MANUEL
rapport avec la veine cave supérieure. Sa courbure est appliquée de haut en bas contre la trachée-artère , et successivement sur la seconde et sur la troisième vertèbres dorsales. Dans le mcdiastin postérieur, elle est recouverte par l’origine des bronches , par la plèvre gauche , par le péricarde , et se trouve placée sur la partie gauche du rachis , a gauche de l’œsophage , de la veine azygos et du canal thoracique. Au-dessous du diaphragme, 1 aorte appuie contre la partie antérieure de la eoloune vertébrale; à gauche et en avant, elle est recouverte par le péritoine , et répond aux viscères abdominaux ; a droite, elle longe le trajet de la veine cave inférieure.
L’aorte n’est continue au cœur que par sa membrane interne ; sa membrane propre naît par trois festons, dont le bord correspond en dedans aux valvules sigmoïdes, et donne attache à quelques fibres charnues du ventricule gauche. Dans l’intervalle angulaire de ces festons, la membrane interne est appliquée sur les fibres charnues du cœur dont ou la sépare aisément.
Chez les vieillards, l’aorte présente à sa naissance une bosselure qu’on attribue au choc du sang, et qu’on a appelée le grand sinus de l'aorte.
À. Des artères que fournit l aorte à son origine.
PI. 209, fig.?.,
1° Arlcre cardiaque antérieure. Celte artère naît de l’aorte immédiatement au-dessus du bord libre d’une valvule sigmoïde , au côté gauche de l’artère pulmonaire. Elle se porte en bas, à gauche et en avant sous l’appendice de l’oreillette gauche , et gagne le sillon de la face antérieure du cœur, qu’elle parcourt en entier. Au niveau de la base des ventricules, l’artère cardiaque antérieure fournit deux branches, l’une droite, qui va se distribuer h l’aorte et à l’artère pulmonaire ; l’autre gauche, plus volumineuse , se porte entre l’oreillette et le ventricule gauches , et se termine sur le bord gauche du cœur par plusieurs rameaux , dont un s’anastomose avec l’artère cardiaque postérieure. On voit assez souvent l’artère cardiaque antérieure donner une troisième branche qui pénètre dans la cloison des ventricules. Pendant son trajet dans le sillon antérieur du cœur, l’artère cardiaque distribue h droite , et surtout à gauche, un grand nombre de branches qui se divisent dans les parois des ventricules, et dont l’une, assez considérable, s’anastomose vers le sommet du cœur avec l’artère cardiaque postérieure. Postérieurement, il en naît quelques-unes qui se plongent dans la cloison des ventricules.
2° Artère cardiaque postérieure. Plus volumineuse que la précédente, elle naît de l’aorte au côté droit de l’artère pulmonaire, et au niveau de la base du ventricule droit. Elle se dirige en dehors dans le sillon qui sépare l’oreillette droite du ventricule, se contourne sur la base de ce dernier , et , se portant sur la face postérieure du cœur , elle gagne le sillon correspondant , où elle se divise en deux branches.
Près de son origne, l’artère cardiaque postérieure envoie à l’aorte et à l'oreillette droite des ramuscules très-fins, dont un s’anastomose sur l’artère pulmonaire avec une ramification de l’artère cardiaque antérieure. Dans le reste de son trajet , elle donne aux deux faces de l’oreillette droite des rameaux dont les divisions se répandent sur la cloison des oreillettes et s’étendent sur les veines caves. Enfin on en voit naître d’autres plus ou moins nombreux qui se distribuent aux faces antérieure et postérieure du ventricule droit. Un
de ces derniers longe le bord droit du cœur, et va s’anastomoser sur le sommet de cet organe, avec l’artère cardiaque antérieure.
Des deux branches qui résultent de la division de l’artère cardiaque postérieure, l’une parcourt le sillon de la face postérieure du cœur, en distribuant à droite et à gauche un grand nombre de rameaux qui se prolongent jusqu’aux bords des ventricules; elle en envoie aussi quelques-uns à la cloison inter-ventriculaire , qui s’anastomosent avec les rameaux antérieurs fournis par l’artère cardiaque antérieure.
L’autre branche se dirige transversalement entre l’oreillette et le ventricule gauches , et après avoir fourni à ces deux parties quelques petites ramifications , elle descend sur le bord gauche du cœur, et se divise en nombreux rameaux qui communiquent avec ceux de la branche précédente et de l’artère cardiaque antérieure.
B. Des artères qui naissent de la crosse de l’aorte.
Trois artères naissent ordinairement de droite à gauche de la crosse de l’aorte, savoir : PI. io<j. 2. l’artère innommée ou brachio-céphalique , l’artère carotide primitive gauche , et l’artère sous-clavière du même côté.
L’artère brachio-céphalique se dirige obliquement en haut et à droite, au-devant de la PI. vis. trachée-artère , et se partage bientôt en deux branches , qui sont la carotide primitive et la sous-clavière du côté droit. Dans son trajet, cette artère est en rapport , en devant , avec la veine sous-clavière gauche, le sternum et les muscles sterno-lhyroïdiens ; et en arrière, avec la trachée-artère et le muscle long du cou du côté droit.
Des arlbes carotides primitives.
L’ artère carotide primitive gauche diffère de la droite en ce qu’elle naît immédiatement de PI. 215 216 l’aorte, entre l’artère brachio-céphalique et la sous-clavière gauche. Elle monte à gauche 21 '• de la trachée-artère, recouverte par la veine sous-clavière gauche, le thymus et la clavicule. Arrivée au niveau de la naissance de celle du côté droit, elle se comporte absolument comme celle-ci. Toutes les deux , en effet, se portent en haut, et un peu en dehors, jusqu’au niveau de l’extrémité supérieure du larynx , où elles se partagent en carotides externe et interne. Les artères carotides primitives sont en rapport, en avant , avec les muscles sterno-mastoïdiens , sterno-hyoïdiens, thyro-hyoïdiens , omoplat-hyoïdiens , et un peu avec les peauciers; en arrière , avec les artères thyroïdiennes inférieures, les muscles longs du cou et grands droits antérieurs de la tête , et le rachis ; en dedans , avec la trachéeartère, la glande thyroïde , le pharynx et le larynx; en dehors , avec les veines jugulaires internes, les nerfs vagues et le grand sympathique. Elles sont unies à toutes ces parties par du tissu cellulaire filamenteux contenant beaucoup de ganglions lymphatiques.
Dans leur trajet, ces artères ne fournissent que quelques petites ramifications qui se distribuent dans leurs parois ou aux muscles voisins.
MANUEL
De V artère carotide externe.
PL 216, 217. Cette artère, placée à sa naissance en dedans et au-devant de la carotide interne, monte avec elle jusque sous le muscle digastrique, dont elle croise la direction, et se dirige en dehors et en arrière, vers l’angle de la mâchoire inférieure. Devenue superficielle, elle se porte entre cet os et le pavillon de l’oreille , jusque derrière la glande parotide, et la elle se divise en artères temporale et maxillaire interne.
L’artère carotide externe est recouverte en dehors, et de bas en haut, par le muscle peaucier , le nerf grand hypoglosse , les muscles digastrique , stylodryoïdien , et la glande parotide. En dedans , elle est en rapport avec l’artère carotide interne , les muscles stylopharvngien, stylo-glosse , et l’apophyse styloïde de l’os temporal.
PI as6 Six branches naissent de la carotide externe avant sa division, trois en devant : les
artères thyroïdienne supérieure , faciale et linguale ; deux en arrière , les artères occipitale et auriculaire ; et une en dedans , l’artère pharyngienne inférieure.
1° De l'artère thyroïdienne supérieure.
PI 216 Née très-près , et quelquefois au niveau de l’origine de la carotide interne , l’artère thy-
roïdienne supérieure se porte en bas et en avant vers le côté du larynx , qu’elle cotoie jusqu’à l’extrémité supérieure de la glande thyroïde , en décrivant plusieurs flexuosités. Elle est recouverte successivement par les muscles peaucier, omoplat-hyoidien et sternothyroïdien , auxquels elle laisse des ramuscules qui s’étendent dans les parties voisines jusqu’aux tégumens.
' Àu niveau de la partie supérieure du larynx , l’artère thyroïdienne supérieure fournit le rameau laryngé supérieur. Celui-ci glisse derrière le muscle thyro-hyoïdien , gagne transversalement la membrane du même nom , et laissant à cette dernière des ramifications qui s’étendent jusqu’aux muscles de l’os hyoïde , ou qui communiquent avec ceux du côté opposé, il la traverse avec le nerf laryngé interne , pour se bifurquer aussitôt. L’une de ses divisions se distribue aux muscles crico-aryténoïdien latéral et crico-lhyroïdien ; l’autre embrasse la base du cartilage aryténoïde , et se perd dans le muscle Crico-aryténoïdien. postérieur. L’une et l’autre s’anastomosent avec celles du rameau opposé, et de cette anastomose partent un grand nombre de ramifications destinées à la membrane muqueuse du larynx et à l’épiglotte. Un peu plus bas, on voit naître de l’artère thyroïdienne supérieure le rameau crico thyroïdien qui , en descendant sur le cartilage thyroïde , jette des ramifications dans le muscle thyro-hyoïdien , et se porte transversalement sur la membrane crico-thyroïdienne pour s’anastomoser avec celui du côté opposé. Ce rameau jette des ramuscules dans le muscle crico-thyroïdien.
En arrivant à la glande thyroïde, l’artère thyroïdienne supérieure se divise en trois branches qui se perdent dans cet organe par un grand nombre de rameaux. L’une de ces branches s’anastomose par arcade avec celle du côté opposé. Les deux autres communiquent avec les rameaux de l’artère thyroïdienne inférieure.
2° De l’artère faciale ou maxillaire externe.
Cette artère naît de la carotide externe un peu au-dessus de la linguale. Elle se dirige en avant et en dedans , décrit des flexuosités , et gagne bientôt l’angle de la mâchoire inférieure ; après quoi se recourbant entre la glande sous-maxillaire et la base de cet os , elle remonte sur sa face externe vers la commissure des lèvres , et de là sur les parties latérales du nez, où elle se termine en s’anastomosant avec le rameau nasal de l’artère ophthalmique. Dans ce trajet, elle est en rapport de bas en haut avec le nerf grand hyp° glosse, les muscles digastrique et stylo-hyoïdien, la glande sous - maxillaire , les muscles triangulaire des lèvres et masséter , dans l’intervalle desquels elle est trèsflexueuse , et recouverte par le muscle peaucier. Enfin elle est recouverte supérieurement par le muscle canin et la peau.
L artère faciale fournit au-dessous delà mâchoire inférieure les artères palatine inférieure , sous-mentale , et un grand nombre de ramuscules, dont les uns se distribuent aux muscles de la région sus-hyoïdienne et à l’os maxillaire, tandis que les autres se perdent dans la glande sous-maxillaire. Quelques-uns de ces derniers s’étendent jusqu’au muscle ptérygoïdien interne , et dans la membrane muqueuse de la bouche et de la langue.
Artère palatine inférieure. Née très-près de l’origine de la faciale , cette artère, d’un trèspetit volume, monte entre les muscles stylo-pharyngien et stylo-glosse, auxquels elle laisse des x’amifications , et s’appliquant contre le pharynx , elle parvient entre les piliers du voile du palais, où elle se divise en ramuscules qui se perdent dans le pharynx, l’amygdale et la trompe d’Eustachi. Plusieurs d’entre eux se rendent au voile du palais , et communiquent avec les ramifications de l’artère palatine supérieure.
Artère sous-mentale. Elle naît sous la base de la mâchoire. Elle se porte en avant, le long de l’attache du muscle mylo-hyoïdien , auquel elle donne de nombreux rameaux , et arrivée sur la ligne médiane, elle se bifurque. L’une de ses divisions passe au-devant du muscle digastrique, puis s’anastomose avec celle du côté opposé; l’autre se porte sur le menton, jette des ramifications dans les tégumens, et vient communiquer avec les rameaux terminaux de l’artère dentaire inférieure, qui sortent par le trou mentonnier.
Dans son trajet sur la face , on voit naître de l’artère faciale :
1° Des branches externes assez nombreuses, qui se distribuent aux muscles masséter, peaucier , buccinateur , aux tégumens des joues , et jusqu’à la glande parotide. Elles s’anastomosent avec les artères transversale de la face et buccale.
2° Des branches internes , qui se répandent dans les muscles triangulaire des lèvres et carré du menton, dans les tégumens du menton, et qui vont s’unir aux ramuscules des artères sous-mentale et dentaire inférieure.
3° La branche labiale inférieure. Cette artère , assez volumineuse , se glisse derrière le muscle triangulaire, et se porte, en serpentant, dans l’épaisseur du bord libre de la lèvre inférieure jusqu’à la ligne médiane, où elle s’unit à celle du côté opposé. Cette artère fournit de nombreux rameaux aux muscles orbiculaire des lèvres , triangulaire , carré et releveur du menton. On les voit former des anastomoses très-nombreuses avec ceux des artères sous-mentale et dentaire inférieure.
Texte .
PI. ai6, 217,