‹ Manuel d'anatomie comparéeChapitre 50 sur 93 · XV · texte numérisé non relu

XV

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L'enveloppe extérieure du corps est en général chez les Mollusques constituée par une couche dermique molle, mais qui est ordinairement si inliraement unie à la couche musculaire sous-jacente, qu'il en résulte, comme chez les Vers, une espèce de tube dcrmo-musculaire, d'où dépend la forme du corps de l'animal entier. Les organes de la locomotion naissent d'un développement considérable de la couche musculaire sur certaines régions du corps, et de la dilTércnciation de quelques portions du tube dermo-inuscu- Inire. Dans la plupart des divisions des Mollusques, suilout dans les Lamellibranches et les Céphalophores, il existe pendant les premiers états larvaires un revêtement ciliaire qui peut encore persister plus tard sur tout le corps, chez les Gastéropodes, par exemple, ou seulement sur quelques points limités. Ces cils sont surtout constants sur les organes respiratoires. Chez les Céphalopodes ils existent aussi pendant le développement sur toute la surface du disque germinatif (les branchies exceptées), et lorsque plus tard Tembryon se différencie davantage, on voit des cils vibratiles apparaître aussi sur le sac vitellin.

Chez la plupart des Mollusques les téguments sont nettement séparables en épidémie et derme ; mais les connexions intimes que ce dernier a au'c la couche nmsculaire du corps qui se trouve au-dessous de lui, communiquent aux téguments dans leur ensemble une contractilité souvent considt*rable. Lorsque le tissu connectif prédomine dans la constitution de la ponu, comme dans les enveloppes épaisses et transparentes desHétéropodes (CaLrinAria, Ptcrotrachea), l'espèce de mobilité du corps qui consiste des cliangcmcub dans la forme extérieure s'amoindrit. Chez les autres Mollusques les modilications dans la forme du corps sont limitées moins par la natiu^ de leur eu-

vcloppe legumentaire extérieure, que par là présence de la coquille que cette enveloppe produit.

Lorsqu'il y a coloration du corps, elle provient de dépôts accumulés dans le derme. Parmi les organes de coloration les plus singuliers, sont ceux qu'on rencontre chez plusieurs Ptéropodes, chez tous les Céphalopodes et qu'on a appelés « Chromatophores. » Ces organes consistent en cellules sphériques situées dans la peau à des profondeurs diverses, remplies de granulations de pigment, et pourvues sur leur périphérie de fibres musculaires rayonnantes, qui par leur contraction en aplatissant les cellules, les élargissent et provoquent ainsi un étalement de leur contenu pigmentaire, à la suite duquel on les aperçoit sous formes de taches souvent étoilées. C'est ce jeu alternatif des couches de chromatophores qui produit ces effets magnifiques de coloration que nous admirons sur la peau de la Seiche vivante.

On trouve dans les téguments d'autres dépôts, comme ceux du cart)onate de chaux qui sont répandus, tant dans le manteau des Brachiopodes, que chez les Gastéropodes en général, et ont la forme tantôt de simples grains ou de concrétions sphériques plus grandes, tantôt de baguettes, tantôt de pièces dentelées ou ramifiées, qui souvent réunies en grandes quantités constituent un vrai réseau calcaire. Nous rencontrons ces dispositions chez les Opistho-^ branches, {Dorig^ Polycera) chez lesquels les diverses espèces sont caractérisées par un groupement particulier, ainsi que par une forme spéciale de leurs spicules calcaires. Elles sont si compactes chez quelques formes (les espèces de Doris), qu*elles constituent une espèce de squelette intérieur.

Comme différenciations de l'épidenne, se présentent des glandes qui rappellent un peu celles que nous avons vues chez les Vers. Ces organes sont, dans leur forme la plus simple, des modifications des cellules épidermiques situées parmi les autres cellules, mats caractérisées par leur contenu finement granuleux, ainsi que par l'existence d'un orifice. Ces glandes (cellules calycifomies) se rencontrent aussi bien chez les Bivalves que chez les Céphalopliores. Elles sont arrangées en groupes chez les Céphalopode», et s'étendent par leur extrémité fermée au-dessous du niveau de l'épiderme. Plus éparpillées chez les Gastéropodes — surtout chez les Pulmonés terrestres — elles s'enfoncent aussi davantage dans les téguments, et s'ouvrent entre les cellules de répiderme> par un mince prolongement jouant le rôle de canal de sortie. Tous ces organes appartiennent à la catégorie des glandes unicellu^ laires. Ces glandes peuvent, sur certaines parties du corps, éprouver différentes modifications relativement k leur sécrétion. C'est dans ce nombre qu'il faut compter celles qui, occupant le bord du manteau des Gastéropodes à coquille, sécrètent un liquide contenant du calcaire, à côté d'autres, fournis* sant des substances colorantes.

Le revêtement ciliaire primitif des embryons et des larves des Mollusques n*cst gcné-» ni et aniforme qtre dans les premiers états, et ne tarde pas k se circonscrire sur certains points, ^i deviennent dtérieurefinenC, par swte d*uii développement oonsidérable des cils* des organes locomeleiirs spéoîaui, dont nous aurons à reparler plus loin. L'épithélium vi- ^tile se conserve avec une moindre longueur de cils sur d'autres parties du corps qui ne 9ont point couvertes par la coquiUe , c'est ce qui arrive aux Lamellibranche» ainsi

(|u*à la plupart des Céphalophores^ les formes terrestres exceptées. Plusieurs Gastéropodes inférieurs, le Phyllirhoë par exemple, ont un revêtement de cils vibratiles sur le corps entier. Dans les divisions inférieures des Mollusques on trouve — comme chez les Vers — très-abondamment répandues, les cellules urticantes; notamment chez les Eolidiens parmi les Gymnobranches. A Textrcmité des papilles dorsales se trouve une capsule remplie de cellules urticantes, qui s ouvre à l'extérieur par un orifice, et ressemble ainsi à un orfs'ane glandulaire. Cette conformation parait moins appartenir à la catégorie des dispositions qui existent chez les Cœlentérés, qu'h celle qui comprend les follicules à baguettes des Vers (pages 162, 104), bien que par leur structure les cellules urticantes ressemblent enticrenieiil à celles des Cœlentérés.

Parmi les organes de nature particulière nous devons signaler les soieê qui garnissent le bord du manteau des Brachiopodes. Elles naissent dans des enfoncements spéciaux, et pourraient en cela être rapprochées des soies des Vers chœtopodes, si leur structui*e n'était pas fort différente. On trouve d'ailleurs des soies semblables sur le manteau des Chilonides.

11 y a chez les Céphalopodes une mince couclie cuticulaire distincte de Tépidermc, qui peut présenter des épaisseurs différentes, (comme par exemple, sur les ventouses, qu'elle entoure parfois d'un bord annulaire corné), ou se transformer en parties ayant d'autres formes (p. 4r)8).

La couche de substance connective des téguments des Hétéropodes peut présenter \c< éléments constitutifs de son tissu à des étits de différenciation très-divers. Chez la Carinairc on trouve dans les saillies tuberculiformcs des téguments des fragments cartilagineux i><)K'> et disséminés. Vnc couche semblable de tissu counectif vitreux s'observe aussi chez quelque Céphalopodes (Loligopsis vermicularis) .

Les dépots calcaires dans le tissu des téguments des Brachiopodes consistent surtout en spiculi s ramifiés, pouvant même former un squelette contiim, qui par l'élargissement des spicules parait composé de plaques. Ils peuvent être observés dans le manteau, dans lesbns et autres régions des téguments. Ces formations se retrouvent chez les Terebratulay Terebrntulina^ Megerleia, Crania, etc.

Voir sur les Chromatophores des Céphalopodes, Briicke Siiz, Acad, Wien^ VIII, p. 196. — H. Mtiller, Zeit. Zool. IV, p. 357. — BoU, o.c.

Les glandes dermiques fournissent chez be^mcoup de Céphalophores une sécrétion particulière, qui chez VAplysia est un liquide d'un rouge foncé. Chez les Murex et Purpura^ uuc couche épithéliale jouant le rôle de glande, et formée de grandes cellules ciliées à leur surface, se trouve dans la cavité du manteau entre les branchies et le rectum. Ces cellules sécrètent le liquide qu'onc onnait sous le nom de pourpre (Voir sur cette glande à pourpre, Lacaze-Duthiers, Ann. Se. Nat.^ 4* sér., XII).

Chez les Céphalopodes on connaît sous le nom de pores de la peau des orifices qui se trouvent sur divers points de la surface du coq)s, communiquent parfois avec des cavités piu> spacieuses, mais n'ont rien de commun avec des organes glandulaires. Les glandes les plu^ développées sont les véritnbles glandes dermiques qui se trouvent sur les deux bras élargis du lArgonaute femelle, et dont la sécrétion sert à la formation de la coquille.

Formations té^uiiieiitaLpes.

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