‹ Manuel d'anatomie descriptive et de préparations anatomiques (volume 2)Chapitre 110 sur 133 · II · texte numérisé non relu

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et d'examiner ensuite le sommet du pli sur lequel ils disent avoir aperçu successivement les cinq couches. J'ai souvent employé ce procédé, mais toujours avec peu d'avantages. Celui que je viens d'indiquer me paraît de beaucoup préférable.

Toutes les parties de la rétine ne sont pas également favorables. Il faut choisir en général celles qui occupent le voisinage du nerf optique.

Un grand nombre de réactifs ont été employés pour faciliter l'étude de tel ou tel point. Après les avoir tons essayés, je reste convaincu qu'ils sont plus nuisibles qu'utiles, et que c'est à leur usage surtout qu'il faut attribuer la grande divergence des opinions qui se sont produites sur le nombre, la nature et l'ordre de superposition des diverses couches de la rétine. 11 importe surtout de renoncer à l'alcool, qui devient une cause d'altération instantanée, et à l'eau, qui agit de la même manière, mais plus lentement. Étudions maintenant les diverses couches de la rétine.

A. Couche des bâtonnets.

La couche des bâtonnets, couche bacillaire (de bacilli, petits bâtons), ou membrane de Jacob, est la plus extérieure des cinq couches qui entrent dans la composition de la rétine. Après la mort elle ne tarde pas à se séparer d'une manière comi)lète des couches sous-jacentes, et elle se présente alors sous l'aspect d'une lamelle tellement mince, délicate et transparente, qu'elle ne peut être aperçue que sous l'eau, où elle se révèle par ses ondulations. C'est dans cet état d'isolement qu'elle a été observée par Jacob en 18 19. 31. Huschke, en 1836, a démontré qu'elle était unie aux autres couches dans son état normal et (lu'elle devait être considérée comme une partie constituante de la rétine. En 1842, Hanover a fait connaître sa texture que Leuwenhoeck déjà avait entrevue.

La couche des bâtonnets se compose d'une innombrable quantité de petits cylindres six à sept fois plus longs que larges, tous parallèles et rectilignes, verticalement dirigés, terminés en ampoule à leur extrémité interne qui répond à la couche des noyaux, un peu cffdés à leur extrémité opposée qui s'a|iplique à la couche pigmentai re de la choroïde.

Lorsqu'on examine ces cylindres ou bâtonnets sur un segment de rétine dont la surface externe se trouve dirigée vers l'objectif, on aperçoit leurs sommets, contigus comme les pièces d'une mosaïque, et entre eux d'autres corps semés cà et là à des intervalles égaux, moins longs, beaucoup plus larges et d'aspect piriforme. Ces corps, qui ne diffèrent des bâtonnets que par leur forme et leurs dimensions, ont reçu le nom de cônes. On les reconnaît facilement à leur transparence. Quelquefois ils sont si régulièrement espacés et alignés, qu'ils forment au milieu des bâtonnets une sorte detiuinconce. Entre deux cônes voisins il existe toujours au moins S à 10 bâtonnets.

Si au lieu de laisser la préparation découverte, on applique sur elle une lame mince de verre, tous les bâtonnets se l'cnversent par groupes ou par bandes dans divers sens, et représentent alors un vaste champ de blé sur lc(iuel tin violent orage aurait passé : sur tel point ils sont couchés parallèlement les uns sur les autres à la manière des épis d'une gerbe ; sur un autre ils rayonnent autour d'un point central ; quelquefois ils sont seulement un peu inclinés et simulent assez bien le dos d'un hérisson ; d'autres

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fois ils sont couchés par bandes disposées les unes à l'égard des antres, de manière à figurer, suivant la comparaison de M. Henle, ces chaînes de montagnes que nous voyons sur nos cartes de géograpliie. Si l'on exerce sur la lame de verre une légère pression, les bâtonnets prennent une position coni- ]jlétement horizontale ; et lorsqu'ils sont couchés dans la môme direction , ils forment des lignes interrompues de dislance en distance, qu'on pourrait prendre facilement pour des fibres.

Sur les bords de la préparation, des bâtonnets détachés en grand nombre (lottent épars dans l'humeur vitrée; tous sont remarquables par leur grande transparence. La plupart présentent à leur extrémité interne ou adhérente un globule dont le diamètre est deux à trois fois plus grand (jue celui du bâtonnet correspondant. Sur quelques-uns ce globule ne tient plus au bâtonnet que par un filament très délié et à peine visible; sur d'autres il est entièrement séparé, et le bâtonnet se trouve réduit à sa partie cylindrique. Celle-ci ne tarde pas elle-même à se modifier; elle perd d'abord sa rectitude pour s'incurver à angle ou en arc de cercle ; ou bien elle s'enroule autour d'elle-même par une de ses extrémités. Certains bâtonnets s'étranglent de distance en distance, et chaque étranglement devient le point de départ d'une segmentation. Après un laps de temps qui varie, mais qui ne dépasse pas en général quinze à dix-huit heures, et qui est souvent beaucoup moins long, ils sont tellement altérés qu'il devient difficile ou impossible de les reconnaître.

Les bâtonnets ont été considérés par Treviranus comme des papilles formées par l'extrémité terminale des fibres du nerf optique ; mais l'observation a établi qu'ils forment des organes tout à fait distincts et indépendants de ces fibres. Ils rempliraient, selon Brucke, les fonctions d'un appareil catoplrique, usage peu vraisemblable ; car si les rayons lumineux éiaient réHéchis par cet appareil à la manière de ceux qui tombent sur une glace, il est très probable que, loin de rendre nos sensations plus nettes, ils les rendraient au contraire plus ou moins confuses.

E. Couche granuleuse.

La couche granuleuse, couche des noyaux, couche nucleolce, couche des corps nuclc'iformcs, est celle qu'on trouve immédiatement au-dessous de la couche des bâtonnets. Elle est formée de cellules contenant un gros noyau qui les remplit presque entièrement. Ces noyaux sont irrégulièrement arrondis, un peu plus volumineux que les globules du sang, inégalement ombrés à leur périphérie et insolubles dans l'acide acétique. Ils forment plusieurs rangées superposées sans ordre et constituent le tiers moyen environ de l'épaisseur de la rétine, la couche des bâtonnets en formant le tiers externe, et les trois autres couches réunies le tiers interne.

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