‹ Manuel d'anatomie descriptive et de préparations anatomiques (volume 2)Chapitre 113 sur 133 · CORPS VITRÉ · texte numérisé non relu

CORPS VITRÉ

Le corps vitré est le plus volumineux des milieux de r(t'il. Il occupe les deux tiers postérieurs de la cavité oculaire , l'humeur aqueuse et le cristallin réunis en occupant le tiers antérieur. Sa forme est celle d'un spbéro'ide déprimé en avant pour recevoir cette lentille, qui cependant le déborde, à peu près comme la cornée transparente déborde la surface de la sclérotique.

La transparence du corps vitré est complète. Sa consistance rappelle parfaitement celle du verre fondu auquel il a été comparé. Sa pesanteur spécifique, d'après Chenevix, s'élève à 1 ,00 5.

Son pouvoir réfringent , selon Brevvster, est de 1,339 ; il diffère peu, par conséquent, de celui de l'humeur aqueuse, représentée par le chiffre t,336, et de celui de l'eau évalué à 1,335, celui de l'air étant l,ooo.

Lo corps vitré est en rapport avec la rétine, la zone de Zinn et le cristallin.

La rétine, très exactement appliqnée sur sa surface, embrasse ses trois quarts postérieurs, et lui est seulement contiguë. Au niveau de la taclie jaune et du pli sur lequel celle-ci repose, il présente une légère dépression qui s'efface au moment où on le sépare de la membrane nerveuse. A 3 ou 4 millimètres en dedans de cette dépression, dans le point qui correspond à l'entrée du nerf optique, il en existerait une seconde, suivant (pielques anatomistes , due à la saillie mamelonnée ou papille terminale dîi tronc nerveux. Mais nous avons vu précédemment combien cette papille est hypothétique ; la dépression qui en a été considérée comme une conséquence ne l'est pas moins. — Chez le fœtus on observe dans le même point un vaisseau, l'artère ca-psuJaire, qui, né du tronc de l'artère centrale de la rétine, traverse d'arrière en avant le centre du corps vitré pour aller se ramifier sur la face postérieure du crislallia : de là l'idée d'un canal, \e canal hyaloïdien, qui se terminerait à ses deux extrémités par un orifice infundibuliforme. L'existence de ce canal n'a jamais pu être constatée ; c'est une simple vue de l'esprit dont l'observation depuis longtemps déjà a fait justice. — Parle progrès de l'âge, l'artère caissulaire s'oblitère, puis disparaît; chez l'adulte on n'en retrouve plus (]ue quelques vestiges étendus du nerf optique à la partie correspondante du corps vitré, et constituant entre ces deux organes un moyen de connexion ; de vingt à trente ans , et souvent beaucoup plus tôt, ces derniers vestiges disparaissent à leur tour, et le corps vitré, à sa partie postérieure, devient alors tout à fait indépendant de la réiine.

A l'union de son quart antérieur avec ses trois quarts postérieurs, le corps vitré contracte une adhésion extrêmement intime, d'une part avec la circonférence de la rétine, qu'il maintient étalée à sa surface sans qu'elle puisse ni se déplacer, ni se plisser en aucun sens; d'une autre part avec la zone de Zinn, qui, fixée par son extrémité opposée au cristallin, unit étroitement les deux milieux. En même temps ([u'elle lie entre eux le cristallin et le corps vitré, cette zone, ainsi que nous le verrons plus loin, lie ces deux organes aux procès ciliaires de la choroïde, et, par l'intermédiaire de ceux-ci et du ligament ciliaire, à la sclérotique et à la cornée.

Les rapports du cristallin avec le corps vitré ont été différemment exposés. D'après quelques auteurs, ce corps, au niveau de sa fossette antérieure, serait seulement contigu ou du moins faiblement adhérent à la lentille. Selon d'autres, les deux milieux seraient si étroitement unis, qu'il deviendrait impossible de les séparer sans altérer l'un ou l'autre. Suivant M. Hasner, de Prague, ils adhéreraient au voisinage de la circonférence du cristallin et ne seraient ([ue juxtaposés sur les autres points. La première opinion est la plus exacte; après avoir incisé circulairement la zone de Zinn, on peut retirer le cristallin de sa fossette sans difficulté et sans léser ni sa capsule, ni celle du corps vitré.

Structure du corps vitré.

Le corps vitré, considéré dans sa structure, nous offre a étudier une membrane, la membrane hyaloïde, dont la zone ciliaire a été regardée

SPLANCHiXOLOGIE. 685

à tort comme une dépendance et un liquide particulier, Vliitmeur vllree, qui se trouve renfermé dans cette membrane.

La membrane liyaloïde (de ija),o;, verre, eîoor, ressemblance) occupe la surface du corps vitré dont elle marque la limite. Elle est d'une transparence parfaite, assez ïésistante pour supporter, sans se rompre, tout, le poids du corps vitré , et cependant tellement mince que plusieurs anatomistes, Flanover, Yalentin, Henle, ont émis quelques doutes sur son existence. l\écemment M. Cii. Robin a été plus loin : il l'a niée complètement. Selon cet auteur, « le corps vili'é n'est qu'une humeur parlicu- » Hère qui n'a pas plus de structure que le blanc d'œuf auquel on peut » la comparer; cette humeur est coaguiable par cerlains réactifs, et im- )' médiatement en contact avec la rétine en arrière, avec le cristallin en » avant. » Le talent incontesté de cet habile et infatigable investigateur, et aussi mes premières observations m'avaient d'abord fait pencher vers cette opinion. Mais des recherches plus complètes me ramènent à l'opinion ancienne. En faveur de l'existence de la membrane hyaloïde j'invoquerai les faits suivants :

1° Lorsque après avoir isolé le corps vitré ainsi que la zone de Zinn et le cristallin, on place la préparation sur le porte-objet du microscope, on ren)ai'que à la surface du corps vitré des plis de direction et de dimensions très variées qu'on peut effacer, augmenter et modifier à volonté.

2° Si l'on saisit un de ces plis, on peut soulever tout le corps vitré ; mais si l'on pratique d'abord une incision au niveau de ce pli, et si l'on saisit ensuite le corps vitré par un des points de la surface de section, celui-ci ne se laisse plus enlever.

3° Faites macérer le corps vitré, pendant sept à huit jours, dans une eau légèrement alcoolisée ou acidulée ; sa surface prendra une teinte légèrement opaline : avec des ciseaux détacbez-en alors un segment, puis examinez le profil de la coupe, et vous constaterez que la teinte opaline n'occupe que la surface, c'est-à-dire la membrane du corps viîré; le liquide sous-jacent a conservé toute sa transparence. Si vous doutez encore, écrasez ce segment entre deux lames de verre, ou même entre la pulpe de deux doigts, de manière à en exprimer tout le liquide qui lui adhère; vous réussirez à isoler une petite lamelle bien visible à l'oeil nu, plus distincte encore au microscope.

4° Au lieu d'exprimer le liquide d'un simple fragment, placez le corps vitré tout entier dans un lambeau de linge, que vous tordrez ensuite afin d'en expulser toute l'huineur vitrée; vous obtiendrez pour résidu la membrane hyaloïde et les divers prolongements dont il vous sera facile alors d'observer tous les caractères.

5° Enfin, placez le corps dans une petite coupe de verre, et exposez-îc au libre contact de l'air jusqu'à ce que toute l'humeur vitrée se soit évaporée, ce qui aura lieu au bout de quatre ou cinq jours. Il ne restera plus alors au fond de la coupe qu'une sorte de tache circulaire adhérente aux parois du vase. Versez de l'eau sur cette tache de manière à la tenir submergée, et bientôt vous la verrez se détacher sous la forme d'une mince pellicule qui flottera dans l'eau en se plissant dans divers sens. En piquant cette pellicule avec un tube effilé à la lampe, on peut l'insuffler, ce qui permet, après sa dessiccation, de voir ses prolongements intérieurs.

L'exislence de la membrane liyaloïde élant bien établie, étudions sa disposition.

Vue par sa face externe, celte membrane est lisse comme une lame de verre, constamment tendue et étalée, sc>it au niveau de la rétine, soit au niveau du cristallin.

Vue par sa face interne, après qu'on en a exprimé toute l'humeur vitrée, elle présente une foule de prolongements qui se portent de la périphérie au centre du corps vitré, en s'entrecroisant entre eux de manière à circonscrire des aréoles. Dcmours, qui a cherché le premier à déterminer la forme et l'arrangement de ces cellules, avance q\i'elles offrent, pour la plupart, une forme pyramidale, que les plus grandes occupent la surface du corps vitré et sa partie postérieure, que les plus petites se trouvent situées vers son centre et au voisinage du cristallin, et que toutes communiquent entre elles. Cette étude a été faite sur des yeux congelés. En laissant ces yeux quelques instants exposés à l'air libre, et en les ouvrant au moment où ils n'offraient plus qu'une demi-congélation, Demours reconnut que le corps vitré était formé de glaçons taillés à facettes, sur lesquels il dit avoir saisi, avec une aiguille à cataracte, de minces lamelles. Petit, Haller, Zinn, et leurs successeurs, répétèrent ces expériences et en obtinrent des résultats analogues. Je les ai répétées à mon tour, et j'ai pu constater aussi les mêmes faits ; mais je ne puis admettre que les grands glaçons qui répondent à la périphérie du corps vitré marquent le dernier terme du cloisonnement de la cavité de ce corps : chacun d'eux se compose d'autres glaçons plus petits; car, après leur fusion complète, si l'on exprime toute l'humeur vitrée qu'ils contiennent, on peut en retirer des lamelles et des fibres qui les parcourent en divers sens, et qui les cloisonnent comme les lamelles princi[)ales cloisonnent la cavité de l'hyaloïde. Il résulte de cette observation que le cloisonnement du corps vitré est plus compliqué que ne l'avaient avancé les anatomistes du XYiii** siècle, et qu'il est à peu près impossible d'assigner une forme déterminée et des dimensions précises aux cellules et aux aréoles de ce corps.

Lorsqu'on a exprimé par voie de torsion toute l'humeur contenue dans le corps vitré, si l'on examine au microscope, à un grossissement de 100 diamètres, la membrane et les prolongements qu'on a obtenus pour résidu, on peut facilement reconnaître : 1° Que la membrane liyaloïde est composée degranules extrêmement fins, réunis par une substance amorphe ; 2° que, parmi les prolongements de cette membrane, les uns sont membraneux et de la même nature, les autres fibreux et assez analogues aux fibres du tissu cellulaire; -3° que les prolongements lamelleux et fibreux s'associent souvent et sous des proportions très variées; 4" enfin, qu'il existe en outre dans l'épaisseur du corps vitré des noyaux un peu allongés, comparables à ceux qui forment la seconde couche de la rétine.

FluschlvC, Brucke, A'alentin, etc., disent avoir vu sur la membrane liyaloïde des cellules pâles et aplaties qui la composent essentiellement, et qui en feraient une lame de nature é[)ithéliale ou épidermiiiue ; je n'ai jamais vu ces cellules sur les lambeaux membraneux que j'ai isolés , tandis qu'il m'a été facile de constater au contraire leur aspect finement granulé.

La disposition que présente cette membrane à sa partie antérieure est encore l'objet de nombreuses dissidences. Suivant les anciens, et suivant

SPLàNCHNOLOGIE. 687

aussi plusieurs auteurs modernes, elle s'épaissit subitement au niveau de la circonférence terminale de la rétine, puis continue à se porter en avant et se divise au voisinage du cristallin en deux lames, dont l'une va s'attacher à la partie antérieure de la circonférence de la lentilie, tandis que l'autre descend en arrière de celle-ci pour tapisser la fossette correspondante du corps vitré.

Ce dédoublement de la membrane liyaloïde à sa partie antérieure ne saurait être admis; car, d'une part, la lame qui s'étend de la terminaison de la rétine au cristallin est beaucoup plus épaisse et plus résistante que l'enveloppe du corps vitré; d'une autre part, elle se compose de fibres, tandis que cette enveloppe est de nature granuleuse. Elle forme donc, ainsi que Zinn le premier s'est attaché à le démontrer, une membrane spéciale que cet auteur a décrite sous le nom de couronne de la zone cïUaire, et que ses successeurs ont appelée zone de Zinn.

Celte zone entoure le cristallin à la manière d'une collerette. Sa largeur n'est pas uniforme ; elle est de 5 à 6 millimètres du côté temporal, et de 4 à 5 millimètres du côté nasal. On peut lui considérer trois parties assez distinctes : 1° une partie postérieure légèrement plissée, intimement unie par sa face interne à la partie correspondante de la membrane hyaloïde, et contiguë, par sa face externe, à la partie non plissée de la zone choroïdienne; 2° une partie moyenne composée de plis très prononcés qui s'engrènent avec les plis de la zone choroîdienne, et qui constituent les procès ciliaires de la zone de Zinn, appelés aussi jyrocéscUiaires du corps vitré par les auteurs qui voient dans cette zone un dédoublement de la membrane hyaloïde ; 3° une partie antérieure libre et formée de faisceaux radiés qui s'attachent sur le pourtour de la face antérieure ducristallin.

Les deux premières parties sont recouvertes par le prolongement de la couche cellulo-vasculaire de la rétine. Le plus souvent aussi, lorsqu'on les

FiG. 3:23. Fin ~1<^.

Zone de Zinn et canal gudronne.

Fig. o2d. — Zone de Zinn. — \. Cristallin. — 2,2, Corps vitie. — ô,3. Zoiio de Zinu, formant une soi le de coUerelte iiuloui- de celle lentille. — 4.i. Boni postérieur on festonné de celle zone. — o. Sou Lord auléiieur ou radié s'uuissant à la partie correspondante de la circonférence du cristallin. — 6,6. Plis antéro-postérieurs ou procès ciliaires de la zone de Zinn, destinés à s'engrener avec ceux de la choroïde.

Fig. 526. — Canal godronné. — \. Cristallin. — 2,2. Corps vilre'. — 3,3. Zone de Zinn. — 4,4. Partie postérieure de cette zone légèrement plisse'e sur sa face externe et elroilemenl unie à la membrane hyaloïde par sa face interne. — 5,5. Pallie antérieure de la même zone séparée de la membrane hyaloïde par le canal godronné qui se trouve ici injecté d'air, d'où l'aspect allernativemeut bosselé et étranglé qu'elle présente eu avant.

sépare de ia zone choroïdienne, le pigmentum de celle-ci s'en détache, et leur reste adhérent sous la forme d'un cercle composé de rayons alternativement blancs et noirs.

Les plis ou les procès ciliaires de la zone de Zinn sont reçus dans les intervalles des procès ciliaires de la choroïde, au pigmentum desquels iis adhèrent intimement. Comme ceux-ci, ils sont donc au nombre de GO à 70. Mais ils n'offrent pas la même configuration : ils sont aplatis et falciformes ; leur bord convexe ou externe occupe les sillons cpii séparent les procès ciliaires de la choroïde ; leur bord concave ou interne fait saillie dans le canal de Petit; leur sommet répond aux dentelures du bord festonné ou postérieur de la zone ciliaire; leur base un peu concave s'applique perpendiculairement sur la partie périphérique de la face antérieure du cristallin, sur la circonférence de cette lentille, et empiète même un peu sur sa face postérieure. Vonr bien voir la base et le bord concave de ces procès ciliaires, il faut les examiner par la face postérieure du corps vitré. On peut très bien constater alors (pi'ils se divisent en deux ordres : les grands et les petits. Les grands sont au nombre de dix-huit à vingt; leur bord concave est très saillant. Entre deux grands procès ciliaires on en trouve trois ou quatre de petites dimensions.

La partie interne de la zone de Zinn, étendue des procès ciliaires de la choroïde vers le cristallin, contribue à former la paroi postérieure de la chambre postérieure de l'œil. Elle est composée de faisceaux de fibres qui s'attachent sur le pourtour de la face antérieure du cristallin, en empiétant de 2 millimètres environ sur cette face. Leur union à la capsule cristalline est extrêmement intime.

Dans le point où la zone de Zinn et la partie antérieure de la membrane hyaloïde se séparent pour se diriger. Tune en avant, l'autre en arrière dii cristallin, on observe un canal circulaire de forme prismatique et triangulaire, dont la base est formée par la circonférence de la lentille et par une portion de sa face postérieure. Ce canal a été signalé par Petit, en 1728, sous le nom de cavol godronné. Pour le distinguer, il faut le pi- (jucr délicatement avec un tube de verre effilé à la lampe, et l'insuffler. « Lorsqu'il est rempli d'air, dit cet auteur, il s'y fait des bosselures senv 1) blables aux ornements ([ue l'on fait sur des pièces d'argenterie, que l'on n nomme pour ce\a. vaisselle godronnéc. » Ces bosselures, comparées aussi à de petites perles , sont séparées par des sillons qui correspondent aux grands procès ciliaires de la zone de Zinn, c'est-à-dire à ceux dont le bord concave fait une saillie considérable à l'intérieur du canal. (Fig. 326.)

Suivant Jacobson, le canal godronné, ou canal de Petit, s'ouvre par une multitude d'orifices dans la chambre postérieure. Belle Chiaje dit aussi avoir vu ces orifices. D'après Ribes et Dugès, il n'existerait pas un canal unique et circulaire, mais une série de canalicules coniques juxtaposés, d'une longueur de 5 millimètres, et s'ouvrant chacun par une fente étroite entre les faisceaux fibreux de la zone de Zinn, tout près du cristallin. L'observation, jusqu'à présent, n'a pas confirmé l'existence de ces orifices, dont !a pensée semble avoir été inspirée par des préoccupations théoriques sur le mécanisme de la vision. — Dansl'étai; naturel, le canal de Petit ne renferme aucun liquide; ses parois, pendant la vie, sont juxtaposées comme celles des membranes séreuses.

SPLANCHNOLOGIE. 689

-La zone de Zinn est formée de fibres aiiféro-posîfén'enreR, qui sont peu di';Iiiictps sur «es (1(Mi\ liers pn^^lériems , mais 1res manifesles dans s in tiers aiit('r'eiir. ce«t-à-«lire sur tout le pounoiir ilu crislalliri. Pour prendre nue id(''e netle de ces fibres, il faut les étudier sur le fœlns, oii ellfs snut luoins serrées et lieauconj) plus ap|iareiifes. En les examinant sous l'eau à un si'ossissemenl de 60 diamètres, on les verra très bien se porter du corps vitré à la capsule crisialline, et s'ailacber à la partie anirneure de cette membrane. Indi-penilannnent de ces fd>res antéro-poslérieiu'es , M. Papeiidicim en admet d'autres qui seraient circulaires, et dont je n'ai pu réussir à constater 1 existence.

L'hutm nr vitrée est un liquide parfaitement transparent, de consistance sirupeuse eu apparence, doué d'une tr<s grande alfinité pour les parois de la uieiubrane livaloide et de ses divers prolonsemeriis. M. Berzelius, qui l'a soumise à l'analyse, lui attribue la composition suivante :

Eîui V»/,0

Albnniiiie 0, IG

r.liloi me il(? mlinm 1.42

Suljblaiice soluljic daus l'eau 0,02

Lorsqu'on exprime cette iiumeur en enfermant le corps vitré dans un linge et en l'écrasant par le mécanisme de la torsion, on la voit s'écouler instantanément et perdre sa viscosité naturelle pour prendre une fluidité presque égale à celle de l'eau. Sa consistance parait donc dépendre beaucoup moins de -es propriétés que île son eiuprisorniement d .ns un nombre presque infini de cellules. Sous ce rapport, la structure du corps vitré a été comparée avec beaucoup de raison à celle de l'orange et du citron. A l'appui tle ce rapprochement, j'iuvoipierai le fait suivant : après avoir soumis à une dessiccation complète le corps vitré, an point qu'il ne soit iiliis représenté sur les parois du vase que par une tache circulaire, si l'on lient cette tache recouverte d'eau pemlant plusieurs jours, on la verra se détacher sous la forme d'une pellicule, puis reprendre peu à peu les diuiensions et tous les caractères du corpis vitré, q.u se reconstitue ainsi par le simple fait de son imbibition , c'est-à-dire de l'emprisonnement de l'eau dans ses aréoles.

Plusieurs auteurs ont nié cette structure aréolaire et celluleuse pour admettre dans le corps vitré des couches qui se su|)eriJoseraient connue celles du cristallin, et qui augmenteraient aussi de densité de la surface au centre. M. Vallée, acceptant comme di'-moulréc cette siruclure stratifiée du corps vitré, l'a prise pour base de sa théorie de la vision, théorie à la défense de laipielle il a consacré des travaux importants et une rare persévérance ; je rei^rette d'avoir à ajouter tpie le fait aiiatomiiiue sur lequel elle repose est encore aujourd'hui tout à fait hypothélicpie.

L'artère capsulaire pemlant sou trajet à travers le corps vitré fourniteile (pielques ranufications aux parois de ses cellules? Hien ne le démontre. J'ajoute que l'existence de ces ramifications est peu probable; car l'artère conserve dans tout son trajet le même volume. M. Hiisclike mentionne des vaisseaux incolores ou séreux qui viendraient soit des vaisseaux de la rétine, soit de l'artère capsulaire, et (pii apporteraient au corps vitré le plasma du sang. Mais ces vaisseaux, auxijuels on a fait jouer autrefois un

Page 1