‹ Manuel d'anatomie descriptive et de préparations anatomiques (volume 2)Chapitre 115 sur 133 · II · texte numérisé non relu

II

» ment de cette capsule , que l'on trouve dans son épaisseur et sa trans- » parence naturelles (1). »

Mor^agni s'était borné à sis;naler l'éconlement d'un liquide au moment où l'on perce la capsule du cristallin ; au delà de ce fait, tout restait pour lui vague et indéterminé. Petit, on le voit, fut beaucoup plus explicite; il définit la consistance, la transparence, la quantité de celiquide, énonce ses usages, et déduit de ceux-ci d'importantes applications à la [latliologie. L'existence d'un liquide intermédiaire à la capsule et à la substance propre <lu cristallin semblait donc démontrée, et elle fut rangée en effet, à dater de cette époque, au nombre des vérités les mieux ac(piises à la science.

Remarquons cependant que, dans la description de Petit, plusieurs points soulèvent de sérieuses objections. La plus grave est celle-ci : chaque cristallin renferme I/2 grain de liquide, (piantité (pii représente la huitième partie environ du poids total delà lentille; il prend dix-huit cristallins d'hommes, et de ces dix-huit cristallins il extrait... quoi' un demi-grain! Et ce demi-grain, comment est-il extrait? En pressant légèrement le cristallin après l'avoir piqué avec une lancette (2) ! Et c'est sur ce demi-grain I ainsi extrait I que de longues générations d'anatomistes se sont fondées pour admettre au dedans de la capsule une couche de liqijide, dans laquelle la substance propre du cristallin était suspendue à la manière d'un corps flottant! Réduit à l'impossibilité d'extraire du cristallin de l'homme une quantité suffisante de ce liquide pour le soumettre à l'action des divers réactifs, Petit se voit forcé de recourir au cristallin du bœuf et du cheval ; et alors il réussit. Mais quel liquide obtient-il? Un liquide qui est visqueux, et qui file couune l'humeur vitrée! c'est-à-dire un liqiiide qui n'est pas li(piide. Qu'était-ce donc que ce liquide? Ce prétendu liquide, de même que celui extrait en si petite quantité du cristallin de l'homme, n'était (pi'une partie détachée des couches les plus superficielles de la substance propre du cristallin. Les faits qui suivent ne laissent aucun doute à cet égard :

1° Prenez un cristallin quelconque, d'homme ou d'enfant, de mammifères, d'oiseaux, de reptiles ou de poissons; placez-le sur un verre transparent, après avoir passé sur chacune de ses faces une feuille de papier jose[ih, afin de ne laisser aucune trace de liquide à sa périphérie, et pi.piez ensuite sa capsule avec une aiguille ou une lancette, en avant ou en arrière, au centre ou vers la circonférence, vous ne verrez pas sortir la plus petite gouttelette de licinide , si l'œil sur lequel le cristallin a été pris était sain et en bon élat de conservation. Lorsque l'œil est flétri et en partie altéré, les couches superficielles du cristallin, déjà très molles chez l'homme, deviennent presque diffluentes, et l'expérience alors n'offre plus un résultat aussi net.

2° On pourrait objecter à l'expérience précédente , que , si l'on n'a pas vu sortir de liqïiide au moment où la capsule a été ponctionnée, c'est parce que celle-ci, ipielipie soin que l'on ait mis à extraire le cristallin, a été légèrement blessée ou déchirée sur un point, par lequel l'humeur de Morgagni se serait écoulée. Pour vous assurer qu'il n'en est pas ainsi, laissez le cristallin en place; enlevez seulement la cornée et l'iris, essuyez

(1) Hisl. de V Acnd. roy. des sciences , 18^0, p. 44o et suiv.

(2) Loc. cil , p. 446.

SPLANCHNOLOGIE. 695

légèrement la face antérieure de la lentille, puis ponctionnez sa capsule, et observez : aucune trace de liquide n'apparaîtra k sa superficie.

3° Soumettez le cristallin à l'action d'un milieu réfrigérant; s'il existe au-dessous de la capsule une certaine quantité de liquide, celui-ci se congèlera, comme l'humeur aqueuse ou l'huiiieur vitrée, et, en prenant une forme déterminée, il deviendra plus saisissable. Examinons donc ce cristallin ainsi congelé, et voyons ce qu'il va nous présenter : en incisant la capsule, nous voyons d'abord tpie celle-ci a conservé tous ses attributs, sa flexibilité, son élasticité, sou épaisseur, sa parfaite transparence, etc. Immédiatement au-dessous de la capsule, nous trouvons un corps opaque qui offre ra[ipareuce et la consistance du suif; et lorscpi'on exan)ine les parties les plus superticielles de ce corps opaque, c'est-à-dire celles qui sont immédiatement en contact avec la face interne de la capsule , on voit qu'elles sont foruiées de lamelles superposées, moins consistantes mais tout à fait semblables à celles qui constituent If centre. Il faut donc admettre, ou bien que l'humeur de Morgagni n'existe pas, ou bien (ju'elle s'est transformée, sous l'influence de la congélation, en une substance identique avecla substance propre du cristallin; or les lois de la physique ne nous permettent pas d'ad.nettre une sendilable trausformalion. Reconnaissons donc que si le prétendu liquide de Morgagni ne diffère pas de la substance propre du cristalhn sur un œil congelé, c'est qu'en réalité il n'en différait pas avant la congélation qui a eu pour unique effet de rendre l'assimilation plus évidente.

4° Lorsqu'on soumet le cristallin à l'action des divers réactifs, on obtient un résultat semblable au précédent.

5" Enfm si, après avoir inci>é la capsule du cristallin, on prend la substance qui se trouve immédiatement en contact avec elle pour l'examiner au microscope, on reconnaît iju'elle se compose de fibres comme les couches centrales de la lentille, et que, dans les interstices de ces fibres, il existe seulement un certain nombre de cellules (jui deviennent de plus en plus rares à mesure qu'on pénètre plus profondément.

De l'ensemble de ces faits, je conclus que l'humeur de Morgagni et de Petit n'existe pas. M. le professeur Jlalgaigne, en 1842, avait déjà émis une semblable opinion; depuis cette époque il l'a souvent reproduite, et chaque année il la défend vivement dans ses cours. M. Ad. Richard vient aussi de l'adopter. Espérons que bientôt elle aura rallié tous les bons observateurs. Cette humeur n'exisiant pas, nous n'avons donc à étudier que la capsule et la substance propre du cristallin.

A. Capsule du cristallin.

Cette capsule est une petite cavité close, de forme lentioilaire, exactement moulée sur la substance propre du cristallin qu'elle isole et protège.

Son extrême minceur l'a fait comparer à une toile d'araignée, et sa parfaite transparence à une mince couche de cristal, d'où les noms de tunique a^-achiioïde, de tunique crislaltoïde que lui avaient donnés quelques auteurs du xyi* et du xvii« siècle. Cette dernière dénomination est encore aujourd'hui la plus généralement usitée parmi les ophthalmologistes qui, divisant la capsule en deux parties, admettent une cristalloïde antérieure et une cristalloïde 'postérieure.

Par sa surface extérieure la capsule du cristallin affecle des rapports et des conuexiiuis im|ioitautes qui ont été précrdeuniicut iiidiiiués.

Par sa surface intérieure elle s'appliipie sur la snh^tance [jropre de la leutiile sans lui adhérer, eu surte (ju'un peul l'acileuieul l'en séparer.

La [laroi anlérienre de celte capsule est une fois plus épaiss-e tjne la postérieure , et cependant elle éipiivaut à [leine 3 la centu nie parlie d"nu uiillinu'tre. Elle diffère eu outre de la seconde [lar la pré.-eiice de cellules arrondies ou ovalaires cpii recouvrent sa face convexe, et qui m'ont paru offrir beaucoup d'analogie avec celles qu'où observe sur la convexité de la cornée, mais «pii forment luie coucbe unique et non plusieurs couches super[iosées comme ces dernières.

Sounuse à l'examen microscopique, l'enveloppe du cri-^tallin n'offre ni fibres, ni i;rauulations, ui an'-oles, ni interstices. Son a<[iect e>t celui d'une lame de verre ou de cristal parfaitement poli. Aucune substance dans l'économie animale ue présente nu aussi haut de?;ré (riiomogénéité. — Lorsqu'on la déchire, les bords de la solution de coutinnilé sont aussi nets et aussi réguliers que ceux cpii limitent les fragments d'une i^lace. — Séparée du cristallin et froissée sous une lame de verre, elle offre un certain nombre de plis remarquables par leur direction parfaitement recti.ii;ue.

Si ou la pique avec un tube effilé à la lampp, et si on insuffle le cristallin, elle se laisse distendre, et au moment oii l'air s'en échappe elle revient à ses dimensions premières; el e est donc élastique. Son élasticité se manifeste enciu-e lorsqu'on l'enlève; car alors ou la voit se plis-er et s'enrouler en partie autour d'elle-même. Au moment oîi on l'incise sur un œil vivant, ainsi (pi'on le pratique pour l'extraction de la cataracte, le cristallin en est s|iontanémeni expulsé; mais cette expulsion est due bien plus à l'élasticité des membranes de l'œil (jn'à celle de la capsule: celte dernière serait tout à fait insidlisante fiour la produire.

Sa résistance est faible; elle se montre toujours très inférieure à celle de la membrane hyaloï.le et surtout à celle de la zone deZuni. Découvrez le cristallin en en.evant la cornée et l'iris, et cherchez à l'aide d'un corps à surface plane ou même concave applicpié sur sa face antérieure à déplacer la leutiile vers un point ipielconque de sa circonférence; (piels cpie soient les précautions et le procédé que vous emploierez, vainement vous chercherez à rompre ses adhérences avec la zone de Zinn ; constamment vous romprez la capsule, et la capsule seule. Or si l'on échcme dans de semblables conililions, cpje sera-ce donc lorsqu'on tentera d'abaisser en masse le cristallin à l'aide d'une simple ai2;uilte introduite dans la chambre postérieure I Que les chirurgiens cpii croient encore à cet abaissement en masse veuillent bien étudier la résistance comparative de la capsule et de la zone ^\e Zinn, et ils n'hésiteront plus à reconnaître avec M. le professeur Nélaton, (pj'un semblai)le abaissement sera impossibe toutes les fois que ces deux meMd)ranes auront conservé leur état normal , c'est-à-du'e dans l'iuMuense majorité des cas i).

Parmi les diverses propriétés de la capsule cristalline, la plus remarquable sans contredit est son inaltérable transparence. Plongez le cristallin

(11 Parallèle des divers modes opératoires dans le traitement de la cataracte, p. 41.

SPLANCnNOLOGIE. 697

dans l'eau bonillanle ou dan« l'eau glact'e, dans l'alcool ou dans un aride concentré, aussitôt il deviendra opacine, mais son enveloppe restera toujours parf.iileuient transparente. Celle propriété est si ialiérenie à sa nature qu'elle ne disparaît qu'avec la capsule elle niéiiie ; les substances qui attaipient et détruisent celle-ci sont les seules qui peuvent l'altérer. Ces sub'-lances, du re-te, sont bien peu nombreuses; car. si j'en ju^e par mes recherches, il n'eu existerait qu'une seule : l'acide azotique nionohydratç.

Dans la cataracte c'est la substance propre du cristallin qui devient opaipie et non son envelopi e. Petit, ipii en avait observé un graml nombre et (pii avait toujours trouvé la capsule transparente, conclut de ce fait que les cataractes capsulaiics devaient être eitrèiuement rares; et il fait remarquer que si ipieliues auteurs les considèrent comme fré(|uentes « c'est parce qu'ils n'ont pas pris garde qu'il reste sur la capsule un peu »de la matière sèche et opaque du cristallin.» — M. 3Ialgaigne, il y a quelques années, est abé plus loin cpie Petit : il a nié résolniueut, au s,i'anA scandale des chirurgiens et surtout des oplitlialmologistes, l'existence de ces dernières. Quelques faits récemment publiés par M. Broca semblent attester cependant qu'elles peuvent exister; mais leur extrême raret('' n'est plus aujourd'hui un fait qu'on puisse contester.

B. Substance jjropre du cristallin.

Cette subsfancp, ou le cristallin proprement dit, constitue la presque totalité de la lentille, puisque la caiisiile dans sa plus grande épaisseur ne dépasse pas un centirme de millimèlre.

Elle est trans[tarente aussi, mais elle ne l'est pas au même degré que la capsule La transparence de cette dernière, ainsi tjue nous l'avons vu, est inaltérable. Celle du cristallin s'altère, an contraire, soit par les progrès de r.nge, soit au co-.itact des agents physiques ou chimiques, soit sous l'influence de certains états paiholoi^iques.

1° Sous l'influence de l'âge. Chez le fœtus et l'enfant le cristallin est parfaitement transparent (1); il l'est encore chez l'adulte jusqu'à vingt-cinq on trente ans. Mais à cet âge sa partie centrale commence à jaunir; elle offre d'abord une légère teinte jaune-paille. Avec le nombre des années celte teinte auumente ini peu d'intensité, en même temps qu'elle s'étend insensiblement du centre vers la circonférence. Chez la plupart des vieillards, c'est-à-dire à soixante-dix on (piatre-vingts ans, le cristallin, ainsi que le fait remarquer Petit, rappelle parfaitement par sa couleur l'aspect d'un morceau d'ambre jaune bien transparent.

Cette altération de la transparence du cristallin par les progrès de l'âge est d'autant plus remarquable qu'elle n'a été observée jusqu'à présent que dans l'esj.èce humaine. On n'en connaît auctni exemple dans les autres vertébrés, ce qui lient peut-être à nue différence de longévité, on à ceque les animaux sur lescpiels ces ob'^ervations ont été faites ont succombé avant d'avoir atteint le terme naturel de leur existence.

(I) Zirîn avan-p que, chez le fœtus, le crisîallin el sa rapsnle oITient une coiileui luuiie sem 1. ble à celle qiii- le corps vitië iifft^cleà tel âge: r'esl nue erreur rejiryjiiile eucore par quelques uulcurs modernes.

698 ANATOMfE.

2° Sous l'influence (tes agents physiqiies et chimiques. Par son S{^ joursiiflisammeiit prolongé dans l'eau, il augmente d'«'paisseur ; en même temps il <litiiiuue liu peu de largeur et se trouble dans ses couches les plus superficielles, mais non d'une manière uniforme: les parties devenues opaipies forment des segments triangulaires dont la base répond a la circonférence et le s jmmet au centre. Ces segments sont séparés par des espaces transparents étendus des pôles vers Té^juateur comme autant de méridiens.

Plongé dans l'eau bouillante, le cristallin se transforme inslantanénicnf en un cor[)s cou)plétement opaque, de couleur blanche, décomposable en lames et en fibres.

L'eau glacée lui fait subir une transformation analogue ; mais elle a en outre pour effet de rétrécir son diamètre et d'allonger son axe, en sorte qu'elle rend plus saillante encore la difiérence de courbure des deux faces. Lorsqu'on dépose le cristallin ainsi transformé dans une eau dont la température est celle du milieu ambiant, il reprend peu à peu sa transparence, ses dimensions et ses courbures normales. On peut ainsi le rendre tour à tour opaque et transparent sans l'altérer en aucune manière.

Exposé au contact de l'air il se dessèche assez rapidement, et offre, après son entière dessiccation, une couleur jaune-paille.

Soumis à l'action de l'alcool, il devient opaque, d'un blanc mat, et plus ou moins friable.

Les acides lui communiquent la même opacité, mais sans le rendre friable ; leur action est d'autant plus prompte qu'ils sont plus énergiques et plus concentrés. L'acide azotique lui donne une belle teinte jaune.

Si, au lieu de soumeitre le cristallin à l'action isolée de l'alcool et de l'acide azotique on l'expose à l'action couibinée de ces deux réactifs, on voit d'abord quelques petites bulles d'air se dégager de la surface de la lentille, puis après un laps de temps qui varie de quelques minutes à un quart d'heure ou une demi-heure au plus, une violente effervescence se produire presque subitement et un cour.iut de gaz acide nitreux s'élancer du flacon, qui éclaterait infailliblement s'il était hermétiquement fermé; le résultat de cette effervescence e«t une dissolution complète du cristallin. Les phénomènes (jui accompagnent cette dissolution m'ayant frappé, j'ai cru devoir en rendre témoin M. le professeur Wurtz; et nous avons constaté que tous les corps dont l'albumine forme la base se comportent de la même manière sous l'influence combinée des mêmes réactifs. Nous avons constaté en outre cpie si l'on remplace l'acide azoticpie ordinaire par l'acide azotique monohydraté, qui est beaucoup plus énergique, l'effervescence se produit instantanément. Je signale ce résultat aux: chimistes qui seraient tentés de faire sur le cristallin quelques recherches.

yo Sous l'influence de certains états pathologiques. On sait qsie lorsque le cristallin est sorti de sa capsule il perd rapidement sa transparence, soit qu'il séjourne dans l'humeur vitrée comme lorsqu'il a été régulièrement abaissé, soit qu'il se trouve en contact avec l'humeur aqueuse comme on l'observe dans certains cas où il passe et séjourne dans la chambre antérieure. Alors même que le cristallin serait resté dans son enveloppe le même phénomène pourrait encore se produire ; car il suffit pour qu'il ait lieu que la capsule ait été seulement divisée ou ponctionnée sur un point :

SPLANCHNOLOGIE. 699

ce [loiiit tlomiera accès à l'Iiumeur aqueuse, t|ui, s'iiisinuant de proche eu lu'oche, (ievieuilra le [iliis souvent une cause d'aUératioii partielle ou générale ; ainsi se développent la plupart des calaracles traumatiiiues.

La consistnnce du cristallin varie selon les espèces animales, selon l'âge, et dans les di'férenis points de son épaisseur.

i" Selon les espèces animales. Le cristallin de l'homme a très peu de con-lslance ; il est inférieur sous ce rapporta celui de la plupart des niammilères, des oiseaux et des poissons. Toutes choses égales d'ailleurs il est d'autant plus ferme qu'il est plus volumineux : ainsi celui du cheval l'est plus que celui du bœuf, celui du bœuf plus que celui du mouton, et celui-ci plus que ceux du chien et du chat, du lièvre, du lapin, elc. Le cristallin des mammifères est généralement plus ferme que celui des oiseaux; mais il le cède beaucoup sous ce rapport à celui des poissons chez lesquels il atteint un degré de consistance qui difière peu de celui de la corne.

2" Selo}i l'âge. Il est extrêmement mou et presque diffluent chez ic fœtus et l'enfant ; de quinze à vin:;t ans il acquiert un peu plus de fermeté, et celle ci va ensuite en croissant jusque dans la vieillesse la plus avancée; les cristalliiis les plus jaunes sont au'-si les [dus durs.

."3° Dans les différents poinis de son épaisseur. Les couches superficielles du cristallin sont si molles qu'on les a cru privées de toute consistance : ce sont elles qui ont été décrites sous le nom d'humeur de 3Iur- 'jagni. Pour leur cohésion et leur aspect elles peuvent être comparées à une solution de gomme. Celles qui leur succèdent soat plus fermes et les suivantes plus fermes encore. On peut dire d'une manière générale que la consistance du cristallin augmente de sa superticie vers son centre; mais Cft accroissement ne paraît pas s'opérer d'une manière graduelle. En divisant l'axe de la lentille en quatre parties, on constate que les couches qui forment le quart antérieur et le quart postérieur présentent une cunsistauceà peu près uniforme, et celles qui constituent les deux quarts moyens, une consistance plus grande mais d'apparence uniforme aussi : de là celle division déjà ancienne du cristallin en deux couches principales : une couche superficielle ou périphérique, et une couche profonde ou centrale plus connue sous le nom de noyau du cristailin. Ces deux couches se montrent parfois très distinctes dans certaines cataractes où la superficielle prend- l'aspect d'un détritus blanchâtre, tandis q'ue cebe du centre offre la forme d'un petit disque de couleur ambrée. Mais dans l'état normal elles ne se succèdent pas aussi brusquement et on ne saurait déterminer le point précis où finit l'une et où l'autre conuneuce. C'est cependant ce qu'a voulu faire 31. Krause, qui divise le cristallin en cinq couches et qui donne à chacune d'elles les dimensions suivantes :

r.oiiihe inoUe anteîie'ure. . , ...•,..., SjO"^.''»^

Courbe moyenne aiiterieiae 1,2733

Noyau . . .' 2,(i8ô5

Couche moyenne posle'rieine I,()4l7

Cuucbe molle postérieure 0,W)i4

Plusieurs résultats me frappent daus ce tableau. Je pourrai demander

700 ANATUMIE.

à M. Kraiise à quels caracicres il a pu rlistinîîner ces cinq conciles ; je pourrai lui (iHinaiideiTomnieiit, après les avoir si l)ieii disliimiiées, ii a pu les séparer pour [irocéder à leur nieusnralion ; je pourrai lui faire remarquer (pi'une te le (li-^tinclion el une telle sé(iaratioM siiiq)0'eut nue peispicacité el une lial)iletc (pii l'une et l'antre senihleut tenir du prodii^e. Mais je veux admettre (pi'il a réellement di'^tingué, séparé, mesuré toutes ces couches. J'appellerai senlemenl l'attention de mes lecteurs sur ce cliiffre de 7 milliuiètres et nue fraction qui e\i»rime la loimuenr totale de ra\e du cristallin si bien étudié par cet auteur. Un axe de 7 millimètres ! Mais après qnitize jours de macération, alors que le cristallin est gonflé et distendu par l'eau dont il est indiihé. c'e>^t à peine s'il arrive à 6 millimètres et demi! Lui donner pins 7 millimètres, c'est donc ralion;;er gratuitement de 2 milliiuètres \ ] 1, pni*ipril varie de 4 l/i à 5 millimètres ; or -2 millimètres 1/2. c'est jnsie la moitié de la longueur du susdit axel et c'est à l'anatomisîe (pii a imaginé de diviser le cristallin en cinq couches, et ((ni a eu la prétention de mesurer chacune de ces couches à un dix-milliàme clf miUnnrire prrs qu'il était réservé de se tromper de 2 millimètres l/i seulement ! sur nue longueur totale de 5 millimètres 1! Aimons les chiffres, puiscpi'ils sont la plus hante expression de l'exactitude: mais gardons nous d'en abuser ; et n'oublions pas surtout que la précision a aussi ses limites : ne pas s'en approcher le plus possible, c'est mal servir la science; les outrepasser, ce n'est plus la servir.

Fibres, granulations, cellules du cristallin.

La structure du cristallin comprend trois éléments : des fibres, des granulations et des cellules.

Deux sortes de libres ont été mentionnées : les fibres nucléces et les fibres dentelées.

Les fibres nncléées sont celles qui composent les couches superficielles du cristallin. M. Samuel Bigelow le ]treuiier, eu \H'i9, les a signalées el en a montré le dessin à la Société de biologie; depuis celte époque elles ont été vues aussi et décrites par M. Cb. l\obin. Elles sont un peu aplaties, régulièrement calibrées, el pourvues de distance en distance de granulations arrondies ou elliitsoïdes. Ces granulations ne sont pas également espacées : sur certains points elles sont assez rappro'Miées, el sur d'antres assez éloignées. Suivant M. P.obin elles seraient contenues dans l'intérieur de ces libres ; je serai plutôt disposé à penser cpi'elles sont situées dans leurs interstices et iprelles en sont tout à fait indépendantes.

Les fibres dcnteb es forment le noyau du cristallin ; elles sont plus fragiles (pie les précéilentes, un peu plus transparentes et hérissées sur leurs bonis d'aspérités par lesquelles elles semblent s'engrener entre elles. Mes recherches me portent h admettre que ces asjiérités ou dentelures ne sont autre chose (pie les grainilations jn'écédemment mentionnées, situées ici aussi dans les interstices des fibres, mais plus petites, |)lus fermes, moins régulières et comme sondées aux bords des fibres qu'elles séparent, d'où l'aspect dentelé de celles-ci.

En réalité donc il n'existerait dans le cristallin qu'une seule espèce de fibres; à l'appui de cette opinion j'invO(pierai les faits suivants :

1° Si on prend une des lamelles superficielles du cristallin et si on l'exa-

SPLANCHNOLOGIE. 701

iiiiue sous l'eau à uu grossissement de 40 ou 50 diamètres, on remarque «lue parmi les fibres uucléées celles qui (lotteul isolées sont dépourvues de granulalions.

2" Observez cette même lamplle après l'avoir placée sur le porte-objet, vous verrez courir cà et là uti grand nombre de granulations, ce qui ne pourrait avoir lieu si celles-ci étaient intra-fihrillaires;

:î° Enfin les fibres superlicielles comme les fibres profondes présentent toutes le même aspect, lorsqu'elles ont macéré pendant (luelque temps d'abonl dans l'acide azotique ou cblorhydrique et ensniie dans l'acide acétique : touies constituent des prismes à quatre ou à six pans, parfaitement réguliers, les granulati()ns en étant alors entièrement détachées. Ces prismes sont un peu aplatis, ils offrent par conséquent deux faces plus larges par lesipielles ils se juxtaposent aux faces correspondantes des prismes sus et sous jacents, en leur adhérant faiblement, et deux faces latérales, plus étroites, décrites aussi sous le nom de bords, par lesquelles ils s'unissent plus solidement aux prismes voisins. — Lorsque le prisme est à six pans, les deux bords sont composés chacun de deux facettes réunies à angle obtus. Cet angle saillant se trouve alors logé dans l'angle rentrant formé à droite et à gauche par les deux prismes voisins superposés; par conséquent, il existe une sorte d'engrènement réciproque entre tous les prismes à six faces.

Les granulations sont extrêmement multipliées. On les trouve en plus grand nombre dans les couches superficielles que dans les couches profondes. Toutes sont arrondies ou un peu allongées, de dimensions égales, parfaitement transparentes et du même diamètre que les fibres. C'est surtout lors(iu'on les exanune sous l'eau qu'on peut bien constater leur indépendance des fibres du cristallin.

Les cellules présentent une forme arrondie, une grande transparence et une extrême pâleur. Connne les granidations, elles ?ont surtout abondantes au milieu des fibres qui sont immédiatement en contact avec la capsule; au delà des couches superficielles elles deviennent de plus en plus rares. Elles forment un groupe considérable au niveau de chaque pôle; de ce groupe princi[)al on les voit pénétrer dans chaipie méridien, sous l'aspect d'une petite traînée. Leur voliune est très inégal; il en est de grosses, de moyennes et de petites, irrégulièrement entremêlées. Chacune renferme un gros noyau d'une teinte très, pâle ; sur ce noyau on observe deux ou trois nucléoles.

En s'unissant par leurs bords les fibres donnent naissance à des lames Celles-ci sont extrêmement multipliées; mais leur nombre estimé par Leevenoëck a 200u ne saurait être déterminé, même approximativement Elles affectent une figure triangulaire dont la base répond à la circonfé rence du cristallin, et le sommet à son axe. Leur disposition a été compa rée avec raison à celle des lamelles (jui forment le bulbe de l'oignon Lorstpi'elles ont été durcies par le contact d'un acide, on pent les séparer les unes des autres en les soulevant du centre vers la circonférence du cristallin, (pii prend alors la forme d'un calice ou d'une fleur radiée.

De la superposition des lames résultent des segments qui sont triangulaires aussi et qui convergent également par leur sommet. Sur les cristallins de fœtus et d'enfants il existe constamment trois segments. Entre eux on

olisei've des espaces plus transparents qui rayonnent du centre de chaque face vers la circonférence, à la manière de méridiens, en divergeant sous un anu;le de 120 degrés. Ces trois ei^paces, en se confondant au niveau de clia- (jue pôle, forment un petit triangle à bords curvilignes tournés en dehors l'iar leur concavité.

Verneck avait cru remanpier que sur le pôle postérieur ils forment un (|(iadrilatère à bords concaves aussi en dehors: mais il s'est évidemment trompé. Sur ce pôle comme sur l'antérieur c'est constamment un triangle qu'on observe; seulement l'un des méridiens qui en partent se bifurtiuc ordinairement après un court trajet, en sorte que la face correspondante se trouve partagée en quatre segments : deux quadrilatères égaux, deux triangulaires, l'un grand et l'autre petit.

Les segments et les méridiens ne se correspondent pas sur les deux faces : ils sont disposés de telle sorte que les segments de la face antérieure répondent par la pariie moyenne de leur base aux méridiens de la face opl'osre, et réciproquement. Los méridiens des deux faces au lieu de se con-

FiG. 528.

FiG. 5-29,

'/ fjuiLci lanrc U Un criAliiLliii lienjant vu a un nient de u diamètres.

l"ig. 3-28. — Face nniétieure du crislallin. — 1,1,1. M<'ridiens divergenls sous na angle de 12U". — -,2,:i, begmenls sépares par ces mcriiiieiis Ou voit que les Ciijie.s (jui occnpeui la par lie nioyei'ue de ces segments s'eiendeul <lu ceiilre à la (ircciilcieuce; celles qm en oci upeiil les p:irlies lalei aies s'itiflethissenl vers le méiidieii qui leur crrespomi. pour se conliiiuer au niveau de celui-ci avec Its fil)ies du côle opposé eu (onnaaL des arcades supei posées, eL en alfeclaiiL ainsi une disposiliou ogivcde.

l"i'. 529. — Face l'oslérieure du cristallin, — 1,1. Deux îne'ridiens semblaLles a ceux qu'où obseve sur la face auleiienre, — 2.2. Troisicme méridien, siiiipie cuuime les piecedeals à sou point de départ, et se divisuut bientôt en deux bauches. — ô. Segment liiangnlaire compris entre le- deux méridiens indivisés.— -4,4. Segments quadrdateres compiis entre les mêmes méridiens et le mérdieii bifuiquc. — 5. Petit segment triangulaire limité par les branches de celui-ci.

SPLANCHNOLOGIE. 703

fondre de manière à former trois plans qui couperaient toute l'épaissetir de la lentille, en forment donc six qui con|ient chacun la moitié seulement de répais«:eur de celle-ci, et qui font enlre eux tin angle de 60 dei^rés.

Cette disposition a été signalée par Leeuwmhoëclc en IGSi (i). Elle est assez difficile à consiater, et j'avais d'abord conservé quelques doutes sur sa réalité : cependant j'ai fini par la voir très netlement.

Pour arriver à ce résultat il faut prendre un cristallin d'enfant, le placer dans l'eau, et observer à un grossissement de '25 diamètres d'abord la face qui se trouve tournée vers l'objectif. Après avoir bien vu les méridiens, les segments et les fibres de cette face, on fera de^xendre l'objectif pour observer de la même manière la face (q)posée ; puis on reviendia à la première ; et en allant ainsi de l'une à l'autre on finira par saisir un point d'où l'cm pourra Ips distinguer toutes les deux à la fois. En fixant alors [dus particulièrement son attention sur les méridiens, on les apercevra sur chaque face sous la figure d'un Y, et il sera facile de reconnaître ipie les deux Y sont couchés en sens inverse, de telle sorte que le tronc de l'une se trouve placé entre les jandies de l'autre , et vice verso.

Comment se comportent les fibres sur chaque segment, et comment aussi se comportent-elles en passant des segments de la face antérieure aux segments de la face postérieure? C'est encore à Leeuwenhoëck (]ue nous demanderons la solution de ce problème i2 . Sur ce point comme sur le précédent il a fait preuve d'une rare sagacité.

Les fibres ipii réjjondent à la partie moyenne d'un segment se portent en ligne droite de la circonférence au pôle du cristallin. Celles qui sont situées à droite et à gauche de ces fibres moyennes partent également de la circon''érence, mais n'arrivent pas jusqu'au pôle; elles s'infl^Tliis^enl vers le méridien correspondant dans lequel elles semblent, tantôt se perdrf au milieu des cellides qui s'y trouvent en grand nombre, et tantôt se continuer à travers celles-ci avec les fibres analogues du côté opposé de ce même méridien. Les j)lus rapprochées de la partie moyenne du segment sf jettent dans la partie su[)ériein-e du méridien, et les suivantes sur un poiiit d'autant plus inférieur de celui-ci qu'elles sont plus latérales. De là il suit :

1" Que les fibres moyennes sont les plus longues et rectilignes;

2° Que les latérales sont de plus en plus courtes et un peu curvilignes :

3° Que les fibres latérales situées à droite et à gauche du même méridien forment , par leur apparente continuité , des arcades superposées dont l'ensemble offre une disposition ogivale.

Prenons maintenant une des fibres qui forment ces arcades, et suivonsla dans son passage de la face antérieure du cristallin sur la face postérieure : en s'éloignant du méridien auipiel elle correspond, elle décris d'abord une petite courbe pour se rendre vers la circonférence de la lentille; là elle s'infléchit une seconde fois et en sens inverse à la manièri^ d'une s italique et va se terminer sur la face postérieure dans le méridien qui répond à la partie moyenne du segment dont elle est partie. Si elle vient de la partie supérieure du méridien qni lui a donné naissance,

(1) Arcana nat. det.. éd. nov. Lng. Fîmi. 1722, p. 6d.

(2) Loc. cit., p. 70.

elle se rend à la partie infi^rienre de celai sur lecpiel elle se termine; si elle ('mane au contraire de l'extrémité inférieure du premier, elle se rend à l'extrémité supérieure du second. Le trajet qu'elle parcourt sur une face est toujours en raison inverse de celui qu'elle jtarcourt sur l'autre. Après s'être portée d'un méridien de la face antérieure à un méridien de la face postérieure, elle revient de clui-ci à un antre méridien de la face antérieure, et chemine ainsi de méridien en méridien, en passant tour à tour sur l'une et l'autre face , et eu décrivant à chaque passage une 5 italitpie compoi>ée de deux parties très inégales, l'une petite, l'autre granile.

Telle est la disposition la plus simple, c'est-à-dire celle qu'on observe chez le fœtus et l'enfant. Mais même à cet âge on la trouve sotivent plus compliquée : la première complication qui se produit consiste dans une bifurcation des méridiens au voisinage de la circonférence. Ceux de la face

FiG. ôûO.

Méridiens, segments et fibres des deux faces d'un cristallin d'enfant.

Trajet que suit'ent les fibres du cristallin en passant de l'une sur l'autre /ace.

Fig. 530. — 1,1,1. Méridiens de la face antérieure. — 2,5,2. Me'ridiens de la face josleiieure. Ou peut remarnner (jue TY formée paries trois premiers est

di

sp.

■ee en sens

que le tronc de 1 ui dieiis divisent la cii

d(^ l'Y f rniée par les trois derniers, ne telle sorte se trouvant entre les Lranihcsde i'antie, ces niéii- ■uféreiue du ciislallin en hix pai.ies égales. Toutes les

lignes non ponctuées lepon^Jent aux segments de la face antérieure, et les

lignes poiicUiées aux segments de la face postérieure.

Fig. ôôi. — 1.2,0. ÎVléiidiens de la face antérieure. — 4 5 6. Méiidiens de la face posiérieure. — 7,7. Une fil)re de la fat e untérieui e jiassant à travers le méridien I, — 7, S. La même fihie parconiaut la face postérieure et p: ssant à travers le méridien 5. - 8 8. Cette fibn- revenant sur la face aulerieuie et pi.S'^aiit à iravers le m ridi. n '2. — 8,9. La même H lue repassant sur la face postérieure à travi-rs le ineridien (>, — 0.9. I a mênie, )iaicoiirant jour la troisième lois la face an'erienre ei passant j ai le méridiei; 5. — î>,7. La n êine, se report.mt potir la troisième fois aussi sui la f.^ce po-lérieure et passant par le méridien -4, pour ievenir à son p.oinl de tleja't après s'èlre letlechic douze fois Juiis son trajet Les autres fiJires i cpi é.-<eiitées dans cette figuie, et toutes celles qui ne le sont pas, se comportent de la même manière.

SPLANCHNOLOGIK. 705

postérieure deviennent plus fréquemment le siège de cette bifidité, et tantôt alors l'un d'eux seulement se bifuniue, tantôt deux et (luelquefois tous les trois. Chez l'adulte, au lieu de -i segments on en trouve G, 8, 9, 10 et même 1 1 ou 12 ; je n'en ai jamais vu un plus grand nombre. Presque toujours plusieurs des méridiens qni séparent ces segments sont divisés en deux branches à leur extrémité périphérique. De [k il résulte que les fibres, en passant de l'une à l'autre face, décrivent un plus grand nombre de sinuosités ; mais leur disposition relative et leur trajet demeurent les mêmes.

Le cristallin a été analysé par Berzelius, qui l'a trouvé composé des éléments suivants :

Eau o«,0

Matière albumiiipuse ôo,9

Hvdiochloiale et laclatc solubles dans l'acool. 2,4 Mdlièie animale soliil)le Si-ulonieiil dans iVau,

avec f(iii'l<|ues phospliales. 1,3

Rési lu membraneux insoluble 2,4

ïûôô ■

Lorsque l'eau de combinaison que renferment les fibres du cristallin (\iminue de quantité, celui-ci devient moins transparent, d'une couleur jaune et plus dense ; c'est ce que nous voyous chez le vieillard. En plongeant dans l'eau ces cristallins jaunes et denses, on les voit perdre en partie leur coloration jaunâtre à mesure qu'ils puisent dans le milieu ambiant l'eau qu'ils avaient en partie perdue. Si l'on prend au contraire un cristallin parfaitement transparent pour le faire macérer pendant (juehpies jours dans une solution concentrée de chlorure de sodium on voit celuici perdre peu à peu son eau de combinaison, devenir jaunâtre, et acquérir au bout de ipielques jours une si grande dureté ((u'il est presipie impossible de le briser entre les doigts, bien qu'il ait pris la forme d'un petit disque très aplati.

Vaisseaux du cristallin.

Chez le fœtus Tartère centrale de la rétine fournit à son entrée dans l'œil une branche importante, Vartère capsulaire ^ qui traverse d'arrière en avant l'épaisseur du corps vitré pour venir se ramifier sur la paroi postérieure de la cap<ule. Cette artère capsulaire a été injectée et représenlée par Ruysoh, par Aibinus, par Lieberkhun et par Petit. Son tronc vient s'appliquer sur le pôle postérieur ilu cristallin ; là il se partage en trois ou quatre branches ipii se subiliviseut presque aussitôt, et dont les divisions se portent en divergeant du centre de la paroi postérieure vers sa circonférence, à la manière de rayons peu réguliers et anastomosés entre eux. Parvenues à la circonférence de la lentille, toutes ces divisions artérielles la contournent et semblent disparaître; il m'a été impossible du moins de les poursuivre au delà. Mais M Ch. Robin a été plus heureux. Dans un travail lu récemment à Société de biologie, cet habile ob» servateur a très nettement dt'montré que les divisions de l'artère capsulaire, après avoir contourné la circonférence du cristallin, descendent sur la face antérieure de la lentille, puis se réfléchissent au voisinage de son

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