DU CORPS CALLEUX
Préparation, Deux modes de préparation sont aujourd'hui usite's pour mettre n découvert la face supérieure du coips calleux; l'un a été indiqué par Vieussens et l'autre par M. Foville.
4° Procédé de Vieussens. Il consiste dans une section horizontale des deux hémisphères, pratiquée au niveau du corps calleux. Pour celte section on fait usage d'un couteau à lame longue, large et mince, dont le tranchant, engagé sous la circonvolution du corps calleux, est conduit de dedans eu dehors avec la précaution de le relever un peu au point de départ de la coupe, pour reprendre eusuite la direction horizontale. Sans cette précaution on s'exposerait à pénétrer dans le ventricule latéral coirespondant. Pour éviter plus sûrement cet écueil, on peut commencer l'incision à 3 ou 4 millimètres au-dessus du corps calleux.
2° Procédé de M. Foi'ille. Le cerveau étant dépouillé de ses membranes et placé sur sa base comme dans le cas précédent, écartez les hémisphères de ma-
NEVllOLOGIE. 85
nière à apercevoir la face supérieure du corps calleux, puis pialiquez deux incisions horizontales, étendues, l'une du genou du corps calleux vers Pextréniile antérieure de l'hémisjjhère, et l'autre du bourrelet de ce même corps vers l'extrémité postérieure du cerveau ; introduisez ensuite Textrcmité du doigt indicateur entre le corps calleux el la circonvolution rjui le surmonte, et pressez doucement sur le sillon intermédiaire en promenant la pulpe de Tindcx d'arrière en avant et d'avant en arrière. Ci-lle manœuvre, renouvelée trois ou cjualre fois, permettra de décoller rhcmispLère du corps calleux et de le renverser eu dehors.
Ou peut employer pour celle préparation des cerveaux frais ou durcis par Talcool. Sur ces derniers le décollement est plus facile et plus régulier, par suite de la plus grande résistance des libres neiveuses; il suflit alors, après avoir incisé eu dedans les lolies frontal et occipital, de saisir rhémisjilière par son bord supérieur et de le renverser en dehors. J'ai répété tout récemment celte préparation sur un cervea\i qui avait séjourné plusieuis années dans l'alcool ; le décollement du corps calleux et de f hémisphèie s'est opéré pres()ue aussi facilement que s'il n'eût existé entre les deux parties qu'une simple contiguïté.
Lorsque les deux héinisplières ont ét-i enlèves par une section horizontale faite au niveau du corps calleux, on reinartpie sur les côtés de ce corps : 1° une surface blanche seini-elliplitiue (jui forme le centre médullaire de chaque héaiisphcrc ; 2" atitour de ce noyau de substance blanche des prolongements qui s'en détachent pour pénétrer dans l'épaisseur des circonvolutions; 3" et plus en dehor; u:ic couche de substance grise qui entoure chacun de ces prolongements en décrivatit sur la circonférence du plan de section une courbe alternativement saillante et rentrante assez analogue à celle que représente un feston, niais beaucoup moins régidière.
Les deux centres médullaires hémisphériipies réunis sur la ligne médiane par le corps calleux constituent le centre, ocale de Fieusscns, La grande étendue de celte surface médullaire semble annoncer une qtiantité prodigieuse de fibres nerveuses ; le nombre des fibres qui entrent dans sa composition, quoiqtie li'ès considérable, l'est cependant moins qu'on ne pourrait le supposer, les centrales et les périphériipies, c'est-à-dire, celles du corps calleux et celles qui répondent aux circonvolutions, offrant une direclion horizontale, et se présentant par consétiuent par leur bord et non par leur extrémité.
Le corps calleux, ou grande coDiniissure du cerveau, mis à nu par la coupe de Vieussens, n'est découvert que dans sa partie médiane qui apparaît sous la forme d'une lame étroite dont les bords, légèrement curvilignes sont distants de 3 centimètres en arrière, de 2 centimètres à peine en avant.
Isolé des hémisphères par le procédé de M. Foville, le corps calleux se présente sous son véritable aspect (pii est celui d'une large voûte quadrilatère offrant de chaque côté un triple prolongement en rapport avec les trois parties correspondantes des ventricides latéraux dont il forme la paroi supérieure.
La largeur de cette voûte, un peu plus considérable en arrière, est de 6 centimètres environ, et sa longueur de 9 à 10.
Son épaisseur ne peut être bien appréciée que sur une coupe médiane
antéro-postérieure du cerveau. On voit alors que, d'abord très épais au
niveau de son bourrelet, il offre de moindres dimensions au-devant de
celui-ci, puis s'épaissit d'arrière en avant jusqu'au niveau de sa réflexion,
pour décroître ensuite graduellement, de manière a. ne pins offrir à sa terminaison que l'épaisseur d'une simple lamelle. (Voy. la fig. 183.)
Le corps calleux nous offre à considérer une face supérieure, deux bords latéraux, deux extrémités, cpiatre angles et une face inférieure.
Face supérieure. Légèrement concave dans le sens transversal et convexe d'avant en arrière, elle répond, par sa partie médiane, au bord inférieur de la faux du cerveau, aux artères calleuses et à l'aracbnoïde, et de chaque côté à la circonvolution du corps calleux, dont la sépare une anfractuosité profonde semblable à une gouttière qui a reçu de Vésale le nom de sinus et de Sabatier celui de ventricule.
Sur cette face on remarque, en procédant de la ligne médiane vers les parties latérales :
Fig. 179.
Centre Ofale de Vieussens.
1,1. Sillon me'diûu de la face supérieure du corps calleux. — 2,2. Traclus loiigiludiuaux. — 5. Tractus transversaux. — 5'. Coupe de la substance médullaire au niveau des bords du corps calleux : on voit les tractus transversaux s'engager sous la surfiice de cette coupe , de même qu'ils s'engagent par leur extrémité opposée sous les traclus longitudinaux. — 4,4. Couche giise des circonvolutions foimant un feslou irrégulier autour du centre ovale de Vieussens. — 5. Partie antérieure de la grande scissure du cerveau. — 6. Partie postérieure de cette scissure. — 7,7. Coupe des parois du crâne.
NKVUOLUGIË. 87
1» Un sillon longUiidînal un peu plus large en arriùre qu'en avant, dans lequel il n'est pas très rare d'observer une saillie qui le parcourt dans toute sa longueur.
2° Sur les côtes de ce sillon deux saillies longitudinales légèrement flexueuscs et toujours plus rapprocliét-s en avant qu'en arrière. Haller et Vicq d'Azyr les ont vues se réunir en avant; lorsqu'elles restent indépendantes, elles se prolongent sur la partie réfléchie du corps calleux pour aller se continuer avec ses pédoncules qu'on peut considérer leur terminaison. Chacune de ces saillies représente \m petit faisceau de fibres nerveuses, ainsi que l'avaient constalé, AVinsloNV qui leur a donné le nom de cordons médullaires, Lancisi qili les a décrits sous celui de nerfs longitudinaux, et Vicq d'Azyr cpii les a appelés traclus longiitidinaux, dénomination sous laquelle i.s sont aujourd'liui généralement connus. Sur un cerveau qui avait macéré longtemps dans l'alcool, j'ai pu enlever sans difliculté ces deux faisceaux qu'une simple couche de tissu cellulaire unissait aux fibres sous-jacentes. — Les deux tractiis longitudinaux et le sillon qui les sépare ont été considérés par un grand nombre d'auatoniistes comme une sorte de raphé formé par la réunion sur la ligne médiane des deux moitiés du corps calleux.
3° En dehors décès tractus longitudinaux, àestracins transversaux ou faisceaux dé fibres qui coupent perpendiculairement les faisceaux précédents au-dessous desquels ils passent en se portant de l'un à l'autre bord du corps calleux, sans s'entrecroiser sur la ligne médiane avec ceux du côté opposé, et sans former avec ces derniers le raphé médian encore admis par quelques anatomistes.
4° Enfin deux bourrelets longitudinaux composés aussi dé fibres transversales, mais se portant obliquement en bas et en dehors vers les pédoncules cérébraux dont elles paraissent tirer leur origine. Ces bourrelets ont été parfaitement décrits et représentés par M. Foville. (Voy. la fig. 180.)
Bords latéraux. Ils répondent âu coude que forment les fibres du corps calleux en abandonnant leur direction horizontale pour se porter obliquement en bas et en dehorSê Ces fibres coudées établissent une ligne de démarcation entre la grande commissure du cerveau, nommée par M. Foville commissure de l'expansion pédoncidaire, et chacun des centres médullaires hémisphériques. En présence d'une ligne de démarcation aussi nettement accusée, il devient difficile de considérer le corps calleux comme formé par des fibres rentrantes ou tirant leur origine des hémisphères, ainsi que la coupe si accréditée de Vieussens et les travaux de Gall l'ont fait longtemps admettre. Il est de toute évidence que ces fibres ne descendent pas, mais qu'elles montent au contraire vers le corps calleux pour se continuer sur la ligne médiane avec celle du côté opposé, et former, suivant l'expression de M. Foville, une sorte de noyau central sur lequel le noyau de chaque hémisphère se trouve appliqué.
Extrémité antérieure. Un intervalle de 3 centimètres la sépare de l'extrémité correspondante des hémisphères. Considérée dans lé sens transversal, elle est concave ; considérée de haut en bas, elle est convexe ; c'est cette partie arrondie et convexe formée par la réflexion du corps calleux qui porte le nom de genou. Celle qui lui fait suite, graduellement plus
mince, a reçu celui de bec; on la voit se terminer sur la ligne médiane au niveau de la racine grise des nerfs optiques, en se continuant sur les parties latérales avec l'espace perforé par l'intermédiaire des pédoncules du corps calleux.
FiG. 180.
Corps calleux.
. Face supérieure du coi] s calloux. — 2,2. Sillou mr'duiu parcourant loule l'étendue de celte face, — ô,5. Tractus longitudinaux limitant ce sillon, — 4, Tractus transversaux se conlournant pour se porter en bas et en dehors en formant de chacjue côte' une sorte de bourrelet. — 5, Extrémité' ante'rieure ou genou du corps calleux. — 6, Extre'njile' poste'iieurc ou bourrelet de ce coips. — 7. Son angle antérieur ou frontal. — 8. Son angle poste'rieur ou occipital. 9. Point de départ de son angle latéral ou sphe'uoïdal qui se trouve ici réouvert par le centre méiiullaire de riiémisphèrc, — 10. Circonvolution du corps calleux ou de l'ourlet divisée de chaque côté à l'union de sa partie moyenne avec sa partie postérieure, a'nsi que les circonvolutions occipitales correspondantes, afin de faciliter le rcnverscmeut en dehors de la face interne des hémisphères, — 1 I. Ourlet ou ruban fibreux qui limite inférieurement cette circonvolution. — 12,12. Ciiconvolulions moyennes de la face interne formant un groupe quadrilatère et perpcndlculait e aux circonvolutions antérieures et postérieures de la même face. — 15. Face supérieure du cervelet.
NEVIIOLOGIE. 8 9
Exlremité posléneurc. L'intervalle (pii la sépare tle l'occipital est à peu près double de celui qui sépare la précédente du frontal. Sa forme est celle d'un croissant à concavité postérieure; — la partie moyenne de ce croissant constitue le bourrelet du corps calleux sur lequel on observe au niveau de la ligne médiane une très petite dépression qui se continue avec le sillon médian de la face supérieure et qui serait le résultat, d'après Cliaussier, de l'impression du bord concave de la faux du cerveau. Mais celte dépression se prolonge jusqu'à l'extrémité antérieure du corps calleux qui, dans la plus grande partis de son étendue, ne se trouve jamais en contact avec la faux du cerveau ; par conséquent, elle ne peut être considérée comme une empreinte mécanique; elle est due à la présence des tractns longitudinaux dont elle représente l'intervalle.
Jnrjles. Au nombre de quatre, deux antérieurs et deux postérieurs.
Les angUs antérieurs se prolongent dans réi)aisseur des lobes frontaux en décrivant une courbe dont la concavité, tournée en bas , en arrière et en dehors, embrasse la partie antérieure des corps striés ; ce mode de configuration leur a mérité le nom de cornes frontales.
Les ançfles postérieurs se partagent comme la partie correspondante des ventricules latéraux pour former deux cornes : l'une postérieure ou occipitale, qui recouvre l'ergot de Morand ; l'autre inférieure et externe ou spbénoToale qui recouvre la corne d'Ammon. Cette bifidité des angles postérieurs du corps calleux était déjà connue de Reil qui a décrit la corne occipitale sous le nom de forceis major, et la sphénoïdale sous celui de tapctum.
Face inférieure. Pour l'étudier, il faut pratiquer une coupe médiane antéro-postérieure du cerveau de sa base vers sa convexité. Dans ce but, séparez d'abord le cervelet par une coupe transversale pratiquée à l'union de la protubérance et des pédoncules cérébraux; divisez ensuite: 1° le cliiasma des nerfs optiques, le corps cendré, les tubercules mamillaires et la lame interpédonculaire; 2" les bords antérieur et postérieur du troisième ventricule; 3 ' la toile choroïdienne, le trigone cérébral et la cloison transparente. Arrivé dans les ventricules latéraux, ouvrez leur prolongement occipital et sphénoïdal, et la face inférieure du corps calleux sera luise à nu dans toute son étendue.
Cette face est remarquable par la grande étendue qu'elle présente ; légèrement convexe daus sa partie médiane qui se continue en avant avec la cloison transparente, et en arrière avec le trigone cérébral , elle se déprime de chaque côté, soit dans le sens transversal, soit dans le sens longitudinal pour prendre la forme d'une voûte.
Sa partie antérieure, ou réflécliie, embrasse la cloison transparente et les corps striés.
Sa partie postérieure, confondue sur la ligue médiane avec la base du trigone, se continue latéralement avec la corne d'Ammon et l'ergot de >[orand.
De ses trois cornes, la moyenne ou spliéiioldalc, qui était peu apparente sur la face supérieure, est très étendue sur celle-ci; l'occipitale, qui a^ait «n grand développement, se trouvi- au contraire réduite daus ses dimen-^ sions ; la frontale seule a conservé les mêmes proportions.
90' ANAÏOMIE.
2° DE LA CLOISON TEAiNSPÂRENTE.
Prépnrnlion, La cloison Irausparenle est ti es manifeste sur une coupe me'diaue anléro-posleiieuie du corveuu ; mais celle coupe, pour être mise à profil, sup- )iose la connaissaucc des principaux détails relatifs à la conformation intérieure du cerveau, détails qu'elle pre'seute sous un poiut de vue nouveau et en quelque sorte complémentaire d'études préalables. En présence d'un cerveau unique, lu préparation suivante sera prélérable :
1° Après avoir a])atlu les deux hémisphères par une section horizontale, traversez le corps calleux dans son épaisseur, d'arrière en avant et sur la ligne médiane, à l'aide d'un Hl de fer ou de laiton de IS à 18 centimètres de longueur, de telle sorte que ce fil, pénétrant à 2 centimètres au-devant du bourrelet de ce corps, sorte à 2 centimètres en arrière de sa partie réfléchie en lestant dans son trajet à une distance de 5 millimètres environ au-dessous de sa surface libre.
2" Incisez ensuite le corps calleux sur toute sa longueur, à droile et à gauche, immédiatement eu dehors des tiactus longitudinaux, et parallèlement à ces tiaclus.
5° Avec deux scalpels ou tiges solides quelconques placés transversalement, l'un en avant, l'autre en arrière du centre ovale de Vieussens, soulevez légèrement les deux extrémités de \otie fil de lailon de manière à ramener la cloison transparente dans sa direction verticale et à lui restituer ainsi sa forme naturelle.
A ce procédé on peut substituer avec avantage une coupe médiane de la partie antérieure du corps calleux qui permettra d'étudier beaucoup mieux le ventricule de la cloison et les deux lames qui le limitent; il faut alors placer le cerveau sur sa convexité, et après avoir écarté les deux lobes frontaux, inciser exactement sur la ligue médiane la portion réfléchie du corps calleux ; cette incision rondiiit dans la cavité du ventricule et permet d'écarler les deux lames qui consliluent ses parois, sans intéresser celle-ci. En prolongeant celle coupe médiane en arrière, la cloison se trouverait divisée en deux moitiés latérales.
La cloison transparente, septum luciduni, septum médian de Chaussier. est une lame triangulaire à bords curvilignes, située sur la ligne médiane, entre le corps calleux et le trigone cérébral qu'elle réunit, et les ventricules latéraux qu'elle sépare. (Voy. la lig. 18 3.)
Ses faces, lisses, humides, verticales et d'un aspect grisâtre, sont tapissées par la membrane des ventricules latéraux.
Son bord supérieur, plus long et convexe, s'unit à la face inférieure du corps calleux.
Son bord inférieur, très court et convexe aussi, répond à la partie réfléchie du même corps.
Son bord postérieur, concave, repose sur le trigone cérébral. De l'union de ce bord avec le supérieur, résulte un angle très aigu qui s'insinue entre le trigone et le corps calleux pour se prolonger en arrière jusqu'au point de fusion de ces deux parties, c'est-à-dire jusqu'à l'union de leur tiers postérieur avec leurs deux tiers antérieurs.
La cloison transparente est formée de deux lames adossées l'une à l'autre sur la ligne médiane et interceptant entre elles un espace triangulaire dans lequel on trouve une très petite quantité de liquide séreux. Cet espace, qui a été désigné sous les noms, dejjyemîer ventricule par Wenzcl, de cinquième ventricule par Cuvier, de sinus du septum médian par Chaussier, est plus généralement connu aiyourd'hui sous la dénomination de ventricule de la cloison. (Voy. la fig. 181 .)
NEVROLOGIE.
Ce ventricule communique-t-il avec les autres cavités ventriculaires? Vicussens et Winslow ont admis que le liquide qu'il contient peut s'écouler dans le ventricule moyen par un orifice ellipsoïde et très étroit situé à l'angle de réunion des bords inférieur et postérieur de la cloison. Tiedmann et quelques anatomistes modernes partagent cette opinion, qui a été com-
FiG. 181,
Kenirictd
de In cloison irnnsparente, et partie supérieure des ventricules latéraux.
, Yentiicule de la cloison, dont on n'aperçoit ici que la moilic iufe'rieure, Taulre moitié ayant e'te' enlevée avec le corps calleux. — 2. Lames du seplum lucidum écartées i\ droite et à gauche pour monirer Tespace qu'elles interceptent. —
3. Suiface triangulaire au niveau de laquelle le corps calleux et le trigone cére'bral se continuent entre eux et avec les lames de la cloison transparente.—
4. Coupe du bourrelet du corps calleux. — o. Trigone cérébral. — li. Pilier postérieur du trigone. — 7. Extrémité supéiieure de la corne d'Âmmon, ou grand hippocampe. — 8. Ergot de Morand, ou petit hippocampe. 9. — Cavité digitale ou ancyroïde. — 10. Plexus choroïdes des vcutriculcs late'raux. — 11. Lama coriiée. — \'2, Corps strie',
batlue par Santoriiii, par Sabatier, par Vicq d'Azyr dont raïUorité est d'un si grand poids lors(iu'il s'agit d'exactilude , et plus récemment par M. Cruveiihier et M. Longet. Ayant vainement cherché cet orifice, je me trouve conduit aussi à en nier l'existence. Je dois ajouter cependant : 1° qu'au niveau de la réunion des bords inférieur et postérieur, on voit la cavité du ventricule se prolonger sous la forme d'un infundibulimi jusqu'à l'angle de séparation des piliers antérieurs du trigone cérébral ; 2° ([ue sur un cerveau tpu avait longtemps séjourné dans l'alcool, et (jui se prétait mieux par conséipicnt à celle étude, ce canal infundibuliforme venait manifestement s'(Mivrir dans le troisième veniricule; mais sur tous le; autres cerveaux que j'ai examinés, j'ai trouvé rcxlrémité inférieure de cet infundibnhim o!)liîérée par la n.iembrane ventriculaire et une couche de substance blanche.
Les lames (pii circonscrivent le ventricule de la cloison sont composées chacune de ijualre couches tics minces : une inlerne, séreuse, formée pyr la membrane (]ui lajiisse le veniricule delà cloison-, une externe, sércu.'e, aussi formée i)ar la meudirane cpii revêt les ventricules latéraux, et deux moyennes qui se dislingucnt ('gaiement en interne ou médullaire et externe ou grise.
La couche médullaire tire manifestement son origine du sommet du trigone, dont elle doit être considérée comme une d('iiendance ; la couche gri^e est un prolongement de la ma'^se cendrée (pic nous verrons tapisser les parois du ventricule moyen.
En se réunissant au corps calleux, les deux lames coiistitu('cs par la juxtaposition de ces diverses couches restent distinctes et interc( pient un sillon UK'dian d'une largeur de 2 à 4 milhmètres, à travers le(iuel il ci^t facile de pénétrer daiis le ventricule de la cloison sans ouvrir les ventricules latéraux.
?>" DU TlUGOxNE Ci-ÎU-lBUAL, OU VGUTiL A (^UMIU-, PlLiLUS.
La voO.lc à quatre j^licrs, trigouc cérébral de Chaussier, triangle mcdullaire de Vicq d'Azyr, fornix des auteurs latins, route à trois piliers de Winslow, bandelette géminée de l\eil , se présente sous deux asiiects très différents, suivant ([u'on l'cxaip.ine par sa face su[;érieurc ou par sa face inférieure.
Vue par sa partie supérieure, elle offre la forme d'un triangle isocèle dont la base est tournée en arrière.
Vue par sa face inférieure, préalablemcid mise à nu sur toute son étendue, elle l'eprésente une voiite simple dans sa partie moyenne qui réstdte de l'adossement de deux bandelettes auléro-postérieures, bifide à chacune de ses e\trémit("S (pie conslilnent ces mêmes bandelettes deveniics libres et divergentes.
Suivant qu'on aura égard à l'un ou à l'antre de ces aspects, ou (pi'on attachera au (contraire plus d'inqiortance à la structure (pi'au mode de conliguratiôn , on sera donc conduit à adopter les dénonunalions de trigone, de triangle, de voîite, de vofite à (piatre piliers, de bandelette géminée, (pji toutes sont parfaitement-fondées, AVinslow seul s'est écarté de la ^érilé Ioi-s(in'il a coïuparé cette partie du cerveau à une voûte monté»; sur trois piliers; car le pilier antérieur, qu'il a cru simple [larce qu'U n"tn
NEVROLOGIE.
a aperçu qu'une faible partie, est réellement double orsqu'on l'observe dans toute son étendue, 31. Cruveiihier a été plus beureusement inspiré en comparant les deux bandelettes de cette voûte aux deux branches d'un X qui s'adosseraient sur un point plus rapproché de leur extrémité antérieure. Le mode de configuration du trigone cérébral permet de lui considérer : deux faces, l'une supérieure, l'autre inférieure; deux bords, l'un droit, l'autre gauche ; et quatre angles, deux postérieurs et deux antérieurs.
Face supérieure. Elle est unie, légèrement convexe , plus large en arrière qu'en avant et fait partie du plancher des ventricules latéraux. Un sillon superficiel la parcourt sur la ligne médiane; sur les côtés de ce sillon existent deux petites saillies longitudinales et parallèles qui se continuent avec les lames de la cloison transparente. — En arrière du sillon médian et des saillies qui le bordent, on voit les deux bandelettes constitutives du de la voûte se séparer à angle obtus pour se porter en bas et en dehors, l'une à droite et l'autre à gauche, fous le nom de piliers postérieurs. L'angle de séparation de ces deux bandelettes est remarquable sous
FiG. 182.
Trigone cérébral.
1,1,1. Fi ce supé.ieure du tiigoue oflVant sur la ligne médiane un loger sillon qui répond an bord inte'rieur du ventricule de la cloison, et de chaque côté de ce illon une ligne au niveau de laquelle les lames qui circonscrix eut ce venlriule se conliuuent avec le liigonc. — 2. Corps slrié. — ^. Couche optique. -~
cule 4. Li
cornée. — 5. Ca>ilo ancyruïde. — G. Ergot de Blorand.
deux points cle vue : 1° Par radliérence de la face supérieure du Irigone avec la face inférieure du corps calleux; 2° par la direction relative des fibres médullaires au niveau de cette adhérence, les unes, celles du corps calleux, affectant une direction transversale, et les autres, celles du trigone, une direction obliciue en bas et en deliors, de telle sorte que les premières croisent à angle aigu les secondes, sur lesquelles elles s'étendent de droite à gauche, parallèles et rectilignes comme les cordes d'un instrument de musique ; de là le nom de lyre, par lequel Vicq d'Azyr a cherché à caractériser cette disposition (I) qui a pour effet de combler en partie l'angle de séparation des deux piliers postérieurs et de prolonger ainsi en arrière le plan de la voûte en l'élargissant et en lui constituant un bord postérieur, appelé par Chaussier base du irigone. Les fibres qui forment ce bord postérieur appartiennent en totalité au bourrelet du corps calleux; c'est donc à tort qu'elles ont été considérées par G ail comme « l'ensemble des filets de jonction des deux côtés de la voûte. » (Voy, la fig. 184.)
Face inférieure. Elle répond à la toile choroïdienne qui la sépare, en arrière de la glande pinéale, en avant du ventricule moyen dont elle forme la paroi supérieure ou la voûte, et latéralement des couches optiques qu'elle recouvre dans leur tiers interne.
Un sillon médian la parcourt aussi dans toute son étendue, c'est-à-dire de l'angle de séparation des piliers postérieurs à l'angle de séparation des piliers antérieurs.
De ces deux angles, le postérieur est obtus ; vers son sommet on voit les fibres de chacune des moitiés du trigone, qui jusque-là étaient longitudinales, se dévier pour se porter obliquement en bas, en dehors et en arrière, en interceptant sur la ligne médiane un espace angulaire que comblent supérieurement les fibres transversales de l'extrémité postérieure du corps calleux. De celte disposition résulte,, d'une part, une légère dépression située sur le prolongement du sillon médian ; de l'autre, cet aspect particulier qui a été comparé à une lyre, aspect que nous avons déjà observé sur la face supérieure de la voûte, mais qui est beaucoup mieux accusé sur celle-ci.
L'angle antérieur diffère beaucoup du précédent. Pour l'observer, il faut inciser la voûte sur sa partie moyenne transversalement, soulever ensuite sa partie antérieure et la ramener en avant; il devient alors facile de constater: 1° que cet angle est très aigu; 1° qu'il est bmité en avant par un cordon blanc et régulièrement ai'rondi que nous décrirons plus loin sous le nom de commissure antérieure du cervccni. ; 3° qu'il existe au-dessus de cette commissure, entre les deux piliers antérieurs , une dépression angulaire à base inférieure. Cette dépression remarquable par le rapport qu'elle présente avec la partie la plus déclive du ventricule de la cloison dont elle n'est séparée que par une lame assez
(1) La plupart des auteurs uiodenics ont aussi doune' à cette disposilion les noms de psatieiinm, de corpus psnlloïdes ; mais ces expressions e'taient employe'es l>av les anciens pour designer la voûle en tolalilc', ainsi que le démontrent les paroles suivantes dé Galien : «Pars aulem cerebri quai cavitatcm est, vehit domi's tectum quoddani, in spherœ superficiem concavam circumacta, non abs re videhitur appellata xa^u-apcov vel yaAXoettJvî;, quia ejus generis œdificia qui arcliitecturœ sunl periliores îippeUare soient xajj.âpaç seu ^ctlYiocuç,, hoc est testudines et fornices. « [Gnl, De adininislr, niint., lib. IX, cap. iV.)
NEVROLOGIE. 9o
mince, a été considérée par Columbo et Vieussens comme un orifice qu'ils ont décrit sous le nom de vulve ; mais, ainsi que nous l'avons vu, cet orifice ne parait pas exister : à sa place, on trouve une simple dépression, la déjvession vulcaire. (Voy. la fig. 187.)
Bords latéraux. Ils sont minces, concaves, obliquement dirigés en arrière et en deliors, continus à leurs extrémités avec les deux piliers du côté correspondant, et logés dans l'angle de réunion de la toile choroïdienne avec les plexus choroïdes (jui les recouvrent dans toute leur étendue»
Piliers postérieurs. Situés sur le prolongement des deux faisceaux qui composent la voûte, ces piliers se dirigent obliquement en bas, en dehors et en arrière, en se divisant dès leur origine en deux bandelettes, l'une postérieure et l'autre antérieure. — La bandelette postérieure, très courte, se confond avec l'écorce blanche de la corne d'Ammon on pied d'hippocampe. — La bandelette antérieure descend sur le bord interne do l'hippocampe en s'amincissant graduellement pour se terminer en pointe après un assez long trajet. Elle a été décrite sous les noms de handeletle ou tœnia de l'hippocampe, de corpus frimhriatum, de corps frangé, corps bordé, qui serait mieux nommé corps bordant, ainsi que le remarque 31. Longet, puisqu'elle forme une sorte de bordure au-devant de la corne d'Ammon. (Voy. la fig. 188.)
Piliers antérieurs. L'existence, le trajet et l'étendue de ces piliers se sont dérobés longtemps aux recherches des anatomistcs. Vieussens, Tarin, Lieutaud, décrivent l'extrémité antérieure ou le sommet du trigone comme une partie indivise qui vient se confondre avec la commissure antérieure.
Lorsqu'on eut constaté que la voûte se divise sur la ligne médiane en avant comme en arrière, on reconnut que ces piliers étaient indépendants de la commissure, et l'on admit alors qu'ils venaient se terminer dans l'épaisseur des parois latérales du ventricule moyen : c'était un progrès ; car on renonçait à une opinion erronée pour en adopter une à laquelle on ne pouvait adresser d'autre reproche que de ne pas exprimer toute la vérité.
Ce fut Santorini le premier qui suivit les piliers antérieurs à travers l'épaisseur des couches optiques jusqu'aux tubercules mamillaires. — Gunz consacra cette découverte en donnant aux mêmes tubercules la dénomination parfaitement exacte de bulbi fornicis. — Plus tard Vicq d'Azyr vint compléter les observations de Santorini en établissant que les piliers antérieurs avaient une origine encore plus éloignée, et qu'ils naissaient de l'intérieur des couches optiques, au-dessous de leur tubercule antérieur.
On voit par ces considérations historiques que les piliers antérieurs ne cheminent pas librement à la surface des parois du ventricule moyen, comme les postérieurs à la surface des ventricules latéraux. Dès leur séparation ils s'enfoncent, après un court trajet, dans l'épaisseur des couches optiques, et c'est dans l'épaisseur de ces couches qu'il faut les suivre lorsqu'on veut étudier leur origine et leur trajet. Dans ce but on doit accorder la préférence à une coupe médiane antéro-postérieure du cerveau, et suivre ensuite Tun des piliers antérieurs de haut en bas dans la direction du tubercule correspondant, en enlevant avec le manche d'un scalpel toute la substance grise qui le recouvre; le même procédé exécuté de bas
en liaut, ou du tubercule mamillaire vers le centre de la couche optique, permettra de découvrir la racine du piller.
FiG, 185 (1).
Coupe médiane anlero-postérieitre de Vence'phale.
\, Bulbe rachidien. — 2, Prolubérance annulaire. — 3. Pédoncule ceréhial. — 4. A.rbre de vie du lobe médian. — 5. Aqueduc de Sylvius. — 6. Valvule de Vieussens. — 7. Tubercules quadrijumcaux. — 8. Glande pinéale. — 9. Son pédoncule inférieur. — 10. Sou pédoncule supérieur. — H. Partie moyenne de la grande fente cérébrale. — 12. Face supérieure de la couche optique. — 13. Sa face interne formant l'une des parois du ventricule moyen. — 13'. Commissure grise. — 14, Toile choroïdienne. — 15. Tige pituilaire. — 16. Corps pituilaire. — 17. Corps cendré. — 18. Tubercule mamillaire représentant l'anneau inférieur d'un 8 de chiffre qui se continue par ses deux branches supérieures ponctuées avec le pilier antérieur, d'une part, et la racine pédonculaire de ce pilier, de l'autre. — 19. Lamelle perforée médiane ou inlerpédonculaire. — 20. Nerf moteur oculaire commun. — 21. Nerf optique. — 22. Commissure antérieure du cerveau. — 23. Trou de Monro. — 24. Coupe du trigone cérébral. — 25. Cloison transparente. — 26. Coips calleux. — 27. Son extrémité postérieure ou bourrelet. — 28. Son extrémité antérieure ou genou, se terminant eu bas et en arrière par une partie graduellement amincie qui forme le bec. — 29. Circonvolutions moyennes de la face interne de l'hémisphère formant un groupe quadrilatère qui se dirige de bas en haut pour aller se continuer avec la grande et la petite circonvolution pariétale poste'rieure. — 30. Circonvolution du corps calleux. — 31. Circonvolutions antérieures de la face interne se dirigeant d'avant en ai^rière. — 32. Aufractuosita profonde séparant les circonvolutions antérieures de la face interne, de la circonvolution du corps calleux et des circonvolutions moyennes. — 33. Circonvolutions postérieures de la face interne se dirigeant, comme les antérieures, d'avant en arrière. — 34. Anfractuosité profonde séparant les circonvolulions postérieures de la face interne des circonvolutions moyennes.
(I) Celte figure, ainsi que la planche 17G et quelques autres moins importantes,
NÉVROLOGIE. 97
La dii-ection des piliers antérieurs est la suivante : au niveau de la partie antérieure ou du sommet du trigone, ils s'écartent sous un angle extrêmement aigu dont la partie libre ou apparente de la commissure antérieure mesure le sinus ; arrivés derrière cette commissure, ils se plongent aussitôt dans l'épaisseur des couches optiques, puis se dirigent de liaut en bas et d'avant en arrière vers le tubercule mamillaire correspondant, dont ils entourent le noyau gris d'une couche blanche ; subissant alors un double mouvement, l'un de rcllexion, l'autre de torsion sur leur axe, ils décrivent une sorte de 8 de chiffre pour se porter en haut et en dehors vers le tubercule antérieur de la couche optique. Dans ce trajet les piliers antérieurs décrivent deux courbures successives : la première, dont la concavité regirde en haut; au niveau des tubercules mamiliaires la seconde, dont la concavité regarde en arrière, au niveau de la commissure antérieure. (Voy. la fig. 18 3.)
Les piliers antérieurs tirent leur principale origine des pédoncules cérébraux par des fibres d'abord éparses, mais qui ne tardent pas à se réunir. Assez grêles à leur point de départ, ils reçoivent chemin faisant plusieurs faisceaux fibreux qui les renforcent, en sorte qu'au voisinage de leur adossement, ils se trouvent considérablement accrus. Parmi ces faisceaux de renforcement il importe surtout de mentionner : 1^ les pédoncules supérieurs de la glande pinéale qui se jettent sur les piliers au niveau de la dépression vulvaire ; 2° les couches médullaires de la cloison transparente qui se continuent par toute l'étendue de leur bord postérieur avec les moitiés correspondantes du trigone dont elles constituent évidemment une dépendance.