‹ Manuel d'anatomie descriptive et de préparations anatomiques (volume 2)Chapitre 123 sur 133 · II · texte numérisé non relu

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Siiiiation, forme, volume, rai^poris de la langue.

La langue repose sur le plancher de la bouche, avec lequel elle se confond par sa partie médiane inférieure et postérieure, et qu'elle contribue par consécjuent à former. C'est par cette partie médiane et inférieure que pénètrent les muscles logés dans le sac conoïde de son enveloppe muqueuse, les nerfs si nombreux et l'artère si volumineuse qu'elle reçoit; c'est par cette voie aussi que sortent «es veines et ses vaisseaux lymphatiques. Adhérente sur ce point, elle est libre sur tous les antres, et jouit ainsi d'une mobilité d'autant plus grande qu'où se rapproche davantage de son extrémité antérieure. Son extrémité postérieure elle-même n'est pas fixe; l'os hyoïde auquel elle s'attache pouvant s'élever et s'abaisser à volonté, elle participe à ces mouvements d'élévation et d'abaissement qui viennent s'ajouter aux mouvements partiels de ses bords et de sa pointe.

La forme de la langue est celle d'un ellipsoïde aplati de haut en bas et tronqué en arrière, en sorte qu'on peut lui distinguer: deux faces, l'une supérieure, l'autre inférieure; deux bords, l'un droit et l'autre gauche; une base tournée en bas et en arrière, un sommet ou pointe dirigée en avant. Son grand axe e>t horizontal dans sa miitié antérieure, oblique puis vertical dans sa moitié postérieure; il décrit par conséquent une courbe dont le centre répond à la partie moyenne d'une ligue tirée de la symphyse du menton à l'os hyoïde. L'étendue de cet axe varie , chez l'homme adulte, de 9 à 12 centimètres, et celle du petit, ou de l'axe transversal, de 5 à 6. La longueur de la langue est donc à peu près double de sa plus grande largeur.

La face supérieure répond : en haut et en avant, à la voûte palatine ; en haut et en arrière, au voile du palais, à la luette, qui n'en est séparée que par un intervalle de quehiues millimètres, et à l'orifice qui fait communiquer la cavité buccale avec la cavité du pharynx; en bas, à l'épiglotte, qui lui est unie par trois replis, un médian et deux latéraux. — Le repli médian est triangulaire. Les latéraux affectent la figure d'un croissant ; ils séparent la face dorsale de la langue des parois du pharynx , et se trouvent séparés du précédent par ur.e double dépression hémisphérique au fond de laquelle on peut facilement sentir le bord supérieur de l'os hyoïde. Chacun de ces replis est formé : 1° par un prolongement du tisMi fibreux jaune élasticpie tpii constitue l'épiglotte; 2° par un prolongement de la muqueuse linguale (pii entoure le précédent, à peu près comme cette muqueuse tout entière entoure le corps inusculeux de la langue. Au moment de la déglutition, l'épiglotte s'abaissant sur l'ouverture supérieure du larynx, ces trois replis s'effacent presque entièrement. Lorsque le bol alimentaire a franchi cette ouverture, l'épiglotte se relève, et ils concourent alors à son redressement.

La face dorsale présente sur ses deux tiers antérieurs un sillon médian plus ou moins accusé, suivant les individus, et, sur les côtés de ce sillon, d'innombrables papilles, dont l'étude nous occupera un peu plus loin. — Toute la partie de cette face qui se trouve située au delà du sillon médian offre un aspect uni, légèrement bosselé, et, au sommet de chaque bosselure, un très petit pertuis. Les bosselures ou saillies répondent à

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des glandules sous-jacentes qui soulèvent la muqueuse linguale ; l'orifice percé à leur sommet est l'embouclmre du conduit excréteur de ces glandes.

La face iriférieure de la langue, moins étendue (juc la précédente, répond au plancher de la bouche, sur lequel elle se moiile très exaclcment. Ce plancher mobile et contractile aussi se compose de trois plans superposés : d'un plan supérieur ou muqueux, conlinu en dehors aux gencives, en dedans à la muqueuse linguale; d'un plan moyen ou glanduleux, constitué en avant par les glandes sublinguales, en arrière par la partie la plus élevée des glandes sous-maxillaires, et par les conduits excréteurs de celles-ci ou conduits de Wharton ; et d'un plan inférieur ou musculeux (lue forme le mylo-hyoïdien, surmonté sur la ligne médiane des deux génio-hyoïdiens. Sur celte face, on observe :

1° Un sillon médian très superficiel, qui se continue au niveau de la pointe de la langue avec le sillon correspondant de la face supérieure.

2° A l'extrémité inférieure de celui-ci, un repli niuqueux connu sous le nom lie frein, ou de fdet de la kiuyue. Ce repli est vertical, de forme semi-lunaire, plus ou moins long, suivant les sujets, mais assez étendu en général pour permettre à la pointe de la langue de se recourber en arrière, et de s'appliquer à la partie antérieure de la ^ ofite palatine par sa face inférieure, d'être projetée en avant à travers l'orifice buccale à une certaine distance, de s'infléchir latéralement au point de parcourir facilement tout l'espace compris entre les lèvres et les joues, d'une part, les arcades alvéolaires et dentaires, de l'autre. S'il est nioins long, chacun de ces mouvements est encore possible, mais plus limité ; et, s'il devient d'une extrême brièveté, l'organe du goût, scellé en quelque sorte au plancher de la bouche, ne. prend plus qu'une part insuffisante, soit à l'acte delà mastication, soit à l'articulation des sons. Chez l'enfant naissant un tel vice de confirmation aurait, en outre, pour inconvénient de rendre la succion impossible ou du moins très difficile : d'oi^i la nécessité d'une opération, connue sous le nom d'opération du filet.

3° Sur les parties latérales du frein de la langue et vers sa partie inférieure, deux saillies mamelonnées, adossées l'une à l'autre, et perforées à leur centre„ Ces saillies représentent l'embouchure du conduit excréteur des glandes sous-maxillaires. Au moment où la mâchoire inférieure s'abaisse, sous l'influence spasmodique du bâillement, ces glandes et ces conduits se trouvant légèrement comprimés . on voit quelquefois la salive s'en échapper sous l'aspect d'un double jet qui se fragmente en fines gouttelettes, à (luehjues centimètres de distance de l'orifice buccal.

4" A droite et à gauche du sillon médian et du frein de la langue, une saillie antéro-postérieure, sur laquelle on remarque une ligne bleuâtre due à la présence des veines ranines.

5° En dehors de ces saillies, une série de petits replis semi-lunaires, de forme peu régulière, que Béclard comparait à de petites franges, et qui semblent formés par un éraillement de la muqueuse.

6° Enfin, au niveau du point de jonction de la face inférieure de la langue avec le plancher de la bouche, sur les côtés du bord adhérent du frein , deux bourses synoviales rudimentaires signalées par Fleichmann en 1841, et considérées par cet auteur comme le siège de la grenouillette. Ces bourses séreuses n'offrent pas de limites bien arrêtées ; leur

cavité est toujours plus ou moins cloisonnée ; leurs dimensions varient non-seulement selon les individus, mais d'un côté à l'antre. En outre, leur existence, loin d'être constante, est plutôt exceptionnelle; et lorsqu'elles existent, elles diffèrent souvent si peu du tissu cellulaire ambiant qu'on éprouve quelque difficulté à les en distinguer.

Les bords de la langue sont libres, mobiles, et arrondis dans leur moitié antérieure. Réunis, ils forment une courbe parabolique inscrite dans la courbe également parabolique que décrit l'os maxillaire inférieur. Cette portion libre et arrondie répond aux gencives et à l'arcade dentaire inférieure. Lorsqu'elle se tuméfie ou devient le siège d'une légère infiltration , on la voit se mouler sur les reliefs de cet arcade, et prendre une disposition festonnée. Dans leur moitié postérieure, ces mêmes bords se continuent avec les piliers antérieurs du voile du palais, avec la muqueuse qui revêt la face interne des amygdales, et enfin avec la partie correspondante du pharynx.

La pointe ou le sommet de la langue s'applique à cette partie de la muqueuse gingivale qui entoure le collet des incisives inférieures. Elle est aplatie de haut en bas, assez mince, et horizontale dans l'état de repos. Lorsqu'elle se contracte, sa forme, son épaisseur, ainsi que sa direction, varient suivant le but que nous nous proposons. Sur sa partie médiane, on voit le sillon de la face supérieure se continuer avec celui de la face inférieure. Cette légère dépression médiane peut être considérée comme un vestige de la bifidité que nous présente la langue de certains vertébrés, et particulièrement des ophidiens.

Sa base ou sa racine s'attache à l'os hyoïde, qui en mesure la plus grande largeur, et dont elle partage tous les mouvements.

J. Appareil sensitif de la langue, ou de l'organe du goût

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