NERFS CARDIAQUES
Les nerfs du cœur émanent de deux sources : des pneumo-gastriques, d'une part ; de la portion cervicale du grand sympathique, de l'autre.
Nous avons vu que les branches cardiaques fournies par les pneumogastriques sont en général au nombre de trois de chaque côté ; — que celles du côté droit se placent en avant de la carotide primitive et du tronc brachio-céphalique, puis s'engagent entre la trachée-artère et la crosse de l'aorte pour se jeter dans le plexus cardiaque ; — que celles du côté gauche, situées d'abord dans l'interstice des artères carotide primitive et sous-cla-
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vière passent au contraire en avant de la crosse aortique pour atteindre le même plexus ; — que les unes et les autres s'anastomosent dans leur trajet soit entre elles, soit surtout avec celles qui proviennent du système nerveux ganglionnaire ; — et enfin qu'elles présentent dans leur origine, leur volume, leur direction, leurs rapports et leurs anastomoses, de très grandes variétés.
Les nerfs qui s'étendent de la portion cervicale du grand sympathique vers le cœur sont aussi au nombre de trois de chaque côté : un .sii}X'riciir, un moyen et un wférieur. — Ceux du côté droit, situés en arrière de la carotide primitive et du tronc bracliio-céphalique, passent entre la trachée et la crosse aortique pour arriver au i:)lexus cardiaque. Ceux du côté gauche, situés sur le côté externe de la carotide primitive, puis entre cette artère et la sous-clavière correspondante, croisent la partie antérieure de la crosse de l'aorte pour atteindre ce plexus. — Les premiers, ainsi que les seconds, communiquent fréquemment entre eux et avec les nerfs cardiaques du paeumo-gastrique ; et de même que ces derniers ils sont remarquables par les variétés d'origine, de volume, de nombre, de direction, de rapports et d'anastomoses qu'ils présentent. Fallope, Willis, Vieussens et même Scarpa dans la description qu'ils nous ont laissée des nerfs du cœur ont à peine signalé ces variétés qui cependant constituent pour ces nerfs un caractère d'autant plus remarquable qu'il se montre ti-ès rarement dans le système nerveux périphérique, et qu'on ne le trouve nulle part aussi accusé; dans l'impossibilité de les reproduire toutes, je m'attacherai à décrire la disposition qu'on observe le plus communément pour chacun des nerfs cardiaques, en rappelant brièvement les différences les plus saillantes qui les distinguent à droite et à gauche.
Le nerf cardiaque supérieur droit naît du premier ganglion cervical ou de son rameau descendant, et le plus souvent de ces deux sources à la fois par une, deux ou trois racines qui s'engagent sous la carotide primiti^'e et se réunissent bientôt en un seul tronc. Celui-ci, après avoir communiqué avec le plexus laryngé et le nerf récurrent, passe au-devant de l'artère thyroïdienne inférieure, puis s'anastomose avec le nerf cardiaque moyen. Au-dessous de cette union, caractérisée dans quelques cas par la présence d'un petit ganglion, il longe le côté postérieur du tronc brachiocéphalique, monte au-devant de la trachée et passe entre ce conduit et la crosse de l'aorte pour se jeter dans le plexus cardiaque.
Le nerf cardiaque supérieur gauche présente la même origine et les mêmes anastomoses; seulement il longe le côté externe delà carotide primitive, ainsi que nous l'avons vu, et, au lieu de passer en arrière de la crosse aortique pour arriver au plexus cardiaque , il passe en avant de celle-ci.
Le nerf cardiacjue moyen du côté droit, ou grand nerf cardiac/ue de Scai-pa, est quelquefois plus considérable que le supérieur et l'inférieur, comme l'avait remarqué cet anatomiste; mais on voit très souvent aussi son volume se montrer inférieur ou égaler à peine celui qu'ils présentent. Ce nerf tire son origine du ganglion cervical moyen et en son absence du cordon qui s'étend du premier au troisième. Il se porte d'abord presque transversalement en dedans ou un peu obliquement en bas et en dedans,
s'anastomose en dehors de la carotide primitive avec les rameaux cardiaques cervicaux du pneumo-gastrique, derrière cette artère avec le nerf cardiaque supérieur et le plus souvent aussi avec un fdet ascendant de l'inférieur, et enfin en dedans avec le nerf récurrent. Il descend ensuite sur le côté postérieur et interne du tronc bracliio-céplialique, croise le côté postérieur de la crosse de l'aorte et se mêle au plexus cardiaque.
Le cardiaque moyen du côté gauche ne diffère du précédent que par son trajet parallèle au bord externe de la carotide primitive et son passage en avant de la crosse aortique.
Le nerf cardiaque inférieur droit est rarement unique; on en trouve en général deux et même trois qui s'anastomosent entre eux et avec le moyen en arrière du tronc brachio-céphalique,plus bas avec le nerf récurrent et les rameaux cardiaques qui s'en détachent. Il se glisse ensuite entre la trachée et l'aorte pour aller concourir à la formation du plexus cardiaque.
Le cardiaque inférieur gauche varie dans son trajet; il passe quelquefois en avant de l'artère sous-clavière et de la crosse aortique ; d'autres fois il passe en arrière de la sous-clavière, puis changeant alors de direction, il se place également au-devant de l'aorte. Dans certains cas il demeure postérieur dans toute son étendue, c'est-à-dire qu'il arrive au plexus cardiaque comme les nerfs cardiaques droits en passant sous la crosse de l'aorte.
Plexus cardiaque. Ce plexus résulte de l'anastomose et de l'entremêlement des branches cardiaques des pneumo-gastriques et des six nerfs cardiaques du grand sympathique. Il occupe un espace limité en haut et à droite par l'angle que forme la portion ascendante de l'aorte avec la portion horizontale, à gauche par le cordon qui résulte de l'oblitération du canal artériel, en bas par la branche droite de l'artère pulmonaire, en arrière par la bifurcation de la trachée.
Au centre du plexus cardiaque on observe le plus souvent un renflement de couleur grise ou rougeâtre qui a été mentionné pour la première fois par Wrisberg, d'où le nom de ganglion de JVrisherg sous lequel il est généralement connu; au lieu d'un seul ganglion, il n'est pas très rare d'en rencontrer deux et même trois qui sont alors beaucoup moins volumineux.
Par ses parties postérieure et latérales, le plexus cardiaquje communique avec les plexus pulmonaires antérieurs , c'est-à-dire avec les rameaux plexiformes que les pneumo-gastriques envoient au-devant de la racine des poumons.
Par sa partie inférieure, le même plexus se prolonge vers le cœur en enlaçant les deux troncs artériels qui en partent, de telle sorte que parmi ses divisions les unes passent au-devant de l'aorte et de l'artère pulmonaire ; d'autres entre ces deux artères, et les plus nombreuses en arrière de ces vaisseaux. Ces divisions se partagent par conséquent en trois groupes principaux hés entre eux par des filets de communication : un groupe antérieur superficiel, un groupe moyen et un groupe postérieur ou profond.
Le groupe antérieur, formé de divisions grêles et peu nombreuses, des-
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cend sur l'origine de l'aorte, sur le tronc de l'artère pulmonaire, arrive sur le prolongement infundibuliforme du ventricule droit, puis sur la face antérieure du cœur. Dans son trajet ce groupe fournit successivement des filets aux deux vaisseaux qui lui servent de support, à l'oreillette droite, au péricarde, et enfin à la paroi antérieure du ventricule droit ; quelques ramifications se portent aussi vers l'artère cardiaque antérieure' et contribuent à former le plexus coronaire antérieur.
Le groupe moyen descend au-devant de la branche droite de l'artère pulmonaire, passe entre l'aorte et le tronc de cette artère, puis en arrière de ce tronc et se confond alors avec le groupe postérieur dont il partage dès lors la distribution.
Le groupe postérieur descend en arrière de la brancbe droite de l'artère pulmonaire, puis entre le tronc de cette artère et la face antérieure des oreillettes ; là il rencontre le groupe moyen auquel il se réunit ; de l'entrelacement formé par la fusion de ces deux groupes on voit naître deux plexus plus petits qui constituent les plexus coronaires ou cardiaques antérieur et postérieur.
Le plexus cardiaque gauche ou antérieur s'applique à l'artère coronaire antérieure, se porte avec elle à gauche et en avant, puis se bifurque comme cette artère pour suivre : d'une part, le sillon auriculo-ventriculaire gauche en fournissant des filets supérieurs ou auriculaires et des filets inférieurs ou ventriculaires ; et de l'autre, le sillon ventriculaire antérieur au niveau duquel il donne un grand nombre de divisions aux deux ventricules, mais particulièrement au ventricule gauche.
Le plexus cardiacj^ue droit ou postérieur suit le trajet de l'artère coronaire postérieure. Dans le sillon auriculo-ventriculaire droit il donne des filets ascendants à l'oreillette droite et des filets descendants beaucoup plus apparents au ventricule du même côté ; parvenues dans le sillon ventriculaire postérieur, ses divisions se distribuent à la fois à l'un et à l'autre ventricule.
Les filets que les plexus cardiaques antérieur et postérieur fournissent aux parois du cœur se comportent relativement aux artères coronaires comme tous les plexus semblables, c'est-à-dire qu'ils affectent avec ces artères des rapports d'autant moins intimes qu'ils se rappi-ochent davantage de leur terminaison ; au moment de plonger dans le tissu musculaire du cœur on les voit très manifestement sur plusieurs points s'écarter de la branche artérielle, qui jusque-là leur avait servi de support. Remack a mentionné sur leur trajet de très petits ganglions dont je n'ai pu découvrir aucune trace.