‹ Manuel d'anatomie descriptive et de préparations anatomiques (volume 2)Chapitre 27 sur 133 · DU QUATRIEME VENTHICLLE, OU VENTRICULE DU CERVELET · texte numérisé non relu

DU QUATRIEME VENTHICLLE, OU VENTRICULE DU CERVELET

Le quatrième ventricule est une cavité intermédiaire au cervelet, à la protubérance et au bulbe racbidien.

Pour constituer celte cavité, les trois parties qui précèdent s'unissent de la manière suivante :

La protubérance et le bulbe racliidien, continus l'un à l'autre, forment un premier plan tourné en haut et en arrière ; à ce plan le cervelet oppose : i^ sa partie médiane et infi'ricure q>ii ferme le ventrirule en arrière; 2" ses pédoncules supérieurs et la valvule de Vieussens qui ferment le ventricule en liant; 3° ses pédoncules moyens et ses pédoncules inférieurs qui se confondent, les premiers avec les parties latérales de la protubérance, les seconds avec le bulbe racbidien et qui ferment ainsi le ventricule en dehors. Il est donc facile de concevoir comment la cavité vciitriculaire se trouve liinitée en avant, en arrière, en haut, et en dehors; niais comment est-elle limitée en bas? Ici elle est close par deux simples lamelles dépendantes de la lùc-mère et étendues des parties latérales du bulbe racbidien à la face interne des amygdales : encore ces lamelles ne sont-elles jamais réunies l'une à l'autre à leur extrémité inférieure, en sorte cjne dans ce point le ventricule reste ouvert et en libre communication avec l'espace sous-aracb noïd i en .

La forme du (piatrième ventricule est celle d'une cavité ellipsoïde qui serait aplatie de haut en bas, et terminée en pointe, d'une part aux deux extrémités de son grand axe, de .''autre aux deux extrémités de son petit axe; on peut lui considérer par conséquent deux parois, quatre bords et quatre angles.

Paroi antérieure ou inférieure. Pour la découvrir il faut inciser d'avant en arrière, et dans sa partie moyenne, toute l'épaisseur du lobe médian, et écarter ensuite les deux bords de la division. (Fig. 192.)

La figure de cette paroi est celle d'un losange dont l'angle inférieur, très accusé, a été décrit par Ftérophile sous le nom de calamus scriptorius ; la moitié supérieure de ce losange répond à la protubérance annulaire, et sa moitié inférieure au bulbe racbidien. A sa surface on remaniue :

1" Un sillon nu'dian qui le parcourt dans toute son (.'IciiLlue et qui représente la Hge du calamus scriptorius.

2° Des stries blanches, transversales, non symétriques, qui se rcmlent pour la plupart au nerf auditif; ces stries, situées sur les côtés de la moitié inférieure du sillon, forment les barbes du calamus.

30 A l'extrémité inférieure du sillon médian une fossette située sur le prolongement de l'axe de la moelle, appelée voilriculc d'Jvautlus.

Toute cette paroi est revêtue d'une couche de substance grise qui contraste avec la couleur blanche des stries. Assez souvent cette couche grise s'étend en partie sur les barbes du calamus, qui se trouvent alors comme voilées.

Paroi poslerieure ou supérieure. Elle est beaucoup moins régulière que "la précédente. Pour l'étudier on peut diviser sur la ligne médiane, et de bas en haut, le bijlbe rachidien et la protubérance annulaire, et ensuite renverser en dehors les deux lèvres de la section en usant de beaucoup de niénagement; mais il est préférable délaisser intactes les parties précédentes et de relever fortement le bulbe en même temps qu'on écarte

riG. 192

Paroi nntéro-inférieure du ventricule du cervelet.

\. Sillon médian ai celte paroi formant la tige du calamus scriploiins. — 2, Stries blanches et transversales représentant les barbes du calamus, et convergeant eu dehors pour concourir à la formation du nerf acoustique. — 5. Pédoncule cérébelleux inférieur. — 4. Pyramide postérieure. — 5,o. Pédoncule cérébelleux supérieur croisant à angle aigu l'intérieur en passant à sou côté interne. — 6, G. Faisceaux triangulaires latéraux de l'isthme. — 7,7. Sillons latéraux de Fisthme de reucéphale. — 8. Tuljerculcs quadrijumeaux.

les deux amygdales ; en portant ainsi le bulbe racbidien en avant et les amygdales en dehors, et en retranchant, s'il le faut, une partie ou totalité de ces lobules, on découvre assez bien toute la paroi supérieure du ventricule, et il devient alors facile de reconnaître :

1" Qu'elle est régulière, lisse, humide et de couleur blanche dans sa moitié antérieure formée par les pédoncules cérébelleux supérieurs et la valvule de Vieussens ;

20 Qu'elle est inégale, de couleur grise et sillonnée transversalement dans sa moitié postérieure, constituée par le sommet de réminence vermiculaire correspondante ;

3" Qu'au niveau du point de réunion de ces deux moitiés, la paroi supérieure, sensiblement élargie, présente : sur la ligne médiane, la luette libre et llottante ; sur les côtés, l'extrémité supérieure des amygdales, et audessus de celle-ci, les valvules de Tarin. (Fig. 190.)

Les bordji du quatrième ventricule se divisent en supérieurs et inférieurs.

Les supérieurs répondent à la ligne d'union des pédoncules supérieurs avec la protubérance annulaire.

Les inférieurs sont formés par deux lamelles cellulo-fibreuses dépendantes du névrilème du bulbe racbidien , et étendues des parties latérales de ce bulbe à la partie supérieure et interne des lobules tonsillaires où ces lamelles se rapprochent sans cependant se réunir; en bas, elles se rapprochent aussi, mais sans arriver juscpi'au contact, et laissent entre elles un intervalle dont la largeur égale celle du bec du calamus scriptorius.

Les angles se partagent en latéraux, supérieur et inférieur.

Les angles latéraux corres[)ondcnt au point de réunion des trois pédoncules cérébelleux, et à l'extréuiilé antérieure du corps rhomboïdal.

L'angle supérieur se continue avec l'aipicduc de Sylvius. — Cet aqueduc, creusé sous la partie médiane des mbercules (luadrijnmeaux, présente à sa partie inférieure un sillon longitudinal sur les côtés duquel on observe deux petits reliefs ; son extréiuilé antérieure s'ouvre dans le ventricule moyen immédiatement au-dessous de la conniiissure postérieure du cerveau ; il établit par consé(|uent nue conuiiunication entre le troisième et le quatrième ventricule. (I^ig. 183.)

L'avgle inférieur présente aussi un orifice qui est limité : 1" en bas, par le bec du calamus; 2° en haut, par une petite lamelle triangulaire à sommet postérieur , située entre le vcrmis inférieur et les amygdales, lamelle très variable dans ses diniensions ; 3° sur les côtés, par les lamelles (pii forment les bords inférieurs de la cavité ventriculaire. — Cet orifice est inégal, comme déchiré; lorstpi'on soulève le bulbe racbidien pour l'examiner, il représente assez bien un bec d'oiseau dont les deux mandibules seraient largement écartées. Il a pour usage d'établir une large communication entre les ventricules cérébraux et cérébelleux d'une part, et l'espace sous-arachnoïdien de l'autre.

Plexus choroïdes du quatrième veuLricule.

Ces petits plexus, bien i-cprésentés par Vieq d'Azyr, naissent par une extrémité déliée au niveau de la lamelle médiane de l'orilice inférieur du

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ventricule, s'accolent aussitôt aux lamelles latérales, puis contournent avec ces lamelles les corps restiformes pour se porter en haut et en dehors vers les lobules du pneumogastri(iue, sur le côté interne desipiels ils se terminent par un renflement très manifeste.

texti:re du cervelet.

La substance blanclie médullaire ou centrale du cervelet se compose de lamelles, ainsi (pie l'ont démontré MM. Cruveilliier et Leuret ; mais cette structure lamelleuse ne devient très manifeste que sur les cervelets (pii ont longtemps séjourné dans l'alcool. L'ne coupe verticale étant pratiipiée sur la partie la plus épaisse de l'un des hémisphères cérébelleux ainsi préparé, on parvient avec un peu d'adresse et de patience à décomposer le noyau blanc central en une multitude de feuillets qui donnent à la surface incisée l'aspect d'un livre entr'ouvert.

Chacun de ces feuillets pi'ésente la forme d'un petit éventail, c'est-à-dire, deux faces contigucs à celles des feuillets voisins, un bord libre ou périphérique plus étendu, fit un bord adhérent plus étroit.

Par leur bord adhérent tous les feniillet-i correspondent aux corps dentelés et au point de départ des trois pédoncules du cervelet; en se rapprochant de ces pédoncules, ils se dépouillent graduellement de leur forme lamelleuse pour se fasciculer.

Par leur extrémité périphérique, au contraire, ils divergent dans fous les sens : les uns se dirigentenhaut, d'autres en bas, les pluslongs en arrière vers la circonférence de l'organe. Dans ce trajet ils ne s'écartent pas régulièrement de manière à intercepter entre eux des espaces égaux : ils forment des groupes successivement décroissants, les plus considérables occupant le centre des lobules, les suivants le centre des lames et des lamelles. Les plus petits groupes sont encore composés de plusieurs feuillets.

La texture de ces feuillets est fibreuse; et de même (lue les feuillets forment des groupes divergents du centre vers la surface du cervelet, do même les libres qui les constituent marchent en iMyonnant de leur bord adhérent vers leur bord libre.

Le corps rhomboïdal présente une structure analogue à celle du centre médullaire ; il se compose aussi de feuillets qui s'étendent de son extrémité antérieure et interne vers les divers points de la îame jaunâtre qui l'entoure. Ces feuillets sont en général plus difficiles à dissocier que ceux des lobules du cervelet; dans leur intervalle on trouve une petite quantité de substance grise et de nombreux vaisseaux qui pénètrent par l'ouverture de la lame dentelée.

Des trois pédoncules cérébelleux, l'inférieur et le supérieur sont ceux qui offrent les rapports les plus intimes avec le corps rhomboklal ; le preniier répond à l'extrémité inférieure et postérieure de ce corps, et le second à son extrémité supérieure et antérieure, ou plutôt à l'orifice de sa lame dentelée, en sorte que les fibres de l'un et de l'autre semblent se continuer directement.

La substance grise du cervelet, étudiée avec beaucoup de soin paP M. Baillarger, lui a présenté une stratification semblable à celle qu'il a signalée dansla couche corticale descirconvolutions du cerveau. (Voy. p. 5 1 .)

La substance jaune (lu'on observe autour du corps dentelé, et entre les couches blanche et grise des lobules, lames et lamelles, résulte, ainsi (jue le même anatomiste Ta très bien démontré, du mélange sous des proportions déterminées des substances médullaire et corticale.

Les artères du cervelet diffèrent de celles du cerveau : t° par leur situation ; elles ne rampent pas dans la profondeur des principaux sillons, niais h sa surface; 2" par leurs extrêmes llexuosités, en rapport avec le nombre plus considérable des rameaux qu'elles fournissent.

Les veïnes dit cervelet, non moins flexueuses et tout à fait indépendantes des artères vont s'ouvrir dans les sinus latéraux, dans les sinus pétreux et dans le sinus droit.

Le réseau qui résulte des anastomoses de toutes les ramifications émanées de ces vaisseaux constitue la portion cérébelleuse de la pie-mère. Il est beaucoup plus fin, plus délicat et moins résistant que celui recouvre les circonvolutions cérébrales. On le voit contourner les principaux lobules; mais il n'enveloppe pas complètement les lames, et ne pénètre que rarement entre les lamelles. Si le cervelet était déplissé, la surface (pi'il offrirait par siiite de ce déplissement excéderait notablement celle de la pie-mère cérébelleuse.

La substance grise formant environ les deux tiers de la masse totale du cervelet, et cette substance étant beaucoup plus riche en vaisseaux que la médullaire, on peut dire d'une manière générale que cet organe est plus vasculaire que le cerveau.

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