‹ Manuel d'anatomie déscriptive du corps humain représentée en planches lithographiées (volume 4)Chapitre 222 sur 279 · C. De l oesophage · texte numérisé non relu

C. De l oesophage

rvnLëT.Psë'rrXTëmiëmm“'ialeme,lt, ^ *. pha- PI. *1.

ynx et se mine a I orifice supérieur de l'estomac. C'est un conduit musculo-membra-

neux légèrement comprimé de devant en arrière pendant l'état de vacuité, maTs Tylfo

drique quand ,1 est distendu par un liquide. Sa direction est verticale en général mamelle

o foe quelques inflexion, A sa naissance, i, est placé sur la ligne médiane^

h, en, a gauche jusqu an bas de la région cervicale. Dans la poitrine , il reprend peut

PI. 29», «s

478 MANUEL

peu la position médiane qu’il occupait d’abord , et ce n’est que vers la neuvième ou dixième vertèbre dorsale qu’il se porte de nouveau à gauche et en avant, pour traverseï le diaphragme.

Dans la région cervicale, l'oesophage est en rapport, en avant et de haut en bas , avec le larynx , le lobe gauche du corps thyroïde , la moitié gauche de la trachée-artère , et les vaisseaux thyroïdiens inférieurs du côté gauche, qui croisent sa direction. En arrière, il est appuyé contre la colonne vertébrale, dont il est séparé par le grand ligament vertébral antérieur et le muscle long du cou du côté gauche. Sur les cotés, il longe les artèies carotides primitives , les veines jugulaires internes, et, de plus, à gauche, vers la partie inférieure du cou, le nerf récurrent de ce côté. Dans le mediastin postérieur, 1 œsophage conserve en avant les mêmes rapports avec la trachée-artère. Il répond ensuite et successivement à la bronche gauche, dont il croise la direction , et à la face postérieure du péricarde. En arrière, il est couché sur la colonne vertébrale, sur la courbure de la veine azygos, sur le canal thoracique, et tout-à-lait en bas sur 1 aorte. Latéralement, il avoisine les poumons , et descend depuis la cinquième vertèbre dorsale entre l’aorte et la veine azygos.

, , L’œsophage , un peu plus large à sa naissance et h sa terminaison que dans le reste de son étendue , est uni aux parties voisines par un tissu cellulaire filamenteux , qui contient plusieurs ganglions lymphatiques. Ses surfaces externe et interne sont sillonnées l’une et l’autre par des stries longitudinales ordinairement très-marquées. Comme le pharynx , il est composé de deux tuniques , l’une musculeuse , et 1 autre muqueuse.

La tunique musculeuse est beaucoup pins forte que la membrane correspondante du pharynx. Elle est formée par deux plans de fibres superposés : les unes, extérieures, sont longitudinales, très-nombreuses, et forment, à leur origine, trois faisceaux dont le moyen naît par un tendon de la face postérieure du cartilage cricoïde , et les deux lateiaux descendent du bord inférieur du muscle constricteur inférieur du pharynx. Parvenues à la partie inférieure de l’organe , elles s’écartent , s’épanouissent , et se continuent sur l’estomac. Les fibres musculaires profondes paraissent une continuation de la partie postérieure interne du muscle constricteur inférieur du pharynx. En haut , elles sont transversales, et manquent, en avant, dans l’espace d’un pouce; les suivantes sont obliques, et, près du cardia, elles redeviennent transversales en se terminant brusquement autour de cette ouverture. , , ,

La membrane muqueuse est molle, fongueuse , et d’une couleur pâle, surtout inferieure-

ment. Elle est pourvue d’un petit nombre de follicules mucipares et de villosités, mais elle est remarquable par des rides longitudinales qui dépendent de la contraction des fibres musculaires transversales, et qui permettent la dilatation de l’organe par le bol alimentaire. Elle se continue en haut avec la membrane muqueuse du pharynx , et en bas avec celle de l’estomac. Ce qui a mis en controverse ce dernier point d’anatomie, c est que l’épithélium, dont toute la surface interne de l’œsophage est revêtue , eesse brusquement à l’orifice supérieur de l’estomac. L’existence de cet épithélium, et sa cessation au cardia, est mise hors de doute par la putréfaction et la décoction. Quand on fait bouillir les membranes muqueuses de l’estomac et de l’œsophage , l’épiderme , soulevé sur cette dernière , forme un bourrelet qui répond ordinairement à l’ouverture du cardia : au-delà l’epithelium

D’ANATOMIE DESCRIPTIVE. 47g

n est plus apparent. Dans certains animaux , au contraire , l’épithélium se continue plus ou moins sur la muqueuse gastrique , ainsi qu’on peut le voir sur les figures de Home , et cela se remarque quelquefois chez l’homme.

Les tuniques musculeuse et muqueuse de l’œsophage sont unies entre elles par une couche de tissu cellulaire , à laquelle les anciens donnaient le nom de tunique nerveuse. Ce

tissu cellulaire, quoique dense et serré , est pourtant extensible : il ne contient jamais de graisse.

L’œsophage reçoit ses artères des thyroïdiennes inférieures, des bronchiques, de l’aorte elle-meme , des diaphragmatiques inférieures, et de la coronaire stomachique. Ses veines vont s ouvrir dans les veines correspondant à ces artères , ainsi que dans la veine cave supérieure, dans les mammaires internes, et dans l’azygos. Ses vaisseaux lymphatiques se rendent aux ganglions dont il est entouré. Ses nerfs viennent des plexus pharyngien et pulmonaire , des nerfs cardiaques , des ganglions thoraciques , des pneumo-gastriques et de leurs branches récurrentes. Des anastomoses de ces nerfs résulte un plexus considérable qui enveloppe la totalité de l’organe.

D. De V estomac .

L’estomac est celte dilatation du canal digestif comprise entre l’œsophage et le duodé- PI. *f.

• Ph.ce dans 1 epigastre et dans 1 hypocondre gauche, au-dessous des fausses côtes correspondantes, il est en rapport , haut, avec le lobe gauche du foie et la face inférieure du diaphragme ; „ , avec le pancréas, le duodénum et le colon; d droite , avec

le lobe droit du foie ; « gauche, avec l’échancrure de la rate. Il a la forme d’une cornemuse et se dirige presque transversalement de gauche à droite , de haut en bas , et d’avant en mere. Chez 1 homme , il est plus arrondi ; chez la femme, il est plus oblong. Sœmme-

Êu,"K qUC maC d6S Ethi°PienS CSt be3UCOUP P1US <4 celui dis

L estomac , considéré à l’extérieur, présente deux faces , deux bords ou courbures et 1 eux orifices Dans 1 état de vacuité , la face antérieure est légèrement convexe; elle cor- «espond aux fausses côtes du côté gauche , au lobe gauche du foie, et au diaphragme

La/acc postérieure a moins d étendue que la précédente; elle fait partie de la paroi anrieu.e de arriéré cavité des épiploons, et , chez les gros mangeurs elle est en rapport l,0denUm ’ avec le mes°colon transverse, et quelquefois même avecl’are du colon.

Le bord inférieur ou la grande courbure est l’endroit où les deux faces se réunissent inférieurement II est convexe, oblique de haut en bas, et se trouve limité par les deux extrémités de 1 organe. Il est reçu dans l’écartement des deux lames du grand épiploon' auxquelles .1 donne insertion , et correspond au colon transverse , dont il est séparé par les vaisseaux gastro-épiploïques, et par des ganglions lymphatiques. Il forme, à droite une espece de coude qui répond à une dilatation de la cavité gastrique, qu’on nomme le petit cul-de-sac. Il présente , a gauche, une grosse tubérosité qui correspond à une portion considérable de cette même cavité, appelée \c grand cul-de-sac -, cette tubérosité commence au cote gauche de l extrémité supérieure de l’estomac, et se termine presque insensible-

MANUEL

PI. 298, fig. 3.

ment sur le bord inférieur. Le grand cul-de-sac est logé dans l’hypocondre gauche , et uni à la rate par l’épiploon gastro-splénique, et par les vaisseaux courts.

Le bord supérieur ou la petite courbure est concave, et, comme le précédent, borné par les deux extrémités de l’organe. Dirigé en haut et en arrière , reçu entre les deux feuillets de l’épiploon gastro-hépatique auxquels il donne attache , il est en rapport avec la grande échancrure du foie , le lobe de Spigel et l’aorte , dont il est séparé par l’artère coronaire stomachique.

L 'orifice gauche ou cardia sépare les deux courbures, et correspond à la réunion des deux tiers droits et du tiers gauche de la longueur de l’estomac. 11 est entouré par un cercle vasculaire et nerveux, et se continue avec l’extrémité inférieure de 1 œsophage.

\d orifice droit ou pylore est placé plus bas et plus en avant que le cardia ; il forme le sommet de l’espèce de cône représenté par l’estomac. Il commence au coude forme par le petit cul-de-sac , et se porte en haut jusqu’au col delà vésicule biliaire , où il se termine par un rétrécissement circulaire brusque qui répond à la valvule pylorique. Le pylore est entouré d’un grand nombre de vaisseaux et de nerfs; il est en rapport en haut avec le foie , et en bas avec le duodénum et le pancréas.

Lorsque l’estomac est distendu par les alimens , les rapports de ses diverses parties changent d’une manière importante à connaître. La face antérieure devient supérieure , et la postérieure inférieure ; la petite courbure regarde en arrière , et la grande courbure se porte en avant, de telle sorte que , dans certains cas, ainsi que 1 ont remarqué MM. Chaussicr et Sœmmering, cette portion de l’estomac vient se placer immédiatement derrière la paroi antérieure de l’abdomen , ce qui , chez les personnes maigres , permet de sentir les battemens des artères épiploïques.

L’estomac , considéré à l’intérieur , présente , à droite , un enfoncement nommé le petit cul-de-sac , léquel n’offre rien de remarquable. A gauche , on trouve une grande cavité connue sous le nom d z grand cul-de-sac. Cette cavité, dans laquelle s’accumulent les alimens à mesure qu’ils tombent dans l’estomac, et où s’opère surtout le travail de la chymification, est plus ou moins considérable suivant les individus, en raison de la nature d’alimens dont ils font habituellement usage; et sous le rapport de son étendue à gauche de l’insertion de l’œsophage, l’homme tient le milieu entre les animaux carnassiers et les herbivores non ruminans.

L’estomac est composé de trois tuniques : une tunique séreuse , une tunique musculaire et une tunique muqueuse, unies entre elles par deux couches cellulaires.

La tunique séreuse ou superficielle appartient au péritoine. Elle est formée par i écartement des deux feuillets de l’épiploon gastro-hépatique, lesquels s’écartent l’un de l’autre au-dessus de la petite courbure de l’estomac, pour se continuer sur les faces antérieure et postérieure de cet organe, et se réunissent ensuite au-delà de la grande courbure, audessous des vaisseaux gastro-épiploïques. On voit par cette description que la tunique péritonéale de l’estomac n’existe pas le long de ses courbures , et l’on conçoit ainsi la dilatation de cet organe entre les feuillets de ses épiploons.

La tunique musculaire ou moyenne , ordinairement pâle et peu épaisse, est plus rouge , et acquiert beaucoup de force chez les individus qui mangent beaucoup; elle est en général plus mince chez les femmes. L’on y distingue trois ordres de fibres dont la direction

D’ANATOMIE DESCRIPTIVE. 48t

est différente. Les fibres les plus superficielles sont longitudinales; elles ne sont que la continuation , et pour ainsi dire l'épanouissement des fibres correspondantes de l’œsopnage, dont les plus nombreuses se réunissent en deux faisceaux , lesquels se prolongent jusqu au pylore , en suivant les deux courbures ; les autres se répandent sur les deux faces cie l estomac, et forment sur chacune d'elles une petite bandelette qui se termine au py Oi e. Il trouve chez quelques sujets un ou plusieurs faisceaux de fibres longitudinales qui ““versent le pylore, et s’étendent plus ou moins sur le duodénum. Les fibres moyennes

*‘îepr<*en,*“,d« t,e plu» ou moins étendus, sans

J" ?• former un cercle entier. Elles se terminent en s'unissant les unes aux autres , on

les uneTdes “"-»“*>«<"• EU- sont peu nombreuses , et très-écarlées

auvmentf e, ëll S' P"* u ‘ “ ‘“r tubérosW t,e ‘'-tom«c , mais leur nombre 56 raPProche,it de plus en plus, à mesure qu'on s'avance vers le pylore.

L s fibres profondes sont aigues. Elles forment deux larges bandes, don, lune rt, end

cite d-oHe r d“.Card,a fr “ *“• . -dis que l'autre se porte du

Z jZ fih °,eme °nf:ce S“r la ,ubér°sité du S—d cul-de-sac, où elle semble reml u ,1c fb brea transversales , que 1 on n'y rencontre qu’en petit nombre. Sœmmering a

u des fibres obliques partir de la tubérosité pour se répandre sur le reste de l’estomac , jusqu au pylore. ’

Jiïr&T mT‘me Pr°fn* moll« , pulpeuse , et ordinairement enduite de mu- PJ „8 „ lomac esf P Srand n°mbre d« rid« . <!•»« 'es unes disparaissent quand l’es- *■ ’

à la me,nb,.'Sie"dl' ’ ,andlS ''''' aUlros sont per'"“nentes. Ces dernières, qui donnent ane muqueuse 1 aspect du velours, sont beaucoup moins prononcées que les

f, 68 s “PVÇulvent très-bien au microscope. Elies sont formées par des ‘esquel.es sont surtout abondantes dans la moitié pylorique de l’organe et ouvenes , principalement à leur base . par un reseau très-sen é de vaisseaux sanguins c ewennent fort apparens après une injection fine et bien faite. C’est de l’état de ces , seaux que epend la couleur de la membrane muqueuse, et l’on conçoit d’après cela a iversite d opinion des auteurs sur cette couleur. Suivant des observations récentes qui paraissent avoir été faites avec beaucoup de soin , et dans des conditions favorables ’ i pai ait que la couleur de la membrane muqueuse gastro-intestinale, dans l’état tout-àait sain est d un beau rose chez le fœtus, d’un blanc-laiteux dans le premier âge et «1 un blanc-cendré chez l’adulte. On a reconnu aussi que cette dernière nuance passe’ au lG dQ°dénUm Ct le commencement du jéjunum , pendant le travail

On aperçoit à la surface interne de la membrane muqueuse de l’estomac un plus ou .. ? I11,.. n°m 316 C^e P°*nts trés-petits , qui ne sont autre chose que les orifices excréta ... CU muciPares logés dans 1 épaisseur du tissu cellulaire sous-muqueux. Ces

eh »*anc^es c'e Brunner, du nom de l’anatomiste qui les a décrites en 17 15.

ontient en p.us grand nombre dans la région pylorique que dans les autres parties cte l estomac. r

La membrane muqueuse est unie à la tunique musculaire par un tissu cellulaire dense e, qui, c ans 1 intervalle des faisceaux musculaires, envoie des fibres assez nom* uses jusqu a la tunique péritonéale. On voit très -bien cette disposition sur les per-

PI 298, fig 5,

PI. 25o

PL 202, 2o3.

4g2 MANUEL

sonnes mortes de cancer à l’estomac, quand ce tissu cellulaire a acquis un développement

c Q g j J le

Les tuniques musculaire et séreuse sont également unies entre elles par une couche de tissu cellulaire fort lâche sur les courbures de l’organe , mais très-serré sur la partie moyenne de ses deux faces.

La cavité de l’estomac est séparée du duodénum par un anneau membraneux. G est le pylore proprement dit, ou la valvule py torique placée perpendiculairement a la direction de l’intestin. Celte valvule présente deux faces, dont l’une répond a la cavité de 1 estomac , et l’autre à la cavité du duodénum ; de ses deux bords , l’un est épais , large et adhérent à l’estomac; l’autre est libre, plus mince , et, par la saillie qu il fait dans la cavité de l’intestin , il détermine la forme de l’ouverture de communication de 1 estomac et du duodénum. Cette forme varie beaucoup suivant les sujets ; car elle peut etre circulaire, demi-circulaire, ou ovale. La valvule pylorique est formée par la tunique muqueuse et les fibres circulaires de la tunique musculeuse , entre lesquelles on rencontre un anneau fibreux , blanchâtre , résistant, qui n’est autre chose que le tissu cellulaire sous-muqueux,

lequel , dans cet endroit , revêt le caractère fibreux.

Les artères de l’estomac sont très-nombreuses, et proviennent des gastro-epiploiques , de la pylorique , de la coronaire stomachique et de la splénique. Leurs divisions rampent dans les deux couches cellulaires intermédiaires aux tuniques de l’organe , mais surtout dans le lissu sous-muqueux, d’où elles se portent dans la membrane muqueuse. Les ternes portent le même nom , et suivent le même trajet que les artères. Elles vont s ouvrir dans le tronc de la veine porte ou dans une de ses principales branches. Ces deux ordres de vaisseaux sont très-flexueux pour s’accommoder aux dilatations de 1 estomac. Les vaisseaux lymphatiques rampent pour la plupart au-dessous du péritoine, et vont se rendre principalement dans les ganglions placés le long des deux courbures de 1 organe. Ses nerfs viennent spécialement des nerfs de la huitième paire et des trots divisions du plexus

cœliaque.

Du canal intestinal.

On nomme canal intestinal toute la partie dn canal alimentaire placée au-dessous du pylore , et se terminant à l'anus. La longueur de ce canal est beaucoup moins cons.de- S-Ible chez les carnivores que chez les herbivores. Dans l'homme , qui se nourrit d animaux et de végétaux , elle varie de trente à quarante pieds. Considère dans toute son etendue , le canal Intestinal présente une grande courbure libre par sa convexité et fixee par son bord concave au moyen de replis du péritoine appelés mésentères. On le divise assez geo ■ râlement en deux portions ; l’une, supérieure , qui s’étend du pylore jusqu a la valvule ileo- 2Z “ et comprend ainsi environ les deux tiers de la totalité du canal; on la désigne sous le nom d’, Lstin grêle. L’autre commence à la valvule iléo-caecale , et s. termine a l’anus : c’est le gros intestin.

De r intestin grêle.

La longueur totale de l’intestin grêle est presque toujours à la taille de l’honnne comme PI. 297.

3 ou 4 est h 1. Le plus grand nombre des auteurs y distinguent trois portions, nommées duodénum , jéjunum et iléum ou iléon. D’autres, se fondant sur ce que le duodénum seul a des limites distinctes, n admettent que deux portions dans l’intestin grêle, et décrivent

jéjunum et 1 iléum sous le nom collectif de portion inférieure de l’intestin grêle ou d’ intestin grêle proprement dit.

1° Du duodénum.

Le duodénum s étend du pylore au côté gauche de la seconde vertèbre lombaire , et tire son nom de sa longueur, évaluée à douze travers de doigt. Son ampleur et sa situation au-dessous du péritoine lui permettent de s’étendre davantage que le reste de l’intestin grêle, et on la vu quelquefois presque égaler le volume de l’estomac; ce qui lui a fait donner par quelques auteurs le nom de ventmculus succenturiatus.

On distingue au duodénum trois portions. La première, ou supérieure, la plus petite, Pl.298.tig. n’a guère que deux pouces environ de longueur; elle se dirige à droite et en arrière vers p)8;Qf . le col de la vésicule biliaire , et se confond bientôt à angle presque droit avec la seconde portion ou la portion verticale. Celle-ci, dont la longueur varie suivant les individus, descend jusqu’au niveau de la troisième vertèbre lombaire, en s’inclinant légèrement à gauche. La troisième portion, ou la portion transversale , se continue avec la précédente , en formant un coude arrondi. Elle se porte directement à gauche et un peu en haut, passe derrière l’artère mésentérique supérieure , et , parvenue au côté gauche de la colonne vertébrale, elle s’incline légèrement en bas pour se continuer avec l’intestin grêle, à 1 endroit où l’extrémité supérieure du mésentère se confond avec le mésocolon transverse.

Le duodénum forme ainsi dans son trajet un demi-cercle dont la convexité est tournée à droite, et la concavité à gauche. Il est en rapport, en haut , avec le foie et la vésicule biliaire; en bas et en avant, avec le colon transverse, et médiatement avec l’estomac; à droite, avec le rein droit et le foie; à gauche , avec le pancréas qu’il embrasse dans sa concavité , et dont il n’est séparé inférieurement que par les vaisseaux mésentériques supé rieurs. En arrière , il est en contact avec une portion du rein droit, avec la veine cave, le pilier droit du diaphragme , la colonne vertébrale et l’aorte.

La portion supérieure du duodénum est presque entièrement recouverte par le péritoine, et jouit d’une assez grande mobilité, La portion verticale n’est tapissée par cette membrane qu’à sa face antérieure, et elle est complètement immobile. Il en est de même de la portion transversale, laquelle est tout-à-fait dépourvue de tunique péritonéale.

La tunique. musculaire du duodénum est assez épaisse, mais formée presque entièrement de fibres transversales que recouvrent à l’extérieur des fibres longitudinales.

La membrane interne ou muqueuse se continue évidemment avec celle de l’estomac. PI. 299, fig. 1 Molle et pulpeuse comme cette dernière , elle ne présente ordinairement rien de particulier dans les deux premiers travers de doigt de son trajet. Dans le reste de son étendue , elle

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Pi . 398, fig. 8.

offre un très-grand nombre de plis , plus ou moins larges el plus ou moins saillants , lesquels sont transverses et obliques, et paraissent comme imbriqués. Ces plis, connus sous le nom de valvules connivenles , sont formés par une duplieature de la membranè muqueuse avec un prolongement du tissu cellulaire sous-muqueux, et leur base est ordinairement parcourue par une artère et une veine. Ils sont permanens, quel que soit le degré de distension de l’organe, et paraissent avoir pour usage de retarder le cours des substances alimentaires, et d’augmenter la surface absorbante et exhalante de la membrane muqueuse. La membrane muqueuse du duodénum est traversée par les orifices excréteurs d’un grand nombre de glandes de Brunner, qui ne diffèrent pas de celles de 1 estomac. Ordinairement vers le coude formé par la réunion des portions verticale et transversale de 1 organe, elle présente un petit tubercule, au sommet duquel viennent s’ouvrir les conduits pancréatique et cholédoque par un orifice qui est ordinairement commun. On trouve entre les tuniques musculaire et muqueuse du duodénum une couche de tissu cellulaire analogue au tissu cellulaire sous-muqueux de l’estomac.

Le duodénum reçoit des artères fort nombreuses de la mesenterique supérieure , de la pylorique , des pancréatiques et des gastro-epiploïques. Ses veines suivent le trajet des artères. Ses vaisseaux lymphatiques se rendent dans les ganglions qui environnent le pancréas. Ses nerfs viennent du plexus solaire.

2° De l'intestin gi'êle proprement dit.

La portion inférieure de l’intestin grêle , ou l'intestin grêle proprement dit, commence au côté gauche du mésocolon transverse, et se termine dans la région iliaque droite, à la valvule iléo-cœcale qui le sépare du gros intestin. Sa direction générale est oblique de haut en bas et de gauche à droite. Winslow a donné le nom de jéjunum au tiers supérieur de cet intestin , parce qu’on le trouve presque toujours vide sur les cadavres , et celui d’iléon aux deux tiers inférieurs. Cette division est tout-à-fait arbitraire, attendu qu’il n’y a pas entre ces deux portions de limites fixes et distinctes. Quoi qu’il en soit, l’intestin grêle est plié et replié sur lui-même en différons sens, et forme un grand nombre de courbures onduleuses , appelées circonvolutions. Toutes ces circonvolutions forment une masse circonscrite sur les côtés par le gros intestin, et en contact en avant avec la paroi antérieure de l’abdomen , dont elle est séparée ordinairement par le grand épiploon , surtout à la partie supérieure ; cette masse des intestins grêles occupe les régions ombilicale et hypogastrique, une partie des flancs, des i'egions iliaques et de 1 excavation pelvienne. Les circonvolutions sont libres et flottantes par leur bord convexe ou antérieur, et recouvertes dans ce sens par l’épiploon gastro-colique; par leur bord concave ou postérieur, elles sont adhérentes au mésentère.

L’intestin grêle paraît cylindrique lorsqu’il est distendu. U est un peu plus large à sa partie supérieure qu’à l’inférieure. Chez quelques sujets, sa tunique péritonéale présente des appendices graisseux. Quelquefois aussi ses parois donnent naissance à des appendices creux, cylindriques, terminés en cul-de-sac, lesquels ont environ un pouce de diamètre, cinq ou six travers de doigt de longueur, et offrent la même texture que l’intestin luimême.

L’intestin grêle est recouvert par le péritoine dans sa totalité, excepté en arrière , ou

cette membrane, s’adossant à elle-même pour former le mèsenlère , laisse à nu un espace triangulaire analogue à celui qui règne le long des courbures de l’estomac, et qui donne a intestin la faculté de se dilater. C est dans cet endroit que les vaisseaux et les nerfs pénétrent dans les tuniques profondes de l’organe.

Le mésentère a un bord attaché à la colonne vertébrale , depuis le côté gauche du corps a seconde veitèbi e lombaire jusqu à la fosse iliaque droite, qui est très-court, tandis que 1 autre, qui sert d’insertion à l’intestin, acquiert toute la longueur de celui-ci au moyen de sinus et de replis .nombreux.

La tunique moyenne ou musculaire de l’intestin grêle est formée de deux ordres de fibres t res-pales et peu apparentes. Les unes, superficielles et longitudinales, sont peu nombreuses, et se rencontrent surtout sur le bord convexe de l’intestin. Elles ne sont pas continues et paraissent comme s' enlre-digüer dans certains endroits. Les fibres profondes ou circulaires sont un peu plus prononcées, et s’entre-croisent également entre elles, sans jamais décrire complètement le cercle de l’intestin.

La tunique interne ou muqueuse de l’intestin grêle présente à sa surface interne des valvules conmventes semblables à celles du duodénum , et dont le nombre et l’étendue décroissent à mesure qu’on s’avance vers le gros intestin. On y aperçoit des villosités trèsnombreuses et très-fines, sur la nature desquelles tous les anatomistes ne sont pas d’accord; Rudolphi n’y admet ni vaisseaux, ni ouvertures; elles seraient composées d’un tissu cellulaire parcouru par des vaisseaux sanguins et lymphatiques d’après J. -F. Meckel qui admet des ouvertures à leur surface, ainsi que Lieberkuhn , Hunier , Criiiksbank ’ He^son et Hedwig. Dans toute l’étendue de l’intestin grêle on trouve des follicules muqueux , dont la disposition varie. Les uns sont isolés , et occupent le bord libre ou le bord adhèrent de l’intestin, le sommet des valvules ou leurs intervalles. Leur volume, dans l’état sain , ne dépasse pas celui d’un grain de millet. Ils sont blanchâtres, mous/ et on découvre a leur centre un point presque imperceptible, qui n'est autre chose que leur orifice excreteur. Ces follicules, qui sont connus sous le nom de glandes de Brunner, sont teaucoup moins abondans dans l’intestin grêle que dans le duodénum, l’estomac et les gros intestins. Les autres follicules sont spéciaux à la membrane muqueuse de l’intestin grêle , et ont reçu le nom de glandes de Peyer. Ces glandes consistent en de petits amas de follicules, tantôt irréguliers, et occupant alors presque toujours le bord adhérent de 1 intestin; tantôt présentant une forme régulièrement oblongue, et se rencontrant alors sur le bord libre de 1 organe. Ces derniers, dont le développement varie beaucoup, sont limites par un rebord peu saillant, au niveau duquel s’arrêtent toujours les valvules conni ventes. On n’en rencontre que dans le tiers inférieur de l’intestin grêle, et quelques sujets n en présentent pas du tout. Dans ce dernier cas les glandes de Brunner s’aperçoivent en grande abondance.

Les trois tuniques de l’intestin grêle sont unies entre elles par deux couches de tissu cellulaire, analogues aux couches correspondantes de l’estomac et du duodénum.

Les artèies de 1 intestin gtêle sont fournies par la mésentérique supérieure. Ses veines pj suivent le trajet des artères, et se rendent dans la grande mésaraïque. Les vaisseaux lym- P1- A

phatiques aboutissent aux ganglions du mésentère. Les nerfs viennent du plexus mésen- p!' 2; terique supérieur.

MANUEL

Pl. 297.

Pi. 295.

Pi.299,fig 6

Pl. 295.

Pl. 299, fig

Du gros intestin.

Le gros intestin, ou la portion du canal intestinal qui s’étend de la valvule ileo-cœcale à l’anus , n’a guère que le cinquième de la longueur de l’intestin grêle , et varie de six a sept pieds chez un homme de moyenne stature. Attaché assez solidement dans les parties de l’abdomen qu’il occupe , il commence dans la région iliaque droite , monte le long du flanc droit jusqu’au-dessous du foie , traverse la partie supérieure de 1 abdomen pour gagner le flanc gauche , descend dans la fosse iliaque gauche, et plonge enfin dans excavation pelvienne, il semble former dans l’abdomen une sorte de cercle qui encadre

l’intestin grêle.

On a divisé le gros intestin en trois portions, le cæcum, le colon et le rectum.

A. Du cæcum.

Le cæcum , ou la première portion des gros intestins , a été ainsi nomme parce qu il se prolonge inférieurement sous la forme d’un cul-de-sac. Le cæcum est place entre la fin de l’intestin grêle et le commencement du colon, dans la fosse iliaque droite, ou il est séparé du muscle iliaque correspondant par une couche assez épaisse de tissu cellulaire graisseux. Sa direction est verticale; son volume surpasse celui du colon et du rectum. En haut, il se continue avec le colon ascendant, sans qu’on puisse assigner 1 endroit ou l’un finit et où l’autre commence. Sa surface extérieure offre des bosselures volumineuses, fort irrégulières , interrompues en trois endroits par des enfoucemens longitudinaux trèsmarqués, et déterminés par des faisceaux de fibres charnues longitudinales. En dedans, le cæcum reçoit l’extrémité inférieure de l’intestin grêle, qui s’y insère en formant un

angle aigu en bas , et obtus ou presque droit en haut. ,

Le cæcum est surmonté de plusieurs appendices graisseux formes par des replis du péritoine ; en bas , à gauche et un peu en arrière , il donne naissance , par le prolongement de ses parois, à un appendice particulier appelé vermforme ou cæcal, de la grosseur du tuyau d’une plume à écrire , d’une longueur variant de deux à quatre pouces , cylindrique, flexueux : cet appendice est assujetti, à droite, contre le cæcum par un repli du péritoine- il est creux dans toute son étendue , et communique avec la cavité du cæcum. Ses parois sont fort épaisses. On ignore ses usages. La face interne du cæcum présente trois saillies longitudinales qui répondent aux (rois enfoncemens extérieurs , et des demicellules occupant leurs intervalles, séparées par des replis transverses, et formant au dehors les bosselures ci-dessus mentionnées. En bas, on voit l’ouverture de 1 appendice cæcal et à gauche l’orifice de l’intestin grêle et la valvule déo-cœcale ou de Bauhin.

Cette valvule , destinée à empêcher le retour des matières excrémentielles du cæcum dans l’intestin grêle, est elliptique, large, molle, épaisse, et dirigée transversalement. Suivant son grand diamètre , elle est divisée par une fente qui la partage en deux levres adhérentes par leur bord convexe, et flottantes dans le cæcum parleur bord concave. Les extrémités de ces lèvres se réunissent en formant une ligne saillante appelée par Morgagni freins de la valvule de Bauhin. L’inférieure est plus épaisse que la supérieure.

Elles sont formées par deux replis de la membrane muqueuse , qui renferment dans leur intervalle les fibres circulaires de la tunique musculeuse de l’intestin grêle et du cæcum.

B. Du colon.

On nomme colon la portion des gros intestins qui s’étend depuis le cæcum jusqu’au PI. 297. rectum. Le colon offre extérieurement dans toute sa longueur trois gouttières qui répondent à ses fibres charnues longitudinales, et entre ces gouttières des bosselures arrondies, séparées les unes des autres par des rainures transverses.

Cet intestin présente quatre portions, qui sont :

1° Le colon lombaire droit ou ascendant , situé dans la région lombaire droite, et étendu PI. 295. de la partie supérieure du cæcum jusque sous le foie et les dernières côtes asternales droites, au-devant du rein droit. Il donne attache à l’épiploon colique.

2° Le colon transverse ou l'arc du colon , situé dans la partie supérieure de la cavité abdo- PI. 29L 295. minale ,plus long et plus volumineux que les colons lombaires, avec lesquels il se continue à droite et à gauche , et s’étend d’un hypochondre à l’autre en descendant plus ou moins bas au-devant des circonvolutions de l’intestin grêle. Son bord convexe , qui est antérieur, donne attache aux feuillets postérieurs du grand épiploon; et son bord concave, qui est postérieur, au mésocolon transverse.

3° Le colon lombaire gauche ou descendant , situé dans la région lombaire gauche, au- PI. 295. dessous de la rate , au-devant du rein et du muscle carré des lombes correspondans. Sa direction est verticale; il se continue en haut avec le précédent, et en bas avec l’S iliaque du colon.

4° L’S iliaque du colon ou la circonvolution iliaque du colon , laquelle occupe la fosse iliaque Pl. 297. gauche , et y forme une double courbure en S. Le péritoine lui fournit un mésentère trèslâche, ce qui lui donne beaucoup de mobilité; elle se continue vers le côté gauche de la base du sacrum avec l’intestin rectum.

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