‹ Manuel d'anatomie descriptive et de préparations anatomiques (volume 2)Chapitre 109 sur 133 · HF.TINE · texte numérisé non relu

HF.TINE

Fiépnralion. — Placez l'œil daus un vnse à fond plut et à Lords peu clevcf, coulcnant une suffisante quaulile' d'eau. Enlevez la sclcrolique et la cornée, détachez ensuite l'iris circulairen.ent, puis saisissez la clioioïde sur deux poinls avec des pinces tenues de la main droite et de la main gauche, et déchirez celle membrane d'avant en arrière jusqu'au nerf optique. Il vous sera alors facile de la détacher et de Texciser, soit en niasse, soit par lamheaux.

La rétine, troisième tunique du globe de l'œil, est cette membrane douée d'une sensibilité exquise et spéciale sur laquelle les corps extérieurs viennent peindre leur image.

Située entre la choroïde et le corps vitré, continue en arrière avec le nerf optique qui semble s'épanouir pour lui donner naissance, limitée en avant parle bord festonné de la zone de Zinn, cette membrane présente la forme d'un segment de sphère tourné par sa concavité vers la pupille, c'est-à-dire vers l'horizon.

La rétine est transparente ; mais elle ne l'est pas au même degré que les milieux de l'œil. Constamment elle offre une teinte légèrement opaline, plus prononcée après la mort que pendant la vie, mais toujours assez manifeste cependant pour qu'on puisse facilement la distinguer du corps vitré sur lequel elle repose.

Son épaisseur n'atteint que les deux tiers de celle de la choroïde; elle diminue un peu d'arrière en avant.

Sa cohésion est si faible, que malgré toutes les précautions prises pour la découvrir, on n'arrive pas toujours à ce résultat sans la déchirer.

La surface externe ou convexe de la rétine s'appli([ue au pigmentum de la choroïde sans lui adhérer. Au niveau de l'extrémité postérieure de l'axe visuel, cette surface présente une fente transversale qui correspond à un pli transversal aussi et permanent, situé au même point sur la surface opposée. A l'extrémité interne de cette fente on observe la coupe circulaire du nerf optique, et sur le centre de cette £oupe un point rouge qui représente l'artère centrale de la rétine.

La surface inierne ou concave recouvre le corps vilré, dont elle reste complètement indépendante sur tous les points de son éteiuUie ; cette indépendance est suffisamment attestée par les plis antéro-postérienrs que la rétine présente sur les yeux plus ou moins flétris, c'est-à-dire dont l'humeur aqueuse et l'humeur vitrée se sont en partie évaporées, plis dont le développement est proportionnel à la quantité d'humeur vitrée qui a disparu.

Indépendamment de ces plis antéro-postérieurs, qui sont accidentels et qu'on peut faire disparaître en insufflant de l'air au centre du corps vitré, il en est un autre (jui est permanent, et qui, né sur un point très rapproché du nerf optique, se dirige transversalement de dedans en dehors, La longueur de ce pli varie de 4 à G millimètres, Sa largeur n'offre

que le tiers de cette étendue, et sa hauteur le quart ou le cinquième. Son extrémité externe se termine en pointe ; son extrémité opposée est ordinairement arrondie. Deux autres plis rudimentaires naissent quelquefois l'un au-dessus, l'autre au-dessous de sa partie moyenne : il offre alors une disposition cruciforme. Quelle que soit la variété qu'il présente, constamment on observe sur sa partie la plus saillante une tache d'une belle couleur jaune, et au centre de celle-ci un pertuis qui constitue le fovamen centrale, ou trou central de la rétine.

La tache jaune, qu'on retrouve chez le singe, mais qui ne paraît pas exister dans les autres espèces animales, est ovalaire et transversalement dirigée comme le pli sur lequel elle repose. Son contour n'est pas nettement limité ; il présente une teinte plus pâle et dégradée qui lui permet de se confondre insensiblement avec les parties voisines. (Fig. 324.)

te trou central est souvent difficile à voir ; cependant si l'on plonge dans l'eau pendant quelques instants le segment postérieur du globe de l'œil après en avoir retiré le corps vitré, on ne tarde pas à le voir se dessiner plus nettement sous l'aspect d'un petit perluis assez régulièrement arrondi et semblable à celui qu'on obtiendrait en piquant une feuille de papier avec une pointe d'aiguille. Ce trou est remarquable par sa position : il est situé exactement au niveau de l'extrémité postérieure de l'axe visuel, à 3 1/2 millimètres en dehors de l'entrée du nerf optique. Suivant la plupart des auteurs, la rétine à son niveau ne serait pas complètement perforée, mais seulement amincie. Mes observations me portent au contraire à le considérer comme une véritable perforation praticiuce au sonmiet du pli de la rétine. Pour le voir, il faut conserver la rétine intacte ainsi que la zone deZinn et le cristallin, tourner en haut la partie postérieure ou convexe de cette membrane, et l'examiner sous l'eau à un grossissement de 2 5 diamètres; on le distingue alors, non sous l'aspect d'un trou, mais sous l'aspect d'une petite fente à bords jaunâtres très amincis.

La rétine, à son origine, se continue avec le nerf optique. Cette origine, par conséquent, ne répond pas au centre de surface de la membrane, mais se rapproche, ainsi que nous avons eu déjà l'occasion de le faire remarquer, de 3 millimètres de sa partie interne et de 1 millimètre de sa partie inférieure. De là il résulte que les différentes régions de la rétine n'offrent ni la même étendue ni la même direction : ainsi la portion interne de la membrane est beaucoup plus courte que l'externe ; elle se porte presque directement d'arrière en avant, tandis que la précédente décrit au contraire une courbe très prononcée ; de même la région supérieure est un peu plus longue et plus courbe que l'inférieure. — Au niveau de sa continuité avec la rétine, le nerf optique devient le siège d'un étranglement très prononcé. — L'extrémité antérieure de ce nerf offre l'aspect d'une cupule très régulièrement circulaire, continue à la rétine par sa surface et par sa circonférence, et perforée à son centre pour donner passage à l'artère centrale (le la rétine. Quelques anatomistes anciens avaient cru remarquer dans ce point une saillie niamelonnée. Sœmmerring, et après lui plusieurs auteurs, ont représenté cette saillie, que Zinn avait déjà vainement cherchée, et qu'il m'a été aussi impossihle de rencontrer, bien cependant que j'aie ouvert un très grand nombre d'yeux. Je suis donc autorisé à la con-

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sidérer comme très rare, si toutefois on peut admettre qu'elle a été réellement observée.

A son extrémité antérieure la rétine se termine par une circonférence festonnée et dentelée qui correspond exactement au bord festonné de la zone choroïdienne et de la zone de Zinn. Elle ne s'unit par aucun lion au premier de ces bords ; mais elle adhère d'une manière si intime au second, qu'il est tout à fait impossible de l'en détacher. Cette union consiste dans une sorte d'engrenage en vertu duquel les festons saillants de la zone de Zinn, ou zone ciliaire, sont reçus dans les festons rentrant de la rétine, tandis que les angles rentrants de la première reçoivent au contraire les angles saillants de la seconde.

C'est à Zinn qu'appartient le mérite d'avoir le premier bien défini et bien représenté le lieu et le mode de terminaison de la rétine, en démontrant que la lame mince et transparente, étendue de la circonférence de cette membrane à la circonférence du cristallin, constituait une lame à part, essentiellement différente de celle que forme le nerf optique par son épanouissement, et avec laquelle dès lors il importe de ne pas la confondre. Tous les auteurs qui ont précédé cet habile observateur avaient commis cette confusion ; aussi tous prolongent-ils la rétine jusqu'à la circonférence du cristallin, sans s'entendre, du reste, sur le point précis oi^i elle s'attache. Galicn, Winslow, Ferrcin, Haller, etc., avancent qu'elle se fixe

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Rétine.

Fig. û"25. — Béliiie vue par sa face cont^exe. — 1. Nerf optique offrantnu nive;.u de sa conliauité avec la rétiue une sorle d'eLt niiglemeut 1res prononce. — 2,2. Face convexe ou externe de la rétine. — o.o. Le'gers plis antéro-poslrlieurs qu'on observe presque constumnient sur celle membrane, et qui dépendent, soit de la diminution de volume du corps vitre', par suite de l'e'vaporation, soit de la projection en avant du crisUillin qui ne se trouve plus ccnteuu dans ce sens par l'humeur aqueuse. — 4. Artère centrale du la lélim; dont les divisions peuvent être suivies jusqu'à Fexlre'mile antérieure de cette membrane. — o. Zone de Zinn. — G. Puilie postérieure de cette zone étroitement unie par sa face interne avec la membrane hyaloïde, et par son bord festonné avec la i-éline. — 7. Partie antérieure de la même zone, séparée de lu membrane byaloïde par le canal godronné, qui se trouve ici injecté d'air, et qui dans cet état d'injeciion prend Faspect d'un collier de perles.

— 8. Cristallin.

Fig. Ô24. — Rétine vue par sa face concaue. — 1. Sclérotique. — 2. Clioioïdc.

— 5. Rétine. — 4. Extrémité leiniinale du nerf optique, — 5. Artère centrale de la rétine. — G, 6. Pli transversal situé au côte externe de l'entrée du nerf optique. — 7. Tache jaune. — 8. Trou central.

h la circonférence même du criMallin ; Vésale et Fallopc, en annonçant ((u'elle se termine à la partie moyenne du globe de l'œil, semblent se ranger à la même opinion, puis(iue le cristallin, pour eux, occupait le centre de la cavité oculaire. D'autres, sans dcfinir son mode de terminaison, ont admis (pi'elle s'étend jusqu'aux procès ciliaires : tels sont Pleinpius, Brigs, Veyrhein, Diemerbroëck, Morgagni, etc.

Lorsque Zinn, en 17 54, eut attiré l'attention des'observateurs sur la zone membraneuse qui entoure le cristallin et qui plus tard prit son nom, un grand nombre terminèrent avec lui la rétine au bord postérieur de cetle zone. L'opinion ancienne, toutefois, fut souvent reproduite, et elle comptait encore un assez grand nombre de partisans en 1847, pour que 31. Gosselin ait jugé utile de rappeler aux anatoniistes, et surtout auxcbirurgiens, (pie la rétine ne dépassait pas la zone de Zinn, et que sa circonférence terp.iinale se trouvant séparée de la circonférence de la cornée par une distance constante de G millimètres, cette membrane ne pouvait être blessée dans l'opération de la cataracte par abaissement. Il est incontestable, en effet, que lorsqu'on procède régulièrement à cette opération, c'est-à-dire lorsqu'on ponctionne la sclérotique à 4 millimètres de la circonférence de la cornée et à 3 ou 4 millimètres au-dessous du diamètre transverse du globe de l'œil, l'aiguille arrive dans le corps vitré à travers la zone de Zinn, et non à travers la rétine, qui l'este encore à 2 millimètres environ en arrière de la ponction.

Depuis que le microscope a été appliqué avec une nouvelle ardeur aux recherches anatomiques, l'opinion généralement admise sur le lieu et le mode de terminaison de la rétine a cependant subi une légère modification. L'observation ayant démontré que cette membrane se compose de plusieurs couches et que l'une de ces couches se prolonge sur la zone de Zinn, un grand nombre d'auteurs ont admis que la rétine se terminait en partie à la zone ciliaire et en partie, soit sur le cristallin, soit sur les procès ciliaires, soit même sur la face postérieure de l'iris. L'étude de la structure de cette membrane no\is montrera ce qu'il y a de vrai et ce qu'il y a d'exagéré dans cette manière de voir.

Sfrucliire de la rétine.

Cette membrane a été considérée longtemps comme composée d'une seule couche. Vex's le milieu du xyiu^ siècle rillustre Albinus démontra qu'elle était formée de deux couches bien distinctes : d'une couche interne ou cellulo-vasculaire, déjà entrevue par Ruysch, et d'une couche externe ou médullaire dans laqtielle la première pénétrait par ses plus fines divisions.

En 1819, Jacob aperçut entre la rétine et la choroïde une membrane exU'êmement mince et fragile qu'il décrivit comme une nouvelle tunitpic de l'œil, et à laquelle la plupart des anatoniistes ont attaché son nom. Mais l'examen plus approfondi de cette membrane vint nous apprendre, ({uclques années plus tard, qu'elle n'était qu'une lame de la couche médullaire de la rétine à laquelle cl'.e se trouvait intimement unie pendant la vie, et dont elle se détachait après la mort. La couche médullaire de Ruysch, d" Albinus, de Haller,de Zinn, etc., se trouva ainsi subdivisée en deux autres, dont l'une, externe, la membrane de Jacob, fut considérée comme la

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couche la plus superficielle de la rétine, tandis que l'autre eu devenait la couche moyenne.

En 1838, Langenbeck, laissant de côté la membrane de Jacob et la couche vasculaire pour s'occuper surtout de la couche interniédiaire, parvint à constater que celle-ci était composée, en dehors de globules semblables y ceux qui constituent la substance S'ise du cerveau, et en dedans de fibres identiques avec celles (jui forment la substance médullaire : la couclic moyenne était donc dédoublée à son tour, et le nombre des couches qui concoui'ent à la formation de la rétine porté de trois à quaîre-

Les recherches microscopiques faites depuis quinze ans ont établi qu'à ces quatre couches il fallait en ajouter une cinquième, de nature granuleuse, intermédiaire à la couche de cellules et à la membrane de Jacob. Ces cinq couches se superposent dans l'ordre suivant, en procédant de dehors en dedans :

1° La membrane de Jacob, ou couche des bâtonnets ; 2" La couche granuleuse, ou couches des noyaux ; 3° La couche celluleuse, ou couche ganglionnaire ; 4" La couche fibreuse ; 5° Enfin la couche cellulo-vasculaire.

Ces différentes couches ne peuvent être bien étudiées que sur des yeux observés immédiatement après la mort, ou dans les premières heures qui la suivent. Chez l'homme nous ne pouvons consacrer à cette étude que des yeux pris sur des suppliciés ou sur des individus qui Oiit snccoiubé instantanément à des mutilations incompaibles avec la vie. Mais de semblables circonstances se présentent rarement, en sorte qu'il faut recourir aux yeux pris sur des animaux, et surtout sur des mammifères plus ra[>procIics de nous par leur organisation. On peut faire usage de l'œil du bojuf, du mouton, du chien, du lièvre, etc. Mais celui qui mérite la préférence est l'œil du lapin; c'est aussi celui que nous pouvons nous procurer le plus facilement et dans les conditions de la plus parfaite intégrité.

La préparation qui a pour but de découvrir la rétine sera faite à l'air libre et avec les ménagements nécessaires pour conserver cette membrane intacte et partout appliquée sur le corps vitré. A l'aide de ciseaux ou enlèvera ensuite un petit segment de celle-ci en entamant le corps vitré, puis on l'étalera sur le porte-objet du microscope, de telle sorte que sa surface externe soit tournée en ijaut, et l'on procédera aussitôt à son examen. Le grossissement à mettre en usage peut va'rier de 300 à ôOO diamètres. Ce dernier est celui qui montre tous les éléments de la rétine de la manière la plus nette. Mais comme la distance focale de l'objeclif (pii donne ce grossissement est très courte (mi demi-millimètre environ), il importe, pour ne pas écraser la préparation au moment où l'on fait jouer la lentille, que l'observateur soit déjà très familier avec la m.anœuvre du microscope.

On pourra voir sur cette préparation les deux premières couches, c'està-dire celle des bâtonnets et celle des noyaux. Pour parvenir à distinguer les autres, il suffira de la recouvrir d'une lame mince de verre, et de presser légèrement sur celle-ci afin de mieux étaler la rétine et d'augmenter sa transparence.

Quelques micrographes donnent le conseil, pour étudier toutes les couches sur un même lambeau de la rétine, de plier celui-ci sur sa face interne

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