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ANNEAUX FIBREUX

Ces anneaux, appelés aussi zones fibreuses, couronnent les orifices placés à la ba?c des ventricules ; deux sont antérieurs ou artériels , et deux postérieurs ou auriculo-ventriculaires.

Les anneaux artériels présentent un diamètre un peu inférieur à celui des vaisseaux auxquels ils sont unis ; cette disposition a pour résultat

' FiG. 120.

Jnnemix fibreux du cœur.

. Orifice aiuiculo-veiitricuîaire droit oblitéré par la valvule tricuspide. — 2. Annciiu fibreux circonsrrivaut cet orifice. — 5. Orifice auriculo-venlriculairc gauche ferme par la valvule mitrale. — 4. Anneau fibreux propre à cet orifice. — 5. Orifice veulriculo-aorti((ue et ses trois valvules, — 6. Oiifice ventriculopulmonaire et ses valvule?.— 7. Fibres musculaires naissant de la zone auriculoveulriculaire droite, — 8. Fibres musculaires partant de la zone auriculo-ven- Iriculaire gauche, — 9. Fibres musculaires inse're'es à la zone aorUque.

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un rctrécissement, U'autaut plus prononcé à l'orifice de l'aorte que cette artère immédiatement au-dessus de son origine présente trois renflements qui en augmentent notablement le calibre. Par lenr partie interne ces anneaux fournissent : 1" trois prolongements anguleux qui ont été signalés par M. Gerdy et qui remplissent les intervalles compris entre les trois festons d'origine des artères aorte et pulmonaire ; 2" trois prolongements libreux contenus dans la duplicature des valvules sygmoïdes,

La zone aortique renferme deux noyaux cartilagineux situés l'un à gauche , et l'autre à droite. La zone pulmonaire, placée à 10 ou 12 millimètres au-dessus de la précédente, est exclusivement fdjreuse ; la première regarde en haut et à droite, la seconde en haut et à gauche.

Les anneaux auriculo-ventriculaires sont moins caractérisés que les précédents dont ils diffèrent aussi par leur position; tandis que ceux-ci s'inclinent en dehors , ceux-là s'inclinent en arrière. De leur circonférence interne naissent des prolongements qui vont occuper l'épaisseur des valvules tricuspide et mitrale. Ils sont fortifiés soit par des filaments tendineux qui viennent s'y terminer directement, soit par les tendons qui s'insèrent sur la face ventriculaire des valvules, tendons qui, après avoir atteint ces replis, cheminent dans leur épaisseur, et arrivent juscju'à leur bord acHu'rent. L'espace angulaire qu'ils interceptent en avant est occupé par la zone aortique, de telle sorte que ces trois anneaux, situés à la même hauteur, s'adossent entre eux; les noyaux cartilagineux que présente la zone aorfrique correspondent au point de contact de cette zone avec les deux autres ; il est assez fréquent de voir ces deux points s'encroûter de phosphate calcaire, et simuler une concrétion osseuse plus ou moins rudimentaire (lui est normale dans les grands animaux, et que quelques auteurs anciens ont décrite sous le nom d'os du cœur.

FÎDRES MUSCILMRES.

Préfxiralion. X" SoiiineLtre le cœur ;\ l'aclion de rcaii ])oudl;mte iieiidaul une demi-lieure , ou Lien le faire mace'ier pendant quelque temps soiL dans une solution modérément; coneentree d'acide azotique, soit dans l'alcool ; une demi-pulrefaction devient très souvent aussi une condition a^'anlageuse pour celle e'iude ; 2° enlevez la membrane externe de l'organe en procédant par voie d'arracliemenl et en suivant la direction des filjres; 5° après avoir observe' les plans musculaires superficiels, incisez-les dans la direction des sillons venlriculaires , puis écartez avec ménagement les pai'ties situe'iS à droite et à gauche de celle incision, vous réussirez à les désunir et à séparer les deux cœurs.

Vers le milieu du xvii^ siècle, Nicolas Sténon démontra : 1" que les fibres dn cœur comme celles de tous les autres muscles sont charnues à leur partie moyenne et tenLlineuscs à leurs extrémités ; 2" (pie tontes ces fibres partent des orifices ventriculaires ; 3" que, superficielles et descendantes à leur point de départ, elles se rénéchisseat à travers la pointe du cœur pour devenir ensuite ascendantes et profondes; 4° que par leur disposition spiroïdc à la pointe du cœur elles interceptent un orifice qui n'est fermé qtie par l'adossement des séreuses ; 5° enfin (preu étalant cette pointe, elle prend la forme d'une étoile.

En présence de résultats si précis , il faut reconnaître que si Sténon n'a pas résolu complètement le problème de la texture du cœur , il a du moins l'éuai les tloiuiées les plus importantes pour arriver à cette solution ; aussi

ses travaux se retlètent-ils dans les écrits de tous ses successeurs, bien que son nom ait été trop souvent laissé dans l'oubli.

Lower, qui écrivait à la même époque, nous a légué sur l'arrangement général des fibres musculaires du cœur une formule incomplète, mais lieureuse cependant, en avançant que toutes ces fibres forment des anses dont une des brandies s'insère à la circonférence externe des anneaux fibreux, tandis (jue l'autre se fixe à leur circonférence interne.

Mais Wlnslow a été mieux inspiré encore lorsqu'il a dit : « le cœur est com-posé de deux sacs miisculciix, renfermé dans un troisiéine également musculeux, )) il nous paraît difficile, en effet , de trouver pour une structure aussi compliquée , une définition plus simple et plus claire.

Depuis Winslow, de nombreuses recbercbes ont été faites sur le même sujet ; parmi les auteurs qui ont le plus contribué à l'élucider nous devons citer Senac , Wolf , M. Cruveilbier et surtout M. Gerdy, dont les travaux entrepris sur une plus large base , établirent qu'il n'existe nulle part dans l'économie des tissus musculaires inextricables.

Avant d'étudier dans leur ensemble et leurs rapports les fibres constitutives du cœur, il importe de les considérer d'aboi'd en elles-mêmes ; nous verrons ensuite commentelles s'unissent pour constituer des faisceaux, comment ces faisceaux se groupent pour constituer des coucbes, conunent ces couches se superposent pour constituer les ventricules et les oreillettes.

1° Des fibres musculaires du cœur considérées eu elles-mêmes.

L'analyse microscopique nous a appris qu'il existe deux espèces de fibres musculaires : l'une qui est dite striée , articulée ou variqueuse ^ l'autre (pron appelle par opposition fibre lisse, inarticulée, non variqueuse. La première se montre dans la plupart des muscles de la vie animale; elle est rouge, décomposable en fibrilles plus ténues, arrondie ou polyédrique et revêtue d'une gaîue propre. La seconde qui appartient au contraire aux muscles de la vie organique, est d'un rose pâle , non décomposable en fibrilles, légèrement aplatie, et sans enveloppe spéciale.

Le cœur faisant partie des muscles viscéraux, il n'était pas sans intérêt de recbercher si les fibres dont il se compose présentent tous les caractères de celles ([ui constituent les autres muscles de la même classe. L'observation a démontré qu'il n'en est pas ainsi ; sous ce point de vue l'agent d'impulsion du sang , bien qu'il représente le centre de la vie nutritive , est une exception remarquable au fait général que nous avons énoncé. Cet organe (pii se rapproche des muscles volontaires par sa cliarpente fibreuse, par les tendons termiuaux de ses fibres, et par sa couleur rouge si prononcée, se compose presque entièrement de libres articulées ou vari(pieuses ; on trouve seulement quelques fibres lisses ou inarticulées sous les séreuses qui tapissent ses surfaces.

Ainsi, par rensc!îd)le de leurs caractères, les fibres nmsculaires du cœur ne paraissent pas différer de celles des muscles locomoteurs; cependant elles s'en distinguent sous un rapport : elles sont dépourvues de gaine, sinon de celte gaine spéciale dont parlent les micrograpbes, au moins de toute gaine celluleuse ; et à ce sujet remarquons que les fibres des muscles volontaires pouvaient être appelées à se contracter isolément les unes des autres ; elles devaient i)ar conséquent demeurer indépendantes ; de là

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l'existence d'une gaine isolante autour de chacune d'elles. Mais les libres du cœur ne sont pas destinées à se contracter isolément ; leur contraction devait être constamment simultanée ; il importait donc qu'elles fussent dépouillées de ce caractère d'indépendance pour être au contraire étroitement solidarisées dans leur action ; de là, l'absence d'une gaine isolante à leur surface; de là, leur enchaînement réciproque et la disposition en apparence inextricable qu'elles présentent, disposition soumise elle-même à cette loi générale , qui veut que partout où il y a un mouvement à imprimer, la fibre musculaire apparaisse avec ses propriétés essentielles , et qu'immuable en quelque sorte clans sa constitution intime, elle se modifie à l'infini clans sa forme, pour s'harmoniser avec la fonction qu'elle doit servir. Cette loi récemment mise en lumière par M. le professeur Denonvilliers, dans son parallèle des muscles extérieurs et intérieurs est écrite pour ainsi dire sur tous les organes doués de la faculté de se contracter, mais c'est dans la structure du cœur qu'elle trouve sa plus haute expression.

L'absence d'une gaine celluleuse autour des fibres du cœur a aussi pour conséquence, une plus grande homogénéité du tissu qui le compose, et une cohésion plus prononcée ; cette dernière propriété lui permet de résister à l'influence de l'ébullition plus longtemps que les autres muscles.

2' Des fibies musculaires du cœur considérées dans leur mode d'association.

Ces fibres se réunissent soit par simple juxtaposition, soit en s'inclinant les unes vers les autres et en se confondant par une de leurs extrémités, soit en s'entrelacanl par leurs parties terminales , leur partie moyenne demeurant indépendante ; on voit aussi quelquefois plusieurs fibres s'insérer obliquement à un filament tendineux, et affecter une dispositiou qui rappelle celle des muscles penniformes; les faisceaux résultant de ces diverses agglomérations de fibres sont tantôt aplatis et de forme rubanée, comme ceux qu'on observe sur les oreillettes , tantôt arrondis et cylindriques, coniques ou filiformes comme ceux que nous voyons naître en si grand nombre de la surface interne des ventricules.

Les bandelettes ou les faisceaux musculaires du cœur se groupent en se confondant le plus souvent , par une de leurs extrémités ; d'autres fois deux faisceaux qui marchent parallèlement s'envoient sur divers points de leur trajet des bandelettes qui les lient l'un à l'autre ; dans quelques circonstances assez rares , il s'opère entre les faisceaux parallèles un échange réciproque que M. Cruveilhier compare judicieusement à celui que nous présentent les piliers du diaphragme. Ces comnuuiications soit entre les divers faisceaux d'une même couche, soit entre les faisceaux de couches différentes, ont pour effet non seulement de donner naissance aux couches , mais encore d'unir ces dernières les unes aux autres, et d'enchaîner entre elles toutes les parties constituantes du cœur, ou en d'autres termes , de grouper toutes les forces qui doivent concourir à l'impulsion du sang, en une force unique, dont l'action devient à la fois plus [tuissante et plus précise.

Les couches en se superposant forment un tissu stratifié; Wolf, qui a tenté d'en faire le dénombrement, porte le chiffre de ces couches à six pour le ventricule gauche, et à trois seulement pour le ventricule droit;

mais elles sont si intimement nnies par les faisceaux qni passent de Tune à l'autre, que la détermination précise de leur nombre paraît presque impossible ; celles qui occupent la surface extérieure du cœur , sont plus épaisses et reliées entre elles par la séreuse externe ou le i^éricardcj celles qui répondent aux cavités du coeur sont inégales et tapissées par les séreuses internes ou les endocardes, qui se dépriment pour pénétrer profondément dans les aréoles qu'interceptent les colonnes charnues.

Ces couches n'offrent pas toutes la même étendue, et il est facile de se rendre compte de ce fait en remarquant qu'elles sont les unes enveloppantes les aîitrcs enveloppées; en ordre ces dernières ne descendent pas jusqu'à la pointe du cœur, de telle sorte que c'est au niveau de celte jîointe où elles sont le moins nombreuses, tandis qu'elles sont au contraire toutes représentées vers la base de l'organe , ce qui nous explique la plus grande épaisseur de cette base et la forme conique des ventricules.

Un autre phénomène qui se rattache à l'étude de ces couches est l'entrecroisement (lu'elles présentent; si le cœur par un grand nombre de ses caractères se rapproche des muscles extérieurs, par celui-ci il appartient essentiellenient aux muscles viscéraux dans les{iuels ce phénomène d'entrecroisement est constant et inhérent à la nature même de leurs fonctions.

5° Des filn-es miiscultiires du cœur considérées daus leur dircclion et leurs rapports.

Le canu- étant formé de deux sacs musculeux contenus dans un troisième musculeux aussi , on voit par cette seule donnée que les fibres qui le composent se divisent en deux ordres , les unes propres à chaque sac musculeux, les autres communes aux deux sacs.

Les fibres con7munes s'enroulent autour des fibres propres à la manière de ces toiles fibreuses qui engainent la plupart des muscles. Leur rôle est d'enchaîner le cœur droit au cœur gauche, en formant une sorte d'aponévrose contractile, (pii pour mieux assujettir les organes qu'elle renferme, se durcit sur eux au moment même oîi ceux-ci se contractent. Ce rôle des fibres communes a été très bien défini par M. Gerdy lorsqu'il les a désignées sous le nom si éminemjnent vrai de fihres unitives.

Ces deux ordres de fibres diffèrent suivant qu'on les examine dans les ventricules et les oreillettes.

A. Fibres musculaires des ventricules.

Les fibres 2^''opres des ventricules composent par leur ensemble deux cylindres creux, parallèles et adossés l'un à l'autre comme ceux qui forment le canon d'un fusil double; parleur extrémité supérieure ces cylindres correspondent aux orifices auriculo-ventriculaires; parleur extrémité inférieure ils regardent la pointe du cœur, dont ils demeurent assez éloignés, surtout celui du côté droit. Les fibres qui leur donnent naissance .^e contourneraient à la manière d'une spire selon Senac ; mais l'observation ne permet pas d'admettre cette disposition spiroïde; nous avons cru remarquer avec M. le pi'ofesseur Gerdy :

1° Que toutes ces fibres forment des anses attachées par leurs extrémités aux zones artérielles et auriculo-ventriculaires ;

3" Qu'elles s'enibrassent toiUes les unes les autres dans les parois de

ANGElOLOGiE,

l'organe, comme des cornets de papier d'inégale grandeur, dont les plus petits seraient régulièrement emboîtés dans les plus grands et qu'on aurait aplatis en une lame triangulaire ;

Les fibres communes ou unitives sont antérieures et postérieures.

Les fibres unitives antérieures recouvrent tonte la face sternale du cœur, et les libres unitives postérieures toute sa face diapbragmatique.

Les premières partent soit de la zone pulmonaire, soit des deux zones situées à la b^se du ventricule aortique, pour se diriger en bas et à gauche

FlO. i?!.

Fibres miisculnires des ventricules.

. Fibres unitives nnlériearL-s el superficielles se ditigeanl en lins et à g;nichc vers la pointe tin cœur. — 2 Fibres propres du ventricule gauche.— 5, Fibres unilives ante'rieures et profondes remonlaul vers la liase du ventiicule gauche iipres s'être contourne'es et létle'chies à la pointe du cœur.— 4. Filires unitives antérieures se tordant sur elles-mênies et se rcflcchissaut de lias eu haut pour pene'trer dans le ventricule sanchc.

vers la pointe du cœur, et les secondes des zones auriculo-ventriculaires pour se porter en bas et à droite, vers le bord tranchant de l'organe.

Parvenues à la pointe du cœur les antérieures se contournent autour de l'axe prolongé du ventricule gauche , puis se réfléchissent de bas en haut, pénètrent dans ce ventricule par son oritice inférieur, et reviennent aux zones aortique et auriculo-ventriculaire gauche.

Arrivées au bord tranchant du cœur, les postérieures s'engagent sous les précédentes, remontent obliquement de différentes hauteurs vers i'oritice inférieur du ventricule droit, pénètrent dans ce ventricule et se hxent aux zones pulmonaire et auriculo-ventriculaire droite.

Les unes et les autres forment donc des anses.

Toutes ces anses se groupent autour de deux faisceaux.

Chacun de ces faisceaux unit ifs présente une partie superficielle ou descendante , qui revêt la forme d'un plan , et une partie profonde ou ascendante, qui revêt la forme d'une gerbe.

Les cylindres produits par les libres propres des ventricules occupent l'angle de réflexion de ces faisceaux ; le cylindre gauche est logé dans l'angle de réflexion du faisceau unilif antérieur, et le cylindre droit dsns l'angle de réflexion du faisceau unilif [lostérieur, d'où il suit que si les faisceaux unitifs enlacent ces cylindres par leur partie descendante , les cylindres à leur tour embrassent ces uièmes faisceaux dans leur partie réfléchie, double enclievétrement (jui devient un puissant moyen d'union pour les ventricules et qu'on peut exprimer en disant que les trois sacs musculeux du cœur , représentent chacun une cavité à la fois contenue et contenante.

En se rélléchissant par un trajet spiroïde autour de l'axe du ventricule gauche, les fibres unitives antérieures- circonscrivent un orifice , ou plutôt un canal, par lequel on peut faire pénétrer un stylet dans ce ventricule ; nous avons déjà vu (pie la réflexion de ces fibres , les spires qu'elles décrivent et le canal qu'elles interceptent avaient été très bien observés par Sténon, qui comparait la pointe du cœur, lorsqu'elle est déplissée, à une étoile; cette pointe avait aussi fixé l'attention de Lower qui l'a fait représenter sous la figure d'une circonférence à rayons courbes, et de Senac qui s'est servi pour la définir de l'expression de rose tournante ; M. Gerdy a exprimé la même pensée d'une manière plus heureuse en disant qu'au sommet du cœur les fibres se contournent en tourbillon ; cette image, en effet, exprime à la fois, et l'orifice infundibuliforme que présente ce sommet, et les spires qui le circonscrivent, et la marche ascendante des fibres dans la cavité du ventricule.

Les fibres unitives postérieures présentent un mode de réflexion qui n'a été bien décrit que par M. Gerdy ; ce n'est pas seulement au niveau de l'extrémité inférieure du ventricule droit que ces fibres se réfléchissent , mais sur la plus grande partie du bord droit du cœur; elles ne se contournent pas en tourbillon; elles forment des anses simples d'autant plus longues qu'elles répondent à un point plus rapproché du sommet de l'organe ; cette différence dans la manière dont se comportent les fibres communes antérieures et postérieures nous explique la brièveté comparative du ventricule droit.

Parvenues dans l'intérieur des ventricules les fibres unitives se terminent différemment : les unes forment des anses simples avec leur portion super-

ANGÉIOLOGIE. 363

t'.ciolle , (Vauti'os se contournent en 8 de chiffre , d'autres forment les colonnes cliarnues du cœur.

1° Les fibres à anses appartiennent par leur moitié superficielle et par leur moitié profonde à des veittricules différents et à des parois opposées ; ainsi les fibres à anses qui répondent par leur branche descendante à la paroi antérieure du ventricule droit , se jettent par leur branche ascendante dans la paroi postérieure du ventricule gauche , et réciproquement.

2° Les fibres en S de chiffre, se confondent par leur pai'tie superficielle avec les fibres précédentes , et appartiennent par leur partie profonde à des ventricules différents, et à des parois semblables; ainsi celles qui répondent par leur moitié superficielle à la paroi antérieure du ventricule droit, se terminent par leur moitié profonde dans la paroi antérieure du ventricule gauche; ces fibres ont été niées par Winslow ; nous croyons avec M. Gerdy qu'elles n'existent pas dans le ventricule droit ; mais leur existence est incontestable pour le ventricnle gauche. Dans le 3 de chiffre qu'elles décrivent, l'anneau inférieur extrêmement resserré, est représentii ])ar l'orifice qu'on voit à la pointe du cœur, au centre des fibres tourb:llonnces.

3° Lts fibi-es qui donnent naissance aux colonnes charnues sont tantôt disposées en anses et tantôt contournées en 8 de chiffre.

La cloison des ventricules n'a pas d'existence propre ; elle est formée de fibres appartenant les unes au ventricule droit, les autres au ventricule gauche ; Winslow a démontré ce fait par la séparation des deux cœurs.

B. Fibres musculaires des oreillettes.

Les oreillettes se composent aussi de fibres qui sont propres à chacune d'elles, et de fibres qui leur sont communes ; toutes s'insèrent aux zones auriculaires.

ï. Fibres propres à VorelUeiie droite. Elles ne forment pas un plan continu, mais des faisceaux multiples, savoir :

1° Une bandelette qui entoure l'orifice auriculo-ventriculaire droit.

2° Une autre bandelette jetée en écharpe autour de la veine cave supérieure.

3"^ Un sphincter pour la veine cave inférieure.

4° Un faisceau demi-circulaire interposé à la veine cave supérieure et i^ l'auricule droite.

5° A la partie antérieure de l'oreillette , une série de faisceaux très prononcés qui s'entrecroisent assez régulièrement , en formant un tissu réticulé.

6° Dans l'auricule des colonnes charnues disposées sans ordre déterminé.

II. Fibres propres à Voreillelie gauche. Elles forment une couclie non inteiTompue, dans laquelle on distingue :

1° Un ruban qui circonscrit l'orifice auriculo-ventriculaire gauche.

2" Une bandelette intermédiaire à l'auricule et aux veines pulmonaires gauches.

3° Une anse très large , qui embrasse toute la partie de l'oreillette comprise entre les veines pulmonaires droites et gauches.

4" Un sphincter pour cliacune des quatre veines pulmonaires. 5" Des faisceaux irrégulièrement disséminés sur les parois de l'auricule et produisant un tissu aréolaire.

III. Fibres communes ai(x deux oreillettes . Elles sont beaucoup moins nombreuses que les fibres propres, et composent une simple bande appliquée sur la face antérieure de ces appendices et étendue de l'auricule droite à l'auricule gauche.

Dans la cloison inter-auriculaire on trouve aussi quelques fibres musculaires ; les plus apparentes occupent l'épaisseur de l'anneau de Yieusscns, dont elles font un sphincter incomplet.

FiG. 122,

Fibres musculaires des oreillettes.

. Oreillelle droite. — 2. Orifice de la veine cave infe'iieiire. — 3, EmI)Oucliure de la veine cave supérieure. — 4. Embouchure de la veine coronaire dans roreillelte droite. — 5. Oreillette gauche. — 6,6. Veines pulmonaires gauches. — 7,7. Veines i ulmonaires droites. — 8,8. Faisceaux charnus circonscrivant les orifices auriculo-venlriculaircs droit et gauche. — 9. Fibres musculaires entourant l'orince de la veine cave supérieure, — 10. Fibres musculaires propres à l'orifice de la veine cave iufe'rieiire. — II. Filires musculaires séparant les veines pidmonaires drcites et gauches. — 12, 12, !2, 12. Fibres circulairement dispose'es aulour de l'emLcuchure des veines pre'ce'denles.

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