I IG
Corps niiKiiitiix.
Celle figure repie'sente un lani])eiui d'epiderme de ly paume de la main. Ce lamheaii avait se'jouiné trois semaines dans l'acide acélique étendu; à la suite de ce séjonr son épaisseur avait à peu près double' sous l'influence de l'im])ibition. — ). Epidémie. — 2. Corps muciueuï soulevé à l'aide d'une e'rigne et form^iiit une couche parfiûtement continue et bien distincte de l'épiderme proprement dit, — ô,.". Coupe verticale de l'e'pidetme et ilu <orps miK|ueux, montrant l'épaisseur relative de ces deux couches. — Sur celle coupe on peut aussi remarquer la diHërenre de coloration f(ui distingue l'épideime du corps muqueux. Le premier est blanc, le second est d'une couleur brune.
splânchnologie. 487
tons les jours, eu (ffet, lorsque répidorme est aceidentellemeut séparé du derme, celui-ci devenir douloureux? Pourquoi le derme sous-unguéal ne l'était- il pas dans cette circonstance? La raison aujourd'hui en est facile à donner : le corps muipieux n'avait pas été enlevé, il recouvrait les papilles demeurées intactes et suflisait à les protéger contre l'influence des agents extérieurs. La conservation de ce corps mu(|ueux après l'arrucliement tolal ou partiel d'un ongle nous explique de même pouripioi celle opération, si redoutée et en apparence si redoutable pour les malades, est cependant une de celles qui entraînent à leur suite le moins de douleur.
Historique du corps muquenx. Parmi les parties constituantes de la peau il n'en est auci'.ne qui ait été le point de départ d'autant d'hypothèses et d'erreurs. Le premier anatomiste (jui constate son existence expose avec sagacité ses principaux caractères ; mais il ne l'aiiercoit pas sur le sommet des papilles et le considère comme un sin7ple réseau: c'était une description incomplète plutôt ([u'erronée. Albiniis, du reste, prend soin de la rectifier ; après avoir critiqué le procédé employé par Malpiglu, il recommande la macération comme un moyen préférable, et conqilète avec son exactitude ordinaire l'histoire du corps mu(pieux. Jusqu'à la fin du xvni^ siècle aucune contestation ne s'élève sur le résidtat des observations faites par ce grand anatomiste. — Arrive alors Bichat qui reprend par sa base l'édilice médical tout entier, et qui, ne pouvant dès lors, malgré la prodigieuse activité de son esprit, consacrer à l'étude des faits et des auteurs tout le temps qu'elle exige, décrit le corps muqueux comme un plexus vasculaire dans lequel circulent une partie du sang et la matière colorante de la peau : c'était méconnaître les travaux d'Albinus pour se jeter dans les voies de l'erreur. — Cette voie ouverte, Bicbat y est suivi par Gaultier. En coupant la peau du talon d'un nègre un peu obliquement à son épaisseur et perpendiculairement à la direction des séries papillaires, on distingue sur cette coupe, Miivant ce dernier auteur :
1° Immédiatement au-dessus des papilles et faisant corps avec elles, de petites granulations vasculaires : ce sont les bourgeons sanguins.
2° Au-dessus de ces bourgeons ime ligne blanche constituée par des vaisseaux blancs : c'est la couche olbide j rofonde.
3" Au-dessus de cette ligne blanche une ligne noire légèrement ondulée renfermant la matière colorante de la peau : ce -sont les gemmules ou couche colorée.
4" Au-dessus de cette ligne noire une seconde ligne blanche formée aiissi de vaisseaux séreux : c'est la couche olbide superficielle.
De ces quatre couches comprises entre le derme et l'éijiderme et constituant, suivant Gaultier, le corps muqueux, trois seraient vasculaires , et une serait constituée par la matière colorante. L'opinion émise par cet auteur n'est donc bien évidemment qu'un développement de celle de Bichat. Seulement Bichat, se sentant sur le terrain de Tinconnu, n'avait rien précisé. Gaultier, au contraire, trace des divisions, superpose des plans, et assigne à chacun d'eux sa nature ; pour lui rien d'obscur; tout est net et palpable. Bicbat s'était égaré: Gaultier a écrit un roman. Et tel était alors le vague ipii régnait dans l'étude de la structure de la peau, que ce roman, où tous les détails relatifs à cette structure se trouvaient exposés avec une apparente précision, fut accueilli avec la iilus grande faveur.
Qnchiues années après la publication de ce travail parurent les recherches (le Dutrochet sur la peau des quadrupèdes. Dulroclict retranche du corps niuqueux la couche des bourgeons sanguins pour la restiUier aux papilles; mais il admet les trois couches de Gaultier qu'il désigne : la couche albide profonde sous le nom de membrane épklerniiqne des papilles, la couche des gemmules sous le nom de couche colorée, la couche albide superficielle sous celui de couche cornée. Ces recherches assurément ne méritent pas le même reproche que les précédentes ; elles en étaient cependant comme un lointain reflet et avaient ainsi le grand tort de sembler les confirmer.
Purkinje en 1833, et Henle en 1837, sortent enfin de cette voie fatale; ils reprennent la description des deux lames de l'épiderme au point où l'avait laissée Albinus, démontrent que chacune d'elles se compose de cellules, et que ces cellules sont différemment conformées dans l'une et dans l'autre.
2" Pigmentum, ou matière colorante de la peau.
Le pigment, ou matière colorante de la peau, a son siège dans le corps muqueux dont il peut être considéré comme une partie constituante. 11 est surtout abondant dans la peau du nègre ; mais on l'observe aussi dans les autres races où il se montre sous des proportions d'autant plus faibles que la peau est plus blanche- L'albinos seul n'en présente aucune trace.
Le pigment est constitué par des cellules transparentes contenant dans leur cavité des granulations d'une extrême ténuité et de couleur brune. Chacune de ces cellules serait privée de noyau, selon M. Gunther, et renfermerait seulement un liquide coloré en brun foncé par les granulations qu'il tient en suspension. Selon M. Henle, elles posséderaient au contraire ce noyau, et toutes les granulations contenues dans leur cavité seraient appliquées et fixées à la surface de celui-ci. La disposition de ces granulations à l'intérieur des cellules pigmentaires est donc un point encore contesté ; mais leur existence et celle de la vésicule commune qui les entoure sont deux faits acquis à la science. (Fig. 24 6.)
L'observation a également établi que les cellules pigmentaires de la peau ne diffèrent pas de celles qu'on observe sur la face interne de la choroïde. Elles sont seulement moins développées. Les granulations qu'elles renferment sont aussi moins abondantes ; mais leur coloration est exactement la même. Il résulte de cette observation que les variétés de couleur que nous présente la peau ne tiennent pas à la nature de ces granulations, mais à leur nombre : plus celles-ci deviennent rares, plus la couleur de nos téguments pâlit; plus elles se multiplient, plus la coloration de la peau se rapproche de celle q^ii leur est propre.
Les cellules pigmentaires de la peau ne forment pas une couche régulière et uniforme située au-dessous du corps muqueux, comme quelques auteurs l'ont pensé, ou dans sa partie moyenne, comme le voulaient Gaultier et Dutrochet ; elles sont irrégulièrement disséminées au milieu des cellules qui composent cette lame de l'épiderme. Il n'est pas impossible cependant qu'elles soient un peu plus nombreuses au voisinage de sa face interne, ainsi que le pense M. Henle.
Sl'LÂNCHNOLOGlE. 489
Le pigment cutané, de même que l'cpiderme et toutes ses dépendances, est un jn-oduit exlialé des capillaires sanguins de la peau. Ce produit entraîne-lil avec lui une partie de la matière colorante du sang, ou bien est-il d'abord incolore et se nuance-l-il ensuite sous rinfluence des modifications dont il devient le siège? L'observation jusqu'à présent ne nous a rien appris à cet égard, Valentin, il est vrai, avance que les noyaux des cellules pigraentaires apparaissent d'abord et que les granulations brunes naissent ensuite sur leur surface ; ce mode d'évolution plaiderait en faveur de la seconde bypotbèse; mais il n'est pas démontré. La première est encore celle qui nous parait la plus vraisemblable.
Quoi qu'il en soit, il n'est plus permis aujourd'hui d'admettre avec Biumenbacb que le liquide de la transpiration laisse précipiter chez les nègres du carbone, qui chez les blancs se convertit en acide carbonique. C'est bien à tort aussi que Brescbet et M. Roussel de Yauzème ont placé la source de ce pigment dans un appareil glanduleux, spécial, l'appareil chromatogàne. Cet appareil, qu'ils avaient cru apercevoir dans l'épaisseur des couches superficielles du derme, n'existe pas.
Les cellules pigmentaires, comme celles qui composent le corps muqueux, subissent une migration qui les rapproche de plus en plus de la surface libre de la peau : à mesure qu'elles s'éloignent de leur point de départ, le liquide qu'elles renferment diminue et en même temps leurs granulations pâlissent. Celles qui occupent la partie supérieure du corps muqueux sont donc plus petites, plus aplaties et moins colorées que celles qui reposent sur les papilles. Celles qui ont abandonné la lame interne de l'épiderme pour faire partie de la lame externe ne contiennent plus aucune trace de liquide ; ce sont de simples lamelles parfaitement transparentes et tout à fait identiques avec les autres lamelles épidermiques. Dès lors il nous est facile de comprendre pourquoi lepigmentnm est permanent et pourquoi il est quelquefois temporaire. Il est permanent lorsque les cellules qui se décolorent en se portant au dehors sont remplacées par un nombre égal de nouvelles cellules ; c'est ce que nous observons chez le nègre, ainsi du reste, que dans les races blanches. Il est temporaire lorsque ce remplacement n'a pas lieu : tel est le pigment qui se développe sur l'abdomen chez un grand nombre de femmes pendant le cours de la grossesse; tel est celui qui se développe sur les parties découvertes du corps chez l'homme souvent et longtemps exposé aux ardeurs du soleil ; telles sont les cellules pigmentaires qui constituent les taches de rousseur, etc.
Lorsque le pigment a été détruit il peut se régénérer ; mais il importe pour cette régénération que le derme n'ait pas été désorganisé ou altéré trop profondément. Il résulte des observations de Péchlin et de Gordon, <pie chez le nègre les cicatrices sont blanches dans les premiers temps de leur formation, et qu'elles noircissent plus tard; celles qui succèdent à une altération profonde du derme restent définitivement blanches, ainsi que l'avait constaté Cowper, et après lui un grand nombre de naturalistes.
Le pigmentum de la peau a été soumis à l'action des divers réactifs. La potasse étendue le dissout, mais avec lenteur. Les acides minéraux le décomposent également. Fourcroy a montré que le chlore liquide le pâlit ;
i^O ANATOiMlE.
ilen est de même du chlorure de chaux et de l'acide azotique. Après l'avoir incinéré, Berzelius a retiré de son analyse des chlorures de soude et do chaux, du phosphate de chaux et de l'oxyde ferrique.
3° Des ongles.
Les ongles sont des produits de nature épidermique, dont la conformation, la couleur et le développement offrent de très grandes variétés dans le règne animal, mais qui affectent dans l'homme la forme d'écaillés blanches, élastique?, transparentes, et comparables par leur aspect ainsi que par l'ensemble de leurs propriétés à des lames de corne.
Ces lames, d'aspect corné, sont comme enchâssées dans le derme qui revêt la face dorsale de la dernière phalange des doigts et des orteils. Elles ne répondent pas à toute l'élendue de cette phalange ; elles en recouvrent seulement les deux tiers inférieurs que nous avons vus s'aplatir d'avant en arrière pour offrir un plus large point d'appui à la pulpe des doigts et s'arrondir à sa ])artie terminale de manière à prendre la forme d'un fer à cheval; cette forme est aussi ce. le de l'ongle qui se moule surlederuie, de même que celui-ci se moule sur le plan osseux sous-jacent.
Les ongles présentent trois parties bien distinctes : une racine, un corps et une extrémité libre.
La racine est celle partie de l'ongle qui se trouve enchâssée dans le derme ; elle est mince, nioiie, inégalement terminée à sa partie supérieure et de même hauteur que le repli cutané qui la recouvre. L'une de ses faces adhère à ce repli et l'autre au derme appliqué sur le côté dorsal de la dernière phalange ou phalange îmgîiéale.
Le corps de l'ongle, trois ou quatre fois plus long que sa racine, s'étend depuis le repli cutané qui voile cette racine jusqu'au sillon creusé enlre sa partie libre et la pulpe du doigt. — Sa face postérieure est libre ; elle présente : 1« des stries longitudinales plus ou moins apparentes: 2° à sa partie supérieure une couleur blanche et à sa partie inférieure une couleur rouge. Ces deux parties sont le plus souvent séparées l'une de l'autre par une courbe dont la concavité regarde en haut ; la partie blanche, alors régulièrement limitée, prend une forme semi-lunaire qui lui a mérité le nom de lunule. — La face inférieure du corps, concave et adhérente, est creusée de sillons longitudinaux qui correspondent aux papilles sous-u.nguéales disposées, ainsi que nous l'avons vu, en séries linéaires et parallèles à la direction de l'ongle.
La partie libre est séparée de la pulpe des doigts par un sillon demicirculaire ; aux deux extrémités de ce sillon on voit le repli cutané qui recouvre la racine se continuer insensiblement avec le derme sous-unguéal en passant sur les côtés de l'ongle. Lorsque les orteils sont serrés les uns contre les autres comme ils le sont habituellement pendant la marche, et surtout dans les chaussures trop étroites, la peau sur ces deux points extrêmes s'applique plus fortement aux bords de l'ongle ; de là si cette pression se prolonge ou se répète souvent, une irritation plus ou moins vive, puis une ulcération de la partie correspondante du derme, et plus tard un bourgeonnement de toute la partie ulcérée qui s'étend jus(iue sur la face dorsale de l'ongle, lequel paraît alors s'être dévié pour i>cnétrer dans répaisseur
SPLÀNCHNOLOGIE. 491
(les parties molles environnantes. Celte maladie, connue sous les noms iVonyxis, d'ongle rentré dans les chairs, est rare chez les individus dont les ongles sontplats, parce que chez eux les téguments comprimés s'engagent sous les parties latérales de ces lames qiii restent ainsi plus élevées; mais elle est fréipiente chez ceux dont les ongles sont demi-cylindriqnes , parce que la peau, refoulée de chaque côté, remonte en partie sur la face dorsale et se trouve placée alors entre la cause comprimante et le bord résistant de l'ongle. Pour se mettre plus sûrement à l'abri de cette douloureuse affection, il importe de couper ses ongles carrément afin de laisser à leurs parties latérales le plus de longueur possible. — Lorsque la partie libre de l'ongle n'est pas divisée, elle s'allonge de plus en plus en se recourbant sous la pulpe des doigts et des orteils. Dans les hospices consacrés à la vieillesse, il n'est pas très rare de voir l'ongle du gros orteil, abandonné depuis longtemps à sa croissance naturelle, acquérir jusqu'à 2, 3 et même 4 centimètres d'élendue dans sa partie libre. En examinant la face dorsale de ces ongles monstrueux, on y remarque des sillons transverses qui se succèdent régulièrement d'arrière en avant. Ces sillons, qu'on observe aussi sur les ongles ordinaires, mais plus difficilement, rappel'ent les stries circulaires qu'on observe sur les cornes des ruminants et tiennent à la même cause: la présence de lames imbriquées les unes sur les autres.
Les ongles étant enchâssés dans la peau, nous avons à rechercher quelles sont les connexions qu'ils affectent avec le derme, l'épiderme et le corps mu queux.
A. Quelles sont les connexions des ongles avec le derme? Ces connexions sont extrêm.ement simples. Pour en prendre une idée exacte, il convient de pratiquer sur la partie moyenne de la dernière phalange de l'un des doigts ou des orteils une coupe longitudinale comprenant cette phalange et toutes les parties qui la recouvrent ; on verra alors :
1° One le derme, parvenu à la rencontre de Tongle, descend un peu sur sa face dorsale ;
2° Qu'arrivé à Tunion du quart supérieur de cette face avec ses trois quarts inférieurs, il se réfléchit de bas en haut et remonte sur sa racine jusiju'au niveau de son bord supérieur ;
3° Qu'au-dessus de ce bord il se réfléchit une seconde fois pour passer sons sa racine à laquelle il adhère, puis sous le corps de l'ongle auquel il adhère d'une manière beaucoup plus intime , et se continuer ensuite avec le derme de la i)ulpe du doigt.
Le repli de la peau dans lequel se trouve logée la racine a reçu le nom de matrice de l'ongle. >'ous verrous plus loin qu'il diffère sous plusieurs rapports du derme qui supporte le corps.
B. Quelles sont les connexions des ongles avec l'épiderme ? Elles ont été exposées différemment par les auteurs qui s'en sont occupés : selon Bichat, Béclard, Blandin, etc., l'épiderme passerait au-dessus du corps de l'ongle, irait contourner son bord libre et se continuerait ensuite avec celui de la pulpe des doigts. — Selon Lauth et quelques autres observateurs , il resteraitconstammentap[iliqué sur le derme ; en d'autres termes, il remonterait sur le côté postérieur de la racine, se réfléchirait au-dessus du bord supérieur de celle-ci . et descendrait ensuite sous la face adhérente de
492 ANATOMIË.
l'ongle pour aller rejoindre l'épiderme de la pulpe des doigts et des orteils. Ni l'une ni l'autre de ces opinions ne repose sur une observation exacte ; l'épiderme, parvenu à la partie inférieure du repli cutané (pii entoure la racine, se prolonge d'un demi-miliiniètre sur le corps de l'ongle, se réfléchit pour s'appliquer d'abord à lui-même, puis à la face profonde du repli que décrit le derme , et s'identifie ensuite avec le bord supérieur de la racine. Sur les côtés il se continue avec les bords de l'ongle. Inférieureraent il se continue avec la partie libre.
Pour observer cette disposition, parfaitement décrite par Albinus, il convient, à Texemple de cet anatomiste, de l'étudier sur un ongle qui a été détaché à l'aide de la macération; afin d'accélérer son décollement on ajoutera à l'eau une égale quantité d'acide acétique. Après vingt-quatre heures de séjour dans cette eau acidulée, il se sépare ainsi que la totalité de 1 épidémie qui enveloppe le doigt, et l'on peut alors très bien constater :
1° Que l'épiderme remonte du corps de l'ongle sur sa racine à laquelle il adhère d'une manière assez intime , et se confond ensuite avec le bord supérieur de celle-ci ;
2° Qu'une fusion semblable s'opère de chaque côté de l'ongle et au niveau de sa partie libre ;
3° Que l'ongle est évidemment une dépendance de l'épiderme dont il diffère seulement par sa densité, sa dureté, son élasticité plus grande, et dont il se distingue en outre par l'absence de tout orifice : le derme sousunguéal est la seule partie de la peau totalement dépourvue de glandes sudorifères.
C. Quelles sont les con'iiexlovs des ongles avec le corps muqueiix?
Le corps muqueux existe autour de la racine et au-dessous du corps des ongles. Je croyais être le premier qui l'eût observé, mais je me trompais : l'illustre Albinus l'avait vu, décrit et représenté. Quelques auteurs modernes, et particulièrement M. Henle, l'ont aussi signalé. Le même procédé qui aura servi à étudier les rapports de l'ongle et de l'épiderme pourra servir aussi pour étudier ceux de l'ongle et du corps muqueux. Seulement la préparation devra séjourner deux ou trois semaines dans l'eau acidulée. — Le corps muqueux, reconnaissable à sa couleur brune après cette macération prolongée, se laisse détacher sous la forme d'une lame dans toute son étendue ; celle-ci descend comme l'épiderme jusque sur l'origine du corps de l'ongle, se réfléchit de même de bas en haut, et remonte jusqu'au niveau de son bord supérieur; là elle ne se continue pas avec ce bord comme l'épiderme, mais elle le contourne, passe sous la face adhérente de l'ongle, recouvre et engaîne toutes les papilles sous-unguéales, puis se continue latéralement et inférieurement avec le corps muqueux de la pulpe des doigts.
De tout ce qui précède il résulte que les ongles sont formés de deux lames : d'une lame superficielle offrant la densité et l'aspect de la corne, et d'une lame profonde, molle et membraneuse. La première répond à la lame externe de l'épiderme ; la seconde répond au corps muqueux dont elle offre tous les caractères. — Ces deux lames, inséparables par aucun moyen mécanique sur toute autre région du corps, se séparent ici avec la plus grande facilité. L'avulsion violente de l'ongle laisse presque intact le corps muqueux correspondant. La macération dans l'eau simple et dans
SPLÂNCHNOLOGIE.
l'eau acidulée délaclie ce corps muqueux, mais avec lenteur et toujours plus tardivement que l'ongle.
Étudies dans leur structure, les ongles nous offrent à considérer leur lame superficielle, leur lame profonde et le derme sous-unguéal.
La lame siiperficielle ou la iHirtle, cornée de l'ongle serait composée, suivant Blancardi et queUpies anatomistes anciens, de fibres blanches à direction longitudinale et parallèle, unies entre elles de la manière la plus irilime. Selon Ducrotay de Blainviile , ces fibres sont constituées par des rangées de poils longiludinaleraent dirigés et soudés entre eux. En
FiG. 248.
FiG. 2û0.
TsSi^^
0,:-les.
liç;. 2)8. — Face dorsale d'un pouce dont ïongle a été detaclie, — I. Repli que forme la peau en se réflëcliissant pour remoiiler vers le bord supérieur de la lac 11^ de lougle. — 2. Coupe de ce repli doal nue nioiié a élé renversée sur sa face extene pour laisser voir sa hauteur, et le sillon occupe' par le l)ord supérieur de la racine. -^ ô. Partie snpeiieure du derme sous-un.'^ue'al ou lunule. — 4. Partie infeiieure do ce derme.
Fig. 249. — L'ongle du pouce représenté dans la figure précédente : cet ongle est nu pur sa face adhérente.— i . Bord supérieur de la racine. — 2. Partie de Fougle qui rép >nd à la lunule. — 5. Partie qui répond à la porlion inférieure du derme sous-unguéal. — 4. Bord libre de i'ongle.
Fig. 250. — Coupe verticale et médiane du pouce. — l. Epidémie de la face dorsale du pouce. — 2. Ce même épidertne se retléchfssant pour remonter vers la r:icine de Fongle avec laquelle il s'identifie. — 5. L;ime superfici lie de l'ongle ou ongle proprement dit. — 4. Epiderme de la face palmaire du pouce se continuant avec la face concave de la paiiie libre de l'ongle, de même que l'épiderme de la face dorsale se conliuue avec la face convexe de la racine. — o. Corps muqueus. recouvrant l-^ derme de la face dorsale un pouce. 6. Ce même corps muqueux se refléchissant pour se porter vers le sillon qui répond au boid supérieur de la raciae de longl , — 7. Ce corps mucju'ux qui, parvenu dans le sillon pri ccdent, se prolonge sur toute l'étendue du demie sousungueal, en adhérant d'une part aux papilles de ce nom, de l'autre à la face concave de l'ongle dont il conslitue la lame profonde. — 8. Ce corps muqueux passant du derme sous-unguéal sur le derme de la face palmaire. — 9. Derme de la face doisale du pouce. — iO. Ce même derme se refléchissant pour atteindre le sillon occupé par le bord supérieur de la racine. — 11. Derme sous-unguéal yilus épais que cel.i de la face dorsale et recouvert de papilles filitcrmes à chacune desquelles le corps m uc[ueiix fouruit une petite gaine. — 12. Derme de la face palmaire. — 15. Phalange unguéale. — 14. Attache ia tendon fléchisseur du pouce.
faveur de cette structure fibrillaire on ne pouvait invoquer qu'un seul fait : l'existence des stries que présente la face supérieure tlu corps de l'ongle et des sillons creusés sur sa face inférieure. Mais nous avons vu que ces stries et ces sillons tiennent, comme les stries et les sillons qu'on observe sur la paume de la main et la plante du pied , à la présence des papilles linéairement disposées.
L'examen microscopique pouvait seul nous éclairer sur ce point de texture ; or cet examen démontre que l'ongle est formé d'un grand nombre " de lames superposées. Ces lamelles, connues déjà de Malpigbi et observées aussi par la plupart des micrographes de notre époque, n'occupent qu'une partie assez limitée de sa surface; en outre elles ne sont pas exactement superposées, mais imbriquées les unes sur les autres, ainsi que l'a fait remarquer Lautb. La première formée recouvre la partie blanche du derme sous-unguéal ; sous cette couche s'en forme une seconde qui soulève la première en la poussant en haut et en avant, puis une troisième qui pousse les précédentes, puis une quatrième, une cinquième, etc., etc., qui se comportent de la même manière. Cette structure et ce mode de génération nous montrent :
Pourquoi l'ongle est si mince à sa racine et beaucoup plus épais dans sa moitié inférieure.
Pourquoi il présente des stries transversales analogues aux stries circulaires des cornes des ruminants.
Pourquoi sa partie libre slnfléchit naturellement vers la pulpe des doigts et des orteils.
Pourquoi enfin cette partie libre se déchire facilement et régulièrement dans le sens transversal, très difficilement au contraire et d'une manière toujoux's peu étendue et peu régulière dans le sens longitudinal.
Lorsqu'on prend une tranche très mince de l'ongle pour l'examiner au microscope, que cette tranche soit horizontale ou verticale, on y remarque toujours de fines stries trausversales et plus ou moins parallèles offrant l'aspect d'une ligne tremblée. Vues à un grossissement de trois ou quatre cents diamètres, ces tranches se réduisent en écailles ou lamelles semblables à celles de l'épiderme, mais plus aplaties encore et plus minces que ces dernières dont elles ne sont évidemment qu'une transformation plus avancée.
La lame interne de l'ongle présente la plupart des caractères du corps muqueux. Mais ce n'est guère que chez le fœtus et l'enfant naissant qu'on peut retrouver dans cette lame les cellules qui la conslitiient originairement. Chez l'adulte elle présente un aspect granulé. — Une assez forte quantité de pigraentum est déposée dans son épaisseur.
Le derme sous-unguéal n'offre pas une structure entièrement identique dans toute son étendue : au niveau de la lunule il est blanc et moins épais ; il reçoit moins de nerfs et moins de vaisseaux. — Au-dessous de la lunule son épaisseur augmente graduellement ; il devient plus vasculaire ; ses papilles filiformes, disjiosées en séries longitudinales et séparées par des sillons profonds, sont beaucoup plus développées. — Dans sa partie blanche comme dans sa partie rouge, les fibres qui le composent suivent pour la plupart une direction perpendiculaire à la surface de Fongle. — Par son aspect microscopique ce derme présente une remarquable analogie avec celui des cétacés.
SPLANCHNOLOGIE. 49o
Le mode d'accroissement des ongles n'a pas encore été bien déterminé. Selon le plus grand nombre des anatomistes ils naissent de toute la surface du derme sous-unguéal. Cette opinion me paraît bien difficile à concilier avec les faits. Lors(iu'nn ongle tombe, si le derme sur lequel il était implanté reste intact, on voit celui-ci se recouvrir sur tous ses points d'une couclie qui a été généralement considérée comme la première lame de l'ongle naissant, mais qui n'est autre chose que le corps nmqueux. Une ou deux semaines après la chute de l'ongle une véritable lame cornée apparaît sur la partie blanche du derme, et sur cette partie seulement ; puis à mesure que de nouvelles lames se forment, la première née s'avance sur ce corps muqueux qui se trouve ainsi peu à peu recouvert, et qui ne l'est totalement qu'au bout de deux mois et demi à trois mois. De là il résulte que la partie blanche du derme sous-unguéal, c'est-à-dire celle qui entoure la racine de l'ongle, et qui s'avance jusque sous le corps pour former la lunule, cette partie blanche seule doit être considérée comme l'organe élaborateur et régénérateur de l'ongle. Lorsqu'elle est détruite, l'ongle tombe et toute regénération devient impossible. Si elle est seulement altérée dans sa texture, l'ongle tombe et peut se reproduire; mais ce n'est plus qu'un organe plus ou moins informe.
La partie rouge, dont les papilles et lavascularité sont plus développées, est destinée au même usage que la pulpe des doigts, c'est-à-dire au toucher qu'elle concourt à perfectionner.
4° Système pileux.
Les poils sont des filaments de nature épidermique. Chacun de ces filaments prend naissance dans l'épaisseur de la peau et nous offre à considérer par conséquent deux parties bien distinctes, l'une qui produit, c'est le follicule pileux, l'autre qui est produite, c'est le poil lui-même.
A. Follicule inleux.
Le follicule pileux est logé dans l'épaisseur de la peau qu'il traverse, tantôt obliquement, et tantôt perpendiculairement à sa surface. Lorsque le follicule renferme un poil rudimentaire, son extrémité profonde ne dépasse pas la face interne du derme. Lorsqu'il contient un poil jilus développé, il dépasse cette face et plonge alors dans le tissu cellulo-graisseux sous-cutané. — Sa forme est celle d'une cavité ovoïde dont la petite extrémité répond à l'épiderme et la plus volumineuse au derme ou aux cellules adipeuses sous-dermiques. Ces deux extrémités offrent une configuration bien différente : la première est perforée pour livrer passage au poil ; la seconde présente un reniïement sur leqiiel le poil prend naissance.
Dans un follicule nous avons donc à étudier : 1° ses parois; 2» son extrémité superficielle ou son embouchure; 3° son extrémité profonde ou la matrice du poil ; 4° sa structure.
Les parois du follicule entourent la racine du poil. Elles ne sont pas immédiatement appliquées sur cette racine. Un liquide de nature onctueuse les en sépare. Plus le poil est rudimentaire, plus le liquide intrafoUiculaire est abondant. Plus il est développé, plus ce liquide diminue.
C'est pourquoi le follicule affecte dans le premier cas une forme arrondie, et dans le second une forme cylindrique ou tubuleuse. — A cette différence s'en rattache une autre plus importante : les follicules à forme arrondie ne possèdent aucun apiiareil sécréleur ; le liquide déposé dans leur cavité est exhalé par leurs parois. Les follicules de forme tubuleuse sont munis au contraire de deux petites glandes qui viennent s'ouvrir près de leur extrémité superficielle et qui déposent dans leur cavité le produit de leur sécrétion. Celles-ci, situées en dehors du follicule , sur ses parties latérales, sont quelquefois unilobulces ; mais le plus souvent chacune d'elles se compose de deux, trois, et même quatre petits lobules coniques ou piriformes qu'on voit converger vers le follicule pour s'ouvrir sur ses parois par un orifice commun.
Ces glandes, décrites en Allemagne sous le nom de glandes piliféres, ont été contestées en France par quelques anatomistes, mais bien à tort ; car un examen suffisamment attentif les démontre sans difficulté. Leur surface n'est pas régulière et unie, mais un peu inégale et assez analogue, pour sa configuration et son aspect, à celle qui liuiiie le poumon vésiculeux des reptiles. Le produit qu'elles sécrètent est de nature et de consistance onctueuse ; il se'compose de cellules qui ne paraissent pas différer des cellules adipeuses.
En résumé, il existe deux espèces bien distinctes de follicules pileux : les follicules à forme arrondie et les follicules à forme tubuleuse. — Les premiers renferment constamment des poils rudimenlaires ; ils ne dépassent jamais la face profonde du derm^e ; ils ne possèdent aucun appareil glandulaire; le li(!uide qui distend leurs parois est le produit d'une exliaiation. — Les follicules à forme allongée ou tubuleuse peuvent aussi ne pas dépasser la face profonde du derme, et alors ils ne renferment également que des poils de duvet ; mais un grand nombre s'étendent au delà de cette face : ces derniers, ainsi que les précédents, ont poîir caractères distinctifs, indépendaïunsent de leur forme, un appareil glandulaire annexé à leurs parois et en communication avec leur cavité.
L'extrémité superficielle ou Y embouchure des follicules -pileux se continue avec le derme et l'épiderme dont ces follicules ont été considérés avec raison comme une partie déprimée. Elle esf plus ou moins allongée, étroite et immédiatement appliqtiée sur la surface du poil, à laquelle elle adhère, mais faiblement ; il résulte de cette adhérence que le poil, en franchissant l'embouchure du follicule, emporte avec lui quelques écailles épidermiques qui restent sur sa lige et qui lui donnent un aspect plus ou moins noueux à l'examen microscopique. Ces écailles, réunies par groupes irréguliers et inégalement distants, peuvent être détachées pour la plupart à l'aide du frottement; elles sont d'autant moins nombreuses et moins apparentes que l'on se rapproche davantage de l'extrémité libre des poils sur laquelle on n'en trouve plus aucun vestige.
Les saillies q\ii existent si souvent au point d'émergence des poils, c'està-dire à l'enibouchure des foîiicules pileux, sont dues à la présence des glandes pilifères situées immédiatement au-dessous de cette embouchure ; et counne ces glandes, ainsi que tout le système pileux, sont moins développées chez les individus à peau blanche que chez les individus à peau brune, c'est surtout chez les derniei's qu'on les observe. Toutes ces saillies
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ne deviennent plus sensibles sons l'impression du froid que parce que le derme en se contractant s'applique et se moule plus exactement sur le coU' lour des glandes annexées aux follicules.
L'extrémité profonde ouïe fond des follicules pileux est surmonté d'un renflement de forme conique ou liémispliéritiue qui fait saillie dans leur cavilé. Ce renflement supporte la base du poil avec laquelle il semble se confondre. Ruysch le comparait aux papilles cutanées, et depuis ce grand anatomiste il a été généralement décrit sons cette dénomination. Plus tard il a été comparé à la portion bulbeuse des dents, en sorte qu'il a aussi reçu les noms de pulpe et de bulbe pileux.
Le bu.be pileux a pour analogue dans l'économie la parlie blanche du derme sous-unguéal ; de même que cette partie blanche représente l'organe formateur de l'ongle , de même la partie inférieure ou profonde du follicule représente l'organe producteur du poil: le nom de matrice pourrait donc lui convenir, et lui conviendrait d'autant mieux que cette partie n'est pas toujours renflée; elle est souvent à peine visible et parfois même remplacée par une petite excavation. 31ais quelle que soit sa configuration, elle est toujours le point de départ du poil qui lui adhère d'une manière intime : de là les douleurs vives qui accompagnent le tiraillement ou l'avulsion des poils ; de là la chute de ceux-ci lorsqu'une inflammation aiguë ou chronique se propage dans l'épaisseur de la peau jusqu'au siège de leur implantation.
La structure des follicules pileux comprend deux tuniques : l'une interne, de nature épidermiipie ; l'autre externe, de nature fibreuse. Dans cette dernière tunique se rendent des vaisseaux et des nerfs.
La iuniciue interne ou épidermicjue peut être facilement séparée de l'externe en détachant l'épiderme sur un lambeau de peau soumis à la macération ou en voie de putréfaction ; pendant ce décollement on voit la tunique épidermique du follicule sortir de sa cavité ainsi que le poil correspondant, et rester appendue au corps muqueux dont elle constitue une dépendance. — Elle est formée de noyaux qui se superposent vers la partie supérieure du follicule, et qui constituent une couche d'autant plus mince qu'on se rapproche plus de son renflement. Cependant elle ne renferme aucune celluie pigmentaire. Selon Flenle, un feuillet interne sans structure apparente, et cribié d'orifices elliptiques, serait appliqué à cette couche granuleuse. Au niveau de la papille du follicule la tuni(iue épidermique s'avance sur elle et s'étend jusqu'à la base du poil avec lequel elle se continue, de même que l'épicierme se continue avec la circonférence des ongles.
La tunique externe ou fibreuse est une dépendance du derme dont elle partage la texture et les propriétés. — Des artérioies viennent manifestement se perdre dans ses parois, et siu'Iouî dans son extrémité inférieure. — Des veinules qui partent de son épaisseur forment à sa surface extérieure un petit plexus bien représenté par M. Simon. — La tunique fibreuse reçoit aussi des filaments nerveux ; ces filaments toutefois sont rares et extrêmement grêles. Les bulbes pileux en possèdent beaucoup moins que les papilles cutanées. On les aperçoit du reste très difficilement chez l'homme, mais d'une manière bien distincte dans plusieurs espèces animales.
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B. Des poUs.
Les 2^ùils, envisagés dans leur conformation extérieure, nous offrent à étudier leur racine et leur tige.
La racine est cette partie du poil qui est contenue dans le follicule dont elle représente en quelque sorte le grand axe. Elle est régulièrement calibrée dans la plus grande partie de son étendue ; mais à sa partie inférieure elle s'élargit graduellement ou subitement pour prendre des dimensions égales à celles du renflement sur lequel elle repose. — Ce renflement a été décrit par Malpighi sous le nom de capituliim pili. Ludwig, Ledermuller, Krause, Gurll, etc., l'appellent bulbe du poil; d'oîi il suit que pour ces derniers anatomistes le renflement initial du poil et le renflement du follicule n'en constitueraient qu'un seul. On ne saurait nier, en effet, que les deux renflements s'unissent de la manière la plus intime. Cependant ils peuvent être assez facilement séparés, et , fussent-ils inséparables , ils n'en seraient pas moins essentiellement distincts par leur nature. Il importe, par conséquent, de ne pas les confondre dans une même dénomination. Pour éviter ce reproche, je donnerai avec Malpighi le nom de tête au renflement qui fait partie du poil , et je réserverai celui de bulbe au renflement qui dépend du follicule. — La tête du poil est arrondie ou allongée, d'une faible consistance, en sorte qu'elle se laisse facilement comprimer et déformer ; elle est en général d'une couleur claire et demi-transparente. — La parlie de la racine qui surmonte la tête participe des mêmes caractères ; ceux-ci sont seulement moins prononcés. Dans sa moitié supérieure, la racine ne diffère pas sensiblement des parties extérieures du poil.
La lige cylindrique, terminée en pointe à son extrémité, est recouverte çà et là d'écaillés épidermiques que le poil emporte avec lui en franchissant l'ouverture du follicule.
Ainsi que les follicules, les poils se composent de deux couches superposées et emboîtées l'une dans l'autre : d'une couche externe moins foncée en couleur et de nature fibreuse, et d'une couclie interne en général plus sombre et d'aspect grenu. La première constitue l'écorce ou la substance corticale du poil ; la seconde, lo.-;ée dans le canal que lui forme la précédente, a été considérée connne une sorte de moelle et désignée sous le nom de substance médullaire.
La substance corticale, vue au microscope, se présente sous l'aspect de fibres longitudinales. Au niveau de la tète du poil, ces fibres sont encore rudimentaires; ce sont de simples noyaux de cellules plus ou moins allongés. Un peu plus haut ces noyaux s'allongent davantage et forment des filaments qui marchent en ligne droite ou en décrivant de légères flexuosités; ceux-ci, se rapprochant de plus en plus, finissent par s'ajouter les uns aux autres ; de leur réunion résultent les fibres de la substance corticale. Vers la partie supérieure de la racine et dans toute l'étendue de la tige du poil celles-ci deviennent très distinctes à un grossissement de 200 ou 250 diamètres. — En dehors des fibres longitudinales on en distingue d'autres qui s'enroulent autour du poil et qui semblent destinées à les relier entre eUes.
Ces fibres transversales ou circulaires n'existent pas, ou du moins ne sont pas apparentes vers le sommet du poil. Mais on les trouve sur la plus
SFLANCHNOLO(;iE.
grauile partie Je sa tige et sur la moitié supérieure de sa racine. — Leur direction est parallèle sur quelques points, oblique sur d'autres. Souvent elles se rapprochent pour se confondre, ou bien s'envoient ï-espectivement de petites divisions qui les unissent à la manière d'anastomoses. — Le mode de développement de ces fibres n'est pas encore bien connu ; mais il est très vraisemblable qu'elles ont pour origine des noyaux de cellules qui, au lieu de s'allonger de bas en haut comme les fibres longitudinales, s'allongent dans un sens perpendiculaire à ces dernières, afin de les enlacer. Malgré leur
Racine d'un chefeu vue a un grossissement de 230 diamètres.
1,1. Tuuique fibreuse du follicule pileux. — 2, Bulbe de ce follicule. — ô,3. Tunique épidermique dimiuuciiit t^rauutllenient d'épaisseur de huut en ba?, et sidentifiant à sa partie inférieure avec la lêle du poil. — 4,4. Inlervalle compris entre cette tunique et la surface du poil. — o. Poil, — (5. Tête du poil constituée par des cellules d'autant plus airondies et plus molles qu'elles sont plus rapprochées du bulbe, d'autant plus allongées et plus résistantes qu'elles sont plus éloignées de leur origine. — 7,7. Fibres longitudinales constituant la substance corticale du poil. — 8,8. Substance médullaire, — 9,9, Fibies transversales.
présence cependant, celles-ci se séparent quelquefois sous la forme de deux ou trois faisceaux qui s'écartent de Taxe du poil en procédant de son sommet vers sa .base.
La substance médullaire occupe la partie centrale delà tige. Son diamètre représente quelquefois le tiers de l'épaisseur totale du poil, et d'autres fois le quart , lecinquiènie ou le sixième seulement. — Son aspect n'est pas libreux, mais grenu. Elle se compose de noyaux de cellules irrégulièrement entassés dans le canal que forme la substance corticale. A ces noyaux se trouve mêlée une quantité variable de pigmentum, de telle sorte que la colonne qu'ils constituent par leur agglomération offre en général une couleur plus ou moins som.bre qui permet de distinguer nettement l'une de l'autre les deux substances. C'est surtout sur les poils noirs et bien développés qu'on peut étudier la situation et les dimensions respectives de ces deux substances ainsi que leurs caractères propres. On voit alors très bien :
1" Dans le tiers central une substance d'un brun sombre, d'une consistance molle et d'apparence granuleuse ;
'2° De chaque côté une substance d'un brun clair, d'une consistance ferme et d'apparence fibreuse;
3° Et au-dessus de ces deux substances des fibres transversales anastomosées entre elles.
Sur les poils moins foncés en couleur, les deux substances sont moins distinctes ; souvent même la substance médullaire devient plus claire, et la corticale plus foncée. Quelquefois la première existe, mais dans une certaine étendue, disparaît sur un point, puis reparaît un peu plus haut. — Les poils sur lesquels on ne distingue pas la substance médullaire paraissent entièrement fibreux et parfaitement homogènes ; mais sur ces poils homogènes comme sur les précédents on peut toujours retrouver les traces d'un canal central. Pour cette observation il est nécessaire d'avoir recours à des coupes transversales très minces qu'on se procure aisément en repassant le rasoir sur sa figure peu de temps après s'être rasé. Les disques ou courts cylindres qu'on obtient par ce procédé sont coupés obliquement pour la plupart ; mais dans le nombre, ainsi que le fait remarquer Henle, il s'en trouve constamment quelques uns qui sont assez minces pour se tenir sur une tranche et tourner l'autre vers la lentille objective.
Par leur structure les poils offrent la plus grande analogie avec les ongles : comme ceux-ci ils se composent de deux couches; — de part et d'autre la couche superficielle est plus dure, d'aspect corné, et continue à l'épiderme; — de part et d'autre ia couche profonde est plus molle et renferme une certaine quantité de pigmentum ; — de même que le derme se déprime pour entourer la racine de l'ongle, de même il se déprime pour entourer la racine du poil. Soit qu'on ait égard à la partie sécrétée, soit qu'on considère l'organe sécréteur, on ne saurait donc méconnaître l'étroite parenté qui unit l'un à l'autre ces deux produits épidermiques.
L'analogie qui .les rapproche de l'épiderme n'est pas moins évidente; car ces trois produits présentent un mode d'évolution presque identique: àia surface de l'organe formateur del'ongle, de l'organe producteur du poil, et de l'organe générateur de l'épiderme, s'épanche un liquide exhalé des capillaires cutanés. Celui-ci se transforme en cellules ; et ces cellules, en
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se déplaçant, se transfonneiit à leur tour. Celles qui répondent à l'épi" derme s'aplatissent de plus en plus et donnent naissance à une laïue plus ou moins dense et résistante. Celles qui correspondent aux ongles s'aplatissent également ; seulement la lame qu'elles constituent est si dense et si dure, qu'elle présente l'aspect de la corne. Celles qui correspondent aux poils ne s'aplatissent pas ; elles s'allongent et au lieu de former des lamelles réunies en une seule lame, elles forment des filaments qui s'unissent pour constituer des fibres^ Dans les trois cas l'origine est donc la môme : c'est toujours \m liquide qui se transforme en cellules, et des cellules qui se modifient dans leur forme à mesure qu'elles s'éloignent de leur point de départ. Que cette modification ait lieu dans un sens ou dans un autre , qu'elle consiste en un aplatissement ou en un allongement, c'est là évidemment une différence d'une importance tout à fait secondaire.
Remarquons en outre que dans les trois cas les cellules externes sont les seules qui se modifient profondément; les internes s'éloignent beaucoup moins de leur conformation primitive. Aussi, tandis que de grandes différences d'aspect et de texture séparent les unes des autres la couche externe de l'épiderme, la couche externe de l'ongle et la substance corticale des poils, voyons-nous la lame profonde du premier, la iame profonde du second, et la substance médullaire des derniers ne différer que d'une manière peu sensible : car toutes trois sont molles ; toutes trois sont formées de cellules ou de noyaux de cellules encore empreints de leurs caractères primitifs'; toutes trois renferment des cellules pigmentaires ou des granules de pigment. — En passant de l'homme aux animaux nous verrions les produits épidermiques se multiplier sous les aspects les plus divers -, mais en consultant leur origine et leur texture nous retrouverions toujours les caractères essentiels du type dont ils dérivent.
Le système pileux n'est'pas également disséminé à la surface du corps : quelques régions sont abondamment pourvues de poils ; d'autres, plus nombreuses et plus étendues, semblent en présenter à peine (pielques vestiges. Cette répartition, toutefois, est beaucoup moins inégale qu'elle ne le parait à un examen superficiel. Certaines parties de l'enveloppe cutanée sur lesipielles on n'aperçoit d'abord aucune trace de poils sont loin, en effet, d'en être privées. La peau du tronc et des membres en est complètement recouverte ; iis y sont seulement un peu moins pressés que sur le cuir chevelu, autour des organes génitaux, dans le creux de l'aisselle, etc. La peau qui recouvre les ailes et le lobe du nez est semée de poils presque aussi rapprochés que ceux qui végètent au-devant des lèvres et du menton. Le pavillon de l'oreille, dont la peau est si mince et si douce au toucher, présente, lorsqu'on l'examine à la loupe, une véritable forêt de poils. Il en est de même de la peau plus mince et plus transparente encore qui correspond aux paupières. Le sein le plus blanc et le plus uni eu est ombragé et hérissé sur toute sa surface. Seules la paume des mains et la plante des pieds en sont totalement dépourvues.
Le système pileux chez l'homme est donc plutôt inégalement développé qu'inégalement réparti. Considéré sous ce point de vue, on peut le diviser en deux grandes fractions, dont l'une comprendrait les poils parvenus à leur entier développement, ou les poils proprement dits , et l'autre les poils rudimentaires ou poils de duvet.
Les 2)oîls occupent certaines régions détermniées ; les poils de duvet recouvrent la plus grande partie de l'enveloppe cutanée ; ce que les premiers gagnent du côté du développement, les seconds le gagnent du côté du nombre. Nous avons vu, en outre, que ces deux ordres de poils diffèrent par le siège de leurs racines. Toutes ces différences, cependant, ne suffisent pas pour élever entre eux une ligne de démarcation bien accusée ; car ils s'entremêlent sur un grand nombre de points; sur d'autres les poils restent longtemps à l'état de duvet et prennent ensuite un accroissement plus ou moins rapide: tels sont ceux des organes génitaux qui demeurent rudimentaires jusqu'à la puberté et qui se développent alors dans l'espace de quelques mois ; tels sont ceux des lèvres et de toute la partie inférieure de la face qui, simple duvet chez la femme pendant tout le cours de son existence, et chez l'homme jusqu'à Tàge de dix-huit ou vingt ans, entrent à cette époque dans la seconde période de leur évolution ; tels sont encore ceux de la face antérieure de la poitrine, et d'un grand nombre de régions qui ne dépassent jamais le premier degré de leur développement chez certains individus et qui arrivent à un développement con)plet chez d'autres. Conclusion : Le nombre total des poils qui végètent à la surface du corps est à peu pires le même aux divers âges, dans les deux sexes, chez tous les individus , et probablement aussi dans toutes les races humaines ; mais le nombre de ceux qui passent de leur première Cl leur seconde période est très variable. Ainsi s'expliquent :
1° Les différences que nous observons entre le système pileux de l'enfant et celui de l'adulte.
2° Celles qui distinguent le système pileux de la femme de celui de l'homme. Et toutes les variétés individuelles que nous offre ce même système.
3° Les différences beaucoup plus tranchées qui séparent le système pileux de l'homme de celui des mammifères. Chez ces derniers tous les poils arrivent à une évolution complète. Au lieu de recouvrir certaines régions plus ou moins limitées, ils recouvrent la périphérie totale de leur organisation. Au manteau protecteur que leur constitue la peau, se superpose un autre manteau bien plus propre à les protéger. En les exposant à toutes les injures du dehors et aux attaques de leurs nombreux ennemis, la nature a donc départi à leur enveloppe tégumentaire moins de sensibilité et plus de moyens de i-ésistance. En laissant l'homme presque nu elle a conservé à ses téguments une sensibilité plus exquise, sans le désarmer cependant ; car son intelligence était une armure qui pouvait suffire à sa protection : aussi le voyons-nous habiter et prospérer sur tous les points de la surface du globe, tandis que les espèces animales sont pour ainsi dire parquées sous telle ou telle latitude qu'elles ne sauraient franchir impunément.
Chez l'homme, le cuir chevelu est en quelque sorte le siège spécial du système pileux , d'où il suit que cette région, ainsi que le fait remarquer Bichat, est peu propre à exercer le sens du tact, soit parce que la présence des poils émousse la sensibilité en dérobant la peau à l'impression directe des corps extérieurs , soit à cause de sa forme arrondie qui ne lui permet d'entrer en contact avec ces corps que par une petite surface. — Le nombre des poils qui occupent cette région est variable. Quelquefois les cheveux sont si serrés qu'ils semblent se toucher. D'autres fois ils sont plus espacés
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et laissent facilement entrevoir le cuir chevelu. — Leur accroissement a des limites qu'ils ne dépassent pas ; mais le terme de cet accroissement est encore peu connu. On les voit souvent descendre jusqu'à la ceinture. On les a vus se prolonger jusqu'aux cuisses et même, suivant quelques naturalistes, jusqu'à la partie moyenne des jambes. Disséminés autour du tronc, ils forment alors un vêtement presque complet. — Leur étendue peut être considérée avec Bichat comme l'une des preuves les plus irrécusables qu'on puisse invoquer en faveur de la destination de l'homme à l'attitude bipède; car dans l'attitude quadrupède ils n'auraient pas seulement pour inconvénient de traîner à terre et de s'opposer au déplacement des membres antérieurs, ils s'étendraient comme un voile audevant des organes de la vision et rendraient ainsi toute locomotion impossible. Les cheveux diffèrent encore :
1^ Par leur forme. Les uns sont cylindriques, et se juxtaposent à la manière de filaments rectilignes , d'oîi le nom de cheveux plats qui leur a été donné. D'autres sont aplatis dans un sens et élargis dans le sens contraire ; à cette classe appartiennent tous les cheveux qui frisent, et particulièrement la chevelure du nègre. Le sens de l'aplatissement est toujours celui qui correspond à l'enroulement du cheveu.
2" Par leur diamètre. Il en est qui offrent ime grande ténuité ; il en est qui offrent une épaisseur relative beaucoup plus grande. Les premiers sont en général flexueux et ondoyants, les seconds plus ou moins roides et rectilignes.
3° Far leur résistance, qui paraît proportionnelle à leur diamètre ; pour les plus fins cette résistance est encore considérable. 11 n'est aucune partie dans l'économie, sans en excepter même le système fibreux, ipii soutienne un poids aussi lourd sans se rompre.
4° Par leur couleur, qui varie avec l'âge, les individus, le climat, etc. Cette couleur est ordinairement en harmonie avec celle de la peau. Les trois principales nuances sont le noir, le blond et le rouge de feu. « Tous le-. )> médecins, dit Bichat, ont fait entrer la couleur des clieveux parmi les 11 caractères des tempéraments. Le noir est l'expression de la force et de la » vigueur; une figure d'athlète avec des cheveux blonds serait presque »i ridicule. Ces derniers sont l'attribut de la faiblesse et de la mollesse : ils B (lottent sur la tête des figures que les peintres ont rendues étrangères aux » grandes passions, aux choses fortes et héroïques; ils se trouvent sur les » figures des jeunes gens dans les tableaux oîi les ris, les jeux, les grâces et » la volupté président aux sujets qui y sont exprimés. Ces deux nuances, le » noir et le blond, se trouvent distribuées dans les femmes en proportion » presque égale. Or réfléchissez à l'espèce de sentiment que ce sexe vous » inspire suivant celle qu'il a en partage ; vous verrez qu'une femuie blonde » fait naître un sentiment que semblent dicter la beauté et la faiblesse réu- » nies. Ce qui nous charme dans une femme brune, c'est au contraire l'al- » liance de la force et de la beauté. La beauté est donc un don qui nous » attire, mais qui, modifié diversement par les formes extérieures, nous » attire en nous touchant, en nous intéressant, etc. Des yeux ofi se peint i> la langueur sont fréquemment associés à des cheveux blonds ; tandis que » les cheveux noirs se rencontrent presque toujours avec ceux dont la viva- )« cité, l'éclat, semblent annoncer un surcroit de vie qui cherche à se ré- » pandre, »
Les clieveux, ainsi que toutes les autres dépenJances du système pileux, sont à la fois flexibles et élastiques. On peut modiiier leur direction de mille manières ; abandonnés à eux-mêmes, ils reviennent toujours à celle qui leur ei-t propre. — Soumis à une extension lente et graduelle ils se laissent allonger d'un cinquième, d'un quart et même d'un tiers de leur longueur ; après cette extension ils ne reprennent pas tout à fait leur longueur primitive : celle-ci se trouve accrue d'un dix- septième dans le premier cas, d'un dixième dans le second, d'un sixième dans le dernier, d'après les recherches de We])er. — D'après celles de Wiîhol un poil de moyenne grosseur peut supporter un poids de 6 0 grammes.
Dans quelques circonstances extrêmement rares, on a vu les cheveux devenir électriques sous l'influence du frottement et fournir des étincelles accompagnées d'un bruit de crépitation. Ce phénomène, depuis longtemps observé sur le pelage du chat et de quelques autres quadrupèdes, a été constaté aussi chez l'homme. Eble en a rassemblé plusieurs observations. J'ai pu en recueillir aussi un exemple très remarquable il y a plusieurs années sru" un homme de trente-six ans. Chaque fois qu'il passait les dents d'un peigne, ou simplement les doigts de l'une de ses mains dans sa chevelure, une multitude d'étincelles en jaillissaient aussitôt ; mais le fluide électrique s'épiiisait bientôt, et après avoir renoraelé l'exiiérieiice trois ou quatre fois la source en éiait mon^entanément taiie ; !e lendemain, ou quelques jouis après, le phénomène se reproduisait dans les uièmes conditions. Ce dégagement anormal d'électricité a duré trois mois seulement; il n'était accompagné du reste d'aucune maladie, d'aucune modification dans l'exercice des fonctions cérébrales. Je dois ajouter cependant qu'il était surtout remarquable après un travail intellectuel un peu prolongé.
Les poils attirent l'humidité; en s'humectant ils augmentent de longueur. Lorsque l'air devient sec ils perdent une partie de leur humidité et on les voit alors se raccourcir. C'est sur l'étude alternative de ces phénomènes que Th. de Saussure a fondé la construction de son hygromètre. Les variations de longueur que peuvent subir les poils sous i'innuence des divers états de sécheresse et d'iiumidité de l'atmosphère ne sont cependant pas très considérables. Un cheveu qu'on a dépouillé de sa graisse en le plongeant dans une solution bouillante de soude ne s'allonge, depuis la plus grande sécheresse jusqu'à la plus grande humidité, que de la quarantième partie de son étendue.
Les acides, lorsqu'ilssont concentrés, dissolvent les poils. Lapotasse catistique les dissout également. — Le chlore lesblanchit. — Divers sels métalliques les colorent de la même manière qu'ils colorent l'épiderme ; une solution d'azotate d'argent les brunit; quelques sels les noircissent. — Exposés à la flamme d'une bougie, ils se con:ouriient, brûlent en exhalant une odeur de corne et se convertissent en charbon. — Incinérés et soumis à l'analyse, on les trouve composés : d'oxyde ferriiue, de quelques traces de manganèse et de fer, de sulfate, de phosphate et de carbonate de chaux.
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