‹ Manuel d'anatomie descriptive et de préparations anatomiques (volume 2)Chapitre 78 sur 133 · DES GLANDES EX GENERAL · texte numérisé non relu

DES GLANDES EX GENERAL

Nous avons vu que les membranes tégumentaires, dont l'étendue est d'abord égale à celle du corps, s'accroissent à mesure que l'organisation se complique, et que cet accroissement a lieu tantôt à l'aide de replis qui affectent la forme de prolongements, tantôt à l'aide de dépressions qui deviennent l'origine d'autant de cavités ouvertes à leur surface : c'est à ces cavités, en communication constante ou intermittente avec la peau et les muqueuses, sur lesciuelles elles déversent un produit extrait de la masse sanguine, qu'on a donné le nom de glandes.

Toute glande a donc pour attributs essentiels : 1° des parois douées de la propriété de séparer du sang un produit particulier; 2° un orifice ou canal qui transmet celui-ci au debors. L'acte par lequel ce produit est séparé de la masse sanguine constitue le pbénomène de la sécrétion ; celui par lequel il est versé au debors constitue le pbénomène de l'excrétion : de là il suit qu'une glande considérée dans l'exercice de ses fonctions peut être définie un organe à la fois sécréteur et excréteur.

Parle premier de leurs attributs, c'est-à-dire par leur partie sécrétante, les glandes se rapprocbent d'un assez grand nombre d'organes avec lesquels elles ont été trop longtemps confondues :

Telles sont les aréoles du tissu cellulaire, dont les parois représentent autant de cavités qui séparent du sang la sérosité et la graisse ;

Telles sont les séreuses splancbniques, articulaires, tendineuses, etc., qui exhalent un fluide destiné à lubrifier leur surface ;

Tels sont, mais sur un plan déjà plus éloigné, le corps thyroïde, le thymus, la rate et les capsules surrénales, viscères remarquables à la fois, et par la multiplicité des vaisseaux qu'ils reçoivent, d'où le nom de ganglions vasculaires qui leur a été donné, et par les espaces celluleux dont ils sont creusés à l'intérieur, espaces dans lesquels se dépose aussi une humeur spéciale;

Tels sont les poumons, vaste agglomération de cellules ouvertes sur le tégument interne et dégageant chacune du sang qui traverse leurs parois de la vapeur d'eau et de l'acide carbonique ;

Tels seraient même, suivant quelques auteurs, la plupart de nos oi'ganes, qui puisent dans le torrent circulatoire des éléments réparateurs, et qui semblent ainsi se nourrir en vertu d'une sorte de sécrétion.

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Mais en se rapprochant de ces divers organes par le premier de leurs attributs, la faculté de séparer du sang certains principes dont elles forment un produit nouveau, les glandes s'en distinguent d'une manière essentielle par le second, la faculté de transmettre ce produit au dehors, puisque celles-ci sont pourvues d'un appareil excréteur, et que ceux-ci au contraire en sont dépourvus. Cette différence n'avait pas échappé aux premiers anatomistes qui se sont occupes de l'étude générale des glandes ; et, pour montrer le degré d'imporlance qu'ils lui attachaient, ils la prirent pour base de leur célèbre distinction des organes glanduleux en glandes véritables et glandes fausses. Une semblable distinction a pu être acceptée à l'époque où la structure des glandes était peu connue, et où l'on admettait que les cavités sécrétantes se continuent à leur extrémité avec la terminaison des artères. Toutes les glandes formaient alors autant d'annexés de l'appareil circulatoire : lorsque le produit sécrété s'écoulait au dehors, on avait une vraie glande; lorsqu'il rentrait dans le torrent delà circulation par les mêmes voies qu'il avait prises pour en sortir, on avait encore une glande, mais une glande imperforée, une glande incomplète, imparfaite, en un mot une fausse glande. Ainsi raisonnait Ruysch, qui invoquait en faveur de cette opinion: d'une part, la facilité avec laquelle les matières injectées dans les artères passent dans les conduits excréteurs; de l'autre, le résultat de ses injections, à l'aide desquelles il croyait transformer toutes les glandes en organes exclusivement vasculaires. Mais aujourd'hui nous savons :

1" Que dans une injection heureuse, on peut distendre les vaisseaux d'une glande au point de voiler tons ses autres éléments, qui semblent alors disparaître, bien cependant qu'ils ne cessent pas d'exister ;

2" Que lorsque cette distension des vaisseaux sanguins est portée trop loin, elle entraîne assez fréquemment des ruptures, qui peuvent être suivies du passage de la matière injectée dans les canaux excréteurs;

Z^ Que les injections passent aussi (luelquefois sans rupture dans ces canaux, lorsqu'elles ont de l'affinité pour nos organes, telles que l'eau, la gélatine, etc., ou bien encore lorsqu'elles sont très pénétrantes et poussées avec une force longtemps soutenue; mais alors elles s'échappent à travers les porosités vasculaires pour s'infiltrer indifféremment dans tous nos tissus : d'où il suit que ce passage, si souvent invoqué par l'école de Ruysch, est un résultat toujours artificiel et purement mécanique ;

4° Nous savons enfin que les artères ne s'ouvrent nulle part par des orifices béants et que les principes qui se dégagent du courant sanguin s'échappent constamment aussi à travers les porosités de leurs parois.

Les canaux sécréteurs ne se continuant pas à leur origine avec l'extrémité terminale des artères, et ne présentant d'autre orifice que celui par lequel ils s'ouvrent à la surface des membranes tégumentaires, on voit qu'une glande réduite à son expression la plus simple peut être définie encore, avec Malpighi : membranula cava cum emissario.

Les faits invoqués pour justifier l'ancienne classification des glandes étaient donc erronés. Néanmoins cette classification prévalut; et aujourd'hui où les recherches modernes, et particulièrement celles de Midler, sont venues ajouter une nouvelle valeur aux objections dirigées contre elle par Malpighi et Boerhaave, elle compte encore de nombreux par-

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tisans. Comme les anatomistes et les physiologistes qui tenteraient de la défendre ne pourraient plus s'appuyer que sur les analogies qu'on s'est efforcé d'établir depuis cette époque entre les fausses et les véritables glandes, examinons ces analogies et voyons si elles sont en effet fondées, ou si elles ne sont pas abusives.

Le produit que les organes véritablement glandulaires séparent du sang est destiné à jouer un rôle dans l'accomplissement de quelque fonction plus ou moins indépendante de l'acte qui préside à cette séparation : ainsi la salive, la bile, le liquide pancréatique, etc., sont formés et versés au dehors pour servir à la digestion ; l'urine est sécrétée pour restituer au sang sa pureté primitive et lui permettre de servir ensuite à la nutrition générale ; le sperme est élaboré pour servir à la fécondation des ovules, etc. La sérosité qui humecte les mailles du tissu cellulaire et celle qui s'étale à la surface des membranes séreuses est-elle destinée à jouer un rôle analogue? Nullement; elle n'est utile qu'aux lames, lamelles et membranes qui la séparent du sang ; sa séparation, qui semble s'effectuer par un mécanisme plus simple que celui de la sécrétion, et qui en a été distinguée en effet sous le nom d'exhalation, constitue beaucoup moins une fonction qu'une propriété commune à toutes les surfaces exhalantes, et une propriété si essentielle qu'elle devient pour ces surfaces une condition d'existence. Les séreuses splanchniques, les synoviales, les gaines tendineuses ne sauraient cesser d'exhaler sans cesser d'exister; car si leurs parois cessent d'être lubrifiées, celles-ci s'unissent bientôt mutuellement et disparaissent par le fait même de cette adhésion.

Quant à la graisse, elle ne saurait être considérée comme un produit séparé du sang parles aréoles du tissu cellulaire, puisqu'on la retrouve dans le canal médullaire des os qui, suivant les recherches de MM. Gosselin et Regnauld, ne renferme aucune trace de ce tissu, cl dans les canalicules osseux, qui n'en présentent évidemment aucun vestige ; elle s'échappe directement à travers les parois des artères, en vertu d'une sorte de filtration ou de transsudation , et sans Tintermédiaire d'aucun organe sécréteur, à moins qu'on ne donne ce nom aux parois des artères, ce qui serait vouloir tout confondre. C'est à tort par conséquent que le tissu cellulaire et toutes les membranes exhalantes ont été comparés aux glandes, puisque ces dernières représentent autant de petits laboratoires placés par la nature sur le trajet du courant sanguin, afin d'en extraire certains produits qu'elle utilise ensuite pour la réalisation de ses vues ultérieures, tandis qtie les surfaces exhalantes ne séparent du même courant que ce qui est nécessaire à leur existence ; puisque la sécrétion, en un mot, est une fonction annexée à une autre fonction plus importante, et l'exhalation une simple propriété inhérente à ces surfaces. Retranchons donc le tissu cellulaire et toutes les membranes exhalantes de la classe des glandes, et cessons de leur donner ce titre de fausses glandes qui n'est propre qu'à rappeler une fausse analogie.

Ces considérations sont aussi applicables aux ganglions vasculaires : une humeur spéciale s'épanche dans les cellules creusées à l'intérieur de ces organes, y séjourne quelque temps, puis traverse de nouveau les parois des mêmes cellules pour rentrer dans le torrent de la circulation. Est-ce là en effet un phénomène que nous puissions comparer aux véritables sécré-

lions, c'est-à-dire à ce travail élaborateur qui n'est en quelque sorte que le prélude d'une autre fonction, et qui fait de toutes les glandes autant d'annexés de tel ou tel appareil? Il n'est pas impossible sans doute que la séparation du liquide qui s'infiltre dans les ganglions vasciilaires ait pour but d'associer l'action de ces organes k celle de quelque organe voisin ou éloigné, comme la séparation de la salive, de la bile, du suc pancréatique associe l'action des glandes salivaires, du foie, du pancréas à l'action des organes digestifs; coninie la séparation du lait associe l'action de la glande mammaire à celle de l'appareil reproducteur, etc.: mais rien ne démontre qu'il en soit ainsi. Et comme une analogie ne saurait être établie sur une simple hypothèse; comme, d'une autre part, la formation du liquide qui s'épanclie dans les interstices des ganglions vasculaires se présente à nous sous des conditions à peu près semblables à celles ([ui président à l'exhalation de la sérosité, de la synovie et de la graisse, nous sommes en droit de conclure qu'il s'agit ici encore non d'une fonction, mais d'une simple propriété attachée à la nature ou au mode de constitution de ces ganglions, qui dès lors doivent être rejetés définitivement de la classe des glandes.

Passons aux poumons. Les auteurs qui aiment à poursuivre le fil d'une analogie dans tous ses détours et jusqu'à ses dernières limites, se sont complu à voir dans les cellules pulmonaires autant de cavités sécrétoires, dans les canaux bronchiques autant de conduits excréteurs, dans la vapeur d'eau et l'acide carbonique qu'emporte chaque mouvement d'expiration un produit séparé du sang pour le purifier ; d'où il suit que ces organes seraient tout à fait analogues aux reins, c'est-k-dire de véritables glandes. Mais pour arriver à l'exactitude dans un parallèle, il ne faut pas se préoccuper seulement des analogies, il faut tenir compte aussi des différences ; car si les premières portent sur des points secondaires, et les secondes sur des points essentiels, les deux termes comparés, loin d'être déclarés analogues, devront être déclarés dissemblables : c'est ce qui a lieu pour les poumons, qui ont en effet pour fonction beaucoup moins d'exhaler de la vapeur d'eau et de l'acide carbonique, phénomène accessoire, pour lequel ils pourraient être suppléés pav d'autres organes , que d'absorber l'oxygène, c'est-à-dire de transformer le sang noir en sang rouge, phénomène capital qui fait de la respiration une fonction essentiellement distincte de toutes les autres, et des organes de l'hématose des organes sans analogues dans l'économie.

Les physiologistes qui ont vu dans la nutrition un phénomène comparable aux sécrétions ont été moins heureux encore ; ils n'avaient même pas des apparences à invoquer pour justifier un semblable rapprochement. Tout organe sécréteur se présente à nous sous l'aspect d'une cavité dont les parois sont humectées d'une humeur quelconque. Où se trouve ici la cavité sécrétante? Où séjourne le produit sécrété? Mais, dira-t-on, l'acte en vertu duquel nos organes s'emparent d'une partie du sang pour l'assimiler à leur propre substance est un phénomène du même ordre que celui de la sécrétion , car dans les deux cas il y a séparation et transformation d'une partie du sang. Je réponds :

1° Que la séparation et la transformation d'une partie du sang ne sauraient suffire pour faire admettre un organe dans la classe des glandes,

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puisque le tissu cellulaire, les membranes exhalantes et les ganglions vasculaires, qui jouissent de ce double privilège, ont dû êtie rejetés néanmoins de cette classe ;

2" Que dans les poumons il y a aussi séparation d'une partie du sang et transformation de l'autre, et que nous avons dû cependant considérer la respiration comme une fonction sans analogue;

3° Qu'il n'y a pas ici une simple transformation du sang, mais une assimilation, phénomène qui constitue en quelque sorte l'essence môme de la vie, et qui doit aussi nous faire envisager la nutrition comme une fonction à part.

Les phénomènes qui se passent dans la trame de nos tissus, au moment ovi ils assimilent une partie du sang à leur propre subtance , ne diffèrent donc pas moins de la véritable sécrétion que ceux qui s'accomplissent dans les mailles du tissu cellulaire, à la surface des séreuses et dans l'intérieur des ganglions vasculaires. — Concluons, en conséquence, que les glandes ne sauraient être divisées en complètes et incomplèles, parfaites et imparfaites, et que les organes à la fois sécréteurs et excréteurs sont les seuls auxquels cette dénomination puisse convenir.

En 1844, M. Lacauchie a été conduit par ses études hydrotomiques à une autre classification des glandes. Cet auteur, considérant avec tous les anatomistes que le but de la nature, en donnant aux glandes une forme excavée, est de multiplier l'étendue de leur surface, et que cette multiplication de surface peut être obtenue non seulement par la dépression, mais aussi par le repli en saillie des membranes auxquelles elles sont annexées, pensa que ces organes pouvaient être divisés, d'après leur mode de développement, en deux classes : l'une, composée de toutes les glandes qui se forment par dépression ^ l'autre, de toutes celles qui se forment par projection. Les glandes de la première classe sont constamment munies d'un appareil excréteur; celles de la seconde en sont toujours dépourvues, et il ne saurait en être autrement, puisqu'en les ramenant à leur type le plus simple, elles ne seraient autre chose qu'un follicule retourné. Ces dernières se présentent sous trois formes principales : la frange, le mamelon et la lamelle. On les retrouve, suivant M. Lacauchie, sous l'une ou l'autre de ces formes, à la surface interne de toutes les séreuses splanchniques, de toutes les synoviales, de toutes les gaines tendineuses. Annexées à ces membranes, elles seraient exclusivement chargées de sécréter le liquide qui les humecte; Texhalation, considérée jusqu'à présent comme unepropriété uniformément répartie sur toute l'étendue des membranes exhalantes, serait concentrée, par conséquent, sur certains points sculem.ent, sur les points repliés en saillie, lesquels représenteraient autant de glandes séreuses ou synoviales.

Je reconnais tout ce qu'il y a d'ingénieux dans cette nouvelle manière d'envisager l'exhalation. J'accorde à M. Lacauchie que ces replis disposés en saillie à la surface d'un grand nombre de membranes exhalantes ont en effet pour destination d'accroître leur étendue, et par conséquent l'activité de leur pouvoir exhalant. Mais je ne puis concéder qu'ils soient exclusivement chargés du soin de préparer la sérosité et la graisse ; car rien ne démontre qu'il en soit ainsi. Les bourses séreuses sous-cutanées, qu'on peut considérer comme le type le plus simple de toutes les membranes

séreuses, ne présentent pour la plupart aucun repli faisant saillie h leur surface interne, qui cependant est humectée comme celle de l'arachnoïde, du péritoine et des synoviales les plus compliquées. Il en est de même des aréoles du tissu cellulaire et des kystes séreux qui prennent naissance dans ce tissu ou sur d'autres parties du corps. J'ajoute que, si nous admettions sur un simple raisonnement que les replis faisant saillie à la surface interne des membranes séreuses constituent autant de glandes, pour être logiques, nous devrions considérer aussi comme tels les replis qui font saillie à la surface libre de la peau et des muqueuses ; dès lors les valvules conniventes, les villosités, etc., etc., devraient être rangées également au nombre des organes sécréteurs, et nous arriverions ainsi à confondre dans la même classe les organes de la nature la plus opposée. Je crois donc devoir repousser encore cette nouvelle classification, à peu près par les mêmes motifs que j'ai repoussé l'ancienne, c'est-à-dire comme basée sur des vues trop spéculatives et peu en harmonie avec les données les plus générales de l'observation.

Après avoir défini les glandes et rejeté de cette classe d'organes tous ceux qui n'y avaient été admis que sur la foi d'une fausse analogie, il nous reste à étudier les divers modes de conformation qu'elles affectent à leur état le plus simple et les modifications que subit chacun de ces modes à mesure qu'il se complique.

Dans une leçon extrêmement remarquable par laquelle il terminait son cours officiel, en 1852, M. le professeur Denonvilliers, retraçant l'histoire générale des glandes, démontrait à ses nombreux auditeurs que tous ces organes peuvent être rapportés à trois formes élémentaires, qui se compliquent peu à peu, mais qui, au milieu de leur complication les plus variées, conservent toujours le caractère de leur configuration primitive. Ces trois formes élémentaires, on plutôt ces trois types générateurs de toutes les glandes sont : le tube, Vulricule et la vésicule.

Pour arriver à construire sur ces trois types le vaste appareil des sécrétions, la nature n'a mis en usage qu'un seul procédé, l'agrandissement indéfini des surfaces sécrétoires: mais cet agrandissement a été réalisé différemment pour chacun d'eux.

Les glandes à forme tubuleuse sont d'abord de simples conduits perpendiculaires aux surfaces tégumentaires, dont ils ne dépassent pas l'épaisseur. — Puis ces conduits s'allongent, et pour ne pas trop s'éloigner des surfaces auxquelles ils sont annexés, ils s'enroulent sur eux-mêmes à une de leurs extrémités. — Dans les glandes plus compliquées, on les voit non seulement s'allonger, mais se subdiviser en plusieurs tubes secondaires, qui sont aussi plus ou moins enroulés et pelotonnés sur eux-mêmes. — Enfin, à leur état le plus complexe ils s'allongent, se ramifient, se pelotonnent et en outre celle de leur partie qui joue le rôle de canal excréteur se renfle en réservoir sur un point de son trajet.

Les glandes qui affectent la forme d'une utricule se présentent, à leur état le plus élémentaire, sous l'aspect d'une petite excavation ouverte à la surface des téguments. — Celles qui sont moins simples, sous l'aspect d'excavations multiples ouvei'tes dans une cavité centrale qui reçoit le produit sécrété et le verse au dehors. — Celles qui sont plus compliquées, sous l'aspect d'excavations multiples ouvertes dans une excavation commune

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qui s'allonge et se réunit à d'autres conduits nés de la même manière, pour former une sorte de grappes dont le pédicule répond à la peau ou aux membranes muqueuses. — Les plus compliquées enfin, sous l'aspect d'une grappe semblable, dont le pédicule ou le conduit excréteur se renfle en réservoir avant de s'ouvrir sur les téguments.

Les glandes qui ont pour type la vésicule se comportent à peu près comme les précédentes, dans la série de complications qu'elles nous offrent.— Celles du degré le plus inférieur ¥ont situées dans l'épaisseur des parois du tégument interne sur lequel elles s'ouvrent par un orifice permanent ou seulement temporaire. — Celles d'un degré plus élevé ne s'ouvrent pas directement sur les membranes muqueuses, mais dans un conduit qui communique avec la surface de ces membranes. — Celles d'un degré plus complexe s'ouvrent dans un conduit qui communique aussi avec le tégument interne, mais qui de simple qu'il était devient rameux. — Enfin les plus compliquées s'ouvrent dans un conduit simple ou ramifié muni d'un réservoir.

En jetant un coup d'œil sur les complications propres à chacun de ces types générateurs, on voit : que le type tubuliforme se complique par l'allongement et la ramescence des tubes, le type utriculiforme par la muUiplication des utricules, le type vésiculiforme par la multiplication des vésicules, et qu'en se compliquant ainsi les glandes s'éloignent de plus en plus des membranes tégumentaires, de telle sorte cpie les produits déposés par elles à la surface de ces membranes y arrivent d'abord par un orifice, puis par un canal, puis par un canal plus ou moins ramifié, et enfin par un canal ramifié et renflé en réservoir sur un point de son trajet. Il suit de cette disposition qu'on peut diviser toutes les glandes en trois classes :

1° En celles qui ont pour appareil excréteur un simple orifice;

2° En celles qui ont pour appareil excréteur un conduit sans ramifications;

3° En celles qui ont pour appareil excréteur un conduit ramifié. Ces dernières pourraient être subdivisées en celles qui sont pourvues d'un réservoir et celles qui en sont dépourvues. Mais nous verrons que cette distinction n'offre pas l'importance que quelques auteurs lui ont attachée.

Les glandes de la première classe ne présentent aucune disposition lobulée. — Celles de la seconde affectent une disposition lobulée rudimentaire. — Celles de la troisième une disposition lobulée parfaite. Nous étudierons successivement ces trois classes de glandes.

A. Glandes qui s'ouvrent à la surface des memhi ânes le'gnmentaires par un simple oiifice.

Ces glandes sont très abondamment répandues dans l'économie. Elles revêtent, ainsi que nous l'avons vu, trois formes principales : celles de tubes, d'utricules et de vésicules.

Les glandes iuhuleuses simples, plus généralement connues aujourd'hui sous le nom de glandes en tubes, sont extrêmement multipliées; leur nombre s'élève certainement à plusieurs centaines de mille. C'est dans la membrane muqueuse de l'estomac et du canal intestinal qu'on les observe. Perpendiculaires à cette membrane et parallèles entre elles par con-

séqucnt, elles se juxtaposent à la manière de tuyaux d'orgues. — Leur cxtrcinité profonde ne dépasse pas la face adhérente de la nniqueiise. — Leur extrémilé libre, béante à la surface interne des voies digestives, peut être assez facilement aperçue sur le gros intestin, mais très difficilement sur l'intestin grêle et l'estomac où elle se trouve comme voilée par la présence des villosités, — La longuein- de ces tubes est égale à l'épaisseur de la membrane qu'ils occupent, et comme cette épaisseur varie, il en résulte que ceux-ci varient aussi dans les différentes régions : ils sont longs et grêles à l'estomac, un peu moins longs et moins grêles dans l'intestin grêle, courts et plus gros dans le gros intestin. — Tons présentent une structure analogue à celle de la membrane dont ils dépendent. L'épithélium cylindrique qui revêt celle-ci tapisse aussi leurs parois.

Ces glandes ont été aperçues en 174 5 par Lieberkuhn dont elles portent encore le nom. Mais elles avaient été signalées et mieux décrites quelques années auparavant, en 1 737, par Galeati, dans un mémoire ayant pour titre De cribriformi iniesiînorum tunica, mémoire mentionné un peu brièvement par Kallcr et auquel 31. Lacaucliie, en 1844, a su restituer toute son importance. En publiant les résultats de ses études liydrotomiqnes, ce dernier anatomiste a contribué en outre d'une manière directe à compléter leur description.

Les glandes qui affectent la forme d'utricnles appartiennent plus spécialement au tégument interne ; on les désigne généralement sous la dénomination de follicules.

Les plus manifestes sont celles qu'on observe dans le canal intestinal où elles sont assez multipliées, bien que leur nombre cependant reste toujours très inférieur à celui des glandes en tubes. Elles sont placées çà et là dans l'intervalle de ces dernières dont elles diffèrent non seulement par leur forme, mais par leur orifice qui est plus large et par leur longueur qui est plus considérable, de telle sorte que leur extrémité profonde dépasse la face adhérente de la membrane muqueuse pour se creuser dans la lame cellulofibreuse sous-jacente une sorte de cupule.

Ces glandes présentent des parois beaucoup plus épaisses que les précédentes.

Les glandes vésiculeuses simples n'existent qu'en petit nombre chez l'homme. C'est surtout chez les animaux, et plus particulièrement dans certaines espèces animales d'un ordre inférieur, qu'on les observe. — Elles sont de deux espèces : les unes se trouvent en communication permanente avec les membranes tégumentaires, et les autres en communication temporaire ou intermittente.

Les glandes vésiculeuses qui restent en communication permanente avec les téguments présentent un orifice si étroit qu'il n'est pas toujours visible même avec le secours d'un instrument grossissant; aussi a-t-il été nié par un grand nombre d'anatouîistes qui ont comparé ces glandes à de petites sphères imperforées, d'où le nom de follicules clos sous lequel elles ont été et sont encore désignées par quelques uns d'entre eux. A cette classe de glandes se rattachent :

1° Les petites vésicules qui occupent le col de la matrice ; leur orifice, très bien observé par MM. Kobin et Lnna, s'oblitère souvent ; dans ce cas.

sl'LANCHNOLOulE. 43 I

If iiiiuiilé qu'elles sécrèleiit s'accumule dans leur caviti? ; elles se tlilatent alors, et, ainsi dilatées, elles se présentent sous l'aspect d'un petit Kyste improprement appelé œuf de Xaboth.

•2« Celles qui sont le siège spécial des ulcérations de l'intestin grêle dans la fièvre typhoïde et qui portent le nom de glandes de Peyev. Quelques unes sont isolées. La plupart se rapprochent pour former des groupes ou plaipics plus ou moins étendues. C'est constamiuent vers le bord libre de l'intestin qu'on les rencontre. Vues par transparence, elles représentent autant de petites sphères qui sont imperforces, suivant Bœhin et M, Robin, et qui communiqueraient au contraire avec l'intestin, d'après Haller, Krause, M. Tonnelé, etc.; selon M. Lacauchie, ces vésicules s'ouvriraient dans l'intestin par un large orifice dans lequel il serait facile d'introduire la pointe d'une aiguille. M. le professeur Bérard a voulu voir cet orifice, et il n'a pu y parvenir ; j'ai fait aussi plusieurs tentatives et je n'ai pas été plus heureux : les recherches sur ce point sont donc très dissidentes. Néanmoins les lois de l'analogie nous permettent de considérer comme vraisemblable la communication des glandes de Peyer avec la cavité intestinale.

Les glandes vésiculeuses dont la communication avec les téguments est intermittente sont de simples espaces celluleux ou de véritables cellules qui s'emplissent peu à peu du produit de leur sécrétion et se rompent ensuite pour le déposer au dehoi-s. — C'est sous cette forme que le foie, l'ovaire, etc., se présentent chez un grand nombre d'animaux.

L'estomac des zoaniha'ires, l'estomac et une partie de l'intestin des bryozoaires, tout le canal intestinal chez la plupart Aesannelides, sont recouverts à leur face interne de cellules qui se crèvent pour laisser échapper un liquide coloré en vert ou en brun analogue à la bile.

Les œufs des araclmides d'après Treviranus, ceux des scolopendres d'après Strauss, ceux de Vc'crevisse et des céphalopodes d'après Rathke, etc. , se forment au-dessous de la muqueuse qui correspond à l'ovaire, soulèvent cette membrane et s'en forment une sorte de pédicule qui finit par se rompre, en sorte qu'ils peuvent alors se déplacer et arriver librement au dehors.

Dans plusieurs poissons cartilagineux, l'anguille, la lamproie, la raie, etc., le testicule se compose également de cellules closes qui laissent échapper le sperme par déhiscence.

B. Glandes qui s'ouvrent à la surface dos membranes tégumeutaiies par un conJr.it non ramifie'.

C'est dans les glandes de cette classe qu'on voit apparaître la ligne de démarcation tracée par la nature , en caractères de plus en plus accusés, entre la partie qui sécrète et celle qui excrète : tout ce qui se trouve audessous de cette ligne appartient à la partie active ou sécrétante de la glande qui perd sa forme en cul-de-sac pour revêtir une disposition lobulée rudimentaire ; tout ce qui se trouve au-dessus appartient à la partie excrétante qui seule occupe encore l'épaisseur des téguments et qui présente une direction tantôt rectiligne, tantôt (lexueuse. Uu reste, l'apparition de cette ligne et les modifications qui l'accompagnent ne s'opèrent pas dans des conditions tout à fait identiques pour les trois espèces de glandes*

43^2 ÀNATOMIK.

Dans les glandes Uibaleuses le tnbe s'allonge, et lursin'il est parvenu au-dessous des téguments, il se roule en peloton ; ce peloton, qui est plus ou moins volumineux, représente une sorte de lobe spécialement destiné à la sécrétion ; le canal qui en part pour aller s'ouvrir à la surface des téguments constitue le conduit excréteur :

Ainsi se comportent chez l'homme les glandes qui sécrètent la sueur et celles qui sécrètent le cérumen ;

Ainsi sont constituées ces glandes dont un grand nombre d'insectes et plusieurs arachnides filent le produit pour s'en construire une habitation ou pour dresser un piège ;

Tels sont encore les testicules chez l'ascaride lombricoïde et les ovaires chez quelques insectes et quelques crustacés inférieurs, etc., etc.

Dans les glandes utriculiformes la séparation entre la partie qui sécrète et celle qui excrète s'effectue par un autre procédé : l'utricule primitive se déprime sur plusieurs points et donne ainsi naissance à des utricules secondaires ou périphériques qui jouent le rôle d'organes sécréteurs, tandis que l'utricule centrale se transforme en conduit excréteur. Vues extérieurement, les glandes qui offrent ce mode de conformation paraissent surmontées de prolongements qui leur donnent l'aspect de petites grappes et qu'on peut considérer comme les rudiments d'autant de lobules. — A cette classe de glandes se rattachent : 1» la plupart des follicules sébacés ; 2" les follicules qui entourent la base du mamelon et qui s'hypertrophient vers la fin de la grossesse ; 3° les follicules qui forment la caroncule lacrymale ; 4° les deux ainygdales ; 5° les glandes en grappes observées par quelques auteurs dans l'estomac, au voisinage du pylore; 6" cet amas de gros follicules, situé audessus du coccyx chez les oiseaux, et particulièrement chez les palmipèdes qui en extraient l'huile dont ils se servent pour lustrer leurs plumes, etc.

Dans les glandes vésiculeuses c'est une modification analogue qu'on observe : à la cellule arrondie ouverte sur les téguments par un orifice plus ou moins étroit permanent ou temporaire, se substitue une cellule allongée, c'est-à-dire un tube plus largement ouvert et portant sur toute sa périphérie d'autres cellules qui versent dans la cellule commune le produit de leur sécrétion :

Telle est la disposition que présente le foie dans les échinodernies et un grand nombre d'invertébrés ;

Telle est aussi, d'après les recherches de Millier, la forme que revêt le testicule chez plusieurs insectes.

Les lobules rudimentaires que présentent ces trois classes de glandes sont entourés d'une couche de tissu cellulaire dont l'épaisseur et la densité varient beaucoup. Ce tissu est en général peu abondant et peu dense autour des glandes tubuleuses, de sorte que le conduit pelotonné qui forme leur lobule peut être assez facilement déroulé. Il est un peu plus dense sur la surface des glandes en grappes dont il masque le plus souvent les saillies extérieures. Celui qui enveloppe les glandes vésiculeuses est variable suivant les espèces animales. — Dans toutes ce tissu est parcouru par des capillaires sanguins dans lesquels elles puisent les éléments de leur nutrition et ceux de leur sécrétion.

Sl'LANCUNULOGlK. 433

C, Glandes (jtti s'ouvreul à lii sui fuce des membi i.ues Icgumeuliiii es p.ii- un condiiil escréleur raiiiifie, on glaudes coiiglomci ucs.

Toutes les glandes qui ont pour appareil excréteur un conduit ramifié possèdent pour appareil sécréteur des lobules isolés et indépendants les uns des autres.

Le nomln-e de ces lobules est toujours en raison directe de celui des ramifications du conduit excréteur. Si celui-ci se partage seulement en un certain nombre de branches, les lobules, alors peu nuiltipliés, sont espacés et plus ou moins arrondis. Mais que ces brandies se divisent en rameaux, que ces rameaux se subdivisent à leur tour, et que ces divisions de troisième ordre deviennent elles-mêmes le point de départ de divisions de plus en plus ténues, et les lobules dont le nombre s'accroîtra proportionnellement se rapprocheront en formant autant de groupes à volume progressivement décroissant. — Ces groupes se distinguent par conséquent comme les divisions auxquelles ils se rattachent en ceux du premier, du second, du troisième ordre, etc. Ceux du premier ordre, c'est-à-dire l'ensemble des lobules appendus à une môme branche ont reçu le nom de lohes ; ceux du second, du troisième ordre, constituent les lobes secondaires, tertiaires, etc. Les lobules suspendus aux dernières ramifications des conduits excréteurs représentent les acini de Malpighi, les granulations ou grains glanduleux de la plupart des auteurs modernes.

Le mode de ramification des conduits excréteurs est du reste très variable : tantôt ils se divisent dichotomiquement à la manière des artères; tantôt ils fournissent par les divers points de leur périphérie un nombre indétermiué de divisions qui s'écartent en rayonnant dans tous les sens ; quelques uns donnent naissance à des ramifications q\ii se détachent à droile et à gauche de points diamétralement opposés, ou bien d'un côté seulement, en sorte qu'ils revêtent alors une disposition penniforme ou semi-penniforme : d'autres n'éuiettent aucune branche dans leur trajet et se partagent seulement à leur extrémité profonde en rameaux et ramuscules qui forment une sorte de pinceau ; d'autres réunissent deux ou plusieurs de ces modes de ramification ; d'autres enfin affectent dans leur ramescence quelque disposition plus ou moins exceptionnelle.

Considérées dans leur structure, ces glandes nous présentent à étudier s une membrane muqueuse qui tapisse leur cavité,' une membrane cellulofibreuse, quelques fibres musculaires, des artères, des veines, des nerfs, des vaisseaux lymphatiques et du tissu cellulaire.

La membrane muqueuse, bien qu'elle soit une dépendance des membranes tégumentaires, en diffère cependant sous plusieurs rapports ; elle est plus mince, plus pâle, et ne présente ni papilles, ni villosités, ni glandules. Un épithélium la revêt sur toute son étendue; la forme, les dimensions, l'arrangement des cellules qui composent cet épithélium, varient pour chaque glande. Au niveau des acini ou culs-de-sac glandulaires, la membrane muqueuse, devenue de plus en plus mince, n'est plus constituée que par sa couche épithéliale.

La couche cellulo-fibreuse entoure la précédente. Sur quelques glaudes elle offre une assez grande laxité ; sur d'autres elle se montre plus ou moins II. 37

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dense. Le tissu qui la cûnstUuô est iloiié d'une clasliciié constante, mais variable. C'est ce tissu fibreux ciasUiiue qui préside à l'écoulement des produits de sécrétion; les glandes Un sont redevables par consé(iuent de la conservation de leur forme et de leur volume qui s'altéreraient proniptemcnt par l'accumulation des liquides dans leur cavité, si en présence des causes nombreuses qui peuvent amener une semblable accunudation, la nature n'avait placé une force toujours prête à réagir sur ces mêmes liquides pour les diriger de leur source vers leur embouclmre.

On peut facilement déterminer le degré d'élasticité de la tunique cellulo-fibreuse propre à cliaque glande en adaptant à leur conduit excréteur l'extrémité d'un tube à injection lymphatique. Pour conduire le mercure jusqu'à l'extrémité terminale de ces conduits, il faut faire usage d'une colonne assez élevée, mais différente cependant pour chacun d'eux. Si après avoir rempli de celte manière toutes les divisions des canaux sécréteurs, on relire le tube, en conservant à ceux-ci une direction verticale, on voit aussitôt le métal reihier de bas en haut, les lobules se vider et le conduit excréteur lui-même se rétracter au point de perdre une partie notable de son calibre primitif. Cette réaction des voies sécrétoires et excrétoires sm- les li([uides qui les distendent est surtout remarquable dans certaines glandes ; sous ce point de vue on peut placer au premier rang la glande mammaire et la glande lacrymale; viennent ensuite les glandes salivairc, puis le foie et le pancréas, et enfin le rein et le testicule.

A l'origine des canaux sécrétoires, c'est-à-dire autour des culs-de-sac glandulaires, la membrane cellulo-fibreuse devient tout à fait transparente, d'un aspect homogène et un peu granuleux; mais elle n'offre plus ni fibres de tissu cellulaire, ni fibres élastiques. Sa paroi interne est tapissée par la couche épithéliale.

Sur les conduits excréteurs de quelques glandes on trouve en dehors de la tuniipie ccUulo-fibreuse des fibres musculaires lisses, circulairement disposées et formant une couche superposée à la précédente. Indépendamment de ces fibres circulaires contestées par quehpies anatomistcs, il en existerait d'autres longitudinalement dirigées, suivant plusieurs auteurs; mais l'existence de ces dernières n'est pas suffisannnent établie.

Les ariàrcs qui pénètrent dans les glandes à conduit ramifié sont en général remarquables par leur volume. Le plus souvent elles émanent de plusieurs sources: telles sont celles des glandes saiivaires, pancréatique, mammaires, etc. Leurs principales branches serpentent entre les lobes, leurs rameaux et leurs ramuscules entre les lobes secondaires. Leurs dernières divisions pénètrent dans l'épaisseur des lobules pour se perdre dans les parois des tubes, des utricules ou des vésicules qui constituent leur élément fondamental. Aucune de ces divisions ne s'ouvre dans les voies sécrétoires, ainsi que le pensaient Ruysch et ses nombreux partisans; toutes s'anastomosent entre elles pour former un vaste plexus capillaire dans leipiel chacpie organe glanduleux puise des principes différents, de telle sorte que le courant sanguin se modifie à chaque instant dans sa composition intime.

Les veines suivent ordinairement une direction parallèle à celle des artères ; mais dans un grand nombre de glandes elles s'en écartent fré-

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quemment. Dans quekiues unes elles affectent un trajet tout à fait indépendant : telle est la glande mammaire, tel est surtout le foie. — La plupart sont dépourvues de valvules, et celles <iu"on observe dans certaines veines glandulaires y sont incomplètes et toujours peii nomln-cuses, d'où il suit qu'il n'en est aucune qui ne puisse être injectée avec facilité par le niêu'.e [irocédé que les artères, c'cs'.-à-dire des troncs vers les rameaux.'

Les vaisseaux Iijmplialiqucs des glandes naissent de toute l'étendue des voies secrétoires et excrétoires de ces organes. Leur mode d'origine avait été peu étudié lorsque j'entrepris sur ce sujet une série de recherches dont j'ai communiqué, en 1852, les principaux iTsultats à l'Académie des sciences (j).

Les vaisseaux lymphatiques qui émanent des voies secrétoires, c'est-àà-dire des lobules ou grains glanduleux, prennent naissance sur les parois mêmes de la cavité creusée au centre de chacun de ces lobnles, par des radicules délices et toutes anastomosées entre elles. De ces anastomoses résulte un réseau délicat étalé à la surface interne de la membrane sécrétante et en contact presque immédiat avec le fluide sécrété.

Ce reseau interne, central, ou vnira-lobulaire, devient le point de départ d'un grand nombre de petits troncs qu'on voit se diriger du centre des lobules vers leur périphérie, en [taisant à travers les divisions des vaisseaux sanguins, et qui, parvenus à cette limite extrême, s'anastomosent à leur tour en se superposant et s'entrccroisant dans tous les sens pour constituer un second réseau.

Ce second réseau, que j'appellerai, par opposition au précédent, re'iefnf externe, pc'riphcrique ou circiinilobuLiire, échange, avec les réseaux correspondants des lobules voisins des branches anastomoliques extrêmement multipliées; d'où il suit (pie le système lymphatique propre à chaque glande n'est, en définitive, qu'un vaste plexus dan3 les mailles duquel les lobules ou éléments sécréteurs se trouvent comme déposés.

Les branches destinées à unir les réseaux périphériipies on branches interlobulaires sont l'origine de tous les troncs qui se dirigent vers la surface des glandes, et, de là, vers les ganglions.

Les vaisseaux lymphatiques qui naissent de la surface interne des canaux excréteurs se comportent comme ceiix qui partent de la cavité des lobnles. Après avoir formé aussi à leur origine un réseau interne à mailles très serrées, ils traversent de même l'cijaisseur de ces canaux pour aller constituer à leur surface externe un second plexus à mailles plus lai'ges.

Telle est la disposition la plus générale que nous présentent les vaisseaux lymphatiques des glandes à leur point de départ. Elle nous montre que, dans ces organes, l'élément absorbant se trouve partout en contact pres- (pie immédiat avec le produit sécrété. Il y a ainsi, sur toute surface sécrétoire, deux pouvoirs diamétralement opposés : un pouvoir élaboratenr qui tend sans cesse à séparer du sang certains principes, et un pouvoir absoil)ant qui tend sans cesse à s'emparer de ces principes pour les restituer au sang. De ces deux pouvoirs le second est d'autant plus développé que les produits sur lesquels il s'exerce sont une acquisition plus avantageuse pour l'appareil circulatoire : ainsi le lait, le sperme, qui ne sont, pour

(I) Voy. le complp rendu tle l;i =L';.uce du 2B juin.

ainsi dire, qu'un sacrifice de l'individu à l'espèce, coulent dans des canaux extrêmement riches en vaisseaux lymphatiques. Ces vaisseaux sont presque aussi nombreux sur les conduits hépali{iue, cystique et cholédoque; au seul aspect de cette multitude d'absorbants avec lesquels la bile se trouve dans un contact permanent , il est impossible de la considérer, avec quelques auteurs, comme un liquide purement excrémentitiel ; car si ce liquide n'est utile que par son élimination, pour.pioi la nature se serait-elle complu à multiplier autour de lui les voies qui lui permettent de rentrer dans le torrent circulatoire? L'urine ne trouve, dans les conduits qu'elle parcourt, qu'un très petit nombre de vaisseaux lymphatiques; la concentration progressive de ses principes excrémenliliels, lorsqu'elle séjourne dans la vessie, atteste suffisamment que ces vaisseaux sont destinés à s'emparer d'une partie de ses éléments aqueux pour les restituer au ?ang.

L'existence ignorée jusqu'à présent de tous ces vaisseaux intra et extralobulaires a été le point de départ d'une erreur d('jà ancienne, mais qui a pris de nos jours un grand développement : je veux parler des anastomoses qui s'établiraient à l'intérieur de queUiues glandes, selon la plupart des auteurs, entre les divisions des conduits sécréteurs. En 1760, Kœlpin le premier avança que la glande mammaire n'était qu'un plexus formé par l'anastomose de tous les conduits lactifères. — A une époque plus rapprochée de la nôtre, Lauth s'est attaché à démontrer que tous les conduits séminifères s'anastomosent à leur origine. — Mûller a tiré une conclusion semblable de ses recherches sur les conduits urinifères.— Et assez récemment M. Retzius a été conduit par ses injections à considérer le foie comme une agglomération de canalicules biliaires communiquant entre eux. Toutes ces opinions ont pour point de départ une commune erreur : les vaisseaux lymphatiques qui tapissent la cavité des glandes et ceux qui entourent la périphérie des globiUes ayant été méconnus dans leur nature, on les a pris pour des divisions de conduits sécréteurs; et, comme on les voyait s'anastomoser entre eux, on a conclu que tous ces conduits formaient un véritable plexus. Kœlpin, Lauth, Muiler, Retzius, Weber, et avec eux un grand nombre d'analomistes, se sont donc trompés, moins pour avoir mal observé que pour avoir mal interprété le fait soumis à leur observation. Une semblable méprise était d'autant plus facile, que les réseaux lymphatiques circumlobulaires naissent dans l'épaisseur des parois des conduits sécréteurs et se remplissent le plus souvent des divers liquides qu'on injecte dans la cavité de ceux-ci. Mais tous échappaient à l'erreur, si, au lieu d'employer dans leurs injections, soit des liquides solidifiables qui ne pénètrent que d'une manière incomplète dans les réseaux et les troncs lymphatiques, soit des liquides qui pénètrent par voie d'imbibition dans tous les lymphatiques d'un organe, mais qui ont l'inconvénient grand de s'infiltrer aussi dans tous ses autres éléments, ils eussent fait usage du mercure, qui passe facilement des conduits excréteurs de certaines glandes dans les réseaux absorbants intra et circumlobulaires, et de ceux-ci dans les troncs lymphatiques. C'est surtout dans le foie, que l'injection du canal excréteur par le mercure donne d'admirables résultats : en adaptant au canal cholédoque l'extrémité d'un tube à injection lymphatique, j'ai vu, dans l'espace de quelques minutes, tout le système absorbant du foie s'injecter ainsi que tous les troncs qui en partent. J'ai pu aussi, par le même procédé, injecter quelques uns des vaisseaux lymphatiques du sein et d»i pancréas.

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Des faits qui précèdent, je conclus que les canaux excréteurs des glandes, parvenus à leurs dernières divisions, ne s'anastomosent pas entre eux : constaraineut, ces canaux se terminent par des extrémités libres ou indépendantes les unes des autres. Le foie ne fait pas exception à cette loi d'indépendance : c'est une glande en grappe.et non une glande tubuleuse.

Les nerfs qui se distribuent aux glandes conglomérées sont nombreux. Les uns émanent du système cérébro-spinal, les autres du système nerveux ganglionnaire. — Les premiers viennent assez souvent de plusieurs troncs voisins ou éloignés et pénètrent dans l'épaisseur de la glande par divers points de sa périphérie. — Les seconds, ainsi que nous l'avons fait remarquer, s'appliquent aux artères, les entourent et partagent leur mode de distribution. Tous se terminent comme ces vaisseaux dans les parois des conduits sécréteurs.

En résumé, les glandes conglomérées possèdent un élément qui leur est pi'opre, c*est l'élément sécréteur configuré en tubes, en utricules ou en cellules, et des éléments qui leur sont communs à toutes, des artères, des veines , des lymphatiques, des nerfs et du tissu cellulaire. Ces éléments, communs ou accessoires, présentent de très grandes différences dans leur proportion; mais leur situation respective demeure invariable : constamment l'élément sécréteur occupe le plan le plus profond de chaque lobule; constamment le plexus des capillaires sanguins se superpose à ce premier plan en s'étendant dans son épaisseur; constamment les vaisseaux lymphatiques s'étalent à la fois au-dessous et audessus de ce plexus, de manière à correspondre aux deux surfaces opposées des lobules ; constamment aussi c'est à la surface convexe ou périphérique de ces lobules qu'on trouve l'élément celluleux qui sert en quelque sorte de substralum au réseau externe des vaisseaux absorbants, de même que l'élément propre ou membraneux sert de substratum au réseau interne.

Après avoir exposé les caractères communs k toutes les glandes conglomérées, il nous reste à faire connaître ceux qui appartiennent à chaque classe.

Les glandes conglomérées tubuleuses offrent un volume moins considérable que celui des glandes utriculiformes et une forme plus régulièrement arrondie. Leur canal excréteur est très long; elles s'éloignent beaucoup par conséquent des membranes tégumentaires sur lesquelles se déversent leurs produits. Le mode de ramescence de ce conduit diffère de celui qu'on observe dans les glandes des autres classes, et en outre il diffère pour chacune d'elles ; cependant à travers toutes les variétés qu'il présente, on retrouve toujours sous une forme plus ou moins distincte la disposition en pinceau, dont le rein nous offre l'image la plus parfaite. Le tissu cellulaire q\ii entoure toutes leurs divisions et leurs divers lobules est peu élasticiue ; à leur surface il se condense sous la forme d'un plan fibreux qui leur constitue une tunique très résistante.

Les glandes conglomérées utriculiformes ou glandes en grappes sont les plus abondamment répandues dans l'économie, non seulement chez l'homme, mais dans la plupart des vertébrés supérieurs. A celte classe

apparliennent les glandes de îleibomius, les glandes biilbo-vaginalcs et bulbo-urétraies, les glandes lacrymales, les glandes salivaires, les glandes mammaires, le pancréas, la prostate, le foie, etc. Leur volume estextrênicment variable; c'est parmi elles qu'on trouve à la fois les glandes conglomérées les plus petites et les plus grosses. Elles n'affectent aucune forme déterminée; presque partout ou les voit se mouler sur les organes voisins : ainsi la parotide se moule sur l'excavation parolidienne, la glande sousniasillairc sur l'angle rentrant que forment la mâcboirc et ie muscle myloliyoïdien, la glande lacrymale sur la fossette de ce nom, le foie sur le diapbragme d'une part et les vii-cères abdominaux de l'autre, le pancréas sur la courbure du duodénum et les vaisseaux spléniques, etc.

La plupart de ces glandes présentent une tendance remarquable à la dissémination : telles sont les glandes lacrymales, dont plusieurs lobules se disséminent dans l'épaisseur delà pa\ii)ière supérieure; le pancr('as, dont quelques lobules se disséminent dans les parois du duodénum, où ils sont connus sous le nom de glandes de Bninner ; telles sont surtout les glandes salivaires, qui semblent s'égrener en quelque sorte pour aller tapisser de tous leurs grains épars la muqueuse buccale.

Vil autre caractère est également propre à cette classe de glandes : beaucoup d'entre elles s'ouvrent au dehors par plusieurs conduits excréteurs; dans ce nombre il convient surtout de citer les lacrymales, les sublinguales, les mammaires, la prostate, etc., qui chacune communiquent avec la peau ou les muqueuses par plusieurs conduits ramifiés. Taidôt ces conduits répondent, à leur embouchure, à une grosse papille, cou'.me ceux de la mamelle, delà prostate, du fuie, des glandes sous-maxillaires : tantôt ils s'ouvrent à la surface des téguments par un orihce plus ou moins étroit qu'on a[!erçoit avec difficulté, ou même qui se dérobe à l'œil le plus exercé.

Le tissu cellulaire qui entoure le conduit et les lobules de ces glandes est plus élasti pie et moins dense que celui qu'on observe autour des glandes tubuleuses et vésiculeuses. Très rarement il se condense en lames fibreuses; les enveloppes de cette nature, qu'on observe autour de quchiues unes, ne leur appartiennent pas; elles dépendent en général des lames apouévrotiques voisines.

Les glandes conglomérées vésiculeuses sont les plus rares; le testicule, dans quelques espèces animales, et l'ovaire, dans la plupart des vertébrés, sont les plus importants parmi les organes sécréteurs de cette classe. Dans l'espèce humaine, l'ovaire est le seul exemple de glande vésiculeusc conglomérée que nous connaissions, et encore cette glande vésiculeusc se distingue-t-elle de toutes celles du même ordre par deux caractères exceptionnels : son conduit excréteur, constitué par la trompe de Fallope, n'est pas ramifié, et il se trouve détac!;é de la glande sur laquelle il s'applique seulement par sou extrémité libre, au moment où le produit qu'elle a sécrété s'en détache. Les cellules dans lesquelles se forme ce }iroduit, c'est-à-dire l'.ovule, sont complètement closes; les ovules, par conséquent, ne peuvent arriver au dehors que par rupture ou déhiscence des parois qui les sécrètent, d'où il suit que l'ovaire n'entre en communication avec la surface du tégument interne que d'une manière périodique et temporaire. — La forme de cette glande varie dans les différentes espèces

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animales. Son conduit excréteur ou l'oviducle n'offre pas moins de variétés dans sa longueur, sa direction et son aspect. Chez la femme et les mammifères, l'ovaire est arrondi et son volume toujours peu considérable. Il a pour charpente un tissu cellulaire plus ou moins dense, qui prend les caractères d'une membrane fibreuse à sa périphérie.

Glandes conglomérées munies d'un réservoir.

Par leur structure et leur conformation extérieure, ces glandes ne diffèrent en aucune manière des autres glandes de la même classe. L'existence d'un renflement annexé à leur conduit excréteur et jouant le rôle de réservoir est le seul caractère qui les en distingue. Mais ce caractère, d'une importance évidemiiient très secondaire, ne saurait suffire pour les faire considérer, avec iiucl pies auteurs, comme constituant une quatrième classe. Une semblable distinction serait d'autant moins fondée que le caractère sur lequel on voudrait l'établir apparaît d'une manière graduelle. On ne trouve aucune apparence de cavités réceptaculaires dans les glandes lacrymales, salivaires, pancréatique, etc.; mais chacun des douze ou quinze conduits excréteurs de la mamelle se renfle en réservoir avant de s'ouvrir au dehors : dans l:i mamelle de la vache, tous ces conduits viennent s'ouvrir dans un long et large renilement d'où le lait s'écoule sans pression et d'une manière continue, lorsqu'on introduit dans le canal étroit par le(|uel il s'ouvre au dehors un tube d'ivoire. Cette disposition marque en quelque sorte le passage des conduits excréteurs uniformément calibrés aux conduits excréteurs franchement dilatés en réservoir; dans les mamelles, il est vrai (et il existe des exemples d'une disposition analogue pour d'autres glandes), le réservoir qu'on observe est pour ainsi dire caciié à l'inlérieur de la glande; il commence et finit d'une nianière insensible, à la manière d'une cavité ellipsoïde plus ou moins allongée; ses dimensions sont encore rudimentaires chez la femme, mais elles cessent de l'être chez la vache. Et d'ailleurs cju'importent des différences de siège, de forme et de diamètre? Le seul fait cpii doit ici fixer notre attention, c'est l'existence même de ce réservoir, apparaissant non d'une manière soudaine, mais successive , de telle sorte que si nous voulions établir une division des glandes conglomérées en deux ordres, sur ce seul caractère, nous serions dans l'impossibilité de tracer la ligne de démarcation qui doit séparer ces deux ordres, ou réduit à la nécessité de recourir à des limites arbitraires.

Les glandes qui sont munies chez l'homme de réservoirs bien manifestes sont au nombre de quatre : le testicule, le rein, le foie et l'ovaire. Les deux premières appartiennent à la classe des glandos tubuleuses, la seconde à celle des glandes en grappes, et la troisième, ainsi que nous l'avons vu, à celle des glandes vésiculeuses.

Les réservoirs annexés aux conduils excréteurs du foie et du testicule représentent des sacs piriformes situés sur les parties latérales de ces conduits, dans lesquels ils s'ouvrent par une sorte de pédicule. Ceux qui dépendent des conduits du rein et de l'ovaire, sont situés sur leur prolongement et paraissent être le résultat de leur dilatation.

La structure de ces réservoirs est la même que celle des conduits aux({iîels ils correspondent; seulement l'élément musculaire, dont l'exis-

tence est difficile à constater sur ces conduits, devient ici plus apparent, non, il est vrai, sur la vésicule biliaire et la vf-sicule spermatique, oîi il est encore contesté, mais sur la vessie, où il est bien manifeste, et sur l'utérus, où il arrive à son maximum de développement pendant l'état de gestation.

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