SE.NS DE L'ODORAT
Le sens) de l'odorat ou de l'olfaction, destiné à contrôler les qualités de l'air que nous respirons, est situé à l'entrée des voies respiratoires, audc'sous du crâne et des orbites dont il n'est séparé que par des lames osseuses très minces, au-dessus de la bouche et de l'organe du gofit avec le(iuel il entretient des cotniexions si intimes que Brillât-Savarin a cru pouvoir considérer ces deux sens comme n'en constituant qu'un seul doué d'apiilude gnstative différente à sa base et à son sommet (I).
Deux caviiés anfractueuses séparées sur la ligne médiane par une simple cloison, et recouvertes d'une membrane molle et spongieuse, douée de la faculté de recevoir l'impression des molécules odorantes des corps, composent essentiellement ce sens. Ces cavités portent le nom de fosses iiaidles, et la muqueuse qui les revêt celui de piluitaire. Chacune d'elles est précédée d'une autre cavité beaucoup plus petite, produite par un repli de la peau : c'est la cavité des narines, A leur extrémité postérieure elles .se confondent en se prolongeant sur le voile du palais pour former une arrière-cavité qui communique largement avec le pharynx.
Ces trois cavités disposées sur une même ligne sont surmontées en avant d'un appareil qui les recouvre à la manière d'un chapiteau et qui les protège, soit contre l'intlueuce trop directe de l'air atmosphérique, soit contre l'injure des corps extérieurs qui pourraient s'y introduire.
Le sens de l'odorat nous offre donc à étudier quatre parties bien distinctes :
l» Vn appareil de protection ou partie accessoire qui forme le nez pro- •prement dit ;
2". Les narines ou vestibules des fosses nasales ;
S*' Les fosses nasales, partie fondamentale du gens ;
4° Enfin l'arrière-cavité des fosses nasales improprement appelées arrière-cavités des narines.
(l) Les faits sur lesquels l'illustre auteur de hi Physiologie du goilt u tbiuîo Cri ia})priichenienl aUestent uu i are esprit li'oLserva ioti. Jl s'expiinie ainsi :
B Pour moi je suis uon-s, ulenient |>ei suade que sans la j'ai tii ipation de l'oiiorat « il u'y a pas de degii>taliuu complète, nuiis eucore* |e suis leuté de cioire cjue j) 1 odoiat et le goiii ne foimciil (|u"uu seul seu> dont la bouclie est le laliora- » toire et le ni z la chemiuee, cm pnui- parler plus exactement, dont l'un sert à B la degustalii'n -les corps taciiles et l'autre à la dégustation des gaz.
j) Quand on luteici-pie l'odoral, on paiulyse le goût; c'est ce (|uise prouve par ») trois exiiéiieui e> que tout le monde peut \erifiei' avec un égal succcs.
» Première expérience. Quand la memluaue nasale est iritee par un vioî) leni cor\z.i. le goùl <sl entitrtmeut ohliifié; ou ne trouve aucune saveur à ce I) qu'on avale, et cependant la laui^ue i e>te dans son état nalui el.
» Secon e expérience. ^\ Ton niante en se serrant le nez, nu est tout étonué >) de n'éprouver la sensation du goùl que d'une manière o])s<ure et impai faite; b p,.r ce moyeu, les médicaments les plus repoussants passent prestjue lua- » peiçiis
> Troisième expérience. On observe le même effet si , au moment où l'on
• avale, au lieu iJe l.iisser r' venir la laugne à sa place naturelle, ou continue >i à la tenir attachée au palais; eu ce cas, ou iutercepie la circulation de l'air.
* l'odorat n'est point frappé, et la gustation n'a pas lieu.»
Le nez, sitné à la iiartie antérieure des fosses nasales, représente une pyramide triangulaire dont la base regarde direclenient en bas. L'axe de cette pyraniitle qui s'incline en avant chez les animaux, suit doue une direclion verticale cliez l'homme, et peut être invoqué comme une nouvelle preuve en faveur de sa destination à l'atliiude bipède,- car en prenant sur le sol un point d'appui avec ses membres antérieurs, le sens de l'odorat chez lui se dirigerait en arrière, et ainsi que le sens de la vue qui se tournerait alors en bas, semblerait vouloir se dérober à l'impression des corps extérieurs, imitression à laquelle ils se présentent au contraire l'un et l'autre dans l'aîtitude opposée.
Les dimensions et le mode de configuration du nez présentent des variétés presque infinies qu'on a distinguées avec raison en variétés individuelles et variétés de race^^, et qu'on a cru pouvoir rattacher à quatre ou cinij types principaux dont l'étude offre |)eu d'intérêt pour l'anatomiste et le [)hysiologiste, ces variétés n'entraînant avec elles aucune modification ni dans la texture des parties qui le constituent ni dans l'exercice du sens de l'odorat.
Le sommet du nez ou sa racine s'unit à la partie inférieure et médiane de la région frontale. Il est un peu concave de haut en bas, convexe transversalement , et plus ou moins étroit , mais cependant très variable sous ce rapport suivant les suje's : lorsque ceite racine est étroite, le nez est effilé et saillant ; lorsqu'elle offre plus de surface, le nez perd en saillie ce qu'il gai^ne en largeur et parait alors comme écrasé. On pourrait penser que dans le premier cas la voûte des fosses nasales est aussi plus étroite, et plus large au contraire dans le second. Mais J'ai pu me convaincre (pie la partie supérieure des fosses nasales, plus spécialement affectée à l'impression des odeurs, est tout à fait indépendante de la configuration de la racine du nez. C'est poiu-quoi les personnes qui ont le nez le mieux conformé ne sont pas toujours celles qui ont le sens de l'odorat le plus parfait.
La base du nez surmonte l'orifice buccal et se trouve ainsi placée comme une sentinelle avancée au-dessus et au-devant du sens du goût, pour recueillir les émanations odorantes des corps dont celui-ci ne sera appelé à juj:er les saveurs qu'après celte exploration du sens qui le domine. Cette base est formée sur la ligne médiane par une cloison mobile qui se conticnie en arrière avec la lèvre supérieure, et en haut avec la cloison des fosses nasales, d'où le nom de sous-cloison qui lui a été donné. De chaipie côté de la sous-cloison on observe une ouverture ellipti(pie assez étroite en avant, plus large et plus arrondie en arrière; cette ouverture, sur laquelle nous reviendrons plus loin, représente Vorifice inférieur des narines ou vestibule des fosses nasales.
Les faces latérales s'inclinent l'une vers l'autre pour former sur la ligne médiane un bord libre et saillant qui constitue le dos du nez. En se continuant en bas avec la circonférence de la base du nez et avec la souscloison, ce bord libre donne naissance au lobe ou lobule du nez. La direction qu'il présente est infiniment variable : il peut être rectiligne, convexe, concave ou diversement anguleux; le seul caractère constant qui
lui soit propre est sa réunion à an^le o])tns avec la partie médiane du Iront. Les statuaires de l*aiiti(|uilé, observateurs beaucoup moins lidèles de la nature que les peintres, avaient cru [toiivoir suiiprimer cet angle, et en voiilant trop idéaliser le type qu'ils avaient conçu de la beauté ils arrivaient ainsi à le dégrader: car ils retiraient à la physionomie de l'homme l'un des caractères qui le distinguent jiour lui en donner un qui le rapproche au contraire des quadrupèdes, chez lesquels nous voyons le front et le nez se contiimer en ligne droite; de là en partie le défaut d'expression de leurs léles, qui trop souvent semblent jetées dans un même moule de pure conveniion.
Sur chaque face latérale on observe à l'union du tiers inférieur avec les deux tiers supérieurs un sillon curviligne qui contourne la base du nez et •lui se prolonge en disparaissant peu à peu vers l'angle correspondant de la lèvre. Ce sillon, appelé naiio-Uihial,est peu développé chez l'enfant; il est plus accusé chez ladulie, et plus encore chez le vieillard. On le trouve mieux exprimé aussi chez l'homme que chez la fenmie ; moins chez les individus à constitution molle et adii»t-use (pie chez ceux à constitution sèche. Il se creuse rajfidement sons riiifluence de l'amaigrissement délerminé |)ar certaines ma adies et s'ajoute alors aux traits principaux de la face conune un caractère nouveau qui en modifie l'expression et qui, à ce point de vue, mérite de fixer toute l'attention du médecin. Au-dessous du sillon naso-labial est une partie convexe et mobile qui forme l'aile du nez; au-dessus uFie surface plane qui s'unit en arrière à la joue, en formant avec cette dernièie un angle, Vancjle naso-yénien, et plus haut aux paupières avec lesquelles elle forme également un angle, Vangle nasopalpébral continu au précédent.
Vu par sa partie postérieure, le nez représente une surface excavée qui s'unit sur la ligne médiane à la cloison des fos«es nasales et qui affecte de chacpie côté l'aspect d'une gouttière destinée à s'appliquer sur ces fosses pour les compléter et à diriger vers leur partie supérieure ou olfactive les émanations odorantes, à peu près comme le pavillon de l'oreille dirige vers le nerf auditif les ondulations sonores.
srr.ucTURE du m:z.
Le nez se compose d'une charpente osseuse, cartilagineuse et fibreuse, à lacpielle il est redevable de la fixité de sa forme; de muscles qui recouvrent cette charpente; d'une enveloppe cutanée qui fournit des insertions à ces muscles, et enfin d'un prolongement de la pituitaire qui représente dans l'ordre de superposition sa quatrième couche ou sa couche la plus l.rofonde. A ces diverses couches viennent se distribuer des artères, des veines, des vaisseaux lympbatiques et des nerfs.
1° Charpente du nez.
a. Portion ongeuse. Elle est formée par les os propres du nez et les apophyses montantes des maxillaires supérieurs. Les premiers s'unissent l'un à l'autre sur la ligne uiédiane par une coupe légèrement oblique pratiquée aux dépens de leur face externe, et de chaque côté aux apophyses montantes par une coupe semblable, mais beaucoup plus oblique, prati-