‹ Manuel d'anatomie descriptive et de préparations anatomiques (volume 2)Chapitre 21 sur 133 · STRUCTURE DES CIRCONVOLUTIONS · texte numérisé non relu

STRUCTURE DES CIRCONVOLUTIONS

Lorsqu'on divise une circonvolution dans toute son épaisseur, ôh constate qu'elle est formée à l'intérieur par un noyau de substance blanche qui reproduit sa forme sous de moindres dimensions, et à l'extérieur par une lame de couleur grisâtre qui passe sans interruption d'une circonvolution à la circonvolution voisine, en tapissant non seulement les parois, mais la partie profonde de chaque anfractuosité. La structure de ces deux parties n'est pas la même.

La couche grise ou corticale des circonvolutions a été étudiée et décrite avec beaucoup de soin par M. Baillarger, qui a démontré qu'elle n'était pas formée d'une couche unique de substance corticale comme on l'avait pensé jusqu'alors, mais de six couches superposées et alternativement blanches et grises. Lorsqu'après avoir divisé verticalement de son sommet vers sa base une circonvolution d'un certain volume, on examine la surface de section , on parvient dans quelques cas à distinguer à l'œil nu ces diverses couches ; mais elles deviennent plus distinctes pour l'œil armé d'une loupe et beaucoup plus apparentes encore si on les regarde par transparence. Pour les observer dans cette dernière condition, on enlève par une coupe verticale une tranche très mince de substance grise sur le

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sommet d'une circonvolution, on la couche entre deux lames de verre qu'on fixe l'une sur l'autre avec de la cire, puis on la place entre l'œil et la lumière d'une lampe, et Ton i-emarque alors en allant de dedans en dehors : que la première couche est transparente , la seconde opaque , la troisième transparente, la quatrième opaque, la cinquième transparente et la sixième opaque. En examinant ensuite cette même tranche à la lumière rélléchie, on voit que les couches transparentes sont grises et que les couches opaques sont blanches.

Ces diverses couches n'offrent pas une épaisseur égale; assez souvent la troisième couche se présente sous un aspect rudimentaire ; dans ce cas les deux couches blanches comprises dans l'épaisseur de la lame corticale de la circonvolution semblent se confondre, et alors on ne distingue bien nettement que trois couches. D'autres fois la première et la troisième couche sont comme atrophiées et d'une couleur pâle qui tranche peu sur celle des couches blanches ; lorsque cette disposition existe, les quatre premières couches n'en forment plus qu'une seule d'un aspect tout spécial qui constitue la couche jaune ou interstitielle admise par quelques auteurs entre la substance médullaire et la substance corticale des circonvolutions.

La substance blanche ou le noyau central des circonvolutions est composé de fibres nerveuses élémentaires qui se juxtaposent pour former des lamelles; celles-ci, disposées en éventail et appliquées les unes contre les autres comme les feuillets d'un livre, se laissent assez facilement séparer sur un cerveau qui a séjourné quelque temps soit dans une solution acide, soit dans l'alcool concentré, ou qui a été soumis à l'action de l'huile bouillante.

Les lamelles moyennes ou centrales sont verticales; les autres se dirigent obliquement de la base des circonvolutions vers leurs faces latérales.

Parvenues au niveau de la substance corticale, les fibres qui composent ces lamelles la pénétreraient et la traverseraient, d'après M. Baillarger, pour arriver jusqu'à sa superficie où elles forment une lame blanche extrêmement mince ; en regardant par transparence une lame de la substance corticale des circonvolutions, on reconnaît que les couches blanches comprises dans son épaisseur sont constituées en effet par des fibres qui marchent en rayonnant ; mais ces fibres sont-elles un prolongement de celles du noyau central, ou bien sont-elles en partie indépendantes de ces dernières? Cette question n'est pas encore définitivement résolue;, vues par transparence, elles semblent se continuer avec les corpuscules nerveux de la substance coi'ticale de chaque circonvolution: si cette disposition était mise hors de doute, on voit que les replis de la surface du cerveau offriraient dans leur structure une très grande analogie avec les ganglions.

CONFORMATION mxÉRIELRE DU CERTEAli.

Le trait le plus saillant de la conformation intérieure du cerveau est l'existence d'une grande cavité intermédiaire aux deux moitiés qui le composent ; étroite à sa partie inférieure où elle répond au corps cendré et aux tubercules mamillaires, cette cavité s'élargit dans tous les sens à sa partie supérieure où elle est limitée par le corps calleux.

L'élargissement de la cavité cérébrale vers sa partie supérieure résulte de la divergence des deux pédoncules cérébraux qui, d'abord contigus à

leur sortie de la protubérance annulaire, se portent en liant, en dehors et j en avant, l'un à droite et l'autre à gauche, en présentant dans ce trajet : ; un premier renflement qui forme la couche optique, puis un second renflement qui constitue le cori^s strié, et enfin leur épanouissement terminal ou grand éveniail de Vieussens, couronne rayonnante de Reil, qui s'étend du centre de chaque hémisphère à sa surface pour donner naissance aux circonvolutions.

Deux cloisons, l'une horizontale, l'autre verticale, traversent cette ^ cavité.

La cloison horizontale la divise en deux étages : un étage inférieur qui \

comprend sa partie la plus étroite, et un étage supérieur composé de sa j

partie la plus évasée. La forme de cette cloison est celle d'un plan trian- j gulaire dont la base est en arrière; de là le nom de trigone cérébral qui lui a été donné.

La cloison verticale, située immédiatement au-dessus de la précédente,

Subdivise l'étage supérieur en deux compartiments latéraux et symétriques. \

Elle est triangulaire aussi et tellement mince, que les premiers auteurs qui 1

l'ont décrite ont cru devoir invoquer sa transparence pour la distinguer de J

la précédente. i

Ainsi disposées, ces deux cloisons ont pour effet de partager la grande ] cavité du cerveau en trois cavités secondaires : l'une inférieure et médiane (jui constitue le ventricule moîjen, deux supérieures et latérales qui forment les ventricules latéraux. ■

Le ventricule moyen, situé au-devant et au-dessus de l'angle de sépara- j

tion des pédoncules cérébraux, sépare les deux couches optiques. \

Les ventricules latéraux, creusés au centre de chaque hémisphère, sépa- '

rent les couches optiques et les corps striés du corps calleux. \

La conformation intérieure du cerveau nous présente donc à étudier, \ lîn procédant de haut en bas ou de sa convexité vers sa base : 1° sur la i ligne médiane, le corps calleux, la cloison transparente, le trigone cérébral, la toile choroïdienne qui le supporte, la glande pinéale qui a des i connexions intimes avec cette toile, et enfin le ventricule moyen; 2" sur 1 les côtés, les ventricules latéraux. \

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