‹ Manuel d'anatomie descriptive et de préparations anatomiques (volume 2)Chapitre 108 sur 133 · II · texte numérisé non relu

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revêt s'en détache le plus souvent, et alors elle offre une couleur blanche. Sa moitié postérieure est unie et sa moitié antérieure formée de plis longitudinaux que nous verrons plus tard s'engrener avec des plis correspondants de la zone de Zinn. (Fig. 298.)

Son bord postérieur se continue avec le segment correspondant de la choroïde. On le reconnaît facilement à la disposition finement festonnée ([u'il présente et à sa couleur plus sombre. C'est au niveau de ce bord que la rétine se termine en s'unissant à la zone de Zinn. 11 est situé en dehors ou du côté temporal de l'œil à 6 millimètres et demi en arrière de la circonférence de la cornée. Zinn et ses successeurs l'ont décrit sous le nom û'ora sen-ata, bord festonné ou dentelé. (Fig. 298.)

Le bord antérieur est remarquable par sa grande épaisseur, par sa continuité avec l'iris (ju'il encadre à peu près comme la sclérotique encadre la cornée, et enfin par les connexions importantes qu'il affecte avec ces deux membranes.

Simple dans sa muilié postérieure, la zone choroïdienne se compose en avant de deux couches :

1 0 D'une couche externe blanche et unie qui lie la choroïde à la sclérotique et à la cornée, d'où le nom delîgament dllaire qui lui a été donné.

2° D'une couche interne noire et plissée qui entoure le cristallin et qui constitue la couronne ou le cor-ps ciliaire.

i" Ligament cillaîre.

Le ligament ciliaire, ou cercle ciiiaîre, entoure l'orifice antérieur de la choroïde à la manière d'un anneau. La largeur de cet anneau est de 3 millimètres et sa plus grande épaisseur d'un demi-miUimètre. Lorsqu'on l'incise perpendiculairement a sa direction, le plan de sa coupe représente un triangle isocèle très allongé dont la pointe se dirige en arrière. Sa forme, psr conséquent, est celle d'un prisme auquel on peut distinguer trois faces et trois bords.

La face externe ou convexe de ce prisme est en rapport avec la partie la plus antérieure de la scléroti ue. — La face interne se confond avec la couronne ciliaire. — La face antérieure, très étroite, est unie à la grande circonférence de l'iris par des liens celluleux et vasculaires faciles à déchirer. (Fig. 298.)

Le bord postérieur se continue avec la couche externe ou celluleuse de la choroïde.

Le bord supérieur adhère d'une manière intime à la ligne de jonction de la sclérotique et de la cornée, en sorte qu'il semble attacher la choroïde et l'iris à chacune de ces membranes, d'oîi le nom de ligamentum iridis que Sténon avait adopté pour désigner le cercle ciliaire.

Le bord inférieur répond à la tête des procès ciliaires qui le dépassent de 1 millimètre pour venir s'appliquer à la partie postérieure de la circonférence de l'iris.

Le cercle ciliaire se compose de fibres de tissu cellulaire entrecroisées dans tous les sens, d'autant plus denses et plus résistantes qu'elles sont plus antérieures et plus profondes. Il reçoit tous les nerfs ciliaires, leè deux artères ciliaires longues et les artères ciliaires antérieures.

SPLANCHNOLOGIE.

Les nerfs ciliaires, en pénétrant dans son épaisseur, se divisent et se subdivisent pour s'anastomoser entre eux et former un plexus annulaire. Le nombre, le volume et l'intrication des rameaux qui entrent dans la composition de ce petit plexus ont été beaucoup exagérés par Arnold qui l'a considéré à tort, avec Krause et plusieurs anatoraistes allemands, comme un ganglion nerveux; l'observation ne démontre dans son épaisseur aucune substance grise.

Plus récemment quelques écrivains d'Allemagne ont voulu voir dans le ligament ciliaire un véritable muscle auquel ils n'ont pas craint de faire jouer un rôle important dans le pliénomène de la vision. Au nombre de ces derniers, je dois surtout citer M. Brucke qui prête à ce nouveau muscle la faculté de tendre sur le corps vitré la choroïde et la rétine I En soumettant une tranche mince du ligament ciliaire à l'examen microscopique, on remarque en effet des faisceaux de fibres lisses et parallèles qui rappellent au premier abord les fibres du canal intestinal; mais ces fibres sont celles qui constituent les nerfs ciliaires. Lorsqu'on prend l'un de ces nerfs avant qu'il s'engage dans le cercle ciliaire, si on l'observe avec attention, on retrouve identiquement les mêmes fibres. Les raicrographes qui ont pris ces fibres pour des fibres musculaires se sont donc étrangement mépris. Le cercle ciliaire n'est ni un ganglion nerveux, ni un muscle : c'est un anneau de nature celluleuse. Les nerfs et les artères qu'on observe dans son épaisseur ne font que le traverser et ne composent qu'une petite partie de son volume; ses fibres propres le constituent essentiellement.

2° Corps ciliaire.

Lorsqu'on a divisé le globe de l'œil en deux hémisphères, l'un antérieur et l'autre postérieur, si Ton renverse l'hémisphère antérieur sur la cornée, on aperçoit autour de la lentille cristalline une couronne de plis

FiG. 305.

FiG. 306.

Procès ciliaires entourant le cristallin.

Procès ciliaires et face poste rieure de l'iris.

Fig. ôOo. — 1. Sclérotique. — 2. ChoroïJe. — 3. Rétine. — 4. Partie non plissée de la zcue choroïdieune vue à travers la rétine. — o. Partie pliisée de cette même zone ou corps ciliaire. — 6. Cristallin, dont le centre est moins sombre paice qu'il correspond à la pupille, c'est-à-dire à une partie éclairée.

Fig. 506. — 1. Sclérotique. — 2. Choroïde. — 5. Zone choroïdienne. — 4. Bord postérieur ou festonné de cette zone. — 5. Partie plissée de la même zone ou couronne des procès ciliaires. — G. Face poslérieufe de l'iris sur laquelle on aperçoit des stries noires et rayonnées que Ruysch et Tenon avaient considérées comme autant de dépendances des procès ciliaires, mais qui sont de simples amas linéaires de pigmcnttim. — 7. Orifice pupillaire.

rayonnes quf l'embrasse en manière de calice. Ces plis ont reçu le nom de frocès ciliaires ; considérés dans leur ensemble, ils constituent le corps ciliaire.

Leur nombre varie de 60 à 70. Quelques-uns sont un peu plus longs et plus volumineux, d'autres plus courts et plus grêles. Leur longueur moyenne est de 3 millimètres.

Chaque procès ciliaire revêt la forme d'une petite pyramide à trois pans dont la base arrondie, tournée en avant et large d'un demi-millimètre, fait saillie dans la cbambre postérieure de l'œil où elle s'applique contre la circonférence de l'iris sans lui adhérer. Le sommet de cette pyramide, quelquefois bifurqué, succède assez brusquement au corps. De ses trois faces, l'une, supérieure, s'unit au cercle ciliaire qui semble avoir pour destination principale de relier entre eux tous les plis delà choroïde en les attachant solidement à la sclérotique. Les deux autres faces, un peu rugueuses, répondent à la zone de Zinn ([ui les sépare du corps vitré en arrière et de la circonférence du cristallin en avant; elles sont brunes dans l'état normal et blanches lorsqu'elles ont été dépouillées du pigmentum qui les revêt. Le bord qui résulte de la réunion de ces deux faces offre constamment une couleur blanche ou grisâtre ; il est libre, flottant et situé à 1 millimètre de distance de la circonférence du cristallin.

Dans l'intervalle des procès ciliaires on observe d'autres plis beaucoup plus petits qui n'affectent aucune forme et aucune direction déterminées, et qui s'effacent en partie lorsqu'on dilate l'ouverture antérieure de la choroïde. Pour bien voir ces plis secondaires ainsi que les plis principaux, il importe de faire disparaître par le lavage toute la couche pigmentaire qui les recouvre et d'examiner ensuite le corps ciliaire, sous l'eau et aux rayons du soleil, à l'aide d'une loupe donnant un grossissement de 3 ou 4 diamètres. (Fig. 314.)

Structure de la choroïde.

Trois lames se superposent pour constituer la choroïde. La plus extérieure de ces lames est celluleuse; la seconde, ou moyenne, est vasculaire; la troisième est formée par le pigmentum.

A. Couche celluleuse.

La couche externe ou celluleuse est plus apparente sur le? yeux bruns que sur les yeux bleus ; elle est plus développée aussi chez l'adulte que chez le vieillard. On la voit assez bien lorsqu'après avoir enlevé la sclérotique on examine la choroïde à l'air libre ; mais on la voit beaucoup mieux lorsqu'on l'examine sous l'eau. C'est elle qui donne à la surface extérieure de cette membrane l'aspect tomeuteux qui lui est propre. Dans la pins grande partie de son étendue elle offre une épaisseur à peu près uniforme; mais au voisinage de l'union de la cornée avec la sclérotique elle s'épaissit subitement pour donner naissance au ligament ciliaire qui en forme une dépendance. Les nerfs ciliaires et les artères ciUaires longues cheminent dans son épaisseur.— En dedans elle adhère à la lame vasculaire de la choroïde d'une manière assez intime, en sorte qu'on ne peut l'en détacher que par lambeaux. En dehors elle adhère à la sclérotique, mais par des filaments cellulaires extrêmement faibles.

SPLANCHNOLOGIE. 645

Vue au microscope, cette lame est composée de fibres de tissu cellulaire et de cellules piginentaires auxquelles elle emprunte la couleur brune qui lui est propre.

Ces cellules se trouvent disséminées dans les aréoles des fibres. On n'en trouve qu'un très petit nombre dans le ligament ciliaire, d'oîrla couleur grise qu'il présente. Elles diffèrent beaucoup par leur forme de celles qui tapissent la face interne de la choroïde : la plupart sont très irrégulières; quelques-unes sont allongées, aplaties, terminées en pointe à leurs extrémités, incurvées sur leur bord ; d'autres se divisent ou se trouvent surmontées d'un prolongement ; il en est qui affectent une disposition rameuse. Chacune de ces cellules est pourvue d'un noyau ; mais celui-ci est en général peu apparent. Autour du noyau on observe des granulations de forme ovoïde et de dimensions égales qui remplissent la plus grande partie de la cavité de la cellule. (Fig, 313.)

B. Couche vasculaire.

La lame moyenne ou vasculaire est la plus importante des trois couches qui composent la choroïde. Les yeux fortement congestionnés sous l'influence d'une inflammation aiguë ou chronique sont ceux qui permettent de l'étudier avec le plus de succès. Dans ce but il convient de l'isoler et de l'appliquer sur un globe de verre. En plaçant ce globe entre l'œil et la lumière on peut très facilement constater la disposition de ses principaux vaisseaux, soit pendant qu'elle est encore humide, soit surtout après sa dessiccation. Une bonne loupe permettra de suivre tous les rameaux et ramuscules ; et si l'on veut faire usage d'un grossissement de 20, 30, 4 0 ou 50 diamètres, les dernières divisions des artères et les premières radicules des veines de la choroïde apparaîtront à l'œil de l'observateur avec la plus grande netteté, sous la forme du plus admirable réseau qu'il soit donné à l'anatoraiste de contempler. L'isolement de cette membrane ne présente du reste aucune difOcuIté ; on le pratiquera sous l'eau et de la manière suivante :

1" incisez circulairement la sclérotique et enlevez la partie antérieure de cette enveloppe, ainsi que la cornée, en détruisant les adhérences du ligament ciliaire.

2° Saisissez avec les mors d'une pince ce même, ligament, puis avec une autre pince l'iris, et détachez celui-ci à sa grande circonférence de manière à l'emporter en totalité.

3° Pressez doucement l'hémisphère postérieur du globe de l'œil afin d'en chasser le corps vitré ainsi que le cristallin, et achevez de séparer la scléroticpie de la choi'oïde.

4» Introduisez dans cette dernière membrane les mors d'une pince, saisissez-la au niveau de l'entrée du nerf optique, et après l'avoir retournée lavez sa face interne pour la dépouiller de tout son pigmentum et excisez les lambeaux flottants de la rétine.

5° Enfin retournez la membrane de nouveau afin de ramener en dehors sa face externe, et faites-la glisser sur un globe de verre qui aura 21 millimètres de diamètre.

6° Indépendamment des choroïdes ainsi préparées et prises sur des yeux sains, il importe d'en avoir d'autres prises sur des yeux affectés d'iuflara-

ir. 54.

mation, tout le système vasculaire de l'œil étant alors plus ou moins gorgé de sang et les vaisseaux capillaires beaucoup plus apparents. Pour bien observer la disposition réciproque des artères et des veines, il importe en outre d'avoir quelques préparations du même genre sur lesquelles les artères auront été pi"éalablement injectées.

Les vaisseaux de la coucbe moyenne de la choroïde sont de deux ordres, artériels et veineux. Ces deux ordres de vaisseaux diffèrent beaucoup par leur siège, leur direction, leur nombi^e et leur calibre. — Les artères, plus rapprochées de l'axe de l'œil, sont immédiatement recouvertes par le pigmentum ; les veines, plus rapprochées de la sclérotique, sont sous-jacentes à la couche celluleuse. — Les artères marchent en ligne droite d'arrière en avant ; les veines décrivent des courbes souvent perpendiculaires à ces vaisseaux, et convergent vers la partie moyenne de l'œil autour de quatre troncs principaux en affectant une disposition qui les a fait comparer par Sténon le fils à de petits tourbillons, d'où le nom de vasa vorticosa que leur a donné cet auteur. — Les artères sont nombreuses ; mais leur nombre devient insignifiant lorsqu'on le compare à celui des veines. Les premières sont pour la phipart extrêmement grêles ; les secondes au contraire sont remarquables par leur calibre.

lo Artères de la choroïde.

Les artères de la choroïde viennent des ciliaires courtes postérieures, qui s'épuisent presque exclusivement dans cette membrane, et qui se composent à leur point de départ de deux troncs situés, ainsi que l'a fait remarquer M. le professeur Denonvilliers, l'un en dedans, l'autre eu dehors du nerf optique. Parvenus à 1 centimètre de la sclérotique, chacun de ces troncs se partage en quatre ou cinq branches dont la plus élevée s'avance sur la partie supérieure du nerf optique tandis que la plus déclive s'applique à sa partie intérieure ; de là résultent deux demi-couronnes de branches artérielles qui embrassent les parties latérales du tronc nerveux à son entrée dans l'œil. Toutes ces branches pénètrent aussitôt dans la sclérotique et se partagent, soit au niveau de cette membrane, soit dans son épaisseur, en deux branches secondaires qui quelquefois se subdivisent ellesmêmes, de telle sorte qu'au moment où les ciliaires courtes postérieures sortent de l'enveloppefibreuse de l'œil, on compte déjà de 20 à 25 divisions. Celles-ci s'engagent alors dans les interstices des veines de la choroïde, s'appliquent à la face interne du plan veineux et se portent d'arrière en avant en donnant dans leur trajet une foule de ramuscules. La plupart n'arrivent pas jusqu'au cercle ciiiaire ; les plus longues seules atteignent ce cercle, donnent de très petites ramifications aux procès ciliaires et se terminent en s'anastomosant avec les ciliaires antérieures et les ciliaires postérieures longues.

Les rameaux et ramuscules qui émanent des ciliaires postérieures courtes se dirigent pour la plupart en dehors, de telle sorte que lorsqu'on examine au microscope la face interne delà couche moyenne de la choroïde, on voit d'abord : les troncs artériels et leurs branches principales, puis plus profondément des branches de plus en plus grêles, et enfin les ramifications terminales. Arnold, en faisant représenter un réseau capillaire sur la face interne des artères ciliaires courtes, s'est donc mépris sur la direction de

SPLANCHNOLOGIE. 647

leurs bi-anclies et de leurs rameaux. Sur toutes les clioroiJes dont j'ai réussi à injecter les ciliaires postérieures courtes jusqu'à leurs dernières divisions, j'ai pu m'assurer, en employant un grossissement qui donnait à ces artères le volume du doigt, que leurs ramifications ne se portent pas vers l'axe de l'œil, mais en dehors, c'est-à-dire du côté desvasa vorticosa, d'où il suit

Artères ciliaires.

l ,1. Artères ciliaires posle'rienres situées sur les parties liiteralesdiinerfoplique.

— 2,2. Artères ciliaires poslc'rieures longues s'engageant oLliquemenldans T'e'paisseui- de la sclérotique. — 5,5. Ces artères sortant du caual que lei.r fournit lascle'roliqueet s'appliquant à la faceexternede lachoioide. — 4,4. Les mêmes artères se divisant un peu en arrière du ligament ciliaire en deux branches dont l'une se dirige vers la partie supérieure de ce ligament, tandis que l'autre se porte vers sa partie inférieure. — o 5. Branches infe'rieures ou descend;intcs

— 6,6, Branches accessoires naissant dans l'angle de bifurcation des ciliaires poste'rieures longues. — 7,7. Artèrps ciliaires ante'rienres se divisant dans l'e'paisseur du ligament ciliaire où elles s'anastomosent enire elles, et avec les ciliaires poste'rieures longues en donnant des divisions superficielles qui se portent dans l'iris, et des divisions profondes qui vont se perdre dans les procès ciliaires, mais qu'on n'aperçoit pas ici. — 8,8. Artères ciliidrcs postérieures courtes traversant la sclérotique et se répandant ensuite dans toute l'épaisseur de la choroïde en se divisant et s'auastomosant ; quelques-unes de leurs divisions se prolongent jusque dans le ligament ciliaire où elles communiquent avec les ciliaires postérieures longues et les ciliaires autérieures. — 9,9. Artères de l'iris provenant des ciliaires postérieures longues et des ciliaires antérieures.

qu'on pourrait par la pensée diviser la couche vasculaire de la choroide en trois conclies secondaires : une externe, constituée par les troncs des vasa vorticosa et leurs principales brandies; une interne, formée par les troncs artériels, et enfin une moyenne, composée des ramifications terminales des artères et des premières radicules des veines.

Ces l'amifications terminales sont extrêmement difficiles à étudier ; on ne les distingue pas sur les choroïdes non injectées, même à l'aide des plus forts grossissements; et lorsqu'on tente de les injecter, le liquide solidifiable projeté dans les artères ne les pénètre pas ordinairement ou les pénètre d'une manière fort imparfaite. Je suis parvenu cependant à les remplir sur deux choroïdes, presque complètement sur Tune, incomplètement sur l'autre. En examinant ces choroïdes à l'œil nu, on y remarque des plaques étoilées qui semblent formées par des vaisseaux; et lorsqu'on soumet ces plaques étoilées à un grossissement de 3 0 ou 4 0 diamètres, on reconnaît qu'elles sont constituées en effet par des pinceaux de capillaires qui parlent des derniers ramuscules des artères ciliaires courtes et qui rayonnent dans toutes les directions pour aller se continuera leur extrémité terminale avec les premières radicules des veines correspondantes.

2° Pleines de la choroïde.

Les veines delà choroïde, ou vasa vorticosa, vaisseaux tourbillonnes de Sténon le fils, forment quatre groupes qui se touchent et s'anastomosent parleur partie périphérique. De ces ([uatre groupes deux sont supérieurs et se distinguent par leur position en interne et externe, deux inférieurs et situés aussi l'un en dedans, l'autre en dehors. Chacun d'eux s'étend depuis l'entrée du nerf optique jusqu'aux procès ciliaires, et se compose de veines convergentes et curvilignes dont le tronc commun traverse la sclérotique dans sa partie moyenne.

L'ensemble des veines groupées autour du même tronc représente \nie étoile à rayons courbes. Parmi ces veines celles qui se dirigent d'arrière en avant sont d'abord parallèles aux artères (qu'elles recouvrent; mais bientôt elles s'infléchissent et les croisent à angle aigu. Celles qui se dirigent d'avant en arrière leur restent plus longtemps parallèles; cependant elles finissent aussi par les croiser obliquement. Celles qui se dirigent de dedans en dehors et celles qui se portent de dehors en dedans les croisent pour la plupart à angle droit. Toutes sont superposées aux artères et les recouvrent si complètement, qu'il est presque impossible d'étudier cellesci par la face externe de la choroïde, même à l'aide d'un fort grossissement.

La disposition que ces veines présentent à leur origine est extrêmement remarquable: 12, 15, 20 ramifications déliées rayonnent vers un même rameau qui offre un calibre deux ou trois fois plus considérable et qui semble naître subitement; ce rameau et les capillaires qui en dépendent forment aussi un petit tourbillon, ou mieux une très petite étoile à rayons courbes, tout à fait semblable aux quatre grandes étoiles qui recouvrent toute la choroïde de leurs irradiations. Chacune de ces dernières représente une voûte constellée à sa surface interne ou concave d'une foule d'étoiles de second ordre qu'on voit très nettement à un grossissement de 20 ou 30 diamètres, lorsqu'on examine la choroïde par sa face externe, à la condition

SPLANCHNOLOGIE.

toutefois que cette membrane aura été prise sur un œil fortement congestionné par suite d'une inflammation de la conjonctive, de la cornée ou de l'iris, — Les radicules qui concourent à former ces étoiles de second ordre ne sont constituées que par la tunique interne de l'appareil vasculaire, et se continuent sans ligne de démarcation avec les dernières divisions des artères ciliaires courtes. Ainsi que les ramuscules, les rameaux et les branches des veines choroïdiennes, elles s'anastomosent entre elles. (Fig. 310.)

Au niveau des procès ciliaires ces veines affectent une disposition différente : elles décrivent des arcades flexueuses qui s'envoient des branches anastomotiques. La plus grande de ces arcades entoure la tête des procès ciliaires; au dedans et en arrière de celle-ci il en existe d'autres plus petites. Les extrémités de toutes ces arcades se rapprochent, se confondent en

Fig. 508,

Veines de la choroïde.

l,i. Sclérotique. — 2,2. Choroïde. — ô,ô. Ligament cilinire dont un segment n été enlevé pour lais.-er voir les procès ciliaires sous-jacents, — 4,4. Ces procès ciliaires mis à nu par l'excision d'une partie du ligament. — b.5. Iris. — 6. Pupille. — 7. Veine clioroïdienne supérieure et externe, dont les bs anches afférentes considèrtes dans leur eu-emlde offrent l'image d'une e'ioile à rayons courbes. — 8. Veine clioroïdienne supe'rienre et interne dont les branches oHVent la même disposition. — 9,9. Branches postérieures de ces veines. — 10.10. Leurs branches antérieures. - M. Troncules veineux émanant des procès ciliaires. — 12. Anastomoses des deux veines choroïdiennes supérieures par la partie correspondante de leur périphérie.

partie et se réduisent vers le sommet des procès ciliaires en un faisceau de 5 ou 6 troncules qui s'en échappent en prenant une direction un peu divergente. (Fig. 314.)

Toutes ces anses ou arcades veineuses forment par leur ensemble un petit plexus conoïde dont la base arrondie vient s'adosser à l'iris sans échanger avec les veines de cette membrane aucune anastomose.

Indépendamment des radicules veineuses qui émanent des procès ciliaires, il en est d'autres moins importantes qui partent des plis intermédiaires. Celles-ci marchent d'abord isolément et parallèlement, et ne s'unissent aux veines voisines qu'après avoir franchi le bord festonné de la zone choroïdienne.

Les troncs vers lesquels convergent toutes les veines choroïdiennessont ordinairement au nombre de quatre. Cependant il n'est pas rare de voir une et même deux des branches qui contribuent à former un même tronc ne s'unir à celui-ci qu'après sa sortie du globe de l'œil ; mais que cette réunion des branches les plus importantes ait lieu au dedans ou au dehors de la sclérotique, qu'importe ! Cette réunion tardive est évidemment un fait tout à fait secondaire qui nous explique pourquoi les auteurs ont varié sur le nombre des veines choroïdiennes, mais qui ne suffit pas en réalité pour admettre plus de quatre troncs principaux. Ces troncs, après un trajet de 1 ou 2 centimètres, se jettent dans la veine ophthalmique.

Les veines choroïdiennes ont été longtemps méconnues. Frédéric Ruysch, qui les avait observées et même assez bien représentées, les prit, ainsi que tous ses prédécesseurs, pour des artères; et comme il avait observé aussi les véritables artères de la choroïde, il fut conduit à admettre dans cette membrane deux couches de vaisseaux artériels : une couche superficielle qui constituait la choroïde proprement dite et qui était formée de vaisseaux à direcîion curviligne {ramusculi disposili in orbem), et une couche plus profonde composée de toutes les divisions des artères ciliaires courtes postérieures (1). C'est à cette seconde couche que son fils Henri Ruysch lui proposa de donner le nom de membrane Paiy s chienne, dénomination qu'il accepta. En distinguant ces deux couches, Ruysch s'était montré bon observateur. ]1 eut seulement le tort d'affirmer qu'elles étaient séparables, et qu'elles formaient deux membranes tout à fait distinctes, erreur qui lui fut amèrement reprochée par Rau, son contemporain et qu'Albinus prit soin de réfuter.

Ce fut Haller qui le premier démontra que les vaisseaux à direction curviligne ou superficiels de la choroïde étaient des veines, et non des artères (2). Mais il ne chercha point à reconnaître le mode d'origine de ces veines.

Zinn, quelques années plus tard, les fit représenter dans son ouvrage avec une très grande exactitude. Cependant il retomba en partie dans l'erreur qu'avait commise Ruysch avec tous ses devanciers : de même que ceuxci avaient pris les vasa vorticosa pour des artères, de môme il considéra

(1) Ruysch, Opéra omnin, 1721, t. 1, epist. 13,p. 12 el ll>.

(2) Veriim cerlissimuni est venas esse, quas anatomici pro arteriis haLuernnt, et quœ uumquam ad ciliares trunculos, sed ad venam uliqiie ophthalmicam dediici possunt. (Haller, Iconum niuitomicnrum fasc. vni, p. 47.

SPLÀNCHNOLOGIE.

toutes les arcades veineuses des procès ciliaires comme des arcades artérielles. « Parvenues, dit-il, au sommet des procès ciliaires, les ciliaires postérieures courtes fournissent à chacun de ces plis souvent plus de vingt divisions qui, d'al)ord parallèles, finissent par s'infléchir, deviennent fiexueuses, puis s'entrecroisent, s'anastomosent, et donnent naissance au plus admirable réseau. » Une très belle planche à laquelle on ne peut reprocher que quelques imperfections de détails a été consacrée à ce réseau. Pour donner à cette planche et à la description qui s'y rattache le cachet d'exactitude qui leur manque, il suffirait de substituer le mot veines au mot artères.

L'erreur de Zinn eut un long retentissement. Tous les auteurs tpà lui succèdent la sanctionn.^nt, les uns en adoptant sa description, les autres en reproduisant à la fois et sa description et.le dessin ([ui l'accompagne.

FiG. 309.

FiG. 510.

fe

Peiils tourbillons ou étoiles de second ordre que presenieut a leur origine les veines choroïdiennes.

Fig. 309. — Segment de la clioroïde sur lequel on n'aperçoit à l'œil nu qu'uu branche et qiielc[ues raniCEiux veineux.

Fig. 510. — Ce même segment vu à un grossissement de 30 diamètres. — i,t Branche veineuse. — 2,2,2,2,2,2,2. Rameaux veineux. "- 5,3,5.3,5. Ramnscules veineux recevant une foule de ramifications curvilignes qui se groupent autour de chacun d'eus de manière à former autant de pelits tourbillons ou étoiles de second ordre, de même que nous avons vu dans la figure 508 toutes les branches se grouper autour de leurs troncs respectifs pour donner uuis- Eauc« à quatre grands tourbillons ou e'toiles de premier ordre.

Parmi les premiers je citerai seulement M. Huschke, et parmi les secontls Sœmmerring et Arnold. Sœmmerrlng.quiadumoinslemérite de citer Zinn, ne trouve à lui reprocher que le calibre un peu trop délié de ses vaisseaux, reproche fondé en effet. Arnold n'indique pas la source à laquelle il a p\iisé; mais la figure 21 de sa table II et le texte explicatif qui lui correspond le disent suffisamment. Tous les auteurs jusqu'à ce jour se sont ainsi trouvés d'accord pour considérer les procès ciliaires conune autant de petits plexus artériels. Seul contre tous je ne crains pas d'affirmer que ces organes sont au contraire essentiellement constitués par des veines disposées en anses et anastomosées entre elles.

Les vaisseaux de la choroïde n'ont aucune communication avec ceux de la rétine. Ils sont reliés entre eux par un tissu cellulaire fin et assez dense qui leur sert de substratum. Les fibres de ce tissu n'affectent aucune direction déterminée.

G. Couche pigmeniah-e.

La couche interne ou figmentaire de la choroïde est une lamelle de nature épidermique qui revêt toute la surface profonde ou rétinienne de cette membrane. C'est à sa présence que celle-ci est redevable de la couleur qu'elle présente, couleur d'un brun foncé dans le jeune âge, mais qui pâlit peu à peu, ainsi que Petit l'a fait remarquer, pour prendre une teinte grise et presque blanche dans la vieillesse la plus avancée. Autour de l'entrée du nerf optique la couche pigmentaire est si mince, qu'elle semble faire défaut dans ce point. Elle est au contraire très épaisse sur toute la partie antérieure de la choroïde; cependant il n'en existe aucun vestige sur le bord libre des procès ciliaires qui contraste par sa couleur grise avec la coloralion noire ou brune des parties voisines.

Cette couche se compose de cellules aplaties de dehors en dedans, et juxtaposées par leurs bords. La plupart de ces cellules offrent une figure hexagonale. Leurs parois sont extrêmement minces et se déchirent avec la plus grande facilité, surtout sur les yeux qui ne sont plus frais. Chacune d'elles renferme un noyau transparent dont le diamètre n'est que le tiers ou le quart de celui de la cellule. Elles contiennent en outre un grand nombre de granulations qui seraient groupées autour du noyau suivant quelques anatomistes, et appliquées à la surface extérieure de la cellule suivant d'autres, mais qui semblent plutôt suspendues dans une couche de liquide intra-cellulaire.

Toutes ces granulations offrent le même volume. Toutes sont ovoïdes; seulement lorsqu'on les voit par leur petit diamètre, elles paraissent circulaires. M. Henle les croit fortement aplaties : suivant, dit-il, qu'elles se présentent par leurs faces, par leur bord ou par leur extrémité, elles deviennent ovalaires, rectilignes oupunctiformes. Je dois dire qu'une même granulation examinée avec attention pendant quelque temps ne m'a jamais paru aussi variée d'aspect. J'ai pu constater cependant toutes les variétés de formes signalées par cet auteur, mais seulement sur des granulations différentes, et elles sont dues alors à ce que ces granulations ne se trouvent pas toutes exactement au foyer, et ne sont vues par conséquent que très imparfaitement.

Placées sur le porte-objet dans une gouttelette d'eau et recouvertes

SPLANCUNOLOGIL-.

par une mince lame de verre, on voit ces granulations, à nn grossissement lie 5U0 diamètres, se mouvoir avec rapidité dans tous les sens. Leur partie centrale est parfaitement transparente. Leur partie péri[iliéri([ue est accusée par une ligne ovalaire de couleur somI>re.

La nuance du pigmentum dépend du nombre des granulations pdgmentaires, Lo:st|ue celles-ci sont très multii)liées, le pigmentum est d'un brun foncé. Lorsqu'elles sont peu nondjreuses, celui-ci offre une teinte claire. I-orstju'elies font complètement défaut, comme dans l'albinos, la couclio jugmentaire devient transparente et laisse voir les vaisseaux (pii se distribuent aux membranes internes du globe de l'ccil, d'où la teinte rongeai re (pii caractérise cliez lui la pupille et l'iris.

Dans quelques animaux cependant, chez le cheval parexcinple, plusieurs carnivores et beaucoup de ruminants, il est une partie de la couche pigmentaire qui se trouve totalement dépourvue de grantilations, et ([ui, loin d'être transparente, se distingue par une belle couleur irisée d'un bleu verdâtre. Cette partie, irrégulièrement triangulaire, connue sous le nom de (apis, se remarque surtout en haut et en dehors de l'entrée du nerf optique. Au-dessous des cellules dépourvues de granulations on observe chez ces animaux des fibres de tissu cellulaire blanches, feriues, résistantes, très multipliées et entrecroisées en tons sens. Pourquoi ces libres recouver'cs par les cellules de la couche pigmentaire commnniquenî-elies à coUe partie de la choroïde une couleur bleu verd ure, et quels sont les avantages de celte couleur bleue sur la couleur noire? Je laisse aux physiciens le soin de répondre à la première question et aux physiologistes le mérite de résoudre la seconde.

FiG. 3H,

FiG. 312.

FiG. 513.

Pigmenlum de la choroïde.

Fig. ôll. — 1,1,1. Cellules pigmenlaires de la fuce interne de la choroïdi; vues à un grossissement de 5;>0 diiimèti es. — 2,2,2. Noyau de ces cellules. — ô,3,ô. Granulations pi£;mentaires recouvrant eu piulii: le noyau précèdent et située; comme ce noyau à Tinterieur de la cellule.

Fig. 512. — Grandations pigmenlaires vues à un grossissement de 7o0 diamètres. On peut remarquei' que toutes ces granulations offrent une forme ovoïde et un volume égal.

Fig. 313. — Cellules pigmenlaires de la conclie cellulense de la choroïde et de la face interne de la sclérotique, vues au même grossissement que celles do la fuce interne de la choroïde.

L'iris, semblable à ces diaphragmes que les opticiens placent au-devant de leurs lentilles, est un écran membraneux, circulaire et contractile, perforé à son centre pour livrer passage aux rayons lumineux, et transversalement situé dans l'humeur aqueuse entre la cornée qu'il sous-teud et le cristallin dont il voile la partie périphérique.

L'ouverture que présente cet écran a reçu le nom de pupille ou deprunelle. Elle n'occupe pas exactement sa partie centrale , mais se rappi'oche un peu de son côté interne. Elle est circulaire aussi, et remarquable surtout par la faculté qu'elle possède de se resserrer et de se dilater tour à tour. — Elle se resserre lorsque nous regardons un objet vivement éclairé ou très rapproclié, sous l'influence de l'électricité, après l'ingestion de certains médicaments, la strychnine, par exemple, à la suite de certaines inflammations telles que l'encéphalite, la méningite, et la plupart de celles qui affectent le globe de l'œil ou ses dépendances, etc. — Elle se dilate au contraire lorsque nous passons d'un milieu éclairé dans un milieu obscur, lorsque notre vue se porte d'un objet très rapproché sur un objet éloigné, lorsque la 2^ et la 3^ paire de nerfs sont paralysées, et sous l'influence de toutes les causes qui tendent à débiliter le système nerveux ; elle se dilate surtout d'une manière très remarquable sous l'influence de la belladone.

Les dimensions de la pupille sont donc extrêmementvariables. Dans son état de moyenne dilatation le diamètre de cet orifice est de 3 à 4 millimètres. Celui de l'iris est de 13 millimètres. Par conséquent le premier ne représente pas tout à fait le tiers de l'étendue du second ; la pupille, en d'autres termes, est un peu moins large que l'anneau membraneux qui la circonscrit. Mais les dimensions relatives de cet anneau et de l'ouverture pupillaire varient beaucoup suivant le degré de constriction ou de dilatation de celle-ci, et elles varient toujours en raison invei'se, l'anneau augmentant de largeur lorsque la pupille se resserre, et diminuant au contraire lorsqu'elle se dilate.

Vertical et transversal, l'iris partage l'espace compris entre la cornée et le cristallin en deux espaces secondaires appelés chambres de l'œil et distingués par leur situation en chambre antérieure e\. chambre postérieur c . La pupille établit entre les deux chambres une large communication. Nous verrons plus loin quelles sont leurs dimensions absolues et relatives.

L'iris est un peu plus épais que la choroïde. En général il l'est un peu plus aussi à l'union de son tiers interne avec ses deux tiers externes que sur les autres points de sa superficie. Il est au contraire très mince sur le pourtour de la pupille.

Ses deux faces sont planes. Cependant si on le regarde obliquement, c'est-à-dire par un point plus ou moins rapproché de la circonférence de la cornée, il paraît un peu convexe. Plusieurs anatomistes parmi les anciens et quelques auteurs de notre époque considèrent en effet l'iris comme une surface courbe convexe en avant et concave en arrière. Cette apparente convexité est due à la réfraction des rayons lumineux qui, sortant obliquement de la chambre antérieure et passant d'un milieu plus dense dans un milieu moins dense, se réfractent en s'éloignant de la perpendi-

culaire élevée sur la cornée au point d'émergence. Par suite de cette réfraction, tonte la partie centrale de l'iris est vue sur un plan plus antérieur (]ue celui occupé par la partie périphérique, d'où son aspect curviligne. Mais supprimez l'effet de cette réfraction en plongeant un œil dans une boîte de verre à parois planes et verticales, remplie d'eau, et exajninez obliquement cet œil : l'iris vous apparaîtra comme une surface plane ; et suivant qu'il sera vu dans l'eau ou dans l'air, sa surface sera tour à tour plane ou convexe, ainsi que Petit l'a très bien démontré. L'iris dans son état normal représente donc un plan vertical ; c'est ainsi qu'il a été vu par tous les peintres, si habiles observateurs des moindres détails qui peuvent concourir à l'expression de la physionomie.

L'iris nous présente à considérer une grande et une petite circonférence, deux faces, l'une antérieure, l'autre postérieure, et les divers éléments qui entrent dans sa structure.

La grande circonféreyice de l'ivîs adhère au ligament cilialre, et par l'intermédiaire de ce ligament à la lèvre interne de l'ouverture antérieure de la sclérotique. Son adhésion avec le ligament ciliaire est établie à l'aide de petits prolongements cellulo -fibreux qui forment autour de l'iris une couronne finement denticulée, et par les nombreuses divisions artérielles qui passent de la choroïde dans l'iris. Cette union cependant n'est pas très intime. Lorsqu'on saisit, d'une part la grande circonférence de l'iris, de l'autre le ligament ciliaire, on réussit facilement à détacher les deux organes, qui semblent comme engrenés l'un dans l'autre : d'où la pensée, lorsque la cornée est devenue opaque dans sa partie centrale, de créer une pupille périphérique par voie de simple décollement.

La petite circonférence, ou l'orifice pupillaîre, baigne dans l'humeur aqueuse. Ses dimensions varient; mais sa figure circulaire reste constante. Il n'en est pas ainsi dans le> animaux, chez lesquels elle affecte une forme elliptique dans le sens vertical ou dans le sens transversal. Sa figure alors n'est pas moins variable que son diamètre : lorsqu'elle se resserre, elle prend l'aspect d'une fente d'autant plus étroite qu'elle se contracte davantage; lorsqu'elle se dilate, elle se rapproche d'autant plus de la figure circulaire que sa dilatation est plus grande.

Chez l'homme, la petite circonférence de l'iris e^^t extrêmement mince. Elle présente une couleur noire due à la présence d'une couche épaisse de pigmentum. En outre, elle est surmontée de très' petites saillies qui lui donnent un aspect finement dentelé. Pour distinguer ces détails, il faut les observer sur un œil dont on a enlevé la partie postérieure de la sclérotique et de la choroïde de manière à éclairer la pupille, et examiner cet œil par transparence. On verra alors de la manière la plus nette la petite circonférence se détacher sur le fond clair de la pupille sous la figure d'un anneau noir; et si l'on fait usage d'une loupe on distinguera nettement aussi la configuration dentelée de ce bord. —Les mêmes détails ne sont pas moins visibles sur un œil affecté de cataracte ; dans ce cas on remarque en outre sur le cristallin un second cercle noir que Petit le premier a signalé et qui n'est que l'ombre projetée par le cercle de la pupille. Lorsque le cristallin, en perdant sa transparence, a augmenté de volume , ce qui est fréquent, ce second cercle n'existe pas , la chambre postérieure de l'œil se trouvant alors complètement effac(''e.

6o6 ANATOMIE.

La face antcricure de l'iris est surtout; remar(iuablc par la variété tle=; couleuis (ju'elle présente. Sa couleur (Jominaiite se trouve ordinairement en liarnionie avec celle des cheveux et des sourcils : elle est d'un jaunebrun foncé chez les individus à cheveux noirs, et par conséquent chez presque tous les peuples pins ou nioiiis rapprochés de l'équateur, d'un bleu clair chez leshoinmesà clieveux blonds et ciiez les peuples du Nord. Entre ces deux nuances extrêmes elle peut en affecter une foule d'autres intermédiaires. Ci-ez les nègres l'iris est d'un brun si foncé, qu'on le distingue à peine de la pupille. L'iris de l'albinos offre un reilet rouge assez vif; dû, chez lui, à l'absence de toute trace de pigmentum.

La couleur que présente la face antérieure de cette membrane n'e^t pas uniforme. On remarque sur cette face deux zones de coloration différente et en général l);en distinctes : l'une de ces zones entoure la pupille ; elle a 1 millimètre de largeur, et porte le nom de petit cercle ou à'anneau coloré interne ; l'autre, qui s'étend de la précédente à la grande circonférence, a 3 ou 4 millimètres de largeur; elle constitue !c grand cercle ou Vannecni coloré externe. l,a couleur du petit cercle est plus foncée que celle du grand dans les yeux bleus et plus claire dans les yeux bruîis. (Fig. 320.)

Les deux cercles de l'iris sont quelquefois séparés l'un de l'autre par des arcades à convexité tournée vers la pupille. Lorsque toutes ces arcades se touchent par leur extrémité, elles forment autour du petit cercle un feston assez régulier. Mais celui-ci se trouve presque toujours interrompu sur un ou plusieurs poisits. En outre parmi les arcades (jui lui donnent naissance, les r.nes sont parfois très grandes, d'autres très petites; quelques-unes sont plus rapprochées de la pupille ; certaines en sont plus éloignées. Il présente en un mot de très grandes variétés. Ou le reconnaît à sa couleur ])lanche et à son aspect d'apparence fibreuse. Une loupe est nécessaire pour en prendre une bonne idée. Zinn, (uii le premier l'a décrit, paraît le considérer comme constant; or il est fréquent au contraire de n'en trouver aucun vestige.

Toute la face antérieure est recouverte de stries qui se portent en convergeant de la grande vers la petite circonférence, et qui sont droites ou infléchies suivant que la pupille est resserrée ou dilatée. Lorsqu'on regarde ces stries ou plutôt ces fd)res à l'aide d'une lorqje chez une personne qui veut bien se prêter à cet examen, on reconnaît :

1° Qu'elles ne sont pas sinueuses, mais coudées à angle obtus sur deux ou trois poiiits de leur longueur, de telle sorte que chacune d'elles représente une peti'e ligne brisée ;

2° Qu'elles se correspondent par leurs angles rentrants et saillants, et se montrent sous ce rapport tout à fait identiques avec les fibres musculaires;

:>" Que tous ces angles, disposés en série linéaire, forment sur l'anneau coloré externe deux ou trois cercles concentriques à la grande circonférence de l'iris. Chacun de ces cercles offre l'aspect d'un petit sillon, de couleur pâle; ils ne sont bien apparents que sur les iris bruns à fibres fasciculées. (Fig. 315 et 31 G.)

Pour constater la direction en ligne brisée de toutes ces fibres et leur parallélisme, il suffit, au moment où on les observe avec une loupe, d'engager la personne qui se prête à cette étude à regarder tour à tour un objet très éloigné , une cheminée par exemple , et un objet très rapproché, tel qu'une épingle |ilar('e à 3 ou 4 centimètres au-devant de l'œil ; dans le

SPLANCHNOLOGIE.

premier cas on verra la pupille se dilater, et toutes les fibres de l'iris se laccourcir en se brisant aux mêmes points et en restant parallèles; dans le second, la pupille se resserre et les fibres s'allongent au point de devenir parfaitement rectilignes. Je dois ajouter que tous les iris ne sont pas également favorables à cette étude.

La disposition respective des fibres rayonnces de l'iris présente en effet F-G. ÔI4. FiG. ôlo.

SegmeiiL de lu choroïde et de Fibres i-mliees de riris ^uies

l'iris vu h un grossissement duns leur étal d'idlougemeul

de 4 diamètres. et de raccourcissement.

Fi g. ôl4. — l,t . Procès ciliaires. — 2,2. Base ou extreniile arrondie de ces replis.— 5,5. Sommel de ces mêmes replis. — 4. Protès ciliaiies se liifiirquaul au-dessus de son sommet. — o,o. Procès ciliair es ou replis de second ordre. — 6,6. rinceaux de ramuscules veineux e'manant du sommel de eh;ique procès ciliaire. — 7,7. Bord feslonné de la zone choruïdiennc. — 8,8, Veines delà choroïde. — n,n. Segment de l'iris vu par sa face poste'rieure. — 10,10. Grande circonférence de l'iris recouverte par la tête ou base des procès ciliaires. — tl,ll. Petite circonférence ou bord pupillaire. — 12,12. Fibres rayonnc'es de l'iris. — 15,13. Filires circulaires.

Fig. 3lo. — Fibres de Viris vues a la loupe au moment où le regard est fixé sur un objet rapproche'. — 1,1. Fibres radie'es, a'.louge'es et rectilignes. — 2,-3. Fibres circulaires. — ■". Pupille conlracte'e.

Fig. 516. — Les mêmes fibres vues a la loupe au moment où le regard est fixé sur un objet éloigné. Ou voil que toutes ces fibres se fléchissent à angle obtus au même niveau et sur trois poiuts d>; leur longueur. — î.1. Premier angle d'inflexion. — 2 2. Second angle d'indexion. — 5,3. Troisième angle d'inflexion. — 4,4. Fibres circulaires. — 5. Pupille dilatée.

beaucoup de variétés. Mais on peut rattacher toutes ces variétés à i1eux types principaux : tantôt les fibres de l'iris tendent à se rapprocher et à se grouper; tantôt elles restent isolées et comme disséminées. Lorsqu'elles obéissent à la première tendance, elles forment des faisceaux triangulaires appliqués par leur base sur la grande circonférence et par leur sommet tronqué au bord pupillaire. Tous ces faisceaux sont parallèles entre eux de même que les fibres qui les composent le sont entre elles ; c'est sur ces faisceaux surtout qu'on peut bien constater les inflexions anguleuses des fibres de l'iris. Lorsque celles-ci restent isolées, elles s'entrecroisent sous des angles très aigus de manière à circonscrire des aréoles de figure losangicpic carrée, triangulaire, etc., et au milieu du réseau plus ou moins irrégulier qu'elles forment, il devient difficile de constater la direction en ligne brisée qui les caractérise au moment de leur raccourcissement. La disposition fasciculée appartient plus spécialement aux yeux noirs; la disposition réticulée est la plus ordinaire dans les yeux bleus ou gris. Toutes deux, du reste, se trouvent presque constamment réalisées sur le même iris qui présente des faisceaux de fibres parallèles alternant avec des fibres isolées et entrecroisées. Seulement c'est tantôt l'une et tantôt l'autre qui prédomine ; le plus souvent c'est la disposition réticulée.

Lorsque les arcades précédemment mentionnées existent, chacune des fibres rayonnées de l'iris semble se partager en deux parties inégales, dont l'une répond au grand cercle et vient s'attacher à la concavité de l'arcade correspondante, tandis que l'antre, appliquée sur le petit cercle, s'étend de la convexité de la même arcade au bord pupillaire. Ce sont ces fibres rayonnées du grand et du petit cercle, ainsi attachées à des arcades d'apparence fibreuse, qui <)nt été décrites par Zinn et quelques autres anatomistes sous les r.suiis de grands rayons et de petits rayons de l'iris. racHi majores, raclii minores iridis.

Chez certains individus on observe sur le grand cercle de l'iris des taches de couleur plus foncée que celle de l'anneau sur lequel elles reposent, ot très variables dans leur nombre, leurs dimensions, leur disposition respective et la figure de leur contour. Ces taches sont assez frécpientes sur les yeux noirs, mais très rares sur les yeux de couleur claire. Elles sont dues à des dépôts accidentels et pins ou moins irréguliers de pigmentum.

Sur ce même cercle on voit aussi de petites saillies, d'une couleur fauve, situées autour ou dans le voisinage du petit cercle. Ces saillies, foriiK'es par des bourgeons de tissu cellulaire dans lesquels se trouvent déposées des cellules de pigmentum, ont été signalées par Zinn, et décrites ensuite parLLaller, qui les comparent l'un et l'autre à de petits flocons, floccuit, attachés et comme suspendus à la face antérieure de l'iris. Ainsi que les taches, ces flocons appartiennent presque exclusivement aux yeux bruns.

La face postérieure de l'iris est revêtue d'une épaisse couche de pigmentum. La base des procès ciliaires s'avance sur sa circonférence et la recouvre dans l'étendue de 1 millimèlre sans lui adhérer. Au-dessous ou au dedans de la couronne ciliaire on aperçoit sur cette face des saillies rectilignes qui convergent vers la pupille sans arriver jusqu'à elle. Ruysch d'abord, et ensuite Tenon, ont considéré et représenté ces saillies comme autant de dépendances ou de prolongements des procès ciliaires. Mais sur ce point tous deux se sont égarés : elles ne sont autre chose, en effet, que

des amas tic pigmentum disposés en série linéaire et parallèle ; anssi disparaissent-elles complètement lorstpron enlève ce pigmenlnm. Celui-ci, du reste, en s'accumulant plus spécialement sur certains points, ne forme pas seulement des saillies rectilignes ; à la place de ces dernières on en trouve quelquefois d'autres liémispliériques ou coniques irrégulièrement disséminées sur la face postérieure du grand cercle. Au niveau du petit cercle le pigmentum est toujours régulièrement étalé. Bien que d'une couleur parfaitement identique en arrière, les deux cercles de l'iris n'en restent donc pas moins distincts, la surface de l'un étant toujours inégale et rugueuse et celle de l'autre régulière et unie. (Fig. 306.)

Lorsqu'on enlève la couche pigmentaire qui revêt l'iris en arrière, cette membrane se décolore, devient transparente et prend l'aspect d'une lamelle celluleuse. Mais si on l'applique sur une surface noire, on voit que toute sa face postérieure est très élégamment striée et qu'elle se compose comme l'antérieure de fibres rayonnées. A l'œil nu, ces fibres semblent se terminer sur la limite des deux cercles; mais à l'aide d'une loupe on peut reconnaître qu'elles se prolongent jusqu'à la pupille, au moins pour la plupart. Il importe de remarquer toutefois que le contour extérieur du pelit cercle est toujoui*s mieux limité en arrière qu'en avant. Ce petit cercle vu par sa face postérieure paraît aussi un peu plus large.

Structure de l'iris.

L'iris se compose de trois couches : d'une couche antérieure ou séreuse, d'une couche postérieure ou pigmentaire, et d'une couche moyenne ou fibreuse qui le constitue essentiellement.

La couche séreuse forme une dépendance de la membrane de l'humeur aqueuse ; elle est extrêmement mince et recouverte d'un épitliélium paviinenteux. Tar son union intime avec les fibres de la couche moyenne elle contribue à les unir entre elles. C'est immédiatement au-dessous de cette couche qu'on trouve les cellules pigmentaires de la face antérieure de l'iris parfois assez accumulées sur certains points pour former des tache-; de couleur rouillée. Ces cellules sont très irrégulières et semblables à celles de la couche celluleuse de la choroïde. (Fig. 3l3.)

La couche incjmentaire a reçu le nom à'ux'de (1). Elle est épaisse, con-

(1) Ce nom a I)eaucoiip varié d'acception. Les anciens conside'raient la choroïiie et Tiiis comme une seule et même meml)rane qu'ils comparaient poui- sa forme, ainsi que pour sa couleur, à un graiu de raisin dont le pe'dicule aurait e'ie' arraché; de là les noms de payoctovjç qu'elle reçut des Grecs, et à''m'n (raisin) qu'elle reçut des Latins. «Appellutur payosK?/);, i^t est, ici^a, ob omnimodam ferè cum cœriileœ iwa; acino similitiidinem, a quo peditnciiliis aç>ulsus est.» {Plempii ophtlialmogrnpldn , 161'2, p. 22.)

Au commencement du XVie siècle, cette memlirane, jusque-là unique, fut scindée eu deux paitios : l'une, posléiienre, qu'où compara an chorion, d'où le mol choroïde-, l'autre, anléiimiie, qui conserva le nom d'«pee. C'est sous ce nom que l'iris est encore déciit dans les ouvrages de Ruyscli. de Pelil, de Wiiislow; le mot iris n'est employé par ces analomisles que pour désigner la variété des couKîurs de la face aiilérieiire de l'iris.

Vers le milieu du xvîiie sièrlc, un grand nomhre d'auleurs, à la tête desquels il faut placer Zinn et Haller, donnent à celte même membrane le nom A'iris, et réservent celui d'/zcee pour désigner sa couche pigmentaire, dénomination aujourd'hui généralemenl acceptée.

tinne avec celle des procès ciliaires, rayoniiée au niveau du grand cercle, unie au niveau du petit, dentelée sur le pourtour de la pupille. Sur les yeux, frais cette couche peut être détachée [lar lani])eau ({u'on voit flotter sons l'eau; sur les yeux Ilétris elle se réduit en poussière au moindre attouchement. Sa structure comprend une lamelle extrêmcinent mince, (pii adhère faiblement à la couclic moyenne de l'iris, et des cellules étalées sur celte lamelle à la nianière des pièces d'iine mosaï(iue. Ces cellules ressemblent à celles de la choroïde ; elles sont seulement un peu plus petites, plus arrondies et plus riches en granulaiions pi^mcutaires. — Ouehpics auteurs allemands admettent au-dessus de ces celhîîcs une membrane d'une grande ténuité qui serait un prolongement de la couche vasculaire de la rétine et (pii serait aussi parcourue par un grand nombre de vaisseaux suivant M. îîuschke; ii m'a été impossible d'apercevoir cette membrane, même sur des yeux observés peu d'heures après la mort. J'ajouterai que l'analogie ne plaide pas en sa faveur; car nous ne voyons nulle part une couche épithéliale renfermée entre deux couches varculaires.

La couche moyenne, ou fibreuse est celle qui présente la structure la lilus complexe; c'est elle qui préside au mouvement de resserrement et de dilatation de la pupille ; c'est elle aussi qui forme le point de départ et le siège principal des maladies si fré(iuentes et si variées de l'iris.

Cette couche nous offre à considérer : les fibres extrêmement multipliées (jui la composent, les nerfs très nombretix aussi qui viennent se terminer dans ces fdjres, et enfin des artères et des veines.

l" Fibres de l'Iris.

Ces fibres qui constituent essentiellement l'iris sont de deux ordres, rayonnées et circulaires.

Les fibres rayonnées se portent de la grande à la p.clite circonférence, sur laquelle elles semblent se rénécldr de m.anière à former des anses dont 1.1 convexité regarde la pupille et dont les branrhes passeraient, l'une sur !a face antérieure, et l'autre sur la face [jostérieure de l'iris. Le plan que iVirment ces fibres est donc double : ii y a un plan de fibres rayonnées anl(''rieures, et un plan de fibres rayonnées postérieures. Lorstpie les arcades situées sur la limite des deux cercles existent, chacun de ces plans se décompose à son tour en deux plans secondaires et concentriques qui ré- {iondent au grand et au petit cercle.

En examinant ces arcades sur un œil vivant avec une bonne loupe, ou sur un œil mort avec un grossissement de 40 à 50 diamètres, on remarque qu'elles sont formées par certaines fibres rayonnées du grand cercle qui s'infléchissent en sens inverse au niveau du petit et (pii s'entrecroisent entre elles sous des angles aigus ou obtus. Les fibres qui ne s'infléchissent pas passent par-dessus ces arcades et se prolongent jusqu'au bord pupillaire en devenant de plus en plus grêles.

Les fibres circulaires occupent le pourtour de la pupille. Elles ne s'étendent pas au delà du petit cercle. Leur nombre par conséquent est bien inférieur à celui dès fibres rayonnées. Recouvertes en avant et en arrière par les fibres rayonnées du petit cercle qui les croisent à angle droit, et très serrées les unes contre les autres, elles ne peuvent être vues ni à l'œil nu ni à l'œil armé d'une loupe. Des grossissements variés depuis 50 jus-

SPLANCHNOLOGIE. 661

([u'à 200 et même ôOO diamèlres sont nécessaires pour les observer. Los yeux de couleur claire, sur iescjuels le petit cercle est en général mieux dessiné et plus apparent, sont les plus convenables pour cette étude. On peut prendre indifféremment des yeux d'adulte de vin?^t à viiist-cin([ ans, ou bien des yeux d'enfant et mênse des yeux de fœtus de trois à (pialrc mois, les fibres circulaires de l'iris étant déjà complètement dévelop[!ées à cet âge. Il importe aussi d'employer d'abord les faibles grossissements et de monter graduellement de ceux-ci aux plus forts, afin de les expérimenter tous et de donner ensuite la préférence à celui qui montrera ces libres de la manière la plus nette. En procédant ainsi, on parviendra à distinguer au-dessous des fibres radiées des libres perpendiculaires à celles-ci, fortement pressées les unes contre les autres et d'une grande ténuité. Si avec une aiguille on a pris soin de dissocier quelques-unes de ces fibres sur le bord de la pupille, on verra ces fibres encore atlacliées par une de leurs extrémités P.otter sur ce bord en conservant une direction qui lui est plus ou moins parallèle ; on reconnaîtra en outre qu'elles sont très régulièremeiit calibrées, d'une grande transparence et assez semblables aux fibres de tissu cellulaire.

Les recberclies faites sur l'iris de plusieurs mammifères, et plus particulièrciiient sur celui du lapin et du lièvre, conduisent aux mêmes résultats. L'iris du bœuf, qui a été con-eillé comme favorable à cette étude, est au contraire le plus impropre, ses fibres étant imprégnées d'une grande quantité de pigmentum qui lui enlève toute transparence.

Quelle est la nature des fibres de l'iris? Drelincourt (11, Ruyscli (2) et Winslow {■]) les croient musculaires ; selon ces auteurs, les libres rayonnées dilatent la pupille et les fibres circulaires la resserrent à la manière d'un sphincter. Mais Zinn et Margagni doutent de leur nature musculeuse.

Haller attribue la constriction de la pupille à la congestion des vaisseaux sanguins, c'est-à-dire à une propriété érectile de l'iris, opinion qui fut adoptée par un grand nombre de physiologistes, et dont M. le professeur Bérard a montré le peu de solidité, en faisant remarciuer que si la <lilatation de l'orifice pupillaire était un phénomène pureuK-nt passif, il devrait avoir une limite invariable, tandis que nous voyons au contraire cet orifice se dilater, tantôt graduellement, tantôt brusquement, à des degrés très divers. Cette objection renverse également l'hypothèse de Demours, qui considérait les fibres circulaires comme seules musculaires et les fibres rayonnées comme élastiques. J'ajouterai que si les fibres rayonnées étaient élastiques, elles devraient simplement diminuer de longueur au moment où la pupille se dilate : or il n'en est pas ainsi, puisqu'elles se plient à angle obtus, comme celles des muscles de la vie animale. La direction en ligne brisée de ces fibres n'attestc-t-elle pas clairement que la dilatation, ainsi que la constriction de la pupille, est un phénomène actif, et ne suffit-elle pas aussi pour repousser l'opinion de Lïenle, de Krause, de Sclnvann, etc., qui ne voient dans l'iris que des fibres de tissu cellulaire? Lorsque les fibres de cet ordre se raccourcissent, en effet elles deviennent

(i) Prœliidinm anntojuieutn. |i. l'Jo,

(i) Respons. ad epist. nnnt. Xiil, cl Ui. II,

[7i) Exposit, anat.^ p. 6lJô,

sinueuses, mais jamais elles ne présentent clés inflexions anguleuses alternativement saillantes et rentrantes.

En procédant ainsi par voie d'élimination, nous nous trouvons ramené à l'opinion de Ruyscli et de Winslow. On peut lui objecter à son tour que les fibres de l'iris ne ressemblent ni aux fibres striées ni aux fibres lisses, d'où il suit que si on veut les considérer comme musculaires, il faut diviser celles-ci en trois ordres, savoir : les fibres striées, les fibres lisses et les fibres de l'iris qui diffèrent des striées et des lisses au même titre que ces deux derniers ordres de fibres diffèrent l'un de l'autre, et qui auraient tous les trois pour caractère commun une contractilité évidente soumise à l'influence du système nerveux. Admettons pour un instant que les fibres de l'iris sont en effet de nature musculaire ; toutes les difficultés ne seront pas encore levées, car les circulaires et les rayonnées ne se comportent pas de la même manière sous le même excitant.

La lumière, l'électricité, la strychnine, déterminent la contraction des fibres circulaires et restent sans action sur les fibres radiées.

L'irritation du nerf moteur oculaire commun fait contracter le sphincter de la pupille, et n'agit nullement sur le muscle dilatateur; par contre l'irritation de la portion cervicale du grand sympathique détermine la contraction du dilatateur et non celle du sphincter.

La belladone paralyse les fibres circulaires et produit la contraction des fibres rayonnées.

Au moment de l'agonie le sphincter de la pupille se relâche comme tous les sphincters; mais le muscle rayonné ou dilatateur conserve encore son action.

Les fibres circulaires se comportent, en un mot, dans toutes les circonstances, comme les fibres musculaires de la vie animale, ainsi que l'a très bien fait remarquer 31. Guillemin dans son intéressant mémoire sur la structure et les mouvements de l'iris [i). Les fibres radiées au contraire se comportent comme les fibres musculaires de la vie organique. Bien qu'elles diffèrent, au point de vue microscopique, de ces deux ordres de fibres, elles ont donc avec elles la plus étroite analogie sous le rapport physiologique; et M. Guillemin ajoute avec raison que ce n'est qu'en s'appuyant sur celte analogie des fibres circulaires avec les fibres musculaires de la vie animale, et des fibres rayonnées avec les fibres musculaires de la vie organique, qu'on peut bien se rendre compte de tous les mouvements de l'iris.

A ces deux ordres de fibres musculaires correspondent deux ordres de nerfs moteurs : 1° des nerfs émanés du moteur oculaire commun , lesquels président à la contraction des fibres circulaires; 2° des nerfs venus du grand sympathique , qui président à la contraction des fibres radiées.

L'influence du moteuroculaire commun sur les fibres circulaires est mise hors de toute contestation par la dilatation constante de la pupille, c'està-dire par la paralysie de ces fibres à la suite de la paralysie du nerf de la 3* paire.

L'influence du grand sympathique sur les fibres radiées n'est pas moins incontestable. Petit, le premier, avança, en 1727, que la section de ce

(1) Moniteur des hôpilaux, l. II, p. 830.

SPLANCHNÛLOGIE. 663

nerf, dans sa portion cervicale, avait pour résultat la paralysie des fibres radiées et le resserrement de la pupille (1). — M. Bifli, de Jlilan, en 184G, confirma l'exactitude du fait signalé par Petit, et montra en outre, qu'en galvanisant le bout céphalique du nerf coupé, on détermine la contraction deces mêmes fibreset ladilatation de l'orifice pupillaire. — A peu près vers la même époque, M. Ruetc, de Vienne, fit remarquer que cet orifice, dilaté et immobile à la suite de la paralysie de la 3^ paire, peut encore s'agrandir par l'action de la belladone, d'où il conclut que le premier degré de dilatation était dû à la paralysie des fibres circulaires animées par le moteur oculaire commun, et le second à la contraction des fibres radiées, animées par le grand sympathique. — En 1851, MM. Budge et Wal'er (2) abordent à leur tour le même sujet, et constatent que, dans son action sur la pupille, le grand sympathique n'agit que comme un conducteur qui transmet une influence dont le point de départ est dans une région de la moelle épinière étendue de la première à la sixième vertèbre dorsale, région à laqiielle ils donnent le nom de cilio-spinale. — Dans ses recherches sur le grand sympathique, lues à la Société de biologie au mois de décembre 1853, M. Cl. Bernard, après avoir repris un à un tous les faits qui précèdent, est venu leur donner une nouvelle confirmation en les envisageant d'un point de vue à la fois plus général et plus élevé.

2» Nerfs de l'inn.

Les nerfs de l'iris émanent du plexus nerveux qui occupe l'épaisseur du ligament ciliaire, plexus constitué lui-même, ainsi que nous l'avons vu, par l'ensemble des nerfs ciliaires. Combien de branches partent de ce plexus? Quelle est leur direction? Comment se comportent-elles à l'égard des fibres rayonnées et des fibres circulaires? Toutes ces questions sont restées jusqu'à présent sans réponse, et l'on conçoit facilement ce silence des auteurs, lorsqu'on tente de poursuivre les divisions nerveuses qui pénètrent dans l'iris. Tant de fibres, d'artères et de veines participent à la composition de cette membrane, que ses nerfs, comparativement fort grêles , disparaissent presque complètement à l'œil de l'observateur au milieu de ce réseau compliqué , quel que soit le grossissement qu'on emploie pour les découvrir, et quel que soit aussi le réactif mis en iisage pour les rendre plus apparents. Eu jetant les yeux sur la figure qu'Arnold a consacrée à ces nerfs, rien ne parait plus simple et plus facile que leur étude; mais cette figure n'est qu'une fantaisie de dessinateur qui, ne pouvant montrer les nerfs de l'iris tels qu'ils sont, a voulu du moins les montrer tels qu'ils pourraient être.

En examinant attentivement des lambeaux d'iris qui avaient macéié pendant trois semaines dans l'acide acéti(iue, je suis parvenu cependant à suivre quelques rameaux nerveux, mais seulement à une petite distance de la grande circonférence et à l'aide de grossissements variés de 100 à 500 diamètres. Ces ramuscules marchaient d'abord parallèlement aux fibres radiées, mais bientôt ils s'en écartaient pour les croiser à angle

(1) Mémoire dans lequel il est demoiili e que les nerfs intercostaux fournissent des rameaux qui portent des esprits dans les yeux.. {Hist.de rJcad, des sciences.)

(2) Coniple rendu de L'Acad. des sciences, p. 578.

66 4 ANA.TOMIE.

droit ou à angle aigu en fournissant des branches qui se comportaient de la même manière, et en s'anastomosant par de nombreuses ratrjifications avec les rarauscules voisins. D'où il suit :

1° Que ces nerfs semblent conserver dans l'iris la disposition plexueusc qu'ils présentent dans le ligament ciliaire ;

2° Qu'ils paraissent se comporter, relativement aux fibres de l'iris, à pci près comme les nerfs relativement aux fibres musculaires.

3° JrLèves de l'iris.

Les ariàres de l'iris proviennent de deux sources, des ciliaires postérieures longues et des ciliaires antérieures.

Les ciliaires pn^lerieiires longues, au nombre de deux, l'une externe, l'autre interne, partent du même tronc qui donne naissance aux ciliaires postérieures courtes. Mais au lieu de s'engager comme ces dernières dans l'épaisseur de la sclérotique sur un point très rapproché du nerf opticiuc, elles rampent d'abord sur cette membrane, et après un trajet de 4 ou 5 millimètres elles la traversent très obliquement, accompagnées par un nerf ciliaire volumineux qui leur est accolé, puis s'en dégagent à l'union du tiers postérieur avec les deux tiers antérieurs du globe de l'œil, pour cheminer entre la tunique fibreuse et la tunique vasculaire jusqu'au ligament ciliaire, où elles se bifurquent. Dans ce trajet les deux ciliaires longues répondent à ré([uateur de l'œil ; c'est à tort que quelques auteurs les croient situées, ceux-ci un peu au-dessus, d'autres un peu au-dessous de ce plan. Pour s'assurer de la vérité à cet égard, il faut les observer sur un œil en place et non sur un œil extrait de l'orbite. (Fig. 307.)

L'angle de bifurcation de ces artères se trouve toujours situé en arrière du ligament ciliaire dont le bord postérieur est à 3 millimètres de la circonférence de la cornée; entre cet angle par conséquent et cette circonférence il existe un intervalle qui ne peut pas être moindre de 4 millimètres, mais qui peut s'étendre jusqu'à 6 et même 7, et qui est en généra! de 5 millimètres. De là le précepte, dans l'opération de la cataracte par abaissement, de ponctionner la sclérotique à 3 ou 4 millimètres au-dessous de l'équateur de l'œil, et à 4 millimètres en dehors de la circonférence de la cornée, précepte dont M. le professeur Nélaton surtout a bien discuté le principe et démontré l'utilité (1).

Les deux branches qui partent du tronc de chaque ciliaire longue se séparent à angle aigu, lorsque la bifurcation de ces artères a lieu à 6 ou 7 millimètres de la circonférence de la cornée, et à angle très obtus lorsqu'elle se produit à leur entrée dans le ligament ciliaire. Toutes deux se dirigent obliquement en avant, l'une en haut et l'autre en bas. De leur partie antérieure naissent un nombre variable de branches qui s'en détachent presque perpendiculairement pour se rendre en ligne droite vers le boni antérieur du ligament ciliaire. Parvenues au niveau de ce bord, on les voit se partager à leur tour en deux rameaux plus petits qui s'écartent au [loint de devenir parallèles à la grande circonférence de l'iris , et qui, après un court trajet, se subdivisent eux-mêmes en deux ramuscules dont l'un dcs-

(l) A. Nélaton, Parallèle des dii^crs nwdes ope'ratolrcs dans le IrailelUent de la cataracte^ 1850, p. ôo.

SrLANCHNoLOGlE. 660

cent! dans l'iris, tandis que le [tins tloigni-, coulii:uanl de longer la circonférence de cette membrane, à l'instar d'une petite tangente, va s'anastomoser avec un raniuscnle semblable venu du rameau voisin. De ces anastomoses successives résulte un cercle artériel situé dans l'épaisseur du bord antérieur du ligament cillaire, iminédiaiemcnl en deliors de l'a grande circonférence de l'iris qu'il eiicadre Ce cercle, conini sous le nom de grand cercle arlcriel de l'iris, est exclusivcn^.ent formé en dehors et en dedans par les raineaux uni émanent des ciliairos longues ; mais en liant et en bas il est comiilété, ainsi que l'a très bien démontré M. le professeur Denonvilliers, par d'autres rameaux qui se comportent comnie les [irécédents et qui viennent des artères ciliaires aiitérieiires. (Fig. 318.)

De la concavité de ce cercle partent un nombre considérable d'artérioles qui pénèlrciit aussitôt dans l'iris pour se porter de la grande circonférence vers la petite, à la manière de rayons. La plupart sont (lexuenses ; d'autres, après un court trajet, se dévient à angle droit, puis repreiuicnt leur direction première. Ciiemin faisant, touîes cesartérioies fournissent de fines ramifications aux libres radiées et s'anastomosent entre elles par des branches transversales qui ont fait comparer leur distribution [lar Bertrand, Morgagni et Zinn à celle des artères mésentéri(pies. — Arrivées sur la limite des fibres circnlaires, elles formeraient par leurs divisioiis et leurs anastomoses successives un second cercie, décrit par tous les auteurs sous le nom depel.il cercle artériel de l'irià-. Mais ce petit cercle est-iibien réel ? Sur les pièces si heureusement injectées que M. le professeur Denonvilliers a déposées au musée, on en trouve à peine quelques traces ; on ne le voit pas davantage sur les iris de lapin si bic!! injectés aussi par 3i. Cusco, Ruyscli et Zinn, qui les premiers l'ont décrit et sur l'autorité des(piels il a été admis, font déjà remarquer qu'il est incomplet, peu régulier, et n'existe quelquefois (ju'à l'état de vestige. Le dessin qu'en donne Zinn atteste bien en effet tous ces caractères d'imperfection. Si j'en juge par les faits que j'ai pu observer, les artères de l'iris, en pénétrant au miiien des fibres circulaires, se divisent en deux ou trois ranmscules qui s'anastomosent entre eux et avec les l'amuscules voisins de manière à former un petit réseau à mailles très serrées. On distingue assez bien ce réseau sur cjuclques iris de fœtus et sur les iris affectés d'inflammalion ; mais on n'eu voit que le bord externe sur les iris d'adultes les mieux injectés. C'est à ce bord externe, seule partie qu'ils avaient entrevue, (pie les auteurs ont donné le nom de petit cercle artériel de l'iris.

Les artères ciliaires antérieures tirent leur origiiic des braiiches uiusculaires de l'ophthalmique. Elles traversent les muscles droits au voisinage de leur tendon, et convergent de toutes paris vers la circonfére.Mce de la cornée sans arriver jusqu'à elle. Ou en compte le plus souvent deux pour chaque muscle. (Fig. 300 et 3 20.)

Celles qui correspondent aux droits supérieur et inférieur sont gc'uéralenient plus volumineuses que celles des muscles droits interne et externe. Leur trajet est tlcxueux. Après avoir donné, chemin faisant, plusieurs ramifications déliées à la conjonctive oculaire, et d'autres à la sclérotique, elles se divisent à une petite distance de la circonférence de la cornée en deux et quelquefois en trois branches qui traversent perpendiculairement la sclérotiiiue et pénètrent ensuite dans le ligament ciliaire. Celles-ci se par-

lagent à leur tour en deux ou trois rameaux qui s'unissent soit à ceux des branches voisines, soit à d'autres rameaux émanés de la partie postérieure des branches des ciliaires longues pour former un réseau artériel qui occupe toute l'épaisseur du lisamcnt ciliaire. De ce réseau on voit naître trois ordres de divisions terminales :

l*» Des divisions antérieures qui vont compléter en haut et en bas le grand cercle artériel de l'iris.

2° Des divisions postérieures peu nombreuses, mais quelquefois assez considérables, qui vont s'anastomoser avec les ciliaires postérieures courtes.

3" Enfin des divisions internes ou profondes extrêmement multipliées (lui se rendent dans les procès ciliaires. Ces dernières se voient très bien sur les pièces injectées par M, Cusco. Elles ont les connexions les plus intimes avec le grand cercle artériel, à la formation duquel elles concourent aussi. Ces connexions vasculaires entre l'iris et le corps ciliaire méritent

FiG. 317.

Artères de l'iris, d'après Arnold.

A. Clioroïde. — B. Iris. — C. Ligamcnl ciliaire. — 1,1. Arlôres ciliuires po^lelicurcs longues. — 2,2,2,2,2, Artères ciliaires aDle'rieures. — ô,ô. Anast nioscs des ciliaires postérieures longues avec les ciliaires antc'rieures. C'est à celte anastomose des brandies ascendantes et descendantes des ciliaires longues avec les ciliaires aule'rieuies voisines, et de celles-ci entre elles, qu'Arn Id et la plupart des auteurs ont d^nne le nom de grand cercle artériel de l'iris. Mais on ne voit pas ces branches s'aboucher directement; elles ne s'a iiastomosent que par leurs rameaux et leurs ranniscules, ainsi qu'on peut le lemarr^uer dans la figure suivante, et forment par conséquent dans le ligament ciliaire , non un cercle proprement dit, mais un réseau qui occupe toute la largeur de ce ligament. - 4,4. Petit ccrclcde liris. — 5,5. Divisions arlérielles étendues du grand cercle au petit.J

SPLANCHNOLOGIE.

d'autant plus d'être signalées qu'elles ont très probablement pour effet d'ctablir entre les maladies de ces deux organes une sorte de communauté. Dans trois cas de kératite compliquée d'iritis que j'ai pu examiner l'été dernier, les malades ayant succombé au cboléra, j'ai trouvé les procès ciliaires fortement congestionnés. La cyclite, ou inflam«uition de la couronne ciliaire, décrite pour la première fois par A. Eérard, dans ses cours de clinique, est une maladie ou au moins une complication de maladie que mes rechercbes sur les vaisseaux de l'œil me portent à considérer comme extrêmement fréquente, et dont l'étude serait digne de fixer toute l'attention des opbthalmologistes.

En résumé, les ciliaires longues se distribuent principalement dans Tirls et accessoirement dans les procès ciliaires; les ciliaires antérieures au contraire donnent leurs divisions principales aux pi'ocès ciliaires et les accessoires à l'iris.

FiG. 318.

Prières de l'iris dessinées d'' après les jni'pnralioiis de M le jtrofesseuT Denonviliiers eld' après celles qui vie sont propres, afin dejnontrerle grand cercle artériel de Viris qiCon n'obser^'e pas dans la figure précédente.

1 ,1. Arlèrcs ciliaires postérieures lougues. — 2,2. Leurs branches supérieures. — 5,3. lieurs branches infe'rieures. — 4,4. Pelite division à trajet rétrograda que ces artères fournissent quelquefois à la choroïde. — S,o,6,6. Artères ciliaires antérieures. Ou voit que toutes ces artères, après avoir fourni des branches qui se ramifient dans le ligament ciliaire, en donnent d'autres plus considérables qui marchent parallèlement à la circonférence de l'iris et qui s'anastomosent entre elles; ce sont ces branches, ainsi anastomosées, qui forment le cercle artériel de l'iris. On voit en outre que les divisions très multipliées qui naissent de ce cercle, et qui se portent vers la pupille, ne forment pas autour de cet orifice un second cercle linéaire, mais un réseau à mailles irrogulières. Ce réseau circumpupillaii e est indiqué par le tiret 7.

4*^ Fcïnes de l'iris

Les veines de l'iris ont, été décrites d'une manière confuse et contradictoire. Zinn, qui le premier a donné beaucoup d'attention à l'étude des veilles de l'œil, et dont la descrii)tion a généraleineut prévalu jusqu'à mrsent, nous enseigne que les veines de l'iris marcheut parallèlement aux artères, et qu'arrivées à la grande circonférence, elles forment par leurs anastomoses un cercle concetitrique au grand cercle artériel ; de ce cercle partent trois ordres de brandies :

1° Deux brandies principales, les veines ciliaircs longues c[ui accompagnent les artères du même nom.

2° Des brandies qui suivent les artères ciliaires aiitérienres et qui sortent du globe avec les artères.

3° Enfin des brandies qui vont se jeter dans les vasa vorticosa.

Tous les auteurs ont admis avec Zinn cette triple terminaison des branches qui partent du cercle veineux de l'iris. Mais en marchant pas à pas sur ses traces, tous se sont égarés. Car il n'existe pas de veines ciliaires longues, et aucune des veines qui viennent de l'iris ne vont se réunir aux vasa vorticosa : toutes traversent la sclérotique pour aller se jeter dans les veines ciliaires antérieures qu'elles constituent essentiellement , et qu'on pourrait appeler veines irienncs. — Quant an cercle veineux dans lequel elles s'ouvrent immédiatement en sortant de Tiris, il a été l'objet d'une grande dissidence. Beaucoup d'analomistes l'ont nié et le nient encore. Parmi ceux qui ont admis son exislence, les uns le croient simple ; d'autres, avec Ilucck, le croient double et décrivent un cercle veineux antérieur et un cercle veineux postérieur. — Des opinions différentes aussi ont été émises sur sa situation, llnysdi, qui l'a mentionné le premier, et qui le représente sur l'œil de la baleine, le place dans le ligament ciliaire ; mais il s'était un peu mépris sur sa nature, en le considérant comme artériel, lîovius, qui lui reproclic vivement cette erreur, le place dans le sillon (jue l'on observe à l'union de la scléroti([ue avec la cornée; il en est de même deFonîanaet de Sclilemm : d'oîi les noms de canal de Hovius, de canal de Fontana, de canal de Schlemm, sous lescpiels il a été successivement décrit, bien que ces auteurs n'aient invoqué en faveur de son exislence et de ses usages aucun fait positif. Aussi élait-il resté sous ce double rapport à l'état d'b.ypotbèse lui peu discréditée, lorsque dans mes rechercbes sur la circulation de l'œ^il, présentées à la Société de biologie au mois de juillet lfi54, j'ai établi sa réalité, en montrant non-seulemont ce canal, mais les veines qui s'y rendent et celles qui en partent, Pour rappeler son analogie avec le grand cercle artériel, je l'appellerai cercle veineux de l'iris.

Des considérations qui précèdent il suit que l'iris possède un petit système veineux qui lui appartient exclusivement, et qui comprend : 1° les veines de l'iris proprement dites; 2° un cercle ou canal veineux dans lequel toutes ces veines vont se jeter comme dans un réservoir commun ; ."" enfin les veines ciliaires antérieures ijui naissent de ce canal.

Les veines intra-iriennes, décrites par tous les anatomistes et repi'é- ?cntées par plusieurs, n'ont été vues par aucun. On ne peut les injecter ni

SPLANCQNOLOGIE. 60)9

par les artères, ni par les veines. Sur les préparations de M. Denonvilliers et de M. Cusco, où les artères de l'iris sont si bien remplies, on ne voit aucinie veine. Lorsqu'on injecte le tronc de la veine ophthalmique, le liquide pénètre dans toutes les veines de la choroïde, mais il ne pénètre pas dans les veines ciliaires antérieures ; des valvules très résistantes s'y opposent. Si les communications admises par les auteurs entre les veines choroïdiennes et les veines intrairiennes existaient, l'injection passerait des premières dans les secondes an moins en partie; ce passage n'a pas lien. J'ai cherché à injecter ces veines par le canal veineux de l'iris, mais ici encore même insuccès : car il faut se créer une voie pour arriver jusqu'au canal, et le liquide s'échappe alors de toutes parts par la solution de continuité ; cependant j'ai pu obtenir quelques veines par ce procédé. Néanmoins la seule m.éth.ode à mettre en usage jiour les bien observer consiste à les étudier au microscope, soit sur des iris de fœtus, soit sur des iris de lapin blanc, soit enfin sur des iris affectés d'inflammations aiguës ou chroniques. Dans ces conditions elles sont assez faciles à distinguer des artères; car celles-ci sont vides pour la plupart, tandis que les veines sont au contraire remplies de sang.

Sur les différentes préparations de ce genre que je me suis procurées, j'ai vu les veines intra-iriennes former, comme les artères correspondantes, un plexus qui enlace toutes les fibres rayonnées de l'iris. De ce plexus naissent des branches et des troncules en général parallèles à ces fibres, et parallèles aussi, par conséquent, aux artères ; d'où l'extrême difficulté qu'on épi'ouve à distinguer au microscope ces deux ordres de vaisseaux sur des iris sains. Un petit nondjre de ces vaisseaux coupent cependant obliquement les fibres musculaires, et tantôt alors c'est le tronc seulement qui se dévie un peu avant sa terminaison, tantôt c'est la veine dans toute son étendue qui suit une direction plus ou moins oblique. Parvenues au niveau de la grande circonférence, elles se jettent dans le cercle veineux de l'irig.

Ce cercle ou canal veineux, situé dans le sillon creusé à l'union de la sclérotique avec la cornée, se trouve appliqué comme un anneau sur le pourtour de 1 iris. Il est constitué par un prolongement de la tunique interne des veines et par une lame mince de la sclérotique, de telle sorte qu'il a pu être comparé avec beaucoup de raison à un sinus veineux. Lorsipi'il n'est pas injecté, il se présente sous l'as.pect d'une ligne sombre très régulièrement circulaire qui permet facilement de le distinguer. Injecté au mercure, il prend la forme d'un cylindre à surface inégale et rugueuse. Sa paroi interne est criblée d'ouvertures qui répondent à l'embouchure des veines intra-iriennes ; elle fait légèrement saillie au-dessus de la surface interne de la sclérotique. Sa partie externe est surmontée d'innombrables l'amifications qui traversent la sclérotique et qui deviennent l'origine des veines ciliaires antérieures. Au moment où l'on pique ce canal avec la pointe d'un tube à injection lymphatique, le mercure se répand presque instantanément dans toute son étendue ; en même temps il pénètre dans les radicules des veines ciliaires antérieures, passe dans leurs branches, puis dans leur tronc, et ne tarde pas à s'épancher dans la veine ophthalmique elle-même. D'autres fois, après avoir pénétré dans ce canal, le métal s'en échappe par les embouchures déchirées des veines intra-iriennes.

Suivant M. Iliisclike, le cercle veineux lic l'iris s'injecte très bien par les artères. Cette assertion, qui a été répétée par plusieurs auteurs, ne me paraît pas fondée. J'ai fait un grand nombre d'injections artérielles dont quelques-unes étaient très pénétrantes, et dans aucune je n'ai vu le liquide injecté pénétrer dans le système veineux de l'iris.

On trouve quelquefois du sang dans le canal veineux de l'iris, mais seulement sur les sujets qui sont morts pendant la durée d'une kératite compliquée d'iritis.

Les veines cîlïaîres antérieures^ nées de la paroi externe du cercle veineux de l'iris par une prodigieuse quantité de radicules, traversent la sclérotique, et viennent former, sur la partie antérieure de cette membrane, autour de la cornée, un réseau extrêmement remarquable dont la nature a été méconnue jusqu'à ce jour.

Ce réseau est séparé de celui qui appartient à la conjonctive par la partie antérieure de l'aponévrose orbitaire, en sorte qu'on peut les faire glisser l'un sur l'auti'e. Le réseau conjonctival^ composé de vaisseaux capillaires, se déplace facilement; le réseau sclérotidien, formé de vaisseaux plus considérables, reste complètement immobile. Ce dernier est celui qui

FiG. 319.

FiG. 520.

Cercle veineux de Viris.

Jrlères et veines ciliaires antérieures.

Fig. 519. — Canal de Fonlnna, on cercle veineux de l'iris.— \. Face posleïieiire ou circulaire de la cornée. — 2,2. Sclérotique, — 5. Cercle veineux de l'iris injecté au mercure. — 4,4. Orifices par lesquels passent les hratiches des artères ciliaires antérieures pour se rendie duns le ligament ciliaire,

Fig. 520. — Artères et veines ciliaires antérieures. — 1. Cercle veineux de l'iris injecté au mercure et vu par transparence. — 2. Radicules veineuses qui émanent de la circonférence de ce cercle et C(ui cousliluent l'origine des veiues ciliaires antérieures. — 5,3,5. Veines ciliaires antérieures et supérieures. — 4,4. Altères ciliaires antérieures correspondantes. — 5,5. Veines ciliaires antérieures et inférieures. — 6,6. Artères correspondantes. — 7. Artères et veines ciliaires antéro-externes. — 8, Artères et veines ciliaires antéro-inlerues. On voit (jue tontes les altères ciliaires antérieures sont plus ou moins flexueuses, et leurs veines satellites plus ou moins rertilignes.

SPLANCHNOLOGIE.

s'injcc;e dans toutes les maladies de l'iris; aussi avait-il depuis longtemps fixé l'attention des patliologistes. Seulement il a élé considéré à tort, jusqu'à présent, comme un réseau arlériel; les artères ciliaires autérieures ne participent que pour une très faible part à sa formation , il est essentiellement veineux.

Parmi les veinules qui le composent /celles qui recouvrent la partie amincie et transparente par laquelle la sclérotique vient s'appliquer à la circonférence de la cornée semblent reposer sur cette dernière membrane. Mais nous avons vu précédemment que dans aucun cas elles ne s'avancent sur e'.le et qu'elles s'anastomosent en arcades sur son contour. Ces veinules ne sont pas toutes également déliées. On en voit quelquesunes qui offrent un calibre trois ou quatre fois plus considérable que celui de la plupart d'entre elles, et qui traversent perpendiculairement la sclérotique, à 1 ou 2 millimètres de la cornée, sans passer par les trous destinés aux artères ciiiaires antérieures.

Les veines qui naissent du pourtour de ce réseau se dirigent vers les tendons des muscles droits. Il en existe ordinairement deux ou trois pour chaque muscle. Leur direction est rectilignc, tandis que celle des artères

FiG. S21,

FiG. 52-2.

^'^^. ff-ytXr

Veines ciliaires antérieures.

Valvules de ces veines.

Fig. ô2i. — Cette figure représente, comme la piécédente, les veines ciliaires antérieures injectées au mercure par le cercle veineux de l'iris ; seulement, afin de les montrer d'une manière plus disiincte, le glohe de l'œil a été doublé dans son diamètre, et les artères ciliaires onl été supprimées. On voit que toutes ces veines traversent à leur origine la partie de la sclérotique qui lecouvre le biseau de la cornée, et qu'elles forment autour de cette dernière membrane un réseau d'ovi naissent huit ou dix troncs principaux.

Fig. 522. — Valvules des veines ciliaires antérieures. — l,i,l. Branches d'origine de ces veines. — 2,2,2. Leurs troncs. — 5,ô,ô. Étranglements valvulaires qu'on observe sur ces troncs.

est ail contraire plus ou moins flexueuse. Après avoir rampé sur le tendon (les muscles, elles s'engagent dans l'épaisseur de ceux-ci, se réunissent aux veines musculaires, et se jettent ensuite dans le tronc de la veine ophtliaImi(pîe.

Au niveau de l'union du tendon avec les fibres musculaires ou un peu avant celte union, chacune d'elles présente deux ou trois étranglements (pii correspondent à autant de valvules. Parmi les veines de VaU, les ciliaires antérieures sont les seules qui présentent des replis valvnlaires, sans doute parce que ce sont les seules aussi qui aient à traverser des muscles pour se rendre à leur destination.

Membrane pupillaiie.

Au niveau de la pupille, on observe cliez le fœtus une membrane, la membrane pu pillaire, qui ferme cet orifice et qui interdit par conséquent toute communication entre les deux chambres.

La membrane pupiilaire est transparente, extrêmement mince et d'une figure régulièrement circulaire. Dans les iiremiers mois de la vie fœtale elle est si petite, qu'on peut à peine la distinguer de l'iris. Mais à trois mois on trois mois et demi elle est déjà très apparente. Vers le sixième mois elle a acquis ses plus grandes dimensions; à la fin du septième elle s'atrophie à son centre pour se déchirer et prendre l'aspect d'un anneau (|ui s'atrophie à son tour et dont les derniers vestiges ont ordinairement disparu au moment de la naissance.

l'oiir voir cette membrane, il faut en'cver la moitié postérieure des trois tunitpies de l'œil et l'examiner par transparence, en présentant la cornée ou le corps vitré à la lumière et en faisant usage d'une bonne loupe. On en prendra une notion plus complète encore en plaçant la préparation elle-même sur le porte-objet du microscope et en l'examinant à un grossissement de 2 0 diamètres. On remarquera alors :

1° Qu'elle se continue par sa circonférence avec le bord pupiilaire, qui contraste par sa couleur sombre avec sa transparence ;

2° Qu'elle est parcourue par des vaisseaux continus à ceux de l'iris dont ils sont un prolongement ;

3° Que ces vaisseaux se portent, pour la plupart, de sa périphérie ve.rs son centre en s'anastomosant entre eux ;

i° Que, parvenus vers le centre de la membrane, ceux-ci se recourbent pour former des anses qui se regardent par leur convexité et qui circonscrivent un petit espace plus ou moins circulaire privé de vaisseaux. Cette partie centrale, dépourvue de vaisseaux, est celle qui s'atroi)hie et disparaît la première.

En employant un grossissement de 50 ou de 100 diamètres, on constatera en outre que la membrane pupiilaire est formée de fibres de tissu cellulaire entrecroisées en tout sens, et que ces fibres constituent une seule et même lame dans l'épaisseur de laquelle cheminent les artères et les veines,

La membrane pupiilaire a été mentionnée pour la première fois par Vvachendorf en 17-40. Elle a été mieux décrite deux ans plus tard par Haller. Albinus, en 1752, a très bien représenté ses vaisseaux dans une figure ([ue Sœmmerring et Arnold ont en partie reproduite en l'amplifiant, et qui a servi aussi de base à la description qu'en a donnée M. .T. Cloquet,

SPLANXHNOLOGIE. 673

Ce dernier auteur avance que la membrane pupillairc se compose de deux lames; nous avons vu pins haut qu'elle est toujours simple. L'observation microscopique ne laisse aucun doute sur ce point.

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