‹ Manuel d'anatomie descriptive du corps humain. Représentée en planches lithographiéesChapitre 25 sur 181 · VARIÉTÉS DE FORMES DE LA TETE · texte numérisé non relu

VARIÉTÉS DE FORMES DE LA TETE

La tète présente encore des différences remarquables suivant les sexes et les diverses races 11. 19 cl 20 humaines. Dans la femme , elle est plus considérable , relativement aux autres parties , que chez l'homme ; chez elle aussi le crâne est plus grand , relativement à la face , et sa partie antérieure est plus rétrécie par rapport à la postérieure.

Piien de plus variable que le volume et la conformation de la tête chez les divers individus d'un même peuple; les uns l'ont plus développée en avant qu'en arrière , d'autres plus en hauteur ou en largeur. La tête présente , dans les principales races humaines , des différences caractéristiques qui ont été indiquées avec soin dans ces derniers temps par Blumenbach. Nous admettrons avec ce célèbre anatomiste la division de l'espèce humaine en cinq races principales.

1° Race caucasienne. Elle se compose des Syriens , des Mèdes, des Perses, des Géorgiens , Pl. Tg. fig. 4. des Turcs, des Arabes, des Egyptiens, des Grecs, des Romains, et des autres peuples d'Europe , excepté les Lapons. Dans cette race, le grand développement du crâne sur la face

indique la supériorité des fonctions intellectuelles sur les organes des sens; le front très-

développé couvre la face , quand on regarde la tête par sa partie supérieure : la ligne faciale Pl. 19. H ;. 1 .

est presque verticale , et l'angle qu'elle forme avec la ligne horizontale presque droit. La

face est régulière et d'un aspect agréable; ses contours arrondis n'offrent rien de dur n.i

de trop saillant; le nez est pyramidal et très-prononcé; les pommettes sont petites et peu

écartées; les arcades dentaires sont arrondies, les dents verticales; le menton marqué et

proéminent.

Dans les quatre races suivantes nous trouvons un développement moins considérable de la partie antérieure et supérieure du crâne , et en général une face plus prononcée cjue dans la race caucasienne.

2° Race mongole. Elle renferme plusieurs peuples de l'Asie , de l'Europe et de l'Amérique septentrionale , comme les Mongoles , les Chinois , les Calmouks , les Cosacjues du Don , les V\. ig. li-. ï. Lapons. Leur face est large , aplatie , et oblique en avant ; leur tête est arrondie. Les pommettes sont larges et fort écartées; la bosse nasale et les os du nez, qui sont petits et déprimés , sont à peu près au niveaiv des os malaires ; les arcades sourcilicres sont à peine prononcées ; l'ouverture des fosses nasales est étroite ; la fosse canine peu profonde, le bord pi, fig, 2. alvéolaire est arrondi , et le menton proéminent.

3° La race élhiofienne ou nègre comprend les peuples d'Afrique , qui n'appartiennent pas pj. uj. il^. 3, à la race caucasienne. La tête de ces peuples se distingue par le front, qui est rétréci et iiplati ; la cavité du crâne , qui est étroite dans sa circonférence et dans ses diamètres transverses; le trou et les condyles de l'occipital, placés plus en arrière; la largeur et la profondeur des fosses temporales ; le grand développement de la face , la saillie des mâchoires, lesquelles forment une sorte de museau ; l'obliquité des dents en avant ; l'allongement de l'angle facial ; le peu de saillie du menton ; la largeur et la force des arcades zygomatiques ; la largeur de l'ouverture des fosses nasales ; l'aplatissement et l'écrasement des os propres du nez.

Les peuples qui avoisincnt le cap de Bonne-Espérance , comme les Hottentots , les Cafreri, les Boschismans , paraissent former une espèce particulière qui tient le milieu , comme l'a foit observer M. Cuvier, entre les Nègres et les Calmouks.

4° La race caraïbe ou américaine comprend les naturels d'Amérique , excepté les habilans de la partie septentrionale du continent , qui appartiennent à la race mongole. Dans cette pi. ,,,,, n^. ,, race , les pommettes sont élargies , mais ces os sont plus arrondis , arqués , et moins étendus transversalement que dans la race mongole. Le front est étroit , déprimé , et très-oblique en arrière ; les orbites profonds , dirigés en haut ; l'ouverture des fosses nasales large ; toute la partie inférieure de la face est fort développée et saillante au-devant du crâne.

Quelques peuples d'Amérique, regardant l'aplatissement du front comme un signe de beauté, ont la coutume d'aplatir la tète des enfans nouveau -nés avec une planche garnie de pl. 20. ili;. coton , qu'ils placent sur la partie antérieure du crâne , et qu'ils fixent en arrière avec des liens. Leur front est, par cette pratique, tellement rejeté en arrière, et les orbites diriges en haut, qu'ils peuvent i-egarder dans ce dernier sens sans élever la tète.

5° La rare jnalaise comprend les habitans des îles de l'Asie et de l'Océan pacifique ; elle semble tenir le milieu entre les races caucasienne et nègre. Le crâne est légèrement rétréci et oblique en avant ; la face , large et très-développée ; les mâchoires plus ou moins saillanlcs. PI t.

La tête des différeiis peuples qui appartiennent à celle race offre des caractères particuliers qui les font considérablement différer les unes des autres. Ainsi les liabitans des îles des Marquises , des Amis , de la Société , des îles Sandwich , se rapprochent davantage de la race caucasienne ; tandis que les naturels de la nouvelle Guinée , de la nouvelle Hollande, ^ de la terre de Van-Diemen , ont beaucoup de ressemblance avec la race éthiopienne ; les

naturels de la nouvelle Zélande , des nouvelles Hébrides , tiennent réellement le milieu entre les peuples précédens. Les différences que présente la conformation de la tète chez les divers individus d'une même race , et les inductions qu'en a tirées le docteur Gall , seront examinées avec le système nerveux.

Page 1