‹ Manuel d'anatomie descriptive et de préparations anatomiques (volume 2)Chapitre 111 sur 133 · C. Couche celluleuse · texte numérisé non relu

C. Couche celluleuse

Lacouchedes cellules ou des globules, appelée aussi couche des cellules encéphaliques, couche des corpuscules ganglionnaires, diffère beaucoup de la précédente. Elle n'a pas comme celle-ci, pour éléments essentiels, des noyaux ; elle se compose de vésicules plus grandes que ces noysux, très régulièrement arrondies pour la plupart, à parois extrêmement minces

et si transparentes, qu'on ne les aperçoit jamais sans quelque difficulté. Dans l'intérieur de ces cellules on trouve un très petit noyau tantôt libre, tantôt accolé à leurs parois, et qui serait constant suivant plusieurs auteurs, mais que je n'ai pas toujours rencontré.

De chaque cellule on voit partir un ou deux prolongements que M. A. Corti, de Turin, a observé le premier en 1 850, d'abord sur les ruminauis, pîîis sur l'éléphant, où ils sont très manifestes. Remack, au mois de mai i 853, a constaté aussi leur existence ; et au mois de septembre de la même année, dans une note adressée à l'Académie des sciences, MM. MuUer et Kolliker viennent également de la confirmer. Ces prolongemcnls, qu'on aperçoit surtout sur les cellules situées à la périphérie de la préparaiiun, sont remarquables par leur ténuité et leur grande transparence qui les dérobent longtemps à la vue. Ils paraissent être une dépendance des parois mèiue.s de chaque cellule, qui s'el'filcnt en (juclque sorte {!0ur les produire ; chacun d'eux, par conséquent, est canaliculé à son point de départ.

La couche des cellules est située en dehors de la couche fibreuse ; cependant,selon quelques anatomistes, elle serait située en dedans de celle-ci; selon d'autres elle se trouverait à la fois en deboi's et en dedans; sur ce point (le nouvelles recherches sont encore nécessaires.

Entre la couche des cellules et la couche des noyaux, plusieurs microgra- I hes ont cru remar(|uer des fibres grises que je n'ai pu distinguer et dont l'existence est également révoquée en doute par le plus grand noir.bre des observateurs.

D. Couche fibreuse.

La couche fibreuse se porte en rayonnant de l'entrée du nerf optique au bord festonné de la zone ciliaire. Les fibres qui li constituent, très rapprochées et très serrées en arrière, deviennent plus espacées et plus rares à mesure qu'elles se rapprochent de la terminaison de la rétine. Chez le lièvre et le lapin, où ces fibres sont très visibles, elles forment de larges liandcs qui se portent directement d'arrière en avant en échangeant par leurs parties latérales de petits faisceaux anastomotiques. Considérées dans leur ensemble, elles forment donc un plexus, mais un plexus peu compliqué et à mailles très allongées.

Les fibres qui composent chaque bande ou eîiaque faisceau ne paraissent pas s'anastomoser entre elles ; elles sont en général parallèles, à contours sombres, irrégulièrement calibrées et d'un aspect assez analogue à celui <p!e présente un faisceau de fibres musculaires lisses. Chez Phomme on ne les distingiie qu'avec peine et toujours d'une manière moins nette. C'est P'onr faciliter leur étude surtout qu'on a eu recours aux divers réactifs.

Suivant Michaelis, les fibres ilu nerf optique décriraient au niveau de la tache jaune des arcades opposées par leur concavité et se réuniraient dans le Irou centrai. Mais l'observation microscopique démontre qu'elles font défaut dans ce point, si remarquable cependant par son exquise sensibilité. Dans son récent travail, M. Remack, le premier, a établi que la tache jaune est exclusivement formée de cellules situées sur la face interne de la rétine, c'est-à-dire inmiédiatement appliquées sur la couche cellulo-vasculaire, et en relation avec les fibres nerveuses seulement par les prolongements qui partent de ces cellules. i\BI. MuUer et KoUiker décrivent dans

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les mêmes termes, mais avec plus de détails, la structure de la tache jaune.

A leur extiémilé terminale les fibres nerveuses ?e recourberaient en anses, d'après Valentin et plusieurs autres micrograplses. 31ais Ilanover, dans le cours de ses longues recherches sur la rétine, n'a jamais pu distinguer ces anses ; et la plupart des observateurs disent aussi ne les avoir jamais vues. Selon quelques auteurs elles se terminent par des extrémités libres au niveau de la circonférence de la rétine. Pour Treviranus elles se terminent aussi par des extrémités libres, mais après s'être infléchies pour former des papilles perpendiculaires à la rétine et recouvrant toute sa face externe, opinion qui fut accueillie d'abord avec beaucoup de faveur, mais (îu'il faillît abandonner lorsqu'on eut découvert que ces prétendues papilles n'étaient autre chose que les bâtonnets, et que ceux-ci n'ont aucune connexion avec les fibres.

Une autre opinion émise en 18 50 par M. A. Corti semble basée sur des faits mieux observés : cet auteur annonce que foutes les fibres naissent des cellules.

Ilemack, puis Muller et KolHker dans leurs recherches précédemment mentionnées, fout également naître les fibres du nerf optique des prolongements émanés des cellules nerveuses; celles-ci. par conséquent, seraient aux fibres de la rétine ce (|ue la substance corticale du cerveau est aux fibres médullaires. En admettant cette opinion que les faits ultérieurement signaiés viendront probablement confirmer, on voit que les cellules seraient l'organe ou le siège des impressions lumineuses, et que les fibres ne seraient ijue le conducteur de ces impressions. On peut se demander, il est vrai, quel rôle reste réservé aux noyaux et aux bâtonnets. La science n'a pu l'ccueillir jusqu'à présent aucune donnée physiologique sur ces deux dernières couches. Cependant Muller et Koiiiker viennent de signaler do très déliés prolongements qui s'étendraient de l'extrémité interne des cônes et des bâtonnets à la surface externe de la couche vasculaire, en contractant dans leur tr.tjet des connexions avec les corps nucléiformes ; et ils font remarquer que ces prolongements, (ju'ils appellent /?ires radiaires, et dont ils ne définissent pas la nature, pourraient communiquer aussi, et communiquent même très probablement avec les cellules et les fibres. Si l'observation vierit confirmer ces prévisions, tous les éléments nerveux de la rétine se trouvant en relation avec les fibres, et tous'étant également impressionnables par la lumière, on peut concevoir que des impressions transmises aux filets conducteurs de plusieurs points simultanément seraient à la fois et mieux assurées et plus parfaites.

E. Membrane celiulo-vasculaîre.

La couche cellulo-vasculaire, inemhrane Ihnïtante de Pacini et de la plupart des auteui's allemands, sert de support aux éléments nerveux de la rétine. Vue à un grossissement de 60 diamètres, on la trouve composée de fibres de tissu cellulaire réunies en faisceaux, de dimensions variables, sans direction déterminée, liés entre eux par d'autres faisceaux plus petits et parcourus dans tous les sens parles divisions de l'artère centrale de la rétine.

Cette membrane se continue en arrière avec la partie terminale du nerf

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