PORT!0>" SACRÉE DU GRAND SYMPATHIQUE
Elle s'étend de la base du sacrum à la base du coccyx en longeant le côté interne des trous sacrés antérieurs. Son extrémité supérieure, un peu plus volumineuse, se continue avec la portion lombaire. Son extrémité inférieure, de plus en plus grêle, se rapproche peu à peu de celle du côté opposé à laquelle elle se réunit au-devant du coccyx en formant tantôt une arcade et tantôt un angle dont la convexité ou le sommet se dirige en bas. Il n'est pas extrêmement rare d'observer un petit ganglion au niveau de cette anastomose.
Les ganglions situés sur le trajet de la portion sacrée du grand sympathique sont en général au nombre de quatre. Leur volume diminue aussi des supérieurs aux inférieurs. Leur forme est ellipsoïde et quelquefois irrégulièrement triangulaire. Ils présentent :
1° Des rameaux ascendant et descendant qui les unissent entre eux. Le rameau ascendant du premier ganglion sacré se rend au dernier ganglion lombaire. Il est en général court ; quelquefois même ces deux ganglions sont comme soudés l'un à l'autre.
2° Des rameaux externes qui se rendent aux nerfs sacrés correspoi>
dants et qui sont ordinairement au nombre de deux pour chaque ganglion.
3° Des rameaux internes, très grêles^ qui se portent transversalement vers la ligne médiane et qui s'anastomosent au-devant du sacrum avec ceux du côté opposé. Quelques divisions de ces rameaux pénètrent dans le corps des vertèbres sacrées. D'autres accompagnent l'artère sacrée moyenne et se perdent avec cette artère au-devant du coccyx. Plusieurs se joignent au plexus hémorrlioïdal supérieur pour se perdre avec ce plexus dans l'épaisseur des parois du rectum.
4° Des rameaux antérieurs, plus nombreux et plus considérables que ceux qui précèdent. Ils se dirigent en haut, en avant et un peu en dehors, pour aller concourir à la composition du plexus hypogastriquc.
Plexus hypogastrique.
Ce plexus est un des plus compliqués et des plus importants de l'économie. Situé dans l'excavation du bassin , sur les parties latérales du rectum et de la vessie chez l'homme, du rectum et du vagin chez la femme, il est double comme tous les cordons et tous les plexus nerveux destinés à des organes médians et symétriques. — Sa forme extrêmement irrégulière ne peut être comparée qu'à un enchevêtrement de fils qui se croiseraient dans tous les sens. — Un tissu cellulaire plus ou moins dense sert en quelque sorte de substratum ou de support à l'ensemble des filets qui le constituent. Sur le trajet de ces filets on obsei've quelques renflements gangliforraes.
Les plexus hypogastriques émanent de trois sources différentes : 1° du plexus lombo-aortique qui se bifurque inférieurement pour aller se terminer dans chacun d'eux et qui leur envoie en outre plusieurs filets par l'intermédiaire du plexus mésentérique inférieur; 2° de la poi'tion sacrée du grand sympathique dont ils reçoivent tous les rameaux antérieurs ; 3° des 3^, 4^ et 5« paires sacrées.
Ces plexus se composent de fibres appartenant au système nerveux ganglionnaire et de fibres provenant de l'axe cérébro-spinal; mais celles-ci ne concourent pas à leur formation clans des proportions égales ; les premières sont incomparablement les plus nombreuses.
De chaque plexus hypogastrique on voit naître plusieurs groupes de filets plexiformes qui se rendent aux organes contenus dans l'excavation du bassin. Ce sont : le plexus hémorrlioïdal moyen, le plexus vésical , le plexus prostatique, le plexus destiné aux vésicules séminales ainsi qu'au canal déférent, et chez la femme les plexus vaginal et utérin.
Le plexus hémorrlioïdal moyen suit en général la direction de l'artère hémorrhoidale moyenne. Arrivé sur les côtés du tiers inférieur du i^ectum il s'anastomose avec le plexus hémorrhoïdal supérieur, s'applique à la tunique musculaire de l'intestin, puis la traverse en lui donnant quelques ramifications et se termine par le plus grand nombre de ses filets dans la tunique muqueuse. Plusieurs divisions de ce plexus peuvent être suivies jusqu'à la partie inférieure du rectum où elles communiquent avec les nerfs hémorrhoïdaux inférieurs, branches du nerf honteux interne.
NEYROLOGIE. i 1 9
Le i)lexus vcslcal, composé de filets assez noiubreux mais longs et grêles, se dirige en ayant et en dedans vers l'embouchure des uretères, et se partage au niveau de ces conduits :
1° En ramifications supérieures ou ascendantes qui s'épanouissent sur les parties postérieure, latérale et antérieure de la vessie pour se. terminer en partie dans la couche musculaire de cet organe, en partie dans sa couche muqueuse.
2" En ramifications inférieures qui se portent presque horizontalement en dedans, et se perdent dans le bas-fond de la vessie. Constamment ces dernières se trouvent unies et souvent étroitement mêlées à leur point de départ, soit avec le plexus j)rostatique, soit avec le plexus des vésicules séminales.
Le plexus prostatique, un peu inférieur au précédent avec lequel il communique constamment et dont il ne devient bien distinct qu'à sa ter^ minaison, chemine en dehors, puis au milieu des veines volumineuses qui entourent la partie inférieure de la vessie ainsi que la prostate, et pénètre ensuite dans ce dernier organe, soit par sa face postérieure, soit par ses parties latérales. Quelques filets contournent la partie supérieure du col de la vessie, lui fournissent plusieurs divisions ainsi qu'à la partie correspondante de la prostate et de la portion prostatique du canal de Turètre, et passent ensuite sous la symphyse du pubis pour aller se terminer dans les racines du corps caverneux.
Le plexus des vésicules séminales et du canal déférent, lié aussi par de fréquentes anastomoses avec celui qui se rend à la vessie, passe en arrière de l'uretère et rencontre à son côté interne la vésicule séminale correspondante. Là il se sépare en deux plans : un plan supérieur qui chemine entre le bas-fond de la vessie et la vésicule séminale, et un plan inférieur qui passe au-dessous de cette dernière. Ces deux plans , après avoir fourni dans leur trajet de fines divisions aux parois de la vésicule, se réunissent de nouveau à son côté interne, s'accolent alors au canal déférent et l'accompagnent jusqu'à l'anneau inguinal supérieur où ils se confondent avec le plexus spermatique pour aller se terminer en définitive dans le testicule.
Les rameaux que le plexus hypogastrique fournit chez l'homme à la prostate, aux vésicules séminales et au canal déférent, se portent chez la femme au vagin et à l'utérus.
Le plexus vaginal est composé de filets qui émanent principalement des nerfs sacrés. Dirigés en bas, en avant et en dedans, ces filets se partagent en latéraux, supérieurs, et inférieurs, et se répandent dans toutes les parties du vagin en s'anastomosant sur la ligne médiane, soit avec ceux du côté opposé, soit en haut avec les plexus vésicaux, soit en bas avec les plexus hémorrhoïdaux moyens.
Le plexus utérin, d'abord confondu avec le plexus vaginal, chemine entre les deux lames du ligament lai'ge en suivant une direction légèrement ascendante, et se partage bientôt en un grand nombre de filets indépendants pour la plupart de l'artère utérine. Tous ces filets pénètrent
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flans l'utérus par ses parties latérales où ils laissent un grand nombre (le divisions et se prolongent ensuite les uns sur la face antérieure de la matrice dans l'épaisseur de laquelle ils ne tardent pas à disparaître sans qu'il soit possible de les y poursuivre, les autres sur sa face postérieure pour se comporter de la même manière.
Parmi ces filets, les plus élevés, dirigés presque verticalement eu baut, s'anastomosent au niveau de l'origine des trompes avec les divisions terminales du plexus ovarique. Les plus inférieurs, unis aux rameaux les plus reculés du plexus vaginal, pénètrent dans la partie correspondante du col de l'utérus et s'avancent jusqu'au pourtour du m.useau de tancbe auquel ils sont destinés.
Les nerfs de l'utérus ont été démontrés en 1822 par Tiedemann dont les recbercbes forent entreprises afin de réfuter l'opinion erronée de Lobstein, qui à cette époque niait encore leur existence. En 184 1, M. Robert Lee s'est attacbé à les étudier plus spécialement sur l'utérus en état de gestation, afin de démontrer qu'ils participent à rbypcrtropbic générale de la matrice, fait que j'ai pu constater plusieurs fois, et qui, à mes yeux, demeure incontestable ; mais cet auteur a eu le tort d'en exagérer le nombre ainsi que le volume, surtout dans la partie inférieure du col utérin. Celte exagération a provoqué de la part de M. Jobert un travail contradictoire dans lequel cet babile cbirurgien refuse à l'extrémàté vaginale du col toute fibre nerveuse et toute sensibilité. Admettre une semblable conclusion, ce serait substituer en quelque sorts à une erreur par excès une erreur par défaut. La vérité est entre ces deux assertions : le museau de tancbe ne reçoit pas un grand nombre de nerfs ; il reçoit seulement quelques filets rares et grêles qui nous expliquent son apparente insensibilité. Aucun de ces filets ne peut être poursuivi dans l'épaisseur des parois du col, même pendant l'état de gestation.
SPLANCHNOLOOIE.
Considâ-alions i)réliminaiycs.
L'organisation animale, ramenée à sa forme la plus simple, a pu être comparée à une sorte de tube ouvert à ses extrémités, et formé de deux couches superposées : l'une extérieure ou enveloppante, la peau ; l'autre intérieure ou enveloppée, la muqueuse digestive, désignées aussi quelquefois, la première sous le nom de tégument externe, la seconde sous celui de tégument interne.
En remontant des animaux les plus inférieurs aux vertébrés et à l'homme, on retrouve chez tous la même disposition; seulement, l'organisme se complique de plus en plus. Entre les deux couches prinsitives, ou en voitbientôt apparaître une troisième qui est d'abord vasculaire et nerveuse, puis vasculaire, nerveuse et musculaire, et qui comprend en outre, dans les animaux de l'ordre le plus élevé, des parties résistantes articulées entre elles et formant la charpente de l'édifice organique. En même temps que cette troisième couche s'interpose aux deux premières, en les refoulant en sens contraire , celles-ci se soulèvent pour constituer des prolongements de forme variée, ou se dépriment en culs-de-sac plus ou moins ramifiés et destinés, comme ces prolongements, a des fonctions spéciales.
Si, au lieu de prendre l'organisation animale à son plus grand état de simplicité, et de la suivre ensuite dans ses complications successives, on l'observe chez un vertébré supérieur au moment oli la nature en ébauche les premiers linéaments, c'est encore sous le même aspect qu'elle se présente. Trois couches, ou plutôt trois feuillets superposés , un feuillet cutané, un feuillet muqueux et un feuillet intermédiaire ou vasculaire : tels sont les éléments qui constituent à leur point de départ les organisations les plus complexes. Et de même que ces tr.ois feuillets se modifient et se compliquent jusqu'à l'infini, en remontant la série animale, de même ils se modifient et se compliquent lorsqu'on remonte la série des âges.
Soit qu'on considère l'organisation à son état le plus simple, soit qu'on la considère à son état le plus compliqué, on la trouve donc invariablement composée de trois plans d'organes à chacun desquels a été dévolue une destination différente.
Le plan ou tégument externe, jeté aux dernières limites du monde organique, l'entoure, le protège et établit ses rapports avec tout ce qui l'entoure ; il a pour attribut essentiel les organes des sens.
Le plan ou tégument interne, refoulé au centre de l'économie, préside à la vie de l'individu et à celle de l'espèce : à la vie de l'individu par les organes de la digestion, de la respiration et de la sécrétion urinaire ; à celle de l'espèce par les organes de la génération et de l'allaitement.