‹ Manuel d'anatomie descriptive et de préparations anatomiques (volume 2)Chapitre 112 sur 133 · II · texte numérisé non relu

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optique. En avant elle s'applique sur la zone ciliaire et se prolonge jusqu'à la circonférence tlii cristallin. Pour la suivre sur cette zone, il suffit, après avoir mis la rétine à nu en conservant intacts le corps vitré, la zone ciliaire et le cristallin, de placer la préparation sur le porte-ohjet du microscope, la lentille cristalline tournée en haut, et de faire usage d'un grossissement de 40 à 50 diamètres. Dans ces conditions on constatera très bien le passage des fibres de tissu cellulaire sur la zone de Zirni, ainsi que celui de quelques rares vaisseaux sanguins et le prolongement des uns et des autres jusqu'au pourtour de la lentille.

Une partie de la rétine dépasse donc le bord festonné de la zone ciliaire pour s'étendre jusqu'au cristallin ; de là les nouvelles divergences qui se sont manifestées dep\iis vingt ans sur ses limites antérieures.

Si la grande majorité des observateurs admet aujourd'hui que les couches nerveuses de cette membrane s'arrêtent au bord festonné de la zone ciliaire, et que la couche ccllulo-vasculaire seule se prolonge au delà, il en est quelques-uns aussi qui affirment qu'indépendamment de cette dernière couche on trouve encore sur la zone ciliaire quelques cellules nerveuses. Hanover pense qu'elle supporte des bâtonnets; et 31. Pappenheim, qui se range à cet avis, veut même que les bâtonnets soient plus développés au niveau de cette zone. Mais ces voix isolées disparaissent devant le nombre imposant de celles qui proclament que la rétine proprement dite se termine à la zone ciliaire, et que sa couche cellulo-vasculaire seule se prolonge au delà. Suivant M. Huschke, cette dernière ne se terminerait pas à la circonférence du cristallin, mais suivrait les procès ciliaires, et recouvrirait toute la couche pigmentaire de l'iris jusqu'au niveau de la pupille. Il m'a été impossible de la poursuivre aussi loin. Lorsqu'on détache une lamelle de la couche pigmentaire de l iris pour la soumettre à l'examen microscopique, on n'aperçoit sur cette lamelle ni fibres du tissu cellulaire, ni vaisseaux.

L'artère centrale de la rétine naît tantôt directement de l'ophlhalmique, tantôt par un tronc qui lui est commun avec celui des ciliaires postérieures externes. Elle pénètre dans le nerf optique à 1 centimètre en arrière du globe de l'œil, et chemine d'abord entre les deux tuniques du nerf, en fournissant dans ce court trajet une artériole qui se distribue à ces tuniques. Elle plonge ensuite dans la partie médullaire du tronc nerveux, se place au centre de celui-ci lorsqu'elle n'est plus séparée de l'œil que par un intervalle de quelques millimètres, distribue, chemin faisant, des ramifications capillaires aux fibres nerveuses, et entre dans le globe oculaire par un trou qui occupe le centre de la lame criblée. Parvenue au niveau de la rétine, elle se divise aussitôt en trois branches qui s'étendent en divergeant sur la face interne de cette membrane. Chacune de celles-ci se porte d'arrière en avant en s'infléchissant en divers sens, et en fournissant de nombreuses divisions secondaires et tertiaires qui s'anastomosent, soit entre elles, soit avec celles des branches voisines. Les dernières ramifications émanées de ces branches pénètrent dans l'épaisseur delà couche fibreuse et de la couche des cellules; peut-être aussi s'étendent-elles jnsipie dans la couche granuleuse, mais elles n'arrivent jamais jusqu'aux bâtonnets; (pielques-unes se prolongent sur la zone ciliaire, et peuvent être suivies jusqu'au voisinage du cristallin. (Fig. 298 et 323.)

SPLANCHNOLOGIE. 683

Chez plusieurs mammifères, et particulièrement dans la brebis, on voit deux des principales brandies de l'artère centrale se porter en droite ligne jusqu'à la circonférence de la rétine, puis se diviser en deux brandies plus petites qui contournent cette circonférence, comme celles des ciliaires longues contournent l'iris pour s'anastomoser aussi par leur extrémité, de manière h former un petit cercle artériel qui enverrait des ramuscules en avant sur la zone ciliaire et en arrière dans la rétine. Ce cercle n'existe pas cbez l'homme. 11 a été admis à tort par un as?ez grand nombre d'anatomistes cpii ont invoqué en sa faveur l'analogie plutôt que l'observation.

La veine centrale de la rétine présente à son origine une disposition qui ne diffère pas sensiblement de celle de l'artère à sa terminaison. Ses brandies principales suivent les branches artérielles sans leur être accolées et en s'en écartant sur divers points de leur trajet. De leur réunion résulte le tronc de la veine. Celui-ci s'engage dans la lame criblée par le même tronc qui donne passage à l'artère, et chemine ensuite dans l'axe du nerf optique dont il s'échappe tantôt vers la partie moyenne pour aller se jeter dans la veine ophtbalmique, tantôt un peu plus loin pour se rendre directement dans le sinus caverneux.

Tiedemann et Langenheck mentionnent de très petits filets nerveux, qui, partis du plexus caverneux et accolés ensuite à l'artère centrale, se ramifieraient comme cette artère pour se perdre en définitive dans l'épaisseur de la rétine. M. Huscbke admet en outre que de très fines divisions nées des nerfs ciliaires, soit à leur enti'ée dans le globe de l'œil, soit lorsqu'ils sont appliqués sur la face externe de la choroïde, traverseraient cette dernière membrane pour venir se terminer aussi dans les différentes couches de la réfiue. -Mais aucun fait d'observation ne démontre l'existence de ces filets ciliaires.

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