‹ Manuel d'anatomie descriptive et de préparations anatomiques (volume 2)Chapitre 121 sur 133 · C. FOSSES NASALES · texte numérisé non relu

C. FOSSES NASALES

Ces fosses nous sont déjà en partie connues. Nous avons étudié dans l'ostéologie les os qui les composent, leur direction, leurs dimensions, leur mode de conliguration et leurs nombreux prolongemenis; nous en avons vu, en un mot, le squelette. xMais ce squelette n'est pas à nu ; il est recouvert d'une double membrane : 1° d'une membrane fibreuse (jui en relie les diverses pièces et qui lui adlière d'une manière assez intime; 2° d'une membrane muqueuse, la ijituitaire, qui s'unit si étroitement à la précédente, qu'il serait beaucoup plus difficile de l'en séparer que de séparer celle-ci des os.

Cette membrane fibro-muqueuse s'applique assez exactement sur les parois des fosses nasales pour laisser voir leurs dépressions et presijue toutes leurs saillies. Cependant comic.e son épaisseur est très variable, comme elle s'adosse à elle-même sur certains points, comme d'une autre part elle ferme un grand nombre de trous et rétrécit tous ceux qu'elle ne bouche pas, il en résulte que l'aspect de ces fosses sur une tète revêtue de ses parties molles diffère très notablement de celui qu'elles présentent sur une tète sèche. Après avoir montré la part que les os prennent à la constitution de leurs parois, il nous reste donc à déterminer celle qui appartient à la pituitairo. Dans ce but nous suivrons la muipieuse olfactive sur chacune de ces parois, nous l'examinerons ensuite à l'orifice d'entrée et à l'orifice de sortie des fosses nasales, et enfin nous prendrons connaissance des divers éléments cpii entrent dans sa structure.

Propriétés et disposition générale de la pitultaire.

Làpituitaire, muqueuse olfactive, membrane de Schneider, présente une couleur rosée qui. peut devenir rouge, rouge brun et même rouge livide dans l'état de congestion.

Sa surface libre est criblée d'un très grand nombre d'orifices visibles à l'œil nu pour la plupart, et formant l'embouchure d'autant de glandes. De chacun de ces orifices s'échappe un mucus épais et visqueux qui la recouvre à la manière d'un vérins, et qui la protège contre l'influence de l'air extérieur en prévenant les fâcheux effets de l'excessive évaporation dont elle pourrait devenir le siège.

Sa con-islance est faible ; sous ce rapport elle figure au premier rang entre toutes les membranes du même genre ; aucune autre ne saurait lui être comparée pour l'extrême facilité avec laquelle elle se déchire à sa surface sous l'influence des plus faibles causes : de là en partie la fréquence de l'épisîaxis.

Son épaisseur s'élève sur certains points à près de 4 millimètres, et sur d'autres atteint à peine un sixième de millimètre. On peut dire d'une manière générale que la pituitaire est d'autant plus épaisse qu'elle se trouve en contact plus immédiat avec la colonne d'air inspirée, et d'autant plus mince qu'elle a des rapports plus éloignés avec cette colonne. En ayant égard à cette donnée, on prévoit que sur les parois des fosses nasales proprement dites elle sera très épaisse, ce qui a lieu en effet, et que sur tous les prolongements plus ou moins anfractueux de ces parois elle sera au contraire assez mince, ce qui est également vrai. Ces variétés d'épaisseur

sont dues surtout à l'inégal développement de l'élément glanduleux de la muqueuse ; sur les points où celle-ci subit en quelque sorte le frottement du courant atmospliéri(iue, et où elle était plus exposée par conséquent aux dangers d'une évaporalion surabondante , ses glandes sont extrêmement développées et forment la plus grande partie de son épaisseur ; sur ceux où elle n'est plus exposée à un semblable frottement et où son évaporation devenait presque nulle, ses glandes disparaissent, en même temps que ses autres éléments s'atrophient ; d'où son extrême minceur.

a. Sur la paroi interne des fosses nasales, la pituitaire se trouve très régulièrement étalée. Son épaisseur est un peu plus grande dans sa moitié ou ses deux tiers inférieurs que dans sa partie supérieure. Elle adhère aux os et au cartilage qui forment la cloison ; mais cette adhérence n'est pas intime, on l'en détache en général facilement. Il n'est même pas extrêmement rare de voir le sang s'infiltrer sous sa face profonde et se collecter sous la forme d'une bosse sanguine semblable à celles qui se développent sur la surface du crâne à la suite de contusions. Le nerf naso-palatin est contenu dans l'épaisseur de sa couche fibreuse, et non entre les deux lames du vomer, ainsi que l'avance un anatomiste moderne.

h. Sur la paroi supérieure, ou voûte des fosses nasales, cette membrane offre une médiocre épaisseur.

En avant elle revêt les os propres du nez et les deux petites gouttières qu'on remarque sur l'épine nasale antérieure et supérieure.

En haut elle tapisse la lame criblée dont elle ferme tous les trous, de telle sorte que les divisions du nerf olfactif, à leur sortie de ces orifices, la pénètrent aussitôt par sa face adhérente pour cheminer ensuite dans son épaisseur, les uns sur la paroi interne, les autres sur la paroi externe, en se rapprochant de plus en plus de sa surface libre.

En arrière elle adhère à la face antérieure du corps du sphénoïde, puis pénètre dans l'intérieur du sinus sphénoïdal dont elle recouvre exactement les parois. L'orifice qui fait communiquer ce sinus avec la cavité des fosses nasales est considérablement rétréci par la muqueuse ; il s'ouvre à la partie supérieure et antérieure du sinus, sur un point plus rapproché de la paroi externe que de l'interne, et au fond d'une sorte de gouttière qui sépare le sinus sphénoïdal du méat supérieur. Son pourtour est circulaire.

c. La paroi externe est celle dont l'aspect se trouve le plus modifié par la pituitaire. En haut et en avant celte membrane recouvre une surface unie qui répond aux cellules antérieures de l'ethnioïde ; en haut et au milieu elle s'applique sur le cornet supérieur ; en haut et en arrière elle s'enfonce dans la gouttière qui sépare ce cornet du sinus sphénoïdal, et ferme le trou sphéno-palatin. — Du cornet supérieur elle descend dans le méat supérieur et passe de celui-ci dans toutes les cellules postérieures de l'ethmoïde par un orifice situé à sa partie moyenne; cet orifice, dont la figure et les dimensions varient beaucoup, est quelquefois double. — Arrivée sur lecornet moyen, la muqueuse olfactive tapisse sa face interne ou convexe en masquant ses aspérités, puis son bord libre qu'elle prolonge un peu, surtout dans sa moitié postérieure, et enfin sa face externe ou concave. Elle se replie ensuite pour s'appliquer sur le méat moyen, où elle fournit un

SPLANCHNOLOGIE.

triple prolongement dont l'un pénètre dans le sinus maxillaire, un autre dans les cellules ethmoïdales antérieures, et le troisième dans le .«inus frontal. Les orifices par lesquels ce méat communique avec ces sinus et ces cellules méritent de nous arrêter un instant.

Lorsqu'on examine sur une tète sèche le méat moyen des fosses nasales, on constate que ce méat communique avec le sinus maxillaire par deux orifices, l'un postérieur, extrêmement large, décrit par tous les auteurs, l'autre antérieur, plus étroit, qui a été passé sous silence. Le premier de ces orifices est situé sur l'os maxillaire supérieur, au centre même de la base

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Paroi externe des fosses nasales.

. — Cornet supérieur. — 2. Me'at supe'rieur. — 3. Coruel moyeu. — 4. Me'at moyen. — o. Lamelle semi-lunaire formant la paroi aute'rieure el inférieure f'e l'infundibulum. — 6, Orifice de communication de cet infundibulum avec les cellnlos antérieures de l'elhmoïde. — 7. Orifice de communication du même infundibulum avec le sinus frontal gauche. — 8 Sinus frontal gauche. — H, Partie supérieure de la cloison osseuse qui sépare ce sinus de celui du côte' droit. — 10. Cornet infe'rieur. — 11, Me'at inférieur. — 12. Canal nasal réduit à sa portion membraneuse. — lô. Orifice inférieur de ce canal siégeant ici sur la paroi externe (lu méat. — 14. Coupe du carlihige latéral droit. — 13. Paroi externe de la narine gauche. — 16. Orifice supérieur de cette narine. — 17. Coupe du cartilage de la cloison. — 18. Branche interne du cartilage de l'aile du nez du côté gauche, — 19. Sinus sphénoïdal. — 20. Orifice de ce sinus. — 21. Sillon qui sépare la paroi externe des fosses nasales de la paroi correspondante de Tarrière-cavité de ces fosses. — 22. Orifice interne ou pavillon de la trompe d'Eiistache.

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