CAVITÉ BUCCALE
(rémilé antérieure également fermée de la cavité intestinale primitive. Le même mode de formation se retrouve chez d'autres Vertébrés, et non-seulement le feuillet corné, mais aussi le corium embryonnaire doivent, chez les Poissons, prendre part à la formation de la cavité buccale, puisque la formation d'écaillés osseuses et celle des dents qui en dérivent sur toute la portion du tube intestinal qu'entoure le squelette viscéral, doivent être rattachées à des productions dermiques. A coté de la similitude de structure des dents et des écailles des Sélaciens, il faut remarquer la présence dans les téguments de ces derniers de productions encore plus semblables aux dents : tels sont par exemple les dents de la « scie » danile Pri$ii$, et les piquants de la peau des Raies.
Il règne chez les Poissons la plus grande variabilité dans la forme et la structure des dents, bien que le tissu qui les constitue soit toujours strictement le même. Il résulte aussi de la formation constante de nouvelles dents des différences dans la dentition, suivant l'âge de Tanimal (les Raies, par exemple). La forme de la dent est ordinairement en rapport avec celle de la papille qui la produit.
La variabilité de la forme des dents est déjii moins grande chez les Amphibiens et aussi chez les Reptiles. L'emboitement des dents, particulier aux Crocodiles, dérive de dispositions existant chez les Sauriens. Chez le Monitor^ la série la plus ancienne est rigoureusement appliquée sur le bord maxillaire, les dents plus jeunes suivent en dedans et à côté, et sont réparties au nombre de 2 ou 5 par ordre de développement auprès de chaque dent complète. La même condition se reproduit et se complique de l'apparition d*alvooles chez les Crocodiles ; seulement le diamètre limité de l'alvéole détermine cette modification, que les dents plus jeunes qui se développent également en dedans des dents plus âgées sont appliquées contre la racine de la dent complètement développée, qui devient elle-même le siège de phénomènes de résorption [fig. 258, B. a'). La nouvelle dent se forme anssî dans ce cas sur le côté de l'ancienne et passe peu à peu au-^lessous d'elle, pendant que la papille qui la porte croit sur la paroi alvéolaire interne. Les dents venimeuses canaliculées des SerpenU of&rent des modifications d*un ordre tout spécial, et proviennent de dents à sillon. Leur point de départ est une rainure pratiquée à la stu'face de la dent suivant sa longueur. Cette rainure devenant plus profonde dans les dents, et ses bords se rapprochant peu à peu, il en résulte un canal plus ou moins complètement fermé, qui doit toujours être regardé comme une conformation d'abord superficielle.
Des replis de la/ubstanee dentaire déterminant des complications dans la êtructwedeÊdent» doivent également être rattachées à la conformation des papilles. Ils se présentent déjà chez les Poissons et apparaissent avec un notable développement chez certains Amphibiens fossiles (Labyrinthodontcs). On rencontre des conditions semblables dans les dents composées des Mammifères. Les rapports de la papiUe avec la dent occasionnent déjà des différences ; ou bien die remplit la dent, qui est alors creuse (cavité dentaire), comme celles des Crocodiles et delà plupart des Mammifères ; ou bien le tissu de la papUle est graduellement remplacé par de la substance osseuse qui remplit la cavité de la dent et la fait disparaître ; la dent devient alors pleine comme chez beaucoup de Sauriens. Après Tachèvement de la croissance des dents des Mammifères, leur cavité dentaire se réduit ordinairement à un canal étroit. Cela n'est pas le cas pour les incisives des Rongeurs, dont un grand nombre (LepiUj Cana, etc.), conservent aa^si une cavité dans leurs dents molaires. Cet état est accompagné d'une croissance continue de la dent, qui est la règle chez les incisives des animaux de cet ordre. La couche à'émail qui re« couvre les dents des Mammifères manque dans quelques cas, comme dans les défenses (incisives supérieures) de TEléphant. Elle ne se trouve sur les incisives des Rongeurs qu'à leur face antérieure. Les dents des Êdentés, surtout celles de TOryctérope, présentent des conditions tontes particulières.
A consulter : Owen, (Mon^o^rap/ri^, London, 1844. L'article Teeth dans Todd, Cyclopœ^ ditty IV. Sur les Poissons : Agassiz, Pùiuonê fouileê, — Description de la dentition des Mammifères : F. Cuvier, les Dents des Mammifères, Paris, 1825 ; de Blainville, Ostéographie, — Sur le changement des dents des Marsupiaux : Pîowcr, Philos. Transact,, 1867. Sur la stnirlure élémentaire : Tomes, Transact.y 1849 et 50, IL — Sur leur développement, Kœlliker, Gewebclehre, et Waldeycr, ZeiUch. fur rat. Medizin^ XXV, xxv, et Kônigsberg. med. Jahrbuvh., IV.
Un deuxième appareil qui se dtfTcrencie dans la cavité buccale constitue la tanijue. Cet organe forme fréquemment chez les Poissons un bourrelet aplati, produit par une enveloppe muqueuse recouvrant l'os hyoïde, et mobile ativ l'ensemble du squelette viscéral. La langue est souvent pourvue dcdeni». Son volume est rarement augmenté par le développement dans son intérieur d'un tissu musculaire. C'est chez, les Amphibieiis qu'npparatt pour la premièrr fois, dans cet organe, un système musculaire indépendant. La langue prend alors l'aspect d'une lame épaisse, qui est même protractile chez plusieurs de ces animaux, l'ne langue musculeuse enislc égalcment chez les flepti/es: cliez les Serpent^ et les Lézards, elle est entourée d'un étui particulier, d'où elle peut être projetée au dehors. L'épithélium lingual présente fiéquemnienlcliei ces animaux des parties eoniées qui furmenl à la face supérieure de l'organe des écailles et des tubercules, et l'extrémité antérieure de la langue ordinairement étroite {jig. 259, s) de rr^ animaux, se divise en deux pointes efiilées (Kissiiingues). La langue est plane et large chez lc> Tortues et les Crocodiles: elle est fixée chezit^ derniers sur le fond de la cavité buccale, et nnii protractile, malgré la présence de muscles imporlanls. Conlme chez les Sauriens, l'eitréniilé antérieure de la langue est, chez les Oiseatii, couverte d'une couche épithéliale cornée, frt'quemment même pourvue de barbes latérales Fts. îîis. (Pics) ou de soies lines {Toucans); la langue
ne forme que chez peu d'Oiseaux un organe massif et charnu, (Penoiiuets). Dans les Mammifères, par suite du dévelo|'|)ement considérable du système musculaire dont les Crocodiles présentent seuls un exemple dans les classes inférieures, la langue augmente beaucoup de volume et devient en même temps le siège de nombreuses difTérenciatiiHis portant sur sa membrane muqueuse. Les fonctions de l'organe se diversifient avec la complication de sa structure, de sorte qu'elle peut pourxiir à des usages très -différents, même en ce qui concerne la préhension des aliments.
Des apiiareils glaudnlaires spéciaux, en rapport avec la cavité buccale, se dévcluppont dans sa membrane nmqueuse et finissent plus lard, en raison de leur arcruisscment de volume, par se placer extérieurement à la membrane.
Fig. 2."it>. — A|>|«irril hïiiîJieri n'
;, pièce mMin
CAVITE BUCCALE. 7ib
et n'avoir plus dans celle-ci que leur orifice excréteur. Nous pouvons les considérer néanmoins encore comme des glandes muqueuses considérablement développées. Des glandes de ce genre ayant un certain volume manquent chez les Amphibiens et les Poissons, où ne se rencontrent que des appareils glandulaires plus réduits, disséminés dans la muqueuse. Celles qui, chez les Reptiles, sont situées le long des bords maxillaires, deviennent plus volumineuses et sont désignées sous le nom de glandes labiales (Serpents et Lézards). La glande à venin des Serpents constitue un organe plus développé, provenant également d'une modification de glandes plus simples. Une paire de glandes qui, chez les Tortues, est placée sous la langue, est considérée comme constituant des glandes salivaires. Des glandes de cette nature, destinées à la production dun liquide buccal, mais plus considérables, et réparties sur des points différents, existent constamment chez les Oiseaux et les Mammifères, où on les distingue en sous-maxillaires, sublinguales et parotidiennes. Ces dernières s'ouvrent chez les Oiseaux, à l'angle buccal, et dans le vestibule de la bouche chez les Mammifères. Elles manquent entièrement cliez les Cétacés et sont peu développées chez les Pinnipèdes ; fait particulier, la parotide n'a pas été trouvée chez l'Échidné. C'est chez les Herbivores que les trois paires de glandes salivaires atteignent leur volume le plus grand, chacune d'elles pouvant être à son tour prépondérante sur les deux autres.
La langue manque ches le Pipa et le Dactylelhra, parmi les Amphibiens. Chez les autres Anoures c'est son extrémité antérieure qui est ordinairement fixée sur le fond de la cavité buccale ; la postérieure souvent bîlobée, formant la portion mobile, est protractile. La langue des Iguaneê présente des conditions semblables. Des prolongements postérieurs se trouvent aussi chez les Amphiêbènes, qui sont privés d*étui lingual, ainsi que les Gecko», dont la langue est large et charnue. Chez le Phrynotomay la langue plus étendue du côté postérieur entoure le pharynx. La modification la plus singulière est celle de la langue du Caméléon qui, enfouie dans un étui mou, peut être projetée très-loin, une partie de Tclui transversalement plissée pendant Tétat de repos s*étendant avec elle.
La forme de la langue des Mammifères dépend partout du mode de préhension des aliments; die est en somme adaptée aux conditions de la cavité buccale. La langue étroite et longue de VEchidné est très-extensible, ainsi que celle du Fourmilier, qui est vermiforme. Sa partie postérieure est considérablement plus épaisse que le reste deTorganc et divisée en deux pointes dirigés en avant chez V Ornithorynque. Cette élévation de la langue en arrière se retrouve chez les Rongeurs et les Ruminants. La base de la langue présente les mêmes difTérenciations. Chez le Datypuspeba, deux prolongements chéli formes se trouvent sous la pointe de la langue et chez plusieurs Prosimiens et Chéiroptères, ainsi que chez quelque? Singes, on rencontre une • sous* langue, » présentant la forme d'une saillie simple ou divisée par le milieu. Des différenciations semblables s'observent chez plusieurs Oiseaux. La muqueuse recouvrant la langue présente beaucoup de différences, principalement en ce qui regarde le développement des papilles, qui varient tant par leur forme que par la nature de leur épithélium. Les formes les plus constantes sont celles des papilles larges (papillœ circuntvallatœ) qui, dans certains cas, au nombre de une (Halmatunu) ou de deux (Édentés) seulement, peuvent dans d'autres se multiplier beaucoup ; elles occupent toujours la partie dorsale de la base de la langue. (Voy. sur la langue des Reptiles, Oiseaux et Mammifères, Duvernov, Mém, de la Soc. d'hist. nat. de Strasbourg,!, \H^Q; M, 1835).
Les Amphibiens possèdent une glande qui s'ouvre dans le palais, derrière le bord maxillaire. Leydig, Untersuchungen, etc., p. 56.
I^ glande à wnin des Serpents est située en partie sur le fond de l'orbite ou derrière lui ; elle s*ctend même plus en arrière chez les Naja, et se prolonge jusqu^aux côles; elle arrive
chez qiielqii[>!i espèces dp Callophh junqne daax h cavilé du corps (A. B. Meyer, Monalib. Arad., Berlin, 1869). Celte glande est pourvue d'une enveloppe particulière ordiniiremfni miiBculaire ; son conduit ncréteur «'élai'git parfois en une ampoule {Crolaliu). la dent reninieuse alLichi'e iiu maxillaire supérieur (souvent seule chez les Yipera, Crotaluâ, Trigonoal)hatui) apparaît primitivement sous la forme d'une dent prL'ScnlanI une goutlière, qui peu li peu se referme à partir du voisinage de l'orifice du conduit excréteur et constitue ainsi un cinal. La gouttière persiste chez les Haja, Elapt, etc., oii les orifices antérieur et postérieur de la dent sont réunis par une fente longitudinale {SchiegQl, fiov. Act. Acad. Leop. Car., XIV, i) (Hielqiics-uncs des glandet muqueiuet de la cavité buccale m ài\eloppenl chez les Mammifères en groupes Tolumiaeui ; c'est, par euiDplc, le cas des glandes buccales chez les Ongulés. On trouva eai'ir^ chez les Carnivores une glande zygomatique située dans l'orbitt. Il faut aussi considérer comme étant le résultat d'un accroissement itf glandes de la muqueuse, les glandes sublinguaki qui, chei le* Oiseain comme chcE les Mammifères, paraissent être constituéM par une (éik de glandes séparées. Une simplification s'y introduit par suite dr li réunion des divers canaux de sortie. Ces conditions sont reniervi-s chez VEehidné, où le conduit excréteur très-large de la lublingualo vient déboucher par plusieurs ramifications dans la cavité buccale. U glande sous-maxillaîrc est ordinairement simple ; elle est tn'3-gniiili' chez lesËdeutcs [Dasypiu] et porte luie dilalâlioD sur son conduit eicrèleur.