FIG
Sesmeuls, James et vaisseaux du cristallbu
Fig. 0*2. • — Ciisîalliii d'adidte doni la couche corticale s'est décompo?e'e en huit segments à la suite d'une immeision de vjuelqiies iours d^.ns 1 eau Pgèremenl acidulée. La parlie qui eS't restée enlièie représente le noyau du crislallii?.
Fig. ô33, — L'un des segments du cristallin précédent, représenté de profil, afin de montrer les lames superposées qui le composent et les fibres <lont ces lames siml formées.
Fig. 334. — Cristallin d'un fœtus de sept moi»;, sur la face postérieure duquel on aperçoit l'ailère capsulaire et ses principales divisions injectées.
Fig. 3'io. — Le même cristallin qui a été grossi afin de mieux montrer les divisions artérielles (jui rei-ouvreni la capsule, ••t le prolongement de tomes ces divisions jusque sur sa circonférence, où elles se réfléchissent pour converger ensuite sur sa fai e anlcrieure , vers le centre de la membrane pupillaire U laquelle elles sont destinées.
SPLANCHNOLOGIE. 707
HUMEUR ÂQUEISE ET CHAMBUFS DE L'UEIL.
On donne le nom d'humeur aqueuse au liquide qui remplit les deux chambres de l'œil.
Ce liquide esl incolore, limpide, et d'une fluidité qui rappelle celle de l'eau.
Sa quantité varie de 40 à 4 5 centigrammes. Pour la déterminer avec exactitude il importe de choisir des yeux parfaitement frais, c'est-à-dire appartenant à des hommes morts depuis quelques heures seulement, et de peser le globe de l'œil isolé de ses muscles et du nerf optique avant et après l'écoulement complet de l'humeur atpieuse. La différence des deux poids doiwie le poids absolu de l'humeur acpieuse. Cette méthode est celle qu'avait suivie Petit; et cependant il n'évalue le poids de l'humeur aqueuse qu'à 4 ou 5 grains (20 ou 25 centigrammes). Très probablement il avait pris pour ses recherches des yeux appartenant à des individus morts depuis vingt-quatre ou trente-six heures.
Sa pesanteur spécifitiue est de 1,005 d'après Brewster; par conséquent elle diffère très peu de celle de l'eau.
Son pouvoir réfringent a été évalué par le même auteur a 1,337 et par M, Chossat à 1,3;?8.
La composition de l'humeur aqueuse diffère très notablement de celle du cristallin, et offre au contraire beaucoup d'analogie avec celle de l'humeur vitrée. Celte différence toutefois ne porte pas sur les principes qui forment les trois milieux, mais seulement sur les proportions suivant les- ([uelles ces principes se trouvent associés; voici ces proportions tel'es qu'elles ont été déterminées par Berzelius pour l'humeur aqueuse :
Eau 98,10
Alhiimiae à peine une trace.
Chlorure sodique, avec nue fuilde trace
d'exliail alcoolique l,tu
Matière ex:lracli\'e soluble dans l'eau. , . 0,75
i.O'J^OÔ""
L'humeur aqueuse se renouvelle rapidement ; à la suite d'une ponction ou d'une petite incision de la cornée qui lui ava.it donné issue, on la voit se reproduire dans un laps de temps variable de douze à dix-huit ou vingtquatre heures et, par le seul fait de sa réapparition, rétablir dans leur direction et leur situation normale l'iris et le cristallin qui s'étaient portes en avant. [Vous avons vu que par son contact immédiat avec la substance propre de cette lentille, celle ci perd promptement sa transparence ; elle lui fait subir en outre une dissolution lente ipii a pour effet délinifif de la faire disparaître en totalité. Cette propriété a élé mise à profit pour le traitement curatif de la cataracte; plusieurs chirurgiens ont pensé en effet qu'au lieu de saisir le cristallin cataracte pour le porter en bas, en dehors et en arrière, ainsi qu'on le fait généralement lors({u'on /abaisse, il serait plus avantageux de déchirer seulement sa capsule, et de l'abandonner ensuite à l'action de l'humeur aqueuse, qui paraît être plus énergique que celle de l'humeur vitrée. L'expérience n'a pas encore suffisamment établi la valeur comparative de ce procédé et du procédé ordinaire.
L'action diseolvanle de cette humeur s'exerce du reste non-seulement sur la mas<*e ou les débris du cristallin, mais aussi sur le jius, sur les caillots sanguins et sur les dépôts fibro-albuiuincux dont elle produit, dans quelques cas, très rapidement la résorption.
Des opinions assez nombreuses ont été émises sur la source de l'humeur aqueuse. Nuck l'attribuait à des conduits particuliers qui, venus du dehors, traversaient les membranes de l'œil au voisinaee de la sclérotique et de la cornée : ces conduils, ainsi que l'a démontré Halier, n'étaient autre chose que les artères ciliaii es longuesqui, dans un grand nombre de iiuadnqièdes, ne pénètrent dans le globe de l'œil qu'au voisinage de la cornée. Quehjucfuns lui donnaient pour origine des glandes qti'ils ne pouvaient montrer. Saint-Yves en plaçait le jjoint de départ dans le corps vitré et le cristallin , d'où elles"échap|iait par voie de transsudation, oi)inion qui a été reprise et rajeiHiie, ainsi que nous l'avons vu, par Ribes et Dugès. xMais ce point de départ, il faut le chercher exclusivement dans les artères qui sont la source de toute exhalation. Dans le fœtus, où les deux chambres ne communi(inent pas encore entre elles, l'humeur atiueuse est exhalée dans la chambre antérieure par la membrane pupillaire, et d.ms la chambre postérieure parcelle même membrane et [»arles jtrocès ciliaires qui ne présentent à cet âne aucune trace de ligmenlum et qui semblent ainsi rester à nu pour présider plus librement à cette exhalation. — Le liijuide, exhalé par les artères, est ensuite repris par les veines iriennes d'où il jiasse dans le cercle veineux de l'iris. ]iuis dans les veines ciliaires antéiieures et la veine ophlhahnitiue, en sorte qu'il se renouvelle incessamment. Pour constaterce renouvellement continu il sulfit de mettre à nu la partie antérieure de la sclérotique, c'e-t-à direde couper tontes les veinules qui émanent du grand cercle veineux de l'iiiset qui de\iennent l'origine des veines ciliaires antérieures ; on remaniuera sur tout le contour de la cornée un suintement séreux as<^ez abondant, (jui a pour siège les radicules veineuses divisées, et pour source principale l'humeur aqueuse.
Cette humeur, de même que l'humeur vitrée et l'humeur cristalline, est contenue dans une membrane particulière appelée wPH)i>-fl«e de l'hnmeur aqueuse, membrane de Descemet, membrane de Demovrs.
La membrane de l'humeur aqueuse est extrêmement mince et cependant assez résistante. Son épaisseur ne dépasse pas 1/150 de millimètre. Coîumela capsule du cristallin, elle offre une transjiarence parfaite, que n'altère également ni la congélation, ni lacoction, ni l'alcool, ni les acides. A l'aide de tractions on peut en enlever des lambeaux sur la face })Ostérieure de la cornée. La macération jiermet de la détacher complètement de cette membrane ; on voit alors qu'elle offre une tendance à s'enrouler, et qu'elle possède par conséiiuent une certaine élasticité. Si on la froisse sous le microscope elle forme de grands plis rectilignes, comme la capsule du cristallin ; et lorscpi'on la déchire elle présente aussi des bords nets et réguliers. Son étendue superficielle et ses limites sont difficiles à déterminer : pourquelipies anatomisles elle recouvrirait seulement la face concave de la cornée et se t^-rminerait à la grande circonférence de l'iris en se continuant soit avec la lame interne de la sclérolicpie, soit avec le ligament ciliaire, soit avec Tune et l'autre. Plusieurs auteurs admettent au contraire qu'elle passe de la cornée sur la face antérieure de l'iris, où elle
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se termine an niveau du cercle pupillaire. Cette dernière opinion me paraît la plus exacte.
Il imiiorte de remarquer toutefois que dans cette partie terminale de son trajet elle ne peut être détachée, ni par lambeaux, ni par voie de iiiacératiou, en sorte tpie son esistenje sur l'iris n'est pas aussi bien démontrée que sur la cornée.
La membrane de l'humeur aqueuse, si mince qu'elle soit, se compose cependant de deux, lames, d'une lame externe et d'une lame interne ou cpithéliale.
La lame externe adhère au tissu propre de la cornée d'une manière intime, et d'une manière plus intime encore aux fibres et aux vaisseaux de l'iris. Elle serait tout à fait anhyste selon quelques ob>ervateurs, et composée de fibres de tissu cellulaire extrêmement fines et pâles selon d'autres.
La lame épithélinh est formée de cellules contenant un noyau bien apparent. Ces cellules présentent pour la plupart une forme irrégulièrement hexagonale; elles existent à la fois et sur la cornée et sur l'iris.
La membrane de l'humeur aqueuse paraît dépourvue de vaisseaux.
Chambres de l'œil.
Les chambres de l'œil, distinguées en antérieure et postérieure, n'offrent ni la même forme ni les mêmes dimensions.
La chambre antérieure, limitée en avant par la cornée, en arrière par l'iris, présente la forme d'un segment de sphère. Le diamètre du plan qui sous-tend ce serment est de l:î millimètres. Son axe étendu du centre de la cornée au centre de la pupille varie de 2 à 2 millimètres 1/2.
La chambre postérieure est formée : en avant par l'iris ; en arrière par le cristallin et par cette partie de la zone de Ziiin qui s'étend des procès cilia ires de la choroïde au-devant de la circonférence de la lentille; sursa circonférence par la partie libre ou il(jttante de ces procès ciliaires. Plane en avant, convexe en arrière, elle affecte la configuration d'un méniseiue. Son diamètre ou sa largeur est de 11 millimètres et son axe ou son épaisseur de 1/3 à 1/2 millimètre.
Pour déterminer les dimensions relatives des deux chambres on a en recours jusqu'à présent à la congélation ; et pou'r obtenir cette congélation on plongeait le globe oculaire dans un mélange de sel marin et de glace. Mais un semblable mélange a pour effet immédiat de provoquer un vif mouvement d'exosmose qui ne tarde pas à produire une diminution du volume de l'organe et par conséquent une réduction de capacité de ses chambres. Afin d'éviter cet inconvénient j'imaginai de placer l'œil dans une éprouvette contenant une certaine quantité d'eau et de plonger ensuite cette éprouvette dans le mélange réfrigérant ; mais même en usant de cette précaution j'ai acquis la certitude que le volmne de l'œil diminue : tout œil congelé eut plus petit. Néaimioins j'ai voulu connaître le volume des glaçons contenus dans les deux cliauibi-es; celui qui occupait la chambre postérieure m'a toujours paru si mince, qu'en jugeant de la cai)arité de cette chambre sur ses dimensions, celle-ci semblait à peine exister. Celui de la chambre antérieure n'arrivait pas à 2 millimètres -, cependant Petit
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avance qu'il l'a trouvé épais d'une ligne et plus, et que la couche de glace contenue dans la chambre postérieure offrait une épaisseur de l/s, 1/6 et très raremetJt 1/4 de ligne. Ces chiffres ne diffèrent pas sensiblement de ceux qtie j'ai donnés; et je m'étonne qu'en suivant une métbode aussi défectueuse cet auteur ait [)U arriver à des résultats aussi exacts.
Le procédé que j'ai mis en usage pour déterminer l'épaisseur absolue et relative des différentes parties échelonnées sur l'axe aniéro-postérieur de l'œil, consiste à traverser toute l'épaisseur de l'organe d'arrière en avant avec une épingle à insecte, de manière à remplacer son axe fictif par un axe réel,
Dans ce but j'ai choisi les yeux les plus frais que j'ai pu me procurer; j'ai mesuré exactement leur diamètre antéro-iiostérieur, puis j'ai coupé le nerf opticpse à son entrée dans la sclérotique ; et piquant avec mon épingle le centre de la lame criblée mise à nu par cette coupe, je l'ai conduite d'arrière en avant à travers tous les milieux de l'œil jusqu'au centre de la cornée, dans l'éjiaisseur de laquelle elle pénèlre assez facilement en soutenant cette membrane avec la pulpe du doigt. L'épingle ainsi introduite, je pratiiinai sous l'CaU, à la parlie supérieure de l'œil, une fenêtre en enlevant la sclérotique, la choroïde et la rétine sur une surface de I cenlimèîre carré environ ; quelquefois , en outre , j'ai enlevé une partie de la cornée pour voir le profil des deux chambres. Le diamètre antéro-postérieur externe étant supposé de 24 millimètres (j'ai établi précédemment que va chiffre représentait son éiendue moyenne), l'axe anléro postérieur interne ou l'intervalle étendu de la concavité de la cornée à la concavité de la rétine a pour mesure une longueur de 2 1°"",5 lesquels sont ainsi répartis :
m ■ Il
Chaml>re anléiieure 2,5
Cliiinibie postérieure 0,4
CistalIlD 4.8
Coips vitré 14,0
En divisant cet axe interne en trois parties , on voit que le corps vitré en occupe les deux tiers postérieurs, le cristallin et l'humeur aqueuse occupant l'autre tiers ;
Si l'on subdivise à son tour ce tiers antérieur en trois parties, on reconnaît de même ([ue le cristallin en occupe les deux tiers postérieurs, l'autre tiers étant réservé à l'humeur aqueuse.
Enfin en partageant ce tiers du tiers, non plus en trois, mais en six parlies, on pourra constater que la chambre postérieure en forme le sixième environ, et l'antérieure les 5/6.
Dans cette vue icénérale, la place occupée par chacun des milieux de l'œil sur l'axe visuel se trouve exprimée en chiffres ronds. Ceux-ci peuvent suffire en effet pour une vue d'ensemble; mais lorsqu'on descend aux applications pratiques il importe de tenir compte des fractions précédemment indiquées.
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