organes seiaeU femelks des Aranéeni rt-clame encore beaucoup de rrdierches. Consnlter ï ce sujet, outre les ouvrage» généraux déjà indiqués |voy. Witlicfi. Areh. An. Pkyi., 1819; el V. Canis, Zrit. Zool., Il, 1850). D'après Wiltich, chaque ovaire nmifié des Araignées se compose d'un rachit médian qui porte les œufs sur de courts pédi* celles. Lrs œufs arriveraient dans la cavité générale du racliis par ces liges, et l'oviduclo serait formé par rcitrémitc du rachis lui-même. Carus par coiitre, admet que le rachis en entier et j compris les œufs en formiilioa qu'il porte, est encore entoure d'une enveloppe eilérîeure, circonscrivant une cavité dans laquelle arrivent les œufs après qu'ils sont dotachés de leur pédicule. D'après cela, le cooduil cicréleur uc proviendrait pas du rachis aine

Fij. ISO. — Or^meimllrtdu Scolopaidra ptoMOla ; t, leslicnlc; e, conduit dérérent; p', portion de ce dernier serranl de ré^rvolr de spermltoplioru ; t, véticulc »éniin«le ; gl, glnndes le (d'iprèt F*bra).

432 AliTHROPODES.

serait que le prolongement de l'enveloppe. Treviranus avait déjà précédemment cxpriinr la même opinion. On ne saurait décider laquelle des deux manières de voir est la plus exarlc; on ne peut que mentionner que d'après des observations faites sur Tovairc semblableuiont conforme des Opilionides, la réception des œufs dans la « cavité du rachis » parait être pins vraisemblable. Le fait aussi de savoir si les deux ovaires sont ou non réunis par leur exlrimité, rest« obscur. Cependant, une réunion terminale analogue signalée chez quelques Guléodcs (G. Dastuguei) par L. Oufour, montre que dans ce groupe si voisin des Araignées, 1rs connexions si répandues chez les autres Arachnides entre les organes sexuels des deux côt/s n'ont pas encore complètement disparu. L'ovaire des Opilionides et de beaucoup d'Acariens, celui du Galéodes précité, et enfin celui des autres Galéodes, forment une série conliniir, dans laquelle on pt^ul suivre le dédoublement graduel d'un ovaire primitivement impair. De ]):treilk's lransform;itions résultant d'une répartition différente de la fonction sur quelqui s parties ne laissent pas moins nettement apercevoir les relations génétiques générales que le> dispositions complètement correspondantes. Les appareils mfiles en offrent partout des exeiniil(< nombreux. Ainsi les quatre tubes tesliculaires des Galéodes s'unissent par paires en un can.-il déférent, très-court chez le G, barbaruSy et chaque tube présentant avant son point de réunion un élargissement jouant le rôle d'une vésicule séminale, celles-ci se trouvent être ;iu nombre de quatre. Chez le G. nigripalpist les portions réunies de chaque paire de te$iicule< étant très-longues en même lemps qu'élargies, il n'en résulte alors que deux vésicules séminales. La fonction do vésicule séminale est donc dans le premier C2is transportée à l'extrimité de cltaque tube; dans le second par contre, elle est attribuée à la portion commune :iu\ doux lubes.

La concordance entre l'appareil mâle et l'appareil femelle chez les Phalangium a et: éUblie par Lubl)ock; voir aussi Krohn, (Arch. A'af., 1865).

Malgré un grand nombre de recherches, quelques points spéciaux des organes généraleiiî> des jVyritfpof/e« réclameraient encore une détermination plus précise. (Newporl, Phil. Trnnt., 1842; Stein, Arch. An, Phys,^ 1842*, Duvernoy, Comptes rendus, 1844; Fabre, An. S<. Nat.y 4* sér., 111).

Malgré rimmense diversité de leurs conformations spéciales, les organes sexuels des Insectes présentent dans leur ensemble une unité beaucoup plus grande que cela n*est le cas dans les autres classes d'Arthropodes. Cela ressort de leur disposition, de leur situation, ainsi que de leur mode de débouché. Ils sont, avec leurs appareils accessoires, presque toujours placés dans Tabdomen, et s'ouvrent le plus souvent au-dessous de Touverture anale sur le dernier segment de Tabdomen. Les Strepsiptères font seuls une exce|)tion, en ce que Torifice génital femelle du moins est placé beaucoup plus en avant. Les glandes formant les produits sexuels sont toujours séparées sur les deux côtés ; toutes deux sont éloignées Tune de l'autre, bien que dans le cours de leur développement post-embryonnaire des rapprochements et même des fusions puissent survenir. Il résulte de cela que nous n'avons pas «le continuation immédiate de l'état que nous avons constaté chez les Crustacés ou les Arachnides, et bien plus que la différenciation ultérieure encore flucluante dans ces classes, atteint ici un état plus fixe. Chaque glande productrice de germes se compose d'un nombre variable d'éléments de même valeur, le plus souvent de forme tubulaire , groupés en touffes et se réunissant en des conduits communs. Les mêmes conditions se retrouvant dans chaque partie de la glande, elle est composée de répélitions qui ne contribuent pa> peu à la diversification des apparences extérieures de l'ensemble de Tapira-

ORGANJSS SKXUELS. 453

reil. Les conduits excréteurs des deux glandes se réunissent après un trajet de longueur variable, et reçoivent déjà auparavant des organes accessoires particuliers qu'on doit considérer comme des différenciations d'une partie de leur paroi. Ces organes, annexes du conduit excréteur, sont, chez les individus femelles, constitués tantôt par des pièces en forme de poche ou de vésicules servant à la réception de l'organe copulateur du mâle pendant l'acte de l'accouplefflent (poche copulatrice), tantôt par des glandes de nature très-diverse, et des dispositions destinées à recevoir et à conserver le sperme (réceptacle séminal). Chez les mâles, les canaux déférents présentent des glandes paires annexes fort développées, et portent encore de^ appendices vésiculaires qui fonctionnent comme vésicules séminales.

Des organes externes en connexion avec l'extrémité des voies sexuelles constituent chez les mâles les organes copulateurs, et peuvent chez les femelles présenter des formes diverses, suivant qu'ils sont destinés à conduire les œufs au dehors, ou à les placer dans des conditions particulières et de natures diverses (tarières, aiguillons, etc.)

In certain nombre des derniers segments du corps qui peuvent même être rentrés à Tintérieur du corps, sont affectés à ces conformations. Les annexes très-variés de la peau, qui sont en connexion avec ces organes, sont des transformations des pièces chitineuses des téguments qui sont souvent employées aux appareils et appendices les plus variés (Hyménoptères).

Parmi les différentes modifications que subit V appareil femelle , les plus considérables sont celles très-complexes des tubes produisant les œufs, et d'où résulte la formation d'ovaires.

Les rapports que contractent les tubes producteurs des œufs entre eux pour la constitution de l'ovaire, sont dans cette classe des Insectes un peu différents de ceux que nous avons déjà rencontrés. Si nous considérons un tube ovarien seul (fig. 121, A, fi), nous voyons qu'il est inséré sur l'oviducte par une de ses extrémités qui a une certaine largeur, tandis qu'il va du côté opposé en diminuant graduellement, pour se terminer même en un prolongement filiforme. Lorsqu'un grand nombre de tubes de cette nature sont réunis pour former l'ovaire, nous trouvons ces extrémités libres unies entre elles. C'est dans ces filaments terminaux que nous devons chercher le vrai lieu de formation de l'ovule. On y trouve des masses cellulaires qui représentent les germes, lesquels se caractérisent de plus en plus à mesure qu'ils avancent dans le tube ovarien. L'œuf constitue déjà une cellule au moment de sa formation, mais en cheminant dans le tube ovarien il grossit encore, et on rencontre les œufs les plus gros dans les points les plus éloignés de ceux où se forment les germes, et les plus rapprochés de l'oviducte, tandis que les plus jeunes formations, toujours plus petites, sont placées à la suite les unej des autres, à l'extrémité caecale du tube ovarien. La longueur de ce dernier est donc en rapport avec le nombre des ovules qu*il contient. Il est partagé en sections ou chambres correspondantes, car

il présente toujours un étranglement plus ou moins prononcé sur les poiiils qui se trouvent entre deux œufs successifs. La descente graduelle de Tœuf

est non-seulement en rapport avec son augmentation en volume, mais sa substance vitelline subit aussi de nombreuses modifications; et chaque œuf, dans la dernière partie du tube surtout, reçoit une enveloppe d'apparence cuticulaire, que lui fournit la couche épithéliale du tub.e ovarien. Par conséquent un tube ovarien ou une réunion de ces organes^ ne représente pas une simple glande productrice d'éléments de reproduction, un ovaire proprement dit, comme dans d'autres animaux ; c'est un organe chargé de toute une série de fonctions, dont les extrémités caecales seules doivent être i^egardécs comme l'analogue de l'ovaire; ses autres portions représentent en partie les dispositions qui dans les autres animaux forment des organes distincts (oviduetes, utérus). — Nous avons précédemment indiqué un rapport entre la longueur des tubes ovariens et le nombre des œufs qu'ils renferment. Les compartiments sont le moins nombreux chez la plupart des Diptères ^ où il n'y en a quelquefois qu'un, souvent deux et trois. L^ur nombre est également restreint choi beaucoup de Coléoptères et d'Hémiptères. Les tubes ovariens sont plus longs chez la plupart des Hyméioptères et Hémiptères^ et le nombre des diambres atteint son maximum chez les Nédropièies^ les Orthoptères^ et enfin chci les Lépidoptères^ où les tubes ovariens à cause de leurs nombreux étranglements, ont l'aspect d'un chapelet (Comparer les figures 122 et 123, qui montrent les états extrêmes, l'un par sa complication, l'autre par sa réduction). L'arrangement des tubes ovariens sur leur oviductc proprement dit, présente d*aussi grandes différences que celles qu'on remarque quant au nombre des compartiments. Nous les voyons s'ouvrir tous ensemble i rcxtrémîté de Tovidttcte. Chez les Hémiptères et les Gicadés chaque branche de l'oviducte ramifié se rattache par son extrémité à un groupe de tubes ovariens. Ceux-ci forment de chaque cèté des masses dans lesquelles ils enti^nt en nombre considérable. Chez les Punaises, ils sont en petit nombre portés par un oviducte fort

Fig. lîi.

Fig. iîl. — At tube ovorien de la Puce; o, œiif ; g, véhicule {rermiiiative ; B, tnbe ovtrimdu» Coléoptcre (Carabuê viotacrus); 0, compartiment ovarien divisé en deux parties, dont a dé>i:nf' la ccllu'c de l'œil i ; b, nmas viiellogènc. L'œuf de la ilcrnicrc chambre est expulsas lc<p.1^ut^ «io tnbc ovarien sont cullapsées (I.ubboik).

OUGANËS SEXUELS. 435

simple. Ils sont pins nombreux et groupés en une touffe épaisse chez les Diptires. Leur insertion est très-variable, elle a lieu tantôt par séries disposées le long de l'oviducte entier, tantôt par groupes sur des points déterminés; tantôt elles se réunissent arant l'oviductc en un trpnc commun. On. trouve les tubes ûTariens chei les Hyménoptères variant en nombre de quelques tubes à cent. Chez les Coléoptères (/ig. 122, o), ils sont moins nombreux et souvent réunis en touffes à l'eitrémité de l'oviductc ; il en est de même chez les Léptdoptèreê ies quatre longs tubes de l'ovaire tpâ sont em^ulés en spirale. Ils onrent un arrangement plus séria! chez les Or- r^. m.

thoptèret et tes Sém-optères,

on remarque cependant chez ces derniers quelques groupements en verticilles. Les deux oviductes, très-conrts pour la plupart {fig. 122, on), se rcunis- »nt ordinairement en un conduit de sortie élargi, qu'on désigne sous le nom de « vagin » auquel se rattachent d'autres organes accessoires, qui sont le réceptacle séminal {fig. 122, rs) et la poche copulatrice {fig. 122, bc). La première ne manque que dans un petit nombre de cas. Elle consiste en une vésicule ovale ou arrnndie, pourvue d'un canal étroit et d'une longueur variable, et existant quelquefois à l'état pair, comme chez les Cicadés et plusieurs Orthoptères ; il y en a même jusqu'à trois chez les Diplires. I.c réceptacle séminal affecte quelquefois l'aspect d'un cœcum de largeur uniforme, enronlé, et se rencontre aussi bien double que simple dans l'ordre des Hé' niptèret. Cet organe est souvent en connexion avec une annexe glandulaire, dont on n'a pas encore pu avec certitude déterminer la nature. Celle-ci a la [arme d'un tube simple ou bifurqué qui chez tes Papillons et la plupart des hyménoptères, s'ouvre à l'extrémité fermée de la vésicule séminale. Elle se rencontre chez les Névroplères et aussi chez les Coléoptères, Toutes ces variations dans le nombre et les connexions des vésicules séminales nous appreuneot que ces organes ne doivent point leur existence â rbércdité. La poche copulatrice est un second organe qui est directement en connexion avec le vagin, et constitue un ca?cum large qui parait être une expansion de la paroi de ce dernier {Jig. 122, bc). Son existence est limitée à certains ordres, et n'est même pas générale dans l'étendue de ceux-ci. C'est cbcz les Coléoptères que la poche copulatrice parait être la plus constante et »ouvenl elle y prend on développement considérable ; elle est suppor-

Rg. 1ÎS. — Orginei remellcs û'Hydrobiia futeipei peadice* gkndutairet ; gl, glindei en iorme de ceci Ufladt aimmtl ID'ipri) Slein.)

Il» AKTIlHUl-OlItS.

lée par un canal de cuminunicalion Irès-étroit. Elle s'ouvre aussi chez les Lépidoptères d:ins le vagin par un élruit passante, el offre cette particulitriti' «ju'clle cm -À en uutre un second conduit plus large qui va s'ouvrir au-dcssuus (le l'oriliu: génital femelle par une ouverture séparée. C'est par ce canal que se f'iit l'accouplement des Papillons, tandis que le passage des spermatozoïdes de la poche copulatrice au réceptacle séminal, se fait par la communication précitée avec le vagin. Les orifices de ces deux organes sont situés eii face l'un de l'autre dans le vagin.

Les appareils glandulaires accessoires qui s'ouvrent dans le vagin sonl beaucoup plus développés , que les glandes visqueuses qui leur con'cspondcnt chez les Criistacés ; ils présentent d'ailleurs également de grande! divemlés dans la forme et la structure. Ils consistent en une paire de canaux bini|>leN longs et enroulés (Lépidoplèies, beaucoup de Diptères ) , ou sont de courts cKcuins (Punaises). Il peuvent aussi être impairs (Cicadés). D'autres fois ils présenteiil de nombreuses ramifications ijig. l'iS, gt} et sont alors par paires (Hyménoptères, surtout les Iclmeumonides et Tenthrédinides). fif. lu, La sécrétion de ces organes recouvre les œufs

d'un enduit particulier qui les agglutine ensemble ou tes enveloppe d'une masse commune gélatiniforme se durcissant î l'air, ou sert à les fixer sur d'autres objets.

'.hiclques pièces tégument.iii'es semblables à des clapets appartenant pour la plupart au neuvième segment du l'abdomen, et qui par leur confornialioii sont toujours adaptées exactement à l'appareil copulateur mâle, sont urdinairement en connexion avec l'orifice génital femelle. Elles sont parfois cti forme de pinces et pourvues d'appendices latéraux antagonistes. Dans leur» formes les plus développées elles constituent ces organes qui dans l'ordre dis Orthoptèi-cs (Locunliiies et Aehelides) sont connus sous le nom d'ovisca[ilts. et dans l'ordre des Hyménoptères sous ceux d'aiguillons et de tarières. Ils scnciil soit à conduire tes uufs pendant la ponte , soit à percer des Irous diins les objets où tes œufs doivent être dé|tosés {Ichneumons, Sirex, Cicada, etc.).

1 ovarie»» est eu rapport direct avci; le degré de ilévelojipenn'iil leur longueur, aiiiisi bien que leur calibn.', [uirail dépciulrc des a-ak qui se développent dans leur intérieur. Li-s asnh mêmes sont des difTcrencia lions des ol' Iules qui se trouvent dans rcxlréniilé des lulies ovariens. Tait i|ui prcsenle beaueuup de prliculariïês intéressuiites. Si nuus le^ suivons depuis leur preiuière ébauclie, nous lomii-' comment ces cellules se traneromieiit dans les tubc.t ovariens en gronpes de eelluies. Dau> \ri r.-is les plus simples, des cellules plus ^i^ndes représcnlanl des cellules ovulaircs se «i-iian'iil ■les autres plus petites fonnanl autour d'elles une couche épithclialc. Les tubes ovarien.! n'' renferineut alors, nuti'edes ei'ttulcs eni-orc indirTércntes, que des U-^ufs et des eelhiles rpithi'liales. Les œufs, suivant leur grosseur, |)i-ovuifucnI diiïi'renies dilatations dans le tube uurien, el se suivent immédiatement les uns U'k autivs. (fig. l'Jl. .4). I Dans d'autres ras, outre les éléiur'cilN ei-des«iis , d'autres uncorc pruvieuneiil A- U

Fit', 1«. — Or^iines iciiicls U-ii.clies Je SU-t..fhwjui . o. UiIk-s oijncus ; u. ul.-.u.; jf, j;',,,,)..

diiïércacution. La roucho «Vpithéliale entoure aussi la cellule ovukire proprement dite ; mais on trouve, du côté de Textrémité fermée du tube un amas de deux, trois ou plusieurs cellules (vitellus, Lubbock ; couche germinative, Leydig). Ces cellules, qu*on peut appeler vitellogèiies, sont enfermées avec les œufs dans la même chambre du tube ovarien, ou bien elles en sont séparées par un étranglement du compartiment contenant la cellule de l'œuf, de sorte qu'une cavité remplie de cellules précède celle contenant l'œuf {fig. 121, S). Ces cellules servent à la nutrition des cellules ovulaires , et se confondent avec elles après que leur noyau a disparu, ou passent peu k peu dans leur substance. Leur volume est par conséquent généralement en proportion inverse de celui des ovules. Un rapport fonctionnel semblable s'établit encore de cette manière : chez les Aphidei , par exemple, l'œuf situé dans la partie la plus éloignée du tube ovarien, so relie à la première subdivision de Tovaire par un prolongement pédicellé, et se met ainsi en connexion avec les cellules qui s*y trouvent.

Ces dispositions particulières, très-diversement développées, dépendent d'un nouveau degré de division de travail. Une portion des produits de l'ovaire ne passe plus directement aux œufs mais constitue des matériaux de nutrition pour les œufs, comme cela a lieu chei les Vers pour une portion particulière des glandes sexuelles, dites glandes ritellogènes (voir page 268). Ces états de division du travail sont au point de vue anatomique encore à un état inférieur dans les tubes ovariens des Insectes, car les deux genres de produits naissent sur un seul et même point. Sur la formation de l'œuf, Lubbock, PhiL Tram., i857 ; Gaus, Zeit, Zool, 18G4, p. 62; Leydig, fiov. Ad. Acad. L. C, XXXUI.

On a distingué des œufs ce qu'on a appelé les pteudava (Huxley), produits qui sont caractérisés par l'absence d'une tache germinative, comme ceux qui naissent dans les glandes génitales de certaines générations des Aphideêei desCoccus, Comme ces organes sont les mêmes que ceux dans lesquels naissent les véritables cellules ovulaires, et que dans certains cas le même individu peut produire k des époques différentes, des pseudova et de véritables œufs, il n'y a pas, entre ces deux formes de productions de l'ovaire, la profonde différence qu'on avait cru pouvoir admettre. Ces produits doivent être resardés comme en rapport avec une série do phénomènes très-répandus chez les Insectes, qui commence par ce qu'on a appelé la parthénogenèse, et conduit à une génération alternante apparente. Le phénomène dans son ensemble repose sur une émancipation de l'œuf de Faction de l'élément sexuel mâle*. Dans les cas les plus simples, il n'y a dans les œufs aucune différence anatomique, et une partie d'entre eux pouvant se développer sans fécondation, l'autre nécessitera l'intervcnlion de cet acte. Ce sont les cas de parthogénèse chez les Abeilles, Guêpes et beaucoup d'autres Insectes. Le cas se complique davantage lorsque le même individu ne peut plus dans le même temps produire ces deux catégories d'œufs ; alors les produits ovariens émancipés présentent une composition différente (pieudova). La complication devient encore plus grande sur différents individus pendant plusieurs générations, l'action de la semence sur la matière formatrice peut être supprimée (Aphidien$)\ ces générations descendent ainsi k un degré d'organisation inférieure. EnQn les cas comme ceux que présentent les Cécidomye»^ où des embryons peuvent naître de glandes germinatives encore indifférentes pendant la précoce période larvaire du développement de l'animal, doivent aussi être dérivés conmie les autres auxquels ils se rattachent directement, d'une différenciation sexuelle antérieure.

Pautnî les innombrables détails de structure superficielle des enveloppes des œufs (cborion) sécrétées par la couche épithéliale des tubes ovariens, un des plus importants au point de vue physiologique, est le micropyle qui occupe un des pôles de l'œilf, et qui consiste en canalicules plus ou moins larges, pourvus d'ouvertures de diverses sortes. Leuckart en a donné de nombreuses descriptions (Arch, An. Phy»., 1855).

Parmi les formations appendiculaires qui naissent d'une différenciation des parois des oviductes, il en est une à laquelle nous devons attribuer une grande importance, c'est le réceptacle ^minal, dont l'existence générale a été établie par de Siebold (Arch. An. Phys., 1857 et Arch. ^ai., 1859). Le sperme qui, pendant l'accouplement, est d'abord déposé dans la poche copulatrice, doit passer dans ce réceptacle séminal, et, de là, féconder les œufs mûrs à mesure qu'ils passent devant son point d'insertion sur l'oviducte. Chez beaucoup d'Insectes (surtout 1^» HyménoplèreM)j les spermatozoïdes peuvent conserver longtemps leurs propriétés fécondantes dans cette poche ; il en résulte qu'un seul accouplement peut non-seulement suffire à la fécondation de plusieurs séries d'œufs, mais encore que chez des genres, dont les fe-'

mellcs hivernent, on trouve encore les spermatozoïdes actifs et vivants le printemps suivant. Il est probable que cette vésicule provient d*une transformation d^autres appendices. L'absence de toute couche musculaire dans ses parois rend problématique la fonction qui lui ost attribuée (Lcydig), comme aussi Tabsence totale de cet organe chez les générations d'Aphides qui se développent asexuellement, semble d'autre part 1 appuyer.

Nous citerons encore les dispositions qui suivent comme des exemples des innombrables adaptations qu'on peut rencontrer dans les diverses parties do l appareil générateur. Cbei les Diptères vivipares, le vagin forme une expansion semblable à une poche copulatrice, qui recueille les œufs fécondés, lesquels y parcourent les phnses de leur évolution. Chez d*autre9, (Hippoboscides) le vagin au-dessous delorilice du réceptacle séminal, est élargi dans le mtw but (/î(/, 125, u). Les glandes annexes peuvent aussi avoir d'autres usages. Chez les Diptères pupipares (Melophagus)^ pendant le développement de Tembryon, ces glandes sécrètent un liquide granuleux dont, pendant son état larvaire, le jeune animal se nourrit.

Voir sur les organes sexueb femelles des Insectes, J. Millier, De glatular, secern, ttrutiura, 1850, et ?iQV, Ad, Acad. Cœs» Leop. Car,, XII, 18^25 ; Succow dans Hewinger*M ZeiUchrip, 11, p. ti51 ; Stein, Vergleichende Anat. u, Physiol, der Insecten, I, 1847 (organes sexueb féminins des Coléoptères); Leydig, Nov. Act. Ac, Leop, Car,, XXXIU, 1866.

Sur les ai'mures copulatrices des femelles, voir Lacaze-Duthiers, Annales Science* Murelies, 5' série, XII. XIY, XVII, XYIH, XIX.

Les organes générateurs mûtes des Insectes présentent dans leur plan fondamental de fréquentes répétitions dos organes femelles, de aorte que dans les deux sexes, les différentes parties de ces organes se correspondent assez souvent. Les testicules toujours au nombre de deux, très-rarement confondus en un seul sont, comme les ovaires, composés de caecums différant par la grosseur et le nombre et se reliant entre eux suivant des disposi-

Fig. t».

tions variées {fig, 124 et 125). La réunion des testicules des deux côtés a liou assez fréquemment chez les Lépidoptères. Mais dans les premières période^ du développement ils sont séparés et montrent même quelquefois dcn subdivisions; ce n'est que parla suite du développement que la réunion se lait graduellement. Celte cireoiistance de la formation chez les papillons d'un

Fîg. lîi. — Testicules et conduits déférenls chez l'Acheta campeatrU ; ^ testicule ; r, cunJuii

d<5riPrcnt; g, v(^siculc séminale.

Fig. 125. — 0r(^ne9 sciuelt mAles du Mclolonlha vulgarh ; t, testicule ; vd, conduit d^f^rrni.

M, partie élargie de ce dernier; gl, ^«lulefi Hunexca enroulées.

ORGANES SnUILS. 499

testicule unique , nous fournit un exemple d'une disposition acquise dans le cours de révolution. Les Diptères et Strepsiptèt^eSy ainsi aue plusieurs fiévroptères ont des tubes testiculaires simples allongés et tomours séparés. Cbex plusieurs Coléoptères ces tubes sont remplacés par un cvcum allongé, enroulé en peloton et enveloppé d'une membrane spéciale {Cartes). Les testicules de la plupart des autres Insectes sont formés de tubes nombreux. Chaque testicule parait chez les Hémiptères être formé tantôt de la réunion de plusieurs tubes en un organe étalé en éventail, tantAt d'un grand nombre de tubes séparés, type qui se rencontre aussi chea un grand nombre de Coléoptèreê. Ches la plupart des Orthoptères le testicule est composé de tubes parallèles très-rapprochés entre eux, de manière à former une masse unique, ou de vésicules rondes groupées en grappes; on observe aussi une disposition semblable chez des Utfménoptères.

Les difTérents tubes du testicule aboutissent à des conduits qui se réunissent de cbaaue côté en un canal déférent (/Ijf. 124, t;, et 135, vd), lequel, lorsque les tubes testiculaires sont plus intimement unis, provient directement de ces derniers. Le développement en longueur des deux conduits est en général peu étendu, et ne devient considérable que dans quelques cas; les conduits déférents enroulés en peloton jouent alors le rôle de réservoirs de semence. Ils possèdent fréquemment dans cebut une partie élargie {fig. 125, v«), qui ne manque d'ailleurs pas complètement dans les canaux courts, car ches plusieurs Insectes l'extrémité de ceuxKsi présente un renflement. La réunion des deux conduits déférents donne naissance à un canal commun (conduit éjaculateur), dont la longueur est également très-variable, et qui sert aussi occasionnellement de réservoir séminal.

Les glandes accessoires sont ordinairement paires. Comme celles des organes femelles, elles ont l'aspect de canaux allongés enroulés (/Ijf. 125, 9/), ou de tubes courts groupés en forme de touffes ou ramifiés et qui sont fixés sur différents points des conduits séminaux.

Les organes copulateurs mâles des Insectes^ sont, comme nous l'avons déjà mentionné, «semblables à ceux des femelles, et composés d'un assemblage de pièces chitineuses de formes très- diverses, qui entourent l'ouverture {.'énitale et proviennent de transformations des derniers segments de l'ab- (iomen. De ces pièces les unes ne servent qu'à la copulation extérieure, 'es autres, comparables à un pénis, accomplissent l'introduction du sperme. Ces dernières sont formées ou d'un tube plus ou moins rigide placé à Teitérieur ou situé dans l'intérieur du corps et protractile, dans lequel le conduit éjaculateur se prolonge ; ce tube porte fréquemment à son extrémité des organes en forme de pinces. Cet organe copulatcur est, chez les Coléop- ^res, entouré d'une capsule chitineuse à parois épaisses, cachée dans l'abdomen, où elle peut souvent atteindre une grosseur considérable, et pourvue d*un appareil musculaire particulier au moyen duquel l'organe copulatcur peut être projeté au dehors ou rentré dans le corps.

Les élémeniê cantliUtantM du sperme sont chez les Intecietàeê filaments mobiles, dont les <^<^ux extrémités se terminent le plus souvent par un fin prolongement. Ces filaments pré-

sentent la particularité de se réunir en houppes, ou de se grouper en double rano^ée de manière à figurer des bâtonnets, rappelant Taspect de spermatophores , c'est ce qu'on observe siu*tout chez les Orthoptères.

Nous devons encore, en ce qui concerne les diverses formes des testicules ^ indiquer leur séparation en un grand nombre de groupes, qui forment de chaque côté de deux à douze testicules pourvus d'un conduit déférent particulier {fig. 125, t.). Chaque testicule esta son tour composé par la réunion d'un nombre variable de follicules, le plus souvent disposés en rosettes. Cette disposition s'observe chez beaucoup de Coléoptères (Lamellicornes^ Longicornes^ Rhynchophores^ etc.).

liCS glandes accessoires débouchent en commun avec les canaux déférents sur le canal éjaculateur (Diptères, Lépidoptères, plusieurs Coléoptères), ou se réunissent avec le conduit séminal correspondant, qui, à partir de leur point d'insertion se dilate considérablement (Hyménoptères). Enfin elles peuvent déboucher directement sur le trajet du conduit éjaculateur (Orthoptères, Hémiptères).

En ce qui concerne les organes copulateurs, les segments du corps dont ils font partie et les modifications du squelette chitineux qui concourent à les former, sont en général le siège de dispositions analogues à celles de l'appareil femelle. Les mâles des Ubellulides offrent une disposition spéciale, en ce que les organes copulateurs sont fort éloignés de l'orifice du conduit séminal qui se trouve à l'extrémité postérieure du corps. Sur le côté ventral du deuxième segment abdominal, ^e trouve caché parmi les appendices constituant un appareil de fixation, un pénis simple ou formé de plusieurs articles, qui est encore en connexion avec un réservoir séminal spécial-, l'insecte en recourbant son abdomen, remplit ce résenoir avant l'accouplement par l'orifice du conduit déférent, de sorte que l'extrémité de rai»domen du mâle ne prend aucune part à la fécondation même. (Rathke, De Ubellulor. part, genitalibus, Regioraonti, 1852). On n'a pu encore déterminer l'origine primitive de cctlo disposition, qui doit résulter de quelque adaptation spéciale. Plusieurs autres organes viennent ainsi participer chez les Insectes à la fonction reproductrice. 11 faut compter encore parmi ces dispositions qui se rattachent l\ l'acte copulateur, celles qui affectent les membres des ni^les de beaucoup d'Insectes, les rendent propres à saisir et à assujettir les femelles ou à assurer la durée de l'acte copulateur ; ces dispositions sont diverses comme tout le reste de l'organisation de la classe, mais constituent des faits isolés, souvent même restreints à l'espèce seule, et ne peuvent en conséquence offrir que peu d'intérêt au point de vue de l'anatomie comparée.

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