II
quée aux dépens de leur face interne. Ainsi juxtaposés ces os représentent une sorte de voûte extrêmement résistante, étroite et très épais-^e eu haut où elle s'articule avec le frontal, plus large et très mince en bas où elle se termine par un bord presque tranchant. Sa partie supérieure, appelée à joner le rôle d'un appareil de protection, se distingue par la solidité; sa partie inférieure unie à des cartila^^es minces et mobiles participe de la minceur et de la légèreté de ceux-ci. En arrière et sur toute sa longueur cette voûte est soutenue par la lame perpendiculaire de rethmoïde,
FiG. 5ô6,
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Cartilage de la cloison.
l. Curlilage de la cloison. — 2. Bord supérieur et postérieur de ce caitiiiige, — 5. Snii hord siipeneiii- et ynlérieur. — 4. Coupe du carlilage lale'ial droit. — o. Bord iiiféiienr et antéritur du carliUige de Ju cloiNOii. — 0. Brandie interne du tai tduge de l'aile du nez du côl(^ gaiiclie. — 7 bord inférieur et po-tei ieur àa rart\lage delà cloison. — 8 Cartilage accessoire cnnvt.ail situe' immédiaiement au-dessus iie l'espèce nasale aaurieuie et mféiieuie sur les côlés du cartilage de la cliisou , au point du réuiiion de ses d< ux bords i ife'.ienrs. — 9. Prolongenieiil. intra-vonnrien du caitilage de la cloisi n dont les bords supeiiiur it inférieur sont iudiriués par deux Ignes ponctuées. — 10. Canal palatin antérieur du côte droit, — H. Extrémité inférieure du canal palatin antérieur du côté gauche.
SPLANCHNOLOGIE. 71 5
b. Portion carlilaijineuse. Trois cartilages principaux, un supérieur et deux inférieurs, entrent dans la coiii[josiiion de la charpente du nez. Le carlilage siipprieur fait pctràe à la fois de la cloison des fosses nasales et (les faces latérales du nez; il est formé, en d'autres termes, de trois parties : une médiane (jui porte le nom de carlilage delà cloison, et deux iaiérales qui, nées de la partie antérieure et supérieure de la précédente, se replient de chaque côté pour se porter en dehors et en arrière. Ces i>ro!ongements, considérés par la plupart des auteurs comuie indépendants, ont été dév'^rits sons le nom de cartilages laiéraux.
Les cartilages inférieurs occupent la sous-cloison, le lobe et l'aile du nez, d'où la dénomination de cartilages de l'aile du nez sous laquelle ils sont connus. Nous aurons donc à étudier : 1° le carfilaye de la cloii-on ; 2" les prolongements de celui-ci ou les cart'ila'jes latéraux du nez; 3" les cartilages de l'aile du itez ; 4° des cartilages accessoires.
1" Cartilage de la cloison. Ce cartilai^e est reçu dans l'anale rentrant qui sépare le vonier de la lame peritendiculaire de l'ethmoïde. Sa direction par conséquent est verticale comme celle de la cloison qu'il concourt à former. Sa figure n'est pas triangulaire, mais quadrilatère, en sorte qu'on peut lui distinguer quatre bords et deux faces latérales, l'une droite et l'autre gauche.
De sestpiatre bords deux sont supérieurs et deux inférieurs. — Son bord supérieur et postérieur s'unit à la lame perpendiculaire de l'eihmuïde à la manière des côies avec les cartilages co^-taux ; il est inégal et sinueux.
Son bord supérieur et antér-eur s'étend des os propres du nez au lobe de cet organe. En liant il se continue avec les cartilages latéraux. En bas il est libre et se trouve débordé par la partie antérieure des cartilages des ailes du nez ; aussi lorsque ces derniers sont un peu écartés l'un de l'antre, voit-on la peau se d<primer légèreinent dans leur intervalle et le lobe du nez offrir une tendance vers cette bifidité que nous présentent quelques quadrupèdes.
Le bord inférieur et antérieur, étendu du précédent à l'épine nasale correspondante, surmonte la sous-cloison, à la formation de laquelle il reste étranger; il est le plus court de tous, arrondi et un peu oblique de haut en bas et d'avant en arrière.
Le bord inférieur et postérieur adhère, en avani à laci'ête qui surmonte la ligne de jonction des apophyses palatines, et en arrière à la partie la plus déclive du bord antérieur du vomer.
Les faces du cartilage de la cloison sont en général planes. Mais il est extrêmement fréquent de voir ce cartilage se dévier tantôt à droite, tantôt à gauche, en se coudant à aîigle très obtus ; l'une des faces offre alors usîc concavité qui a pour effet d'agrandir la fosse nasale correspondante, et l'autre une saillie antéroqiostérieure qui réirécit la fosse nasale de son côté. Sur vingt-deux tètes j'ai trouvé neuf fois la cloison des fosses nasales déviée ; deux fois la déviation répondait à sa partie moyenne, et sept fois à son quart ou à son tiers inférieur.
Le carlilage de la cloison chez quelques individus ne s'étend pas au delà de l'angle formé par l'union de la lame perpendiculaire de l'ethmoïde avec le vomer. Mais très souvent on le voit s'insinuer entre les deux lames qui forment le second de ces os et former un prolongement dont les dimen-
ANATOMTE .
sions sont extrêmement variables; tantôt en effet ce prolonç/fment ivlravomérien n'offre que ;i on 4 millimètres tl'étendiie: tantôt il est pins loiii> et offre alors ras|)ect d'niie languette aiis;iilen=e on tuiatlrilatèie. Dans qnelqnes cas il arrive jnsqn'an corps dn splirnoïde ; snr les vin;;t-(lenx cloisons précédemment mentionnées je n'ai vn qne cinq fois le cartilage de la cloison se prolonger dans toute l'étendue dn vomer.
Ce cartilage n'est pas seulement destiné à compléter la cloison des fosses nasales; il a encore pour usage de soutenir toute la partie fibro-carlilagineuse du nez, pour laquelle il constitue en quelque sorte une clef de vente.
FiG. 537.
Cartilages du nez vus de face.
. Cartilage latéral droit. — 2. Bord antérieur bord coriesponilaiit 'lu cartiiat:e oiiposé un on uperçoil le cariilage de 1 1 cloison — 5y>. la cloison. — A. Caililagf'S aicessoires iinléritr 5. Branche exlerm- du carliliigi' df l'ade du qui prfdongenl en arrière l'eslremité lilm
te ce cartilage, formant avec le sillin ai. solaire an tond durinel Boids antérieurs du cartilage de urscin'oii Ironve coiis'amment. — nez. — 6. Noyaux crtlagmeiix I de celle br..nclie. - 7. Partie
moyenne du carldage <)e laile du nez du côté droit , scpatee de la partie moyenne du cartilage de l'aile du nez du côlé gauebe par un sillon.
SPLâNCHNOLOGIE.
2° Cnrtilncjes Intdvavx du vcz. Ces cartila.2;es, iif's de la partie antérieure et supérieure du carliiage de la cloison, et rai)atius à droite et k gauclie de manière à former de cliai|ue côté une goiilliére à concavité po-itérieure, présentent la figure d'une lame triangidaire. Us occu|ient l'espace compris entre l'origine du sillon naso-labial et les os propres du nez.
Leur face externe est rerouverte parle transverse et le pyramidal. Leur face interne répond à la pitiiilaire qui lui adhère d'une manière intinic.
Le bord supérieur s'unit au bord inférieur de l'os du nez correspon-
FiG. 338.
Carlilages du nez vus de profil,
Ciirlilage latéral droit. —2. Bord antrrienr de ce cariilusc — ô. Noyau cr.rlilu^iiieux uccff.soire allachë au hord uifeiifiir du iiicme caililage. — 4-. Carlilasies accessoires uiili rieurs, reniarciui.l.les pir leui turn e o\.ide cl !<^ur exislenc lonsumie. — 5. Hrai clie exleiue du cuiUlage de Tuile du nez. — (i. Uiiioi. de c-l:e branche avec la Ini.nclie iulerue. — 7. 1 r.niicre j-icce cavUlagineuse surajou ee à la Itraiiche ext. rue. — S. Seconde j iece caili'aoineuse. — 9. Troisième pièce caililu^ineuse. — 10, Caitilage accessuiie iuconstant.
ir. 60.
718 ANATOMIK.
liant ; il est taillé en biseau aux dépens cle la face externe, qui remonte sur la face postérieure de l'os à la liauleur de 2 tnillirnètres ; le périoste, en se prolongeant de la lame osseuse sur la lame carlilaginense, soit en avant soit eu arrière, les unit étroilenient Tune à l'autre.
Le bord exierue ou inférieur, Ié2;èrement arrondi, donne attache au tissu fibreux cpû rempiit l'espace compris entre le c^.rtilage latéral, le cartilage de l'aiie du nez et la base de l'apoiihyse montante.
Le bord interne, plus épais qne les deux précédents, se continue avec la partie supérieure du bord antérieur du cartilage de la cloison. Celui du côté droit est séparé de celui du côié gauche par un sillon plus ou moins profond mastpié ordinairement par du tissu fibreux. Il arrive assez souvent (pie ce bord n'adhère pas au cartilage de la cloison par toute son étendue, mais seulement par sa moitié supérieure. Dans queltpies cas plus rares il est réellement indépendant de celui-ci auquel il n'est uni que par le périchondre qui passe de l'un à l'autre.
3° Cartilnge de l'aile du nez. Il présente la figure d'une ellipse ouverte eu arrière, dont la branche externe très irré^ulière occupe l'aile du nez et dont la branche interne répond à la sous-cloison. Ces deux branches ne sont pas comprises dans le même plan : la première se porte un peu en haut et la seconde en bas, eu sorte que l'ellipse constituée parleur réunion semble avoir subi au sommet de sa courbure une sorte de torsion.
La ftmMrAefa-fTHe.d'une longueur presque double de celle de l'interne» et d'une largeur aussi, plus considérable, nous offre à considérer deux faces, deux bords et deux extrémités.
La face externe est d'abord convexe, puis elle se déprime légèrement; à cette première dépression en succède une seconde beaucoup plus petite, mais très accusée et constante, pui'^ une troisième plus petite encore. — La face interne offre une configuration inverse.
Le bord inférieur, à son point de départ, suit le bord correspondant de l'aile du nez; mais parvenu à la partie moyenne de ce bord, et quelipiefois même avant de l'avoir atteinte, il se conde brusquement, monte alors vers le sillon naso-labial sous un angle de 4 5 degrés sans arriver jusqu'à lui, puis redevient horizontal. Dans ce trajet il est successivement recti= ligne, puis concave, et enfin irrégulièrement festonné.
Le bord supérieur décrit d'abord une courbe aecendante, et se dirige ensuite presque horizontalement de dedans en dehors et d'avant en arrière en formant des sinuosités.
L'extrémité postérieure effilée se présente sous l'aspect d'un petit tubercule profondément sitné et en partie caché sons la base de l'apophyge montante du maxillaire supérieur. L'extrémité antérieure se continue avec l'extrémité corres|)ondante de la branche inlerne ; de cette union résulte une saillie convexe en avant, concave en arrière, qui s'adosse à la saillie semblable du cartilage opposé et qui, immédiatement recouverte parla peau, constitue le lobe du nez.
La branche interne re[)résente un petit rectangle dont la face interne légèrement convexe s'adosse à la même face de la branche opposée, tandis que l'externe un peu concave répond à la peau qui revêt la paroi interne de la cavité des narines. Son bord inférieur horizontal est recouvert par
SPLANCHNOLOGIE. 719
la peau de la sous-cloison; le supérieur, horizontal aussi, forme avec le bord inférieur du cartilage de la cloison un angle ouvert en avant. Par leur extrémité postérieure les deux branches internes correspondent, en dedans au cartilage de la cloison qui les ^épare l'une de l'autre, et en dehors à la peau de la paroi interne des narines qu'elle soulève, d'où il suit que la sou«-cloison, assez étroite en avant, s'élargit en arrière et affecte ainsi la figure d'un triangle isocèle.
Les cartilages de l'aile du nez n'appartiennent, en résumé, qu'à la moitié antérieure de cette aile, au lobe et à la sous-cloisoi!. Comme ils ne sont que faiblement adhérents l'un à l'autre sur la ligne médiane, il en résulte que les moitiés droite et gauche de la sous-cloison et du lobe du nez pourraient être séparées, et qu'en détachant de chaque côté la mucpieuse des faces latérales du cartilage de la cloison il deviendrait facile, ainsi que le fait remarquer Bichat, d'exciser une partie de celui-ci sans pénétrer dans les fosses nasales. Cette opération a été pratiquée, et elle l'a été avec succès,
4° Cartilages accessoires chinez. Parmi ces cartilages il en est qui sont constants et d'autres dont l'existence varie.
Les cartilages accessoires qu'on observe constamment sont au nombre de quatre. Ils adhèrent au cartilage de la cloison , dont ils pourraient être considérés comme une dépendance, et se distinguent par leur situation en antérieurs et postérieurs. — Les deux premiers répondent an bord antérieur de ce cartilage, sur les parties latérales duquel ils s'appliquent, l'un à droite et l'autre à gauche. On les trouve immédiatement au-dessous des cartilages latéraux du nez. Leur forme est celle d'un petit noyau ovoïde
FiG. Ô59.
Cartilages de la cloison et de Vnile du nez- vus par leur partie inférieure.
\,\. Bord nnterieur et inf rieur du rurlibige de la cioisou. — 2,3. Pîirtie moyeuiiH du ciiiliUi^e des ailes du nez. — 5,ô. Bianclie interne de ces rarlibiges. — 4,4. Hranthes ■ xlernes de < e-i mêmes cartilages dont on n'aperçoit ici que In moitié autérieure du bord inférieur.
dont le grand diamètre ne dépa^^se pas 2 à 3 millimètres. Ce noyau est quelquefois double, soit d'un côté seulement, soil des deiix côtés. Il n'est uni au cartilage de la cloison que par un tissu cellulaire as>^ez làclie, en sorte qu'il glisse sur ce cartilage à cliatiue mouveinpiit imprimé au lobe du nez. — Les seconds, ou postérieurs, sont situés au-dessus de l'épine nasale antérieure et inférieure, sur les côtés de l'angle formé par la réunion des deux bords inférieurs du cartilage de la cloison, l'un a droite et l'autre à gauche, comme les précédents. Leur adlié-rence au cartilage est intime, en sorte qu'on éprouve d'abord quelipies diflicultés à les distinguer. Ils offrent la forme d'une lame elliptique très allongée dont le grand axe, dirigé d'avant en arrière, décrit une courbe à concavité tournée en haut. Leur longueur varie de G à 12 ou 15 millimètres.
Les cartilages accessoires, dont l'existence n'est pas constante, sont situés soit dans l'intervalle compris entre les cartilages latéraux et les cartilages de l'aile du nez, soit à l'extrémité postérieure de la branche externe de ces derniers. Entre les cartilages latéraux et ceux du nez il en existe ordinairement un de chaque côté qui peut être arrondi, mais qui est plus souvent allongé dans le sens transversal. Ceux qui ont pour siège l'extrémité postérieure de la branche externe des cartilages de l'aile da nez sont en général le résultat d'une segmentation. Oans l'éiat ordinaire, en effet, cette branche se terniine ]iar Irois petits appendices cartilagineux aplatis, irrégulièrement arrondis et soudés par leur circonféreîice; que l'un ou (jue deux de ces appendices ne se soudent pas, et il existera autant de cartilages accessoires ou supplémentaires. Celte segmentation, si j'en crois mes recherches, serait du reste beaucoup plus rare que ne le pensent la plupart des auteurs.
En résumé il existe trois cartilages principaux, un médian et deux latéraux , quatre cartilages accessoires constants, deux antérieurs ou ovoïdes et deux postérieurs elliptiques, et trois ou quatre carlilages supplémentaires dont le nombre, l'existence et la forme sont égalenient variables.
c. Portion fibreuse. Tous ces cartilages sont reliés entre eux par une lame fibreuse continue qui passe de l'un à l'autre en comblant leurs intervalles, et qui n'est elle-même qu'un prolongt^mtnt du pério-te des os voisins. Cette couche fibreuse tapisse leurs deux surfaces, et en arrivant sur leurs bords elle se reconstitue en une seule membrane; c'est dans son é[)aisseur par conséquent qu'ils sont logés; c'est par elle aussi qu'ils sont unis aux os. Il résulte de cette disposition que la partie inférieure du nez jouit d'une assez grande mobilité et diffère beaucoup sous ce rapport de la supérieure, qui a ati contraire pour attributs la solidité et la fixité. La partie moyenne de cet organe participe des caractères des deux précédentes ; elle réunit la résistance à la mobilité, mais elle est moins résistante que la seconde et moins mobile que la première.
C'est au point de réunion de cette partie moyenne avec la partie inférieure que se trouve creusé le sillon naso-labial, sillon facilement dépressible qui correspond, ainsi que nous le verrons plus loin, à l'orifice supérieur du vestibule des fosses nasales, et qui en se déprimant ferme en partie cet orifice.
SPLANCHNOLOGIE. 721
2* Muscles du nez.
Les muscles qui entrent clans la structure du nez ou qui viennent s'y atîaclier par (lueiqnes-unes de leurs libres sont au nombre de cini| de cliaque côié : le pyramidal, ({ni recouvre sa racine ; l'élévateur commun de l'aile du nez et de la lèvre supérieure, qui occupe ses parties latérales ; l'élévateur pi'opre de la lèvre supérieure, (pii en est d'abord assez éloigné, mais qui s'en rapproche et vient s'y attacher en partie par son extrémité inférieure pour dilater la cavité des narines; le transverse et le myrtiforme, qui resserrent cette cavité.
Arrêtons-nous un instant sur chacun de ces muscles, dont l'étude a été récemment reprise à l'aide de la galvanisation, et voyons si les résultats fournis par cette méthode sont bien d'accord avec ceux que donne la dissection.
Le muscle pyramidal est l'antagoniste du frontal. Cet antagonisme est évident; chacun peut facilement le constater sur soi-même ; dès 1847 je l'avais signalé à l'attention des physiologistes. Les recherches de JI. Duchesne, de Boulogne, viennent de le mettre hors de toute contestation, et les résultats de la dissection sur ce point se trouvent d'accord avec ceux de la galvani«iation ; car elle nous montre (pie ce petit nniscle, considéré jusqu'ici comme un faisceau prolongé du frontal, est parfaitement indépendant de ce dernier. Le pyramidal s'étend des téguments de la |)artie inférieure du front vers la partie moyenne du nez, où il s'attache à l'os nasal et au cartilage latéral correspondant. Ses insertions supérieures se font à l'aide de fibres qui s'entrecroisent sous un angle très aigu avec celles du frontal , d'où leur apparente continuité avec ces dernières. Ajoutons que ces fibres entrecroisées avec celles du frontal ne s'attachent pas à la peau du front sur un même point, mais à des hauteurs différentes et dans une étendue verticale qui est de l centimètre environ. Ce muscle a pour effet de plisser transversalement la peau de la racine du nez et de l'espace inter-souixilier en attirant les téguments de haut en bas, c'est-à-dire en sens inverse du frontal, qui les plisse en les attirant de bas en haut, celui-ci ayant son insertion fixe à l'aponévrose épicrânienne et le pyramidal à la partie moyenne du nez.
Le muscle élévateur commun de l'aile du nez, et de la làcre supérieure est situé dans l'angle naso-génien. Né isar de courtes aponévrotiqiies de presque toute l'étendue de la branche montante du maxillaire, il se porte en bas et un peu en arrière, tantôt en ligne droite, tantôt en décrivant une légère courbe à concavité antérieure, s'élargit un peu au niveau du sillon naso-labial et s'attache : 1° par ses fibres les plus internes à la partie jiostérieure et inférieure de l'aile du nez ; 2° par ses fibres externes aux téguments de la lèvre supérieure. Les fibres nasales et les fibres labiales de ce muscle ne constituent pas deux faisceaux distincts. Ces dernièn s sont toujours plus nombreuses; chez certains individus les trois (piarts et parfois même les (juaire cincpiièmes des fibres de l'élévateur commun se rendent à la lèvre, et un tpiart ou un cinquième seulement à l'aile du nez. Il est donc essentiellement élévateur de la lèvre supérieure et accessoirement
élévateur de i'ailedii nez; dans ce mouvement d'élévation l'aile du nez «e porte direciemeut en haut, en sorte que la cavité des narines ne se trouve pas sensiblement dilatée.
Le muscle élévateur 'propre delà lècre supérieure, qui serait mieux nommé élécatear commun profond, est large, a|jlali, quadrilatère, lls'altaclie en liiut à la partie moyenne du bord antérieur du plancher de l'orbite, imiiiédiateuient au-dessus du trou sous-orbitaire. De ce bord il se porte obliquement en bas et eu dedans, croise par conséquent à angle aigu l'élévateur couunun superficiel qui se dirige au contraire en. bas et en deliors , et s'insère d'ui!8 part à toute la hauteur de l'aile du nez , de l'autre aux téguments de la lèvre supérieure dans les deux tiers Internes de son étendue.
Les fibres qui se rendent à l'aile du nez s'attachent, comme celles de l'élévateur commun superficiel, à la peau (pii recouvre l'extrémité postérieure de cette aile, iniuiédiateiuent en dedans de la courbe deiiii-circulaire tpie décrit sur ce poitit le sillon naso-iabial. Elles se fixent à toute l'éleudue de cette courbe, tandis que celles de l'élévateur superficiel ne s'insèrent qu'à sa moitié et (juebpiefois à son tiers inférieur ; de là il suit que les fibres les plus antérieures de l'élévateur coumuni profond, recouvertes d'abord par l'élévateur coumuni superficiel, deviennent sous-cutanées au niveau de leur insertion, tandis que celles qui leur succèdent restent sous-musculaires dans toute leur étendue et s'entremêlent au niveau de l'aile du nez aux fibres correspondantes de ce deriiier muscle.
Telle est la dis^josition qu'on observe ordiuaireiiient ; mais il arrive aussi quelquefois cpie l'élévateur connnun profond ne s'attache pas à toute la hauteur de la courbe demi-circulaire qui liuiite en arrière l'aile du nez ; chez certans individus il ne s'insère qu'à la moitié inférieure de cette courbe. Dans ces ca*; il est recouvert par l'élévateur commun superficiel dans toute son étendue ; les deux muscles alors ne s'entrecroisent plus , ii^ suivent une direction plus ou moins parallèle.
L'élévateur commun ] roîond relève la lèvre supérieure et en l'élevant il élève aussi l'aile du nez. Tel est le résultat qu'on observe lorsque toutes ses fihres se contractent à la fois. Mais ^es fibres nasales peuvent se contracter indépendamment des labiales, et alors toute la courbe demi-circulaire qui limite l'aile du nez en arrière se trouve attirée en dehors et un peu en haut, tnouvement ijui a [)Our effet d'élargir ou de dilater la cavilc' des nariiics. Cette dilatation, due aux fibres antérieures de l'élévateur commun profond, est très évidente dans l'action de flairer, et dans l'expression de certaines passions où le cours du sai)g devenant plus ra[iidc, les inspirations se succèdent aussi avec plus de fréquence et d'ampleur; elle est si prononcée chez certains malades affectés de dyspnée, que ^3.Cru• veilhier a cru devoir l'attribuer à un muscle particulier qu'il appelle pinncd transverse.
Ce muscle est aussi admis par M. Duchesne, de Boulogne ; et l'un et l'autre invoquent surtout comme preuve de son existence la galvanisation localiîée, i|ui aurait. pour elfet conslaîit d'écarter l'aile du nez de la ligne médiane. Je suis loin de nier ce résultat de la galvanisation ; mais il faut l'interpréter avec les données que nous fournit l'anatomie. Or l'examen anatomique nous démontre d'une part que les fibres antérieures de Télé-
5PLANCHN0L0GIE.
valeur coniiiiun profond viennent s'attacher à toute la courbe denii-circulaire qui limite la partie postérieure de l'aile du nez, de l'autre que le piuiial transverse ne s'y attache pas; et comment pourrait-il s'y attaclicri il n'existe pasl il n'existe ja'uais. même à l'état de simple vestige* Pendant près de tpiatre mois je l'ai cherclié avec soin sur tous le-; sujets que j'ai eu à ma disposition (et j'en ai eu un bon nombre) et il ne m'e^t pas arrivé une seule f(Ms d'en trouver la moindre trace. Peut-être m'ohjectera-t-on que l'existence de ce muscle n'est pas constante , qu'il est parfois très rudinientaire , que sa préparation exige une dissection habile et iniuu-
FiG, 3i0.
Couclie superficielle des muscles du itez-,
. Elev..Liiur commua superficiel de l'aile du nez el de la lèvre supérieure. — '2. Filires ii;isales île ce muscle. — 3. Ses filues lalji.>les. — 4. Ele'vateui commun profond. — oo Bor I anlerieur de ce muscle. — 6 Filues anieiieures de ce même mnsclt- allant s'inscrei à la jiarlie supérieure el posiéiieure de l'aile du nez.— 7. Pyraniidd. — 8. Tiaiisvcr^e 'iont les I bres plus lappro. hécs en arri. re s'cn'^i'genl sous le lioiil niLérieur de l élévateur conmiuii proFond. — 9. Filires mus> ulains non décrites par les auteurs, d"sliiiées à plisser eu travers la peau d.s parliez latérales el supérieure du uez, — !0, Fibres supérieures du myrliforme.
tit'use, etc., etc., je réponds cpie mes recherches ont été assez miiUi|jIiées pour le rencontrer si réellement il existait, et (pie j'ai procédé avec tous les ménagcnienis nécessaires pour le saisir sons (pieliue forme cpi'il pfit se présenter s'il ent été saisissahle. Ce sera une des grandes erreurs de la £;alvani^ation localisée que d'avoir ainsi créé de toutes pièces un muscle dont raction ne semble avoir élé invoquée que pour expliquer nu phénomène dont on ne pouvait se rendre compte en son ah^^ence. La plus grande part dans la responsabilité de cotte erreur ne retond)e pas cependant, je dois le dire, sur M. Duchesne qui a trouvé ce nui'^cle tout créé et qui a eu seulement le tort de venir confirmer son existence.
Leviusrle transverse dunez, on triangulnire de linéiques auteurs, est couché sur la partie moyenne de cet organe iminédiatenient au-dessus du sillon naso labial dont il suit la courbure, en sorte que sa base regarde en avant, tandis (pie son sommet se dirige en bas. Son extrémité antérieure, large et mince, est constituée par une aponévrose qui se continue sur le dos du nez avec celle du côîé opposé et qui donne attache supérieurement à quelques fibres du pyramidal.
Les libres nées de cette aponévro'^e sont d'abord extrêmement paies. Les inférieures sont horizontales; les supérieures descendent obliquement vers les précédentes et se réunissent à elles pour former un petit faisceau de 5 à 6 miLimètre> de iargeur. Le trajet ultérieur el l'attache précise de ce faisceau ont été et sont encore l'objet de nombreuses dissidences. J'avais cru d'abord qu'il allait s'attacher à l'extrémité postérieure de r?ile du nez, Mais des recherches mieux dirigées sont venues me démontrer qu'après s'être engagé sous le muscle élévateur commun profond il se porte en arrière, en dehors et en bas, pour aller s'insérer au bord alvéolaire de la mâchoire sur une saillie qui ré[iond à la dent canine et à la première petite molaire. Dans cette partie terminale de son trajet ses fibres se placent immédiatement au-dessus et en dehors de celles du myrliforme avec lesquelles elles sont en partie confondues.
Pour bien voir l'attache inférieure de ce petit muscle il ne faut pas le découvrir ainsi qu'on le fait généralement de haut en bas ; il est préférable de détacher à son extrémité supérieure l'élévateur connnun profond qu'on renversera ensuite en bas et en dedans sur l'aile du nez; après avoir enlevé toutes les divisions du nerf sous-orbitaire il sera facile de distinguer le transverse, de le mettre à nu, et d'étudierson mode d'insertion au bord alvéolaire. Cette préparation pernsettra aussi d'observer dans toute l'étendue de leur insertion les fibres nasales de l'élévateur commun profond. Superficiel et sous-cutané à son point de départ, le transverse du nez est donc recouvert dans le reste de son étendue par les deux élévateurs communs qui le séparent de la peau. Sa face profonde recouvre le cartilage latéral, le bord supérieur du cartilage de l'aile du nez, le tissu fibreux intermédiaire à ces deux cartilages, et plus en dehors la base de l'apophyse montante qu'il contourne.
Lorsque le transverse se contracte isolément il ride la peau des parties latérales du nez en l'attirant de bas en haut, ce (pi'on observe très bien chez quelipies personnes au moment où leur physionomie exprime le rire, et ce qu'ont permis aussi de constater les recherches de M. Duchesne. 3Iais l'action de ce muscle estrarem.ent isolée; elle coïncide presque tou-
SPLANCHNOLOGIE. 725
jours avec celle du myrtiforme, dont il pourrait être considéré comme une dépendance. Alors il déprime le bord inférieur du cartilage latéral du nez et devient constricteur de l'orifice supérieur des narines.
Le myrtiforme est un petit muscle quadrilatère situé au-dessous de l'aile du nez, entre le bord alvéolaire et la muqueuse buccale qui le recouvre en grande partie. Il s'insère inférieureraent, non dans la fossette qui surmonte les incisives, mais à une saillie qui correspond aux racines de l'incisive latérale, de la canine et de la première petite molaire. De là ses fibres montent en divergeant pour aller se fixer à la moitié postérieure de la souscloison et à tout le pourtour de l'aile du nez. Ces fibres constituent du reste un faisceau unique, et non deux faisceaux, l'un interne et l'autre externe, ainsi que l'avancent plusieurs auteurs. On peut les distinguer d'après leurs
FiG. Ô4!.
___J// 3fèS
Couche profonde des muscles du nez, ou sphincter des narines.
. Tiansverse du nez. — 2. Partie infe'rieure de ce muscle dont les fibres se confondent avec celles du myrtiforme. — 3. Myrtiforme. — 4;. Fibres antérieures de ce muscle allant s'attacher à l'extre'mité poslerieure de la branche interne du cartilage de l'aile du nez. — o. Ses fibres moyennes se rendant à la partie infe'rieure de l'aile du nez. — 6. Ses fibres poste'rieiires s'insérant à la partie correspondante de cette aile. — 7. Ses fibres postérieures et supérieures décrivant des courbes concentriques pour venir se fixer à toute la moitié supérieure et postérieure de l'aile du nez.