‹ Manuel d'anatomie descriptive et de préparations anatomiques (volume 2)Chapitre 85 sur 133 · SENS DE L'OUIE · texte numérisé non relu

SENS DE L'OUIE

Le sens de l'ouïe est celui qui nous fait connaître les monvements vibratoires imprimés aux corps qui nous entourent. Communiqués à l'atmcsphère et ensuite transuiis jusqu'à nous, ces mouvements vibratoires traversent une série de cavités situées sur les parties latérales de la base du crâne et viennent en définitive ébranler des pai'ties membraneuses sur lesquelles s'épanouissent les dernières divisions des nerfs acoustiques.

La première cavité que rencontrent les ondes sonores est une lame infundibuliforme dont la base s'incline en dehors et en avant, tandis que son sommet prolongé en tube se porte en dedans. La forme et l'extrême élasticité de cet infundibulum attestent suffisamment sa destination : il recueille les sons qui nous frappent et les concentre sur un espace de plus eu plus étroit en les dirigeant vers la partie sensitive de l'appareil auditif.

A cette lame succède une cavité remplie d'air et irrégulièrement cylindrique dont les deux parois opposées sont reliées l'une à l'autre par une chaiue d'osselets articulés entre eus. Le contour et la forme de cette seconde cavité ont permis de la comparer à une caisse militaire, d'où le nom de caisse du tympan sons lequel elle est connue. Située au centre de la base du rocher entre les parties externe et interne du sens de l'audition, c'est-à-dire entre la partie qui recueille les sons et celle qiii en reçoit l'iînpression, elle a pour usage, non seulement de transmettre à cette dernière les vibrations sonores qui lui arrivent, mais encore de modifier ces vibrations, en les modérant lorsqu'elles sont trop intenses et en les renforçant lorsqu'elles sont tropiaibles. Son rôle, par conséquent, est celui d'un appareil de perfectionnement. Cet appareil n'appartient qu'aux vertébrés à respiration aérienne.

Au delà et un peu en arrière de la caisse du tympan, dans la partie la plus épaisse et la plus dure du rocher, existe un petit groupe de cavités qui renferment chacune un liquide transparent, et une ampoule ou une lame membraneuse sur laquelle viennent se perdre les xamifications tei'minales des nerfs de l'audition. L'une de ces cavités présente une forme ovoïde : c'est le vestibule : trois revêtent l'aspect de tubes curvilignes : ce sont les canaux demi-circulaires ; une antre, de configuration conique, s'enroule autour d'un axe à la manière de la coquille de certains mollusques : c'est le limaçon. — Toutes ces cavités communiquent entre elles et représentent ainsi une sorte de labyrinthe.

Le vestibule occupe le centre de ce petit labyrinthe. Il en constitue la partie la plus large. C'est dans l'ampoule qu'il renferme que viennent se terminer les principales divisions du nerf acoustique. Il représente par conséquent la partie essentielle ou fondamentale du sens de l'ouïe. Aussi parmi les organes qui composent ce sens est-il le premier qui apparaisse dans la série animale. — Dans les crustacés et les céphalopodes il forme à lui seul tout le sens de l'ouïe. — Dans les poissons, à côté du vestibule on trouve les trois canaux demi-circulaires. — Dans la plupart des reptiles , aux II. 43

cavités précédentes on voit se joindre un rudiment de limaçon, et une caisse du tympan. — Dans les oiseaux le labyrinthe n'est pas plus développé que chez les reptiles, mais la caisse du tympan se prolonge chez eux dans l'épaisseur des os du crâne. — Tous les mammifères possèdent le vestibule, les trois canaux demi-circulaires et un limaçon complet; tous possèdent une caisse du tympan ; seuls ils possèdent une oreille externe.

Vue

raie du sens de l'ouïe.

Pavillon de l'oreille. — 2. Cavité de la conque sur les parois de laquelle on observe les orifices d'un grand nombre de glandes sébai e'es. — 3. Conduit auditif externe. — 4. Saillie anguleuse forme'e par riiiiion de la partie antérieure de la conque avec la paroi postéiieure du conduit auditif. — o. Emï ouchure des glandes certimineuses dont les plus internes déciivent une ligue courbe qui répond à l'origine de la portion osseuse du conduit auditif externe. — 6. Membrane du tympan et anneau fibreux élastique qui constitue sa circonférence, — 7, Partie antérieure de l'enclume. — 8. Marteau. — 9. Mauclie du marteau appliqué sur la face interne de la membrane du tympan qu'il entraîne en dedans vers la saillie du promontoire. — 10. Muscle interne du marteau , dont le tendon se refléchit à angle droit pour venir s'attacher à la pariie supérieure du manche de cet osselet. — H. Cavité du tympan. — 12. Trompe d'Eus tache dont l'extrémité interne ou guttuiale a été séparée par une section perpendiculaire à son trajet. — 13. Canal demi-circulaire supéiieur. — 14. Canal demi-circulaire postérieur. — 15. Canal demi-circulaire externe. ■ — 16. Limaçon. — 17. Conduit auditif interne. — 18. Nerf facial. — 19. Grand nerfpétreux superficiel partant du ganglion géniculé du facial Bipassant au-dessus du limaçon pour se rendre à sa destination. — 20. Branche Yesliljuliiire du nerf ticoustique, — 21. Branche cochléenne de ce nerf.

SPLANCHNOLOGIE. o07

De l'ensemble des faits et considérations qui précèdent, nous pouvons conclure :

1° Que le sens de l'ouïe n'arrive à son complet développement que dans les vertébrés supérieurs et qu'il se compose alors de trois parties principales : d'une cavité infundibuliforme ou oreille externe, de la caisse du tympan ou oreille moyenne, et du labyrinthe ou oreille interne ■

2" Que le rôle confié à chacune de ces parties est d'autant plus important qu'elles sont plus rapprochées de Tencéphale ;

3° Qu'en acquérant plus d'importance, elles sont aussi plus efficacement protégées par la situation qu'elles occupent.

Dans l'étude du sens de l'audition on pourrait procéder de sa partie fondamentale vers ses parties accessoires, ou de celles-ci vers ses parties essentielles. Le premier ordre est celui qui a été adopté par G. Cuvier. Le second, toutefois, nous paraît préférable ; c'est celui que suivent les ondes sonores et qu'ont suivi aussi la plupart des auteurs dogmatiques ; il aura en outre l'avantage de nous conduire du simple au composé. A l'exemple de Yalsalva, qui le premier a introduit cette division dans la science, nous étudierons donc successivement l'oreille externe , l'oreille moyenne et l'oreille interne.

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