CAVITE BUCCALE
Il se forme dans la cavité buccale divers organes se rattachant plus ou moiiis directement aux fonctions du canal digestif, et qui parfois déjà se rencontrciil à rentrée de sa cavité. Parmi eux nous devons signaler en premier lieu les formations dentaires servant à la division de la nourriture, et dont il faut distinguer les fonnations diverses résultant de modifications de la couche épitliéliale, et qui donnent à l'analyse des substances de nature cornée. L ouverture buccale en forme de ventouse des Cyclostomes (fig, 257) est pourvue il»' formations cuticulaires de ce genre qu'on appelle « dents cornées » ; ainsi qm* celles qui se développent sur un organe linguiforme de ces animaux. Le^ Amphi biens possèdent sur les bords de leurs mâchoires des organes analo^e^t qui sont le plus ordinairement transitoires et limités à l'état larvaire (AiiOMrt'^^' mais qui deviennent permanents chez la Sirètie. Chez les premiers, ce ^oiit
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(le petites dents très-serrées. Il faut distinguer de ces productions qui naissent sur l'épilhélium, des revêtements cornés des bords maxillaires formes par les cellules cpilhéliales elles-mêmes, tels que ceux qui existent chez tes Tortues, les Oiseaux et les Moiiotrèmes, pour compenser l'absence de véritable:^ dents. Cette absence de dents doit cependant être déduite d'une rétrogadation, et on doit considérer comme condition primitive la présence de dents sur les mâchoires. C'est ce que prouvent les cas rares où on obsene la présence passagère de denta pendant ta période embryonnaire, comme chez les Triùntjx parmi les Tortues.
Les véritables dents sont toujours formées par la membrane muqueuse de la cavité buccale; et il est (ligne de remarque, en ce qui concerne leur extension, que chez les Sélaciens la muqueuse est revêtue très- p),, jei.
loin jusqu'au pharynx d'écaillés semblables à ceWee qui caractérisent les téguments externes de {:es poissons. Ces écailles osseustis sont parfois limitées à certaines étendues, parfois beaucoup plus nombreuses ; on les trouve disséminées jusque sur bords des fentes brncbiales. Elles possèdent la même structure que les dents proprement dites, qui ne se développent que sur les mâchoires, mais ont les mêmes rapports avec la muqueuse {fig. 258, A). Les dents des Sélaciens paraissent ainsi être des différenciations d'une formation tégmnentaire se continuant jusque sur les parois de la cavité buccale. Tandis que dans les autres régions les écailles osseuses demeurent peu considérables, elles se développent le long des mAclioirea eu séries dentaires qui, dans leur état jeune, sont incontestablement analogues aux écailles des téguments. La présence de parties de la peau ayant une tendance à produire les dents sur des régions où ces formations manquent chez les Sélaciens, est un fait important pour l'explication de la distribution plus étendue âes dents chez les Ganoïdea et les Téléostéens. Chez ces derniers, les régions occupées chez les Sélaciens par des écaille.-) peu apparentes sont garnies de pièces plus volumineuses, de dents véritables, de sorte (pie ces organes, qui ne sont complètement développés que sur les mâchoires chez les Sélaciens, se rencontrent chez lesGanoïdesetlesTéléostécQs sur des points fort dilTérents de la cavité buccale. Ainsi en dehors des mâchoires, des dents peuvent se trouver sur les os palatins, le vomer, le paraspbénoïde, l'os hyoïde et les arcs branchiaux. De ces derniers, c'est surtout sur les postérieurs dont les moitiés sont réduites à de simples lames, qu'on trouve ordinairement des dents {ftg. 213, p). On en rencontre aussi presque toujours sur les parties dorsales des arcs branchiaux (Os pharyngiens supérieurs). Les formes des dents présentent la plus grande diversité. Déjà chez les Sélaciens, elles sont assez différentes entre elles, et on y trouve tous les passages depuis les dents en forme de lancette et un peu courbées des
>'ig. 357. — Ourerturo bucola de Pelron^ion martntMiTM deoUconWn (d'aprji Ueckel il Kner).
Iiffnttirt jiiM|u'Hitx |il;i(|ue» luigcscL massives de \'Hétero(loHteuuAct\wAi\\iv< Haies. Les dents suiit ici constamment tenoiivelées. Derrière celles qui s'usent il y u des séries de dents de remplacement, (jui peu à peu preunctit la place des précédentes {fig, 'i58, A}.
Les dents des Ganuides et des Tcléostéens prciientent encore plus de variéU': celle» placées sur les côtés des arcs branchiaux, fonctiumianl plutôt comme un treillis, s'opposent au passage des corps solides par les fenlcs branchialïN L'adaptation aux différentes conditions du milieu ambiant joue aussi uq rôlt important. Ou trouve encore des dents sur le palais et le vomer des Anipliibiens, plus rarement sur le paraspliénoidc ; parmi les Reptiles, il n'y a de dents sur le pulais etsur le ptérygoïde que chez, les Serpents et les Lézards, tandis que chez les Crocodiles la dentition est. comme cbez les Mammifères, restreinte aux iiiàclioires.
Les dents prenant toujours naissance dans la nmqueuse sont indépendantes des |)artics du squelette recouvertes par cette membrane, et dans les divisions inférieures ne présentent que peu d'adhérence avec la mâchoire. Elles suril nièiiies partiellement mobiles chez les Sélaciens. Chez la plupart des Poissons elle» conservent cette situation superficielle, et lorsqu'elles présentent do connexions plus profondes, celles-ci sont ordinairement le résultai d'une soudure. Les dents s'unissent alors aux parties correspondantes du squelette. Ce
Kig. 2.'i8. — K'irmalion dcntiire ehot \fs Votftani. Hc[itilcs et HnminirèrM. Coupf 9 rertic-ilej d< It nukltuire 1 ^.cliei unjrune Acanlttiat; B, chci un jeune Alligator; Cdiei un eiiibiTMi <><' l'.hiea ; Aa. ji-iincs Ainls, «oui b plu» inrvrieuic sont ijuclijuci pipill«> dcetini-M k b (uniiiUiiii ilr^ dcnis, cniivencg d'une couche J|iith<ili«le enlerûo sur le rcsln de lu rig:iire ; a', doni cii ii<^.'i' if, lieille denl iigelùe lur k liica intérieure de In nikhoire ; b, cartilific nuiilliirc ; r, cnnln da liinu» calrBJru CDiiTrant ue ilcrnicr ; if, niui[ueuiia ; An, Jeune ilcnt (ilacéc sur une p*|>ilJi; n-rulniri' /i ; if, deiil plus il|!ÛG ««rtjnl du «nal inixillairc, ilonl une [urlie de la racine c»! ri'-«' liée: tet, piirtiuns du miiillaïn! iiiri'rieur osseux [In majeure partie apparlciianl i l'ix 'l'»tal); Ce. Ikii'iI n>ui lia Ire arec ci>ni;lic fpilMIialc épaissie ;c. os maxillaire; />. papille drnUint■^cuklil'eMl^ larpH'lle su Iniiive unu ciiuchc épilh^lialo ; jp*, aiec un oe denUiie ; i.oiiliiKi'' l'i'>ijiai|. liniili' ■iiiili'u 1» dent |>ai' nue euuehe é|>illiJlia1e a', wi» lai[ut'llu on distingue nui' tvirlie d'vtuail rccouM'jnt la euutliu «SKu»'.
CWITÉ BUCCALE. "il
fait s'observe aussi chez les Amphibicns, tandis que chez les Reptiles on rencontre tantôt une simple application des dents sur la gencive (Sauriens Pleurodontes), tantôt une pénétration graduelle de la dent dans la partie de la mâchoire qui la porte. Chez une partie des Sauriens (Acrodontes), les dents sont soudées au bord de la mâchoire. Chez d'autres, les Geckos par exemple, et aussi les Serpents, et toujours chez les Crocodiles, les dents en voie de formation sont partiellement entourées par les bords maxillaires et par suite enfoncés dans des alvéoles (fig. 258, B). La même disposition existe chez les Mammifères. Une masse épithéliale pénétrant dans la muqueuse du bord de la mâchoire (fig. 258, b s) enveloppe comme un capuchon une papille (p), sur laquelle se forme la première ébauche de la dent ; cette production complexe en forme de sac est complètement entourée par la mâchoire, la dent se différencie complètement dans l'intérieur de celle-ci, pour ne traverser que dans son développement ultérieur la muqueuse d'où s'est séparé le sac dans lequel elle a été produite.
La plus grande variété de formes règne parmi les dents, et on peut trouver tous les passages entre des formes larges et en plaques, et d'autres allongées et cfQIécs comme des épines ; cette variabilité est surtout si grande parmi les Poissons, que dans les mêmes animaux les divers groupes de dents présentent les dispositions les plus différentes. Les dents des Amphibiens présentent plus d'uniformité dans leur aspect extérieur et sont ordinairement de forme conique, du moins chez les espèces vivantes. Parmi les Reptiles de grandes différences apparaissent de nouveau, chez les Sauriens et aussi chez les Serpents, dans un groupe desquels il existe des connexions entre certaines dents et un appareil glandulaire spécial. La forme conique delà dent domine aussi chez les Crocodiles, où, sous les dents déjà développées, il s'en forme constamment de nouvelles, que les anciennes recouvrent comme une gaine.
La formation déjà mentionnée d*un bourgeon spécial d'épithélium pénétrant dans le petit sac dentaire fait apparaître chez les Mammifères un nouvel organe, qui recouvre d'une couche particulière la portion fondamentale et de nature osseuse formée par la papille dentaire; cette couche est Témail qui tapisse la couronne extérieure de la dent. Une grande variété dans la forme des dents se remarque encore chez les Mammifères, où la dentition entière comprend simultanément plusieurs formes de dents. Celles-ci, par suite de Paugmentation de la quantité de nourriture que l'animal doit prendre, prennent des fonctions différentes les unes des autres, et offrent des particularités nombreuses et variables suivant la nature de l'alimentation. Chez les Dauphins seuls, on trouve cette uniformité de toutes les dents qui indique un état inférieur.
Les dents usées et tombées sont remplacées chez les Poissons par d'autres de nouvelles formations, qui naissent près des premières ; la production des dents est ainsi un phénomène qui persiste pendant toute la vie de l'animal. Les mêmes conditions se réalisent chez les Amphibiens, et nous trouvons également chez les Reptiles de nouvelles séries de dents, que nous avons déjà signalées chez les Crocodiles, d'où il suit que le renouvellement de la dentition est tout à fait continu. Un phénomène semblable s'observe chez
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la plupart des Mammifères, mais dans des limites plus restreintes ; le remlilacement des dents n'a lieu qu'une fois ; une seconde dentition, composée de dents plus nombreuses, se substitue à la première, la « dentition de lait. D Ce fait ne s'étend pourtant pas à la dentition totale, car ordinairement les dents les plus postérieures en sont exclues. Les Cétacés et les Édentés n'offrent point ce changement de dentition ; aussi les oppose-t-on, sous le nom de Monophyodontcs, aux autres Mammifères, les Diphyodontes. Les Marsupiaux se placent entre les deux divisions, car chez eux les conditions diphyodontes ne sont que rudimentaires ; le remplacement, sur chaque demi-mâchoire, est limité à une seule dent. Plusieurs autres animaux, comme rÉlépbant et le Dugong, ainsi que les Rongeurs, peuvent aussi se rattacher aux Monophyodontcs, leurs incisives n'étant pas précédées d'autres dents caduques. Les deux séries se rejoignent donc, et le remplacement des dents chez les Mammifères, comparé à ce même remplacement chez les Reptiles, ne peut être considéré que comme un phénomène analogue, qui s'est développé consécutivement à un état monophyodonte antérieur.
Les parties denliformcs de nature cutiniîaire des Cyclostomes en rappellent d'autres qui sont fréquentes chez les InTertébrés. Lorsqu'il existe des productions solides de ce genre chex ces derniers, elles sont ordinairement le résultat d'une sécrétion, sans qu*il y ait încorporaticm des cellules elles-mêmes. Elles sont moins nombreuses diez les Myxinoïdes, et consistent en une dent cornée arquée sur la voûte de Tentrée de la cavité buccale, et deux plaques portant des dents placées sur l'appareil représentant la langue. Chez les Petromyzontes, un grand nombre de papilles coniques disposées autour de Touverture infundibuliforme de b bouche, représentent les dents (fig. 257, p. 759).
Le revêtement corné des mâchoires dans les groupes où nous Tavons signalé ne peu! être actuellement considéré que comme un phénomène d'adaptation se présentant d*une manière indépendante dans les différentes subdivisions. Des formations épithéliales de ce genre jouent aussi un rôle sur les bords de la mâchoire des Mammifères, dont la muqueuse (fig, 258, Ce) tant que les dents n ont pas percée la gencive, présente un épaisissement considérable de b couche épilhéliale qui revêt sa surface. Cette couche persiste chez beaucoup d'Édentés sr»ut forme d'un dépôt corné sur les points où les dents sont absentes ; ce dépôt est aussi très^éveloppé sur les mâchoires des Baleines. Chez tous les vrais Cétacés, il se développe dans Tétai fœtal un grand nombre de dents ( 1 00 environ) dans les mâchoires supérieure et inférieure ; elles persistent chez les Dauphins, et forment la riche dentition de ces animaux ; cependant on n'en rencontre qu'un petit nombre chez quelques-uns (V Hyperoodon, par exemple) ; et chei le Narval^ des deux dents portées par TintermaxiUaire, il n'en demeure qu'une qui oonstitoe la longue défense marquée d'une spirale de droite à gauche. Les nombreuses dents qui, comme chez les Dauphins, sont Si Tétat d'ébauche chez les Baleines, s'atrophient de bonne heure (Geoffroy Saint-Hilaire, Annales du Muséum, X; Eschricht, o. c.) et il se forme sur les bords du maxillaire supérieur des excroissances épithéliales, d'où naissent les fanons. Ceux-ci a^nsisleut en lames cornées rangées parallèlement, dans la base desquelles pénètrent des prolongements do la muqueuse riclics en vaisseaux (plis ou villosités), qui senties ma^ces de ces |)i<*ces cornées. La substance de ces dernières se laisse distinguer primitivement en une portion qui parait être un prolongement de la matrice et constitue ainsi une moelle i'eutral<'. elle-même entourée d'une couche corticale extérieure d'une structure plus lamellaire. On p^ui regarder comme différant des fanons par la structure, quoique appartenant pourtant ao^si >ut funiiations éjûthéliales, les « plaques masticatoires » qui se rencontrent chez les Mûtictuâ d liylina.
(jue la muqueuse buccale des Mammifères paraisse présenter des productions de naturt» t'j>ideriuique, ce fait s'explique par le mode de développemont de la cavité buccale qui dérive d*»»»' i II vii^i nation du feuillet corne ; cette invagination, primitivement fermée, s'unit ensnite aver IVi-