Partie antérieure de ce même globe
Fig. 299. — 1. Nerf optique. — 2. Arlèie centrale de la re'line s'engageant dans ce nerf à un cenlimèlre du globe de l'oeil. — 5. Artères ciliaires poste'rieiii es externes. — 4. Artères ciliaires poste'rieures internes. — o,o,6,C,6. Artères ciliaires posiérienres externes et internes pe'nélrant dans l'e'paisseur de la scle'rotique par des orifices très rapproches de l'entre'e du nerf optique; entre les artères d'un côte' et celles de l'autre on aperçoit les nerfs ciliaires qui s'entremêlent en partie avec les Inanches arte'rielles. — 7, Artère ciliaire postérieure longue du côlè externe et nerf qui Taccompagne. — 8, L'artère et le nerf correspondants du côte' oppose'. — 9. Veine choioïiienne supe'rieure et externe. — 10. Veine choroïdienne supérieure et interne. — 11,12. Veines choroïdiennes inférieures externe et interne. — lô. Attache du muscle petit oblique. — 14. Tendon du muscle grand oblique.
Fig. 300. — 1,1. Artères ciliaires antérieures et supérieures qui, après avoir traversé le muscle droit supérieur, se portent vers la circonférence de la cornée, au voisinage de laquelle on veilleurs branches principales pénétrer dans la sclérotique pour se rendre dans le ligament ciliaire. — 2,2. Artères ciliaires antérieures et externes, plus petites que les précédentes, mais se comportant du reste de la même manière. — 5,5. Artères ciliaires antérieures et inférieures. — 4,4. Artères ciliaires antérieures et internes.
la choroïde comme un prolongement de la tunique interne, et la réiine comme une émanation du cerveau. Cette analogie est encore acceptée par quelques auteurs modernes. Arnold, la poussant à ses dernières limites, a même cru pouvoir admettre entre la choroïde et la sclérotique une membrane intermédiaire de nature séreuse qui représenterait l'arachnoïde cérébrale. Ce rapprochement est sans doute ingénieux, cependant nous ne saurions l'admettre, pour les raisons suivantes :
1° La sclérotique en arrière est beaucoup plus épaisse que la tunique externe du nerf optique; cette tunique, par conséquent, ne saurait la produire par le seul fait de son épanouissement.
2° Il n'est pas exact de dire que lestrois membranes de l'œil sont un prolongement des trois parties correspondantes du cerveau, puisque l'embryologie nous démontre que le globe oculaire est d'abord indépendant de l'encéphale, auquel il s'unit un peu plus tard par l'allongement progressif et en sens inverse des deux extrémités du nerf optique, de même que la partie périphérique du système nerveux, d'abord isolée de la partie centrale, s'unit à celle-ci dans une période plus avancée de son développement.
3" Il est inexact aussi d'avancer que la tunique externe du nerf optique se continue avec la scléroti(iue et la tunique interne avec la choroïde. Car toutes deux se continuent avec la sclérolique, et cette continuité s'établit de la manière suivante : La tuni(îue externe, parvenue à l'extrémité po-îérier.re de l'teil, s'y attache en entremêlant ses hbres avec celles de la sclérotique, à peu près comuie les tendons et les ligaments entremêlent les leurs avec celles du périoste au niveau de leur insertion. Il est digne de remarque qne la tunique étendue du pourtour du trou optique au pourtour de l'ouverture postérieure de la sclérolique n'est autre chose en effet qu'une sorte de ligament qi'.i attache le globe de l'œil au sommet de l'orbite, et qui protège les [ibres si délicates du nerf visuel contre les tiraillements que celles-ci pourraient éprouver de la part des muscles droits et des deux obliques. La tunique interne , ou le névrilème proprement dit, arrivée au niveau de l'ouverture postérieure de la sclérotique, se sépare complètement de la précédente pour pénétrer dans cette ouverture qu'elle parcourt à la manière d'un canal en se rétrécissant comme celui-ci, et se termine en se continuant avec le pourtour de l'orifice antérieur de ce canal, c'est-à-dire avec la couche la plus interne de l'enveloppe fibreuse de l'œil.
Les deux tuniques du nerf optique se terminent donc à leur entrée dans le globe de l'œil d'une manière à peu près identique. — Chacune d'elles affecie en outre un mode de connexion qui lui est propre : l'externe adhère à l'aponévrose orbitaire à laquelle elle fournit un point d'attache ; l'interne adhère à l'ouverture postérieure de la choroïde par un tissu cellulaire fin et assez dense qu'on peut cependant rompre sans léser cette membrane.
L'ouverture antérieure de la sclérotique, moulée sur la circonférence de la cornée qu'elle encadre, présente un aspect bien différent suivant qu'oii l'examine en avant ou en arrière. Vue en avant, elle offre la figure d'un ovale dont le grand diamètre est transversal et dont la grosse extrémité regarde en dedans ; mais le plus souvent les deux extrémités de cet ovale ne diffèrent pas sensiblement. Vue en arrière, elle est très régulièrement
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circulaire. Cette différence d'aspect provient de ce que la sclérotique au niveau de son union avec la cornée se trouve coupée en biseau aux dépens de sa face interne, un peu plus obliquement en haut et en bas qu'en dedans et en debors. (Fig. 298.)
Tour apprécier les résultats d'une semblable coupe nous lui distinguerons deux lèvres et un interstice ; or en mesurant la distance qui sépare les deux lèvres, on trouve qu'elle égale 2 millimètres en haut , 1 millimètre en bas, un demi-millimètre en dedans et en dehors. Le petit axe de l'ovale représenté par la lèvre antérieure est de 10 millimètres, et le grand axe, ou l'axe transversal, de t-i. Le diamètre de la circonférence représentée par la lèvrj postérieure, est de 13 millimètres. En examinant avec aitention cette lèvre on remarque que la coupe oblique de la sclérotique n'arrive pas jusqu'à la face interne de cette membrane, et que cette face est elle-même coupée perpendiculairement au niveau de sa jonction avec la coupe précédente; de cette disposition résulte un petit sillon circulaire qu'on peut facilement sentir en faisant glisser le bord libre de l'ongle de la face interne de la cornée vers la face interne de la sclérotique. C'est dans ce sillon que se trouve logé le canal de Fontana, sinus veineux dans lequel viennent se rendre, ainsi que nous le verrons plus loin, toutes les veines de l'iris : d'où les noms de cercle, veineux, de grande veine circulaire de l'iris, sous lesquels je le désignerai ultérieurement.
La sclérotique est une membrane fibreuse élastique. Lorsqu'elle a macéré quelques jours dans l'acide azotique étendu, ou dans l'acide acétique pur, si l'on en détache une tranche mince pour l'observer au microscope, on peut reconnaître qu'elle se compose de trois ordres de fibres : de fibres de tissu cellu'aire, de fibres de noyaux très nombreuses, et de fibres élasti(p)es en plus petit nombre. Suivant quelques auteurs, ces fibres formeraient plusieurs couches alternativement transversales et longitudinales ; à ces fibres s'en mêleraient d'autres obliques. Mais on ne les voit pas affecter une disposition aussi régulière ; elles s entrecroisent dans tous les sens, comme celles qui constituent le derme, de manière à former un tissu inextricable. Dans l'interstice de ces fibres et au voisinage de la cornée , 31. Hushke dit avoir aperçu des noyaux d'apparence crayeuse, à ramifications rayonnantes, qui lui ont paru les analogues de ces grains cartilagineux que Valentin a observés dans les oiseaux. J'ai vainement cherché ces points cartilagineux sur les yeux de plusieurs adultes et de quelques vieillards.
Jusqu'au milieu duxviii^ siècle la sclérotique avait été considérée comme une membrane indivisible. A cette époque Lecat avança que la tunique interne du nerf optique, en pénétrant dans le globe de l'œil, se partageait en deux lames, une lame interne qui constituait la choroïde, et une lame externe qui s'appliquait à la sclérotique, dont elle devenait partie constituante, mais dont elle pouvait être cependant séparée, et qu'il en a détachée, dit-il. en présence de l'Académie des sciences (l). — Haller, sans entrer dans aucun détail à ce sujet, admet avec Lecat que la sclérotique se compose de deux couches, l'une formée par l'épanouissement de la tunique externe du nerf optique, l'autre, tota fusca , provenant de l'épa-
(!) Traité des sensations, t. II, p. 373.
nouiFseinent de la tunique interne de ce nerf. — Zinn, dont les reclierclies liabiles et consciencieuses parurent queiques années plus tard, se rallia aussi à cette opinion , bien qu'il eût constaté, en observateur exact, que la couche interne de la sclérotique, d'une couleur toujours sombre, satis fusca , fût unie à la couche externe de la manière la plus intime chez l'adulte , en sorte qu'elle ne peut être détachée ni par la dissection , ni par la macération (1); mais il ajoute que les deux couches peuvent être isolées l'une de l'autre, et dans toute leur étendue chez le fœtus. J'ai vainement tenté d'opérer cet isolement. Chez le fœtus comme chez l'adulte, la sclérotique se compose d'une seule lame qu'on ne peut réussir à dédoubler, bien qu'on puisse en détacher quelques lambeaux à tous les âges. La lamina fusca de Haller et de Zinn^ considérée par la plupart des auteurs allemands comme une couche distincte de la sclérotiipie , est donc un être purement fictif.
La couleur sombre que présente la face profonde de la sclérotique est due à la présence de cellules pigmentaires qui la recouvi-ent en partie, et dont quelques-unes se logent dans les interstices de ses fibres les plus internes. Ces cellules sont allongées, simples ou bifides à leui's extrémités, droites ou contournées, déforme, en un mot, extrêmement irrégulière, et de dimensions inégales. Elles renferment un noyau en général peu apparent et un grand nombre de granulations ovoïdes ou arrondies à bords sombres.
Les artères delà sclérotique proviennent, en arrière des ciliaires courtes, et en avant des ciliaires antérieures. Elles forment sur la surface externe de l'œil un réseau à mailles très déliées.
Les veines se distinguent aussi par leur position en antérieures et postérieures : les antérieures vont se jeter dans les veines ciliaires antérieures, et les postérieures dans les veines choroïdiennes ou vasa vorticosa, à leur sortie du globe de l'œil.
La cornée transparente complète en avant l'enveloppe extérieure du globe de l'œil. Enchâssée dans l'ouverture que lui offre la sclérotique, elle se présente sous l'aspect d'un segment de sphère uni par sa circonférence au segment d'une sphère plus grande.
Son épaisseur n'est pas la même pour sa partie centrale et pour sa partie périphérique : à son centre elle est de 0,8 de millimètre, et sur sa périphérie de 1 millimètre. Pour la mesui'cr, on peut diviser la cornée ou la laisser intacte. Si on la divise, il importe que la section soit perpendiculaire à sa surface: dans ce but, j'ai incisé circulairementla sclérotique, je l'ai ensuite détachée avec la cornée, puis j'ai rempli l'hémisphère ainsi obtenu avecde la cire fondue; et renversant cet hémispl'.ère sur sa base, j'ai pu pratiquer sur la cornée, et dans le sens de son grand diamètre, une section bien perpendiculaire à sa surface. En observant attentivement le profil d'une coupe semblable, on peut, en général, facilement constater à l'œil nu la moindre épaisseur de la cornée dans sa partie centrale. Petit a cependant blâmé ce mode de mensuration , en se fondant sur ce que la
(I) ZiiSN, Descriptio nnnlom. oculi hitm,, 1755, p. 12.
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cornée ainsi divisée s'épaissit an niveau delà section, par tine sorte d'écartement de ses lames, et présente alors une épaisseur apparente supérieure à son épaisseur réelle. Il donne en conséquence ie conseil de mesurer la cornée sans la diviser. D'après ses recherches, l'épaisseur de cette membrane serait uniforme et ne dépasserait pas en général l/6« de ligne, mais elle pourrait s'élever dans quelques cas à 1/4. Ainsi, lorsipi'clle atteint ses plus grandes limites , elle égalerait, selon cet auteur, un demi millimètre.
Afin de me prémunir contre les causes d'erreur que Petit croyait inhérentes à ce mode de mensuration, j'ai laissé la cornée intacte, et je l'ai placée entre les deux pointes de l'instrument qui m'avait servi à évaluer les divers diamètres du globe de l'œil. La membrane reposant par sa concavité sur la pointe inférieure, je n'avais plus qu'à amener la supérieure au contact de la face convexe, et à observer ensuite la distance des deux pointes : je l'ai presque constamment trouvé de 0,7 à 0,9 de millimètre. Sur deux cornées cependant elle ne dépassait pas 0,6 ; sur un petit nombre elle s'est élevée jusqu'à 1,1 millimètre. Dans presque tous les cas, en la retirant sans éloigner les pointes, j'ai pu constater que la cornée, dont le centre pouvait facilement se mouvoir entre celles-ci, se trouvait comme pincée lorsque j'arrivais à dégager sa partie périphérique. Ces observations , répétées sur un grand nombre d'yeux, nous montrent que les objections adressées par Petit au premier mode de mensuration n'étaient pas fondées. Elles nous permettent d'établir, contrairement à l'opinion générale que l'épaisseur de la cornée n'est pas uniforme, et qu'elle est moins grande dans sa partie centrale. Mais ce fait général comporte quelques exceptions. Il n'est applicable du reste qu'à l'adulte et au vieillard ; car chez l'enfant tous les points de la cornée offrent la même épaisseur. Cl;ez le fœtus elle est au contraire plus épaisse à son centre qu'à sa périphérie.
La face antérieure de la cornée est convexe. Son contour présente la figure d'un ovale ou d'une ellipse dont le grand axe se dirige de dedans en dehors. Les deux moitiés de cette ellipse ne sont pas exactement semblables; l'arc représenté par la moitié supérieure est un peu plus ouvert que celui de la partie inférieure. La longueur du grand axe varie de 11 millimètres et demi à 12 millimètres; celle du petit axe ne dépasse pas en général 10 millimètres. (Fig. 301.)
Le rayon de courbure de cette face serait de 7 à S millimètres d'après les calculs de M. Lamé, de s selon Petit, et de 9 ijl selon Krause. D'après mes recherches Userait de 7 millimètres seulement. Pour en déterminer la longueur j'ai pris le moule de la cornée en versant entre les paupières de la cire fondue ; puis j'ai divisé ce moule transversalement, et après avoir appliqué le plan de la coupe sur une feuille de papier, j'en ai dessiné la courbure avec la pointe d'un crayon. Réunissant ensuite les deux extrémités de cet arc par une ligne droite qui en représentait la corde, et élevant sur la partie nioyenne de cette corde une perpendiculaire qui représentait l'un des diamètres indéfiniment prolongé, j'ai cherché par voie de tâtonnement le cei'cle dont la courbe obtenue faisait partie: le diamètre de ce cercle a varié dans les différentes mesures que j'ai prises de 13 millimètres et demi à 14 et demi. Sa longueur moyenne est donc de 14 millimètres ; ce qui donne pour le rayon de courbure de la face antérieure de la cornée
7 millimètres. Je dois ajouter toutefois que ce rayon de courbure est surtout celui de la partie centrale de cette face; car ainsi que Petit l'avait déjà remarqué, ses parties latérales ou péripliéri pies sont un peu aplaties, phénomène que les physiologistes avaient déjà constaté en observant les dimensions de l'image réflécliie par la cornée ; cette image grandit un peu en se portant du centre vers la circonférence,
La fnce postérieure de la cornée est concave ; son contour est régulièrement circulaire. Cette membrane, par conséquent, ne saurait être considérée avec Herschell et :m. Chossat comme segment d'ellipsoïde x^'is sur le grand axe ; car un segment de celte nature ne peut être concave et circulaire sur une de ses faces qu'à une seule condition : c'est que la face concave sera plus petite que la face opposée. Or telle n'est pas la disposition que nous présente la cornée; ici la face convexe est au contraire la plus petite et la face concave la plus grande. Je pense donc que l'opinion des anciens est encore la plus exacte : la cornée est un segment de sphère. Si les physiciens persistent à voir en elle un segment d'ellipsoïde, l'observation les conduira à reconnaître que ce segment ne peut être pris sur le grand axe de l'ellipsoïde, mais sur le petit.
La circonférence de la cornée est coupée en biseau aux dépens de la face antérieure. Des deux lèvres qui limitent ce biseau. Tune appartient à la face convexe, l'autre à la face concave ; la première est ellipti([ue et la seconde circulaire. En haut, où la circonférence de la cornée est coupée très obliquement, les deux lèvres sont séparées par p.n intervalle de 2 millimètres; en bas, oi^i la coupe est moins obliiiuc, les deux lèvres ne sont
FiG. ôO!. FiG. Ô02.
an le rien de la co
e ou ovalaive
Fnce postérieure ou circulaire (le celle membrane.
— 3,3. Ouverture aiilérieui e de celte
Fig. 501. — 1, Cornée, — 2,2, Sck'roliquc, -
dernière memhiane doiU le biseau taille' aux dépens de sa face iulerne s'avai:ce .Mit- la coniée de manière à recouvrir celle-ci de 2 millimèties en haut et de 1 niilliniètrc en bas. — 4, Partie late'ralede la même ouverture recouvrant la cornée d'un demi-niillimèlre seulement.
Fig, 30'^. — 1. Face concave de la cornée. — 2,2. Sclérotique. — 3,3. Cercle de couleur brune qu'on obseiveà l'union delà sclérotique avec la cornée; ce cercle est creusé intérieui cmeut d'un canal qui constitue le canal de Fontana, et c[ui reçoit toutes les veines de l'iris. — 4,4. Orilice que traversent les divisions des artères ciliaires antérieures pour se i-endre dans le ligament ciliaire.
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(listantes ([ue de 1 millimètre; en dedans et en dehors où la coupe est moins ob!i<iuc encore, elles sont écartées d'un denii-niiilimètrc seulement. Il suit de cette disposition :
1° Que la sclérotique et la conjonctive empiètent sur la face antérieure de la cornée;
2" Que cet empiétement est beaucoup moins prononcé sur les parties latérales que sur les parties inférieure et supérieure, d'oi^i la forme elliptique de la face antérieure de la cornée ;
3° Qu'il est porté à sou maximum supérieurement, d'où l'abaissement du cenire de la cornée au-dessous du centre de la pupille;
4° Que la cornée, loin de former le cinciuième antérieur du globe de l'œil, ainsi que l'avance H. Cloquet, n'en constitue que la onzième ou la douzième partie;
n" Que lorsqu'on taille sur cette membrane un lambeau afin d'ouvrir une voie au cristallin devenu opaque, ce lambeau sera plus grand et plus réguiier lorsqu'on le prendra sur la parlie inférieure.
Structure de la cor)iéc,
La cornée se compose de trois couches : d'une couche épidermique, continuation del'épitliélium pavimenteuxde la conjonctive, d'une couche moyenne épaisse et résistante qui la constitue essentiellement, et d'une couche profonde qui fait partie de la membrane de l'humeur aqueuse avec laquelle elle sera décrite.
La couche vioycnve, ou la cornée proprement dite, est de nature fibreuse. Lorsqu'on en détache une lame mince pour la soumettre à un grossissement de 2cO à 300 diamètres, cette lame se présente sous l'aspect d'un réseau. Les fibres qui la constituent sont très différentes de calibre ; il en est de.très petites qu'on peut comparer aux fibres de tissu cellulaire ; d'autres qui offrent une épaisseur sept à huit fois plus grande ; et d'autres enfin d'une grosseur intermédiaire aux précédentes. Toutes sont régulièrement calibrées et limitées par des bords clairs. On les voit rarement se grouper en faisceau; elles restent au contraire isolées, comme indépendantes les unes des autres et se croisent sous les angles les plus divers. La plupart cependant suivent une direction parallèle à la cornée, d'où la possibilité de diviser cette membrane en lames et lamelles dont le nombre varie ave c le degré d'habileté qu'on peut consacrer à la sé})aration de ces lames. Tésale en a trouvé 4, Leeuwenhoeck 7, M. Huschke 10 ; Reissel dit en avoir compté 1 4. Mais ces lames sont un produit artificiel. Les fibres qui constituent la cornée forment un tissu parfaitement homogène dans lequel on ne découvre, soit à l'œil nu, soit au microscope, aucun vestige de stratification.
Le mode d'union de ces fibres avec celles de la sclérotique n'a pas encore été bien observé. Il est si intime, que ni la dissection, ni la raacéi*ation, ni l'ébullition, ni aucun réactif, ne peuvent le détruire.
Selon Valentin, les fibres de la cornée et celles de la sclérotique formeraient des anses à leur point de jonction, et toutes ces anses seraient unies par une sorte d'engrenage.
Suivant plusieurs auteurs, les deux membranes seraient composées des mêmes fibres, qui, imprégnées au niveau de la cornée d'une plus grande
quantité d'eau, deviendraient transparentes. Pour juger de la valeur de cette opinion , j'ai séparé la cornée de la sclérotique et j'ai placé successivement ces deux membranes sur le plateau d'une balance donnant le poids à un demi-milligramme près. J'ai trouvé pour le poids de la sclérotique 850 milligrammes et pour celui de la cornée 8 5. Desséchées à l'air libre, la première n'a plus pesé que 3 1 3 milligrammes et la seconde 22. Soumises pendant deux jours consécutifs à une température de 80° à 100°, le poids de la sclérotique est descendu à 2 88 et celui de la cornée à 20. L'une avait perdu à peu près les 2/3 ou les 8/12'== de son poids, et l'autre un peu plus de 3/i ou des 9/1 2^* du sien. La quantité d'eau dont les fibres de la cornée sont pénétrées n'excéderait donc que d'un douzième environ celle que renferment les fibres de la sclérotique. Peut-on attribuer à une différence aussi minime le défaut de transparence de cette dernière tunique et la transparence au contraire si parfaite de la cornée. Je répondrai peut-être affirmativement si tous les autres caractères anatomiques des deux membranes étaient identiques, et si leurs maladies aussi étaient analogues ; mais elles diffèrent si radicalement sous ce double rapport que je n'hésite pas à repousser une semblable opinion.
Le liquide dont sont pénétrées les fibres de la cornée est coagulable comme l'albumine, par l'alcool, par le calorique et les acides minéraux. Lorsqu'on exprime ce liquide, la cornée perd en partie sa transpai-ence. Soumise à l'ébuUition cette membrane se convertit encolle selon quelques auteurs, et en chondrine selon Muller. — Plongée pendant vingt-quatre heuresdansl'eau, elle devient plus épaisse; si son immersion estprolongée plusieurs jours, elle peut doubler d'épaisseur, et en même temps elle se ride sur sa face profonde. — Lorsqu'on injecte de l'eau dans les artères de manière à infiltrer tous les organes, la cornée s'imbibe instantanément d'une plus grande quantité do liquide; elle augmente d'épaisseur; sa couche épidermique se crevasse çà et là ; sa face profonde se ride, et toutes ces rides entrecroisées prennent l'aspect d'un réseau vasculaire intra-cornéen. Le même aspect se produit quelquefois sous l'influence d'une putréfaction commençante ; dans ce cas les rides offrent un reflet rougeâtre qui ajoute encore à l'illusion. Petit, le premier, a mentionné ces lignes rougeâtres, sur le siège et la nature desquelles il discute longuement, sans être parvenu cependant à en démêler la nature.
Les artères que J. Muller pense avoir injectées sur la cornée du fœtus, les cavités tubuliformes dont parle Bowman et qu'il dit communiquer avec les artères ciliaires antérieures, les vaisseaux incolores que M. Huschke et beaucoup d'autres anatomistes admettent dans cette membrane, sont certainement le l'ésultat d'une erreur d'observation, ou une simple vue de l'esprit. Ainsi que Ruysch, j'ai constamment vu les injections les plus fines s'arrêter à la circonférence de la cornée. En injectant le canal de Fontana j'ai pu remplir toutes les veines ciliaires antérieure?, et j'ai obtenu chaque fois un réseau à mailles extrêmement serrées qui entoure très régulièrement cette circonférence au niveau de laquelle il se termine par des arcades microscopiques. M. Eroca, qui s'est livré récemraent à quelques recherches sur ce point, et qui a fait usage dans ses injections de la térébenthine colorée avec le bleu de Prusse finement pulvérisé, est arrivé à la même conclusion.
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Quant aux vaisseaux lynipliatiques que Foliman, Arnold, Breschet, etc., ont cru voir dans la cornée et ([ue i)lusieurs anatomisles de nos jours persistent encore à admettre, leur existence est purement gratuite. Lorsqu'on pique la cornée avec la pointe d'un tube à injection mercurielle, le métal se répand et s'infiltre confusément dans les aréoles des fibres ; mais il faut n'avoir jamais vu de réseaux lympiiatiques, ou les avoir vus avec des yeux bien distraits, pour retrouver dans une infiltration semblable un réseau de cette nature.
Des nerfs existent-ils dans la cornée ? L'observation nous apprend que cette membrane est douée d'une sensibilité exquise ; elle semble donc posséder des filets nerveux. Ces filets ont été mentionnés en effet par Sclilemm; ils ont été décrits ensuite par M. Pappenheim, par Valentin, par Kœllilier, etc. D'après ces auteurs ils proviennent des nerfs ciliaires ; on en compterait de 12 à 15 qui passent du ligament ciliaire dans la sclérotique, et de celle-ci dans l'épaisseur de la cornée, où ils se ramifient en s'anastomosant entre eux.
Privée des éléments ordinaires de l'organisation et composée seulement de fibres transparentes, la cornée doit être considérée comme un tissu sans analogue, doué d'un mode de vitalité qui lui est propre. Cette vitalité se manifeste par la facilité avec laquelle ses plaies se cicatrisent, par les nombreux phénomènes morbides qui se passent à sa surface ou dans son épaisseur, et enfin par les modifications qui surviennent dans son tissu sous la seule influence du progrès de l'âge.
Sur le fœtus elle est plus épaisse que chez l'adulte, un peu moins convexe, et moins transparente , d'une couleur légèrement rosée analogue à celle que présente le corps vitré dans les premiers mois de la vie intrautérine. Son tissu est un peu moins dense, en sorte qu'il se laisse plus facilement diviser en lames et lamelles.
Chez l'adulte elle se distingue par sa parfaite transparence, sa densité plus grande et sa résistance supérieure à celle de la sclérotique.
Chez le vieillard elle devient de moins en moins transparente vers sa périphérie, qui, à l'âge de 80 ou 85 ans, souventbeaucoup plus tôt, finit par se montrer tout à fait opaque ; la circonférence de la cornée représente alors un anneau blanc qui a reçu le nom de cercle sënile. Cet: uneau, tout à fait opaque et bien limité du côté de la sclérotique, n'offre pas de limite précise du côté qui regarde le centre de la cornée. En dehors du cercle sénile, on observe un anneau demi-transparent qui a son siège sur le pourtour de l'ouvertiu-e antérieure de la sclérotique, ouverture taillée en biseau aux dépens delà face interne de cette membrane, ainsi que nous l'avons vu, et qui, se trouvant par cela même très amincie, laisse voir àtravers son épaisseur le biseau de la circonférence de la cornée. Le cercle sénile est du reste rarement complet ; souvent il n'occupe que la demicirconférence supérieure de la face antérieure de la cornée. A mesure qu'il s'étend en longueur il s'étend aussi en largeur. Mais comme il se développe toujours avec beaucoup de lenteur, la vie arrive à son terme bien avant qu'il ait atteint les limites de la pupille, en sorte que cette altération sénile n'entraine avec elle aucun trouble dans les phénomènes de la vision i
La choroïde constitue la seconde membrane du globe de l'œil. Elle est remarquable par sa teinte sombre, qui contraste avec la feinte claire des deux membranes qu'elle sépare, et surtout par son extrême vascularité qui l'a fait comparer au chorion.
Appliquée sur la rétine dont elle prend la courbure, perforée en arrière pour livrer passage au nerf optique, et en avant pour encadrer l'iris, elle se présente, ainsi que la sclérotique, sous la forme d'une sphère creuse tronquée à ses deux pôles.
Sou épaisseur est beaucoup moins grande que celle de l'enveloppe fibreuse de l'oeil, et un peu supérieure à celle de la rétine. Au niveau de sa partie moyenne elle ne dépasse pas un sixième de millimètre. En arrière où elle reçoit les artères ciliaires courtes postérieures, elle est un peu plus considérable ; en avant elle augmente brusquement et rapidement au point d'atteindre à son bord terminal 1 millimètre. (Fig. 298.)
Sa consistance est faible et assez analogue à celle de la pie-mère dont elle a été si longtemps considérée comme un prolongement.
La face externe de la choroïde répond à la face interne de la sclérotique, à laquelle elle se trouve unie par les vaisseaux et les nerfs qui se portent de l'une à l'autre membrane et par un tissu cellulaire extrêmement lâche. Cette adhérence, ainsi que nous l'avons vu précédemment, est plus intime au voisinage du nerf optique et au voisinage de la cornée que dans les points intermédiaires; sur l'un quelconque de ces points il suffit d,; faire un pli à la sclérotique pour détruire toute adhérence ; jamais la choroïde n'est pincée dans ce pli : de là le précepte précédemment posé de diviser celui-ci perpendiculairement à sa direction et d'un seul coup, lorsqu'on se propose de mettre à nu la seconde tunique de l'œil, afin d'arriver d'emblée jusqu'à elle, sans crainte de la blesser.
Toute cette face présente un aspect rugueux et tomenteux qui est plus prononcé sur les yeux bruns, et qui devient beaucoup plus manifeste lorsqu'on examine la choroïde sous l'eau. Sur ses parties latérales rampent les artères ciliaires longues et leurs nerfs satellites qui se portent horizontalement d'arrière en avant en se creusant un léger sillon à sa surface. Sur les antres points de sa périphérie on voit cheminer les nerfs ciliaires dont elle porte aussi l'empreinte et qui s'en détachent par leur couleur blanche.
La face interne concave se moule sur la rétine. Elle présente un aspect moins inégal et une couleur plus foncée que la précédente. Cette couleur varie d'intensité sur les différents points de son étendue ; elle est très brune et presque noire en avant , beaucoup moins prononcée dans ses deux tiers postérieurs. Elle varie en outre en raison inverse de l'âge : la choroïde présente une teinte moins foncée et qu'on peut comparer avec Petit et Morgagni à celle du tabac chez l'adulte de trente à quarante ans, une teinte d'un brun clair chez l'homme de soixante à soixante-dix, et une couleur grise dans la vieillesse la plus avancée. Cette face est simplement contiguë à la rétine; sur les yeux de l'homme comme sur ceux des animaux, on sépare les deux membranes avec facilité sans léser ni l'une ni l'autre.
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V exlrémlté imstévieure de la choroïde présente l'orifice qui donne passage au nerf optique. Le diamètre de cet orifice est de 1 millimètre et demi. Son contour adhère à- la lèvre antérieure de l'ouverture correspondante de la sclérotique, c'est-à-dire à l'extrémité terminale de la tnni(ine interne du nerf optique, qui dans ce point se continue et se confond avec la lame la plus interne de l'enveloppe fibreuse de l'œil. Les artères ciliaircs courtes postérieures, en passant de la sclérotique dans la choroïde, forment autour de ce même orifice une sorte de couronne vasculaire qui consolide ses connexions^avec le nerf optique.
L'extrémité antérieure constitue une zone distincte que j'appellerai z-07ie choroïclienne.
La largeur de cette zone est de 6 millimètres en dehors, c'est-à-dire du côté temporal, et de 4 I/2 ou 5 seulement en dedans, ou du côté nasal. Sa face externe présente une couleur brune dans sa moitié postérieure, et une couleur d'un blanc grisâtre dans sa moitié antérieure; elle répond à la sclérotique.
Sa face interne, d'une couleur brune très foncée et presque noire, répond à la zone de Zinn, Lorsqu'on la sépare de celle-ci, le pigmentum qui la
FiG. 303. FiG. 504.
Clwroïde et nerfs Choroïde fiie dans ses rapports ai^ec
ciliaires. les autres membranes de l'œil.
Fig. 303. — 1,1. Scleroliqne. — 2,2. Choroïde. — 3,3. Face externe de lu zone choroïdieuue un peu moins sombre que les autres points de la surface correspondante de la choroïde, et par conse'quent bien diflfe'renle d'aspect de la face interne de cette zone qui est au contraire d'une couleur beaucoup plus fonce'c — 4,4. Partie poste'rieure de la même zone. — 5,5. Sa partie aule'rieure ou le ligament ciliaire.— 6,6. Iris. — 7. Pupille. — 8. Nerf optique. — 9,9. Nerfs ciliaires. — 10,10. Ces mêmes nerfs qui, après avoir traversé la sclérotique s'appliquent à la face externe de la choroïde pour se porter vers le ligament ciliaire dans lequel ils se divisent et s'anastomosent de manière à former un plexus annulaire.
Fig. 304. — 1. Nerf optique. — 2. Scle'iotique, — 0. Choroïde. — 4,4. Zone choroïdienne dont une partie a été excisée pour laisser voir la zone ciliaire. — 5. Rétine. — 6. Zone ciliaire dont le bord postérieur ou festonné donne attache à la rétine et dont le bord an'érienr (ici invisibile) va s'attacher à la circonférence du cristallin. — 7. Corps vitré. — 8. Cornée transparente. — !). Partie antérieure et supérieure de la sclérotique s'avançant de 2 milliniètres sur la partie correspondante de la cornée. — 10, Partie antét ieure et inférieure de la sclérotique s'avançant de 1 millimètre sur la partie correspondante de la cornée. — 11. Iris vu de profil à travers la cornée, — 12. Canal de Fontana ou grande veine circulaire de l'iris.