ARTÈRE S0US-CL4VIÈRE
L'artère sous-clavière naît à droite du tronc brachio-céphalique, à gauche de la crosse de l'aorte , et s'étend jusqu'à la partie moyenne de la clavicule, où elle change de nom , en se continuant à piein^canal et sans aucun,' ligne de démarcation avec l'axillaire.
Différentes par leur origine , les sous-davières diffèrent aussi par leur longueur, leur direction et leurs rapports.
1° Différence de longueur. La sous-clavière droite est yjlus courte qu'î la gauche , de toute la longueur du tronc brachio-céphalique à laquelle il faut ajouter l'inégalité qu'on observe sous le rapport de la hauteur entre l'origine de ce tronc et celle de la sous-clavière gauche.
2° Différence de direction. La sous-clavière droite, oblique en haut et en dehors à son origine, horizontale dans sa partie moyenne, puis oblique en dehors et en bas à sa terminaison, décrit une courbure dont la cavilé regarde directement en bas ; — la sous-clavière gauche, verticale à son point de départ et horizontale dans ses deux tiers externes, décrit un angle droit ou obtus, dont le sinus est tourné en bas et en dehors.
3° Différence de rapports. Elle porte seulement sur la première portion de ces artères , c'est-à-dire sur celle qui s'étend depuis leur origine justpi'aux muscles scalènes. Dans l'intervalle de ces muscles, et dans le trajet qu'elles suivent depuis cet intervalle jusqu'à la clavicule, leurs rapports sont identiques.
A. Piapports de la première portion de la sous-clavière droite. Elle répond : en avant, à l'extrémité interne de la clavicule, à l'articulation sterno-claviculaire, aux muscles stcrno-hyoîdien et sterno-lhyroïdien, à l'angle de réunion de la veine jugulaire interne avec la veine sous-clavière, aux nerfs pneumo-gastrique , diaphraginatique et grand sympathique du côté droit.
En arrière, à l'apophyse transverse de la septième vertèbre cervicale et au nerf récurrent ;
En dehors, au feuillet droit du médiastin qui la sépare du poumon ;
En dedans, à la carotide primitive corresi)ondante dont elle s'éloigne bientôt pour se porter en dehors, en sorte que ces deux artères sont séparées par luî espace triangulaire.
a'. Jiapports de la première portion de la sous-clavière gauche. Étant plus longue , cette portion offre des rapports plus étendus avec la
(1) Pour complclor VclLide dos ailcies tic renci'jilialo , voyi'z hi dcsci ij>liuii de 1 a pallie lerniinale do railcie vcilcljiale ( ptiges I4i, 14:; cl !4ti).
ANGElOLOtjlE. 113
lilcvre et le pouuion. — Étant verliealement dirigée, elle ne forme plus un angle avec la carotide primitive correspondante, elle lui devient parallèle, ainsi ([u'anx nerfs pneumo-gastrique , diaphragmatique et grand synipatliiipie gauches. La veine sous-clavlère la croise au contraire à angle droit. — Naissant delà partie la plus reculée de la crosse de l'aorte, elle s'éloigne du sternum et de la clavicule pour s'appliiiuer sur la colonne vertébrale.
B. Rapports des sous-clavicrcs entre les sealcnes. Elles reposent en bas sur la partie moyenne de la première côte creusée d'une dépression (pie limitent deux tubercules dont l'interne plus considérable donne attache au tendon du scalèue antérieur et devient un point de repère important à connaître dans la ligature de ces artères, — En haut , elles répondent à l'intervalle des deux scalènes qui se rapprochent pour les recouvrir; — en avant, elles s'adossent au scalène antérieur qui les sépare de la veine sous-clavière ; — en arrière, elles sont en contact avec les cordons du plexus brachial et le scalène postérieur.
C. l\apports des sous -clavier es dans le trajet qu'elles iiarcourent des scalènes à la clavicule. Elles correspondent : en avant, à la clavicule dont les séparent la veine sous-clavièrc qui leur est accolée et le muscle sous-clavier; — en arrière, au plexus brachial; — en haut, au peaucier, à l'aponévrose cervicale, à la peau et à l'artère scapulaire supérieure ; — en bas, à la première côte.
Branches collatérales. Au nombre de sept : Deux supérieures, la vertébrale et la thyroïdienne inférieure; Deux inférieures, la mammaire interne et \ intercostale supérieure; Trois externes, la scapulaire postérieure ou cervicale transverse , la scapulaire supérieure et la cervicale profonde.
1° Artère vertébrale. Née' en haut et en arrière du tronc de la sousclavière, elle se distribue principalement à la moelle épinière, au bulbe raclndien, à la protubérance annulaire, au cervelet et à la partie postérieure du cerveau. On voit assez fréquemment la vertébrale gauche naître directement de l'aorte , entre la carotide primitive et la sous-clavière du même côté.
Cette artère se dirige verticalement en haut entre le scalène antérieur et le long du cou, derrière la thyroïdienne inférieure, et pénètre bientôt dans le trou creusé à la base de rapoi)hyse transverse de la sixième vertèbre cervicale , (pielquefois seulement dans celui de la cinquième , de la quatrième et même de la troisième vertèbre du cou, très rarement dans celui de la septième. Elle parcourt ensuite le canal moitié osseu;; moilié musculaire que lui forment d'une part la série des trous pratitiués à la base des apophyses transverses des vertèbres cervicales, de l'autre les muscles intertransversaircs du cou , et arrive ainsi en passant au-devant des nerfs cervicaux et en décrivant de légères sinuosités jusqu'à l'axis. Là elle change de direction pour former deux courbures remaripiables, l'une verticale qui s'étend de la seconde à la première vertèbre: l'autre horizontale (pii contourne la partie postérieure de la niasse articulaire de l'atlas. Après avoir décrit ces deux courbures dont la concavité regarde en dehors pour la première et en avant pour la seconde , la vertébrale traverse la dure-iiière entre l'arc [lostérieur de l'allas et l'occipilal. passe sur
4i4 ANATOMIE.
les parties latérales, puis en avant du bulbe rachidien, et se réunit à celle du côté opposé au niveau du sillon qui sépare ce bulbe de la protubérance annulaire; de cette réunion naît le tronc basilaire.
Branches collatérales. Elles sont nombreuses, mais très grêles; les unes naissent de la portion cervicale de la vertébrale, ce sont des branches spinales, et des branches musculaires; les autres de sa portion intracrânienne , ce sont la méningée postérieure , les artères spinales postérieure et antérieure, et l'artère cérébelleuse inférieure et postérieure.
1° Branches spinales. Au nombre de quatre, cinq ou six, elles pénètrent dans le canal racbidien par les trous de conjugaison, et se distribuent comme les rameaux spinaux des artères postérieures ou pariétales de l'aorte; il n'est pas rare de voir l'artère cervicale ascendante fournir une ou plusieurs de ces branches.
2° Brandies musculaires. Leur nombre est indéterminé et leur volume d'une grande ténuité, quoique variable. Destinées aux muscles prévertébraux, aux inter-transversaires, aux grand et petit obliques de la tête, auï grand et petit droits postérieurs, ainsi qu'aux deux complexus, elles s'anastomosent soit avec la cervicale ascendante , soit avec ia pharyngienne inférieure, soit enfin avec l'occipitale.
3° Méningée postérieure. Elle se détache de la vertébrale dès que cette artère a traversé la dure-mère rachidienne, quelquefois même avant qu'elle ait pénétré dans le canal vertébral et se porte aussitôt en avant et en dehors pour se ramifier sur la dure-mère qui tapisse les fosses occipitales inférieures, en s'anastomosant avec le rameau méningien fourni par la pharyngienne inférieure.
4° Jrtére spinale postérieure. Très petite et flexueuse, elle part de la vertébrale au moment où celle-cî contourne les parties latérales du bulbe rachidien, et quelquefois de la cérébelleuse inférieure et postérieure. Dans l'un et l'autre cas l'artère spinale postérieure se porte en bas et en arrière , donne un petit rameau ascendant qui se rend sur les côtés du quatrième ventricule , et se divise en deux branches situées l'une en dedans , l'autre en dehors des racines postérieures des nerfs spinaux.
Ces branches s'anastomosent de manière à former un petit plexus qui enlace la série de ces racines ; elles s'épuiseraient bientôt si les artères spinales du cou par leur division en rameaux ascendant et descendant et les communications établies entre leur partie terminale d'une part, et la succeesion de ces rameaux de l'autre, ne les prolongeaient jusqu'à la partie inférieure de la colonne cervicale.
Au dos et aux lombes les spinales postérieures sont prolongées de la même manière par les rameaux spinaux des branches pariétales de l'aorte.
De ces deux longues artères mesui'ant toute l'étendue du prolongement rachidien, partent une multitude de vaisseaux capillaires qui communiquent avec ceux de l'artère spinale antérieure , se ramifient sur l'enveloppe névrilématique de la moelle épinière, et plongent ensuite dans son épaisseur, où ils disparaissent par leur ténuité.
5° Artère spinale antérieure. Elle est plus considérable que la précédente et part de la vertébrale sur un point plus rapproché du tronc basilaire ; on l'a vue provenir de ce tronc lui-même et d'autres fois de la cérébelleuse inférieure et postérieure. Cette artère descend de dehors en dedans en serpentant sur la face antérieure du bulbe rachidien, et s'unit
ANGÉ1ULU(J1E. 445
au niveau du grand Irou occipital à celle du côté opposé pour former un tronc unique, qui occupe la ligne médiane.
Ce tronc médian résultant de la fusion par convergence des deux spinales , de môme que le tronc basilaire résulte de la fusion des deux vertébrales, se prolonge verticalement sur la moelle épinière, la parcourt dans toute sa longueur, puis s'adosse au prolongement iibreux qui s'étend de la moelle an sacrum, et arrive jusqu'à la face postérieure du canal sacré, oîi il se termine.
De même que les spinales postérieures , le tronc unique formé par l'anastomose des deux spinales antérieures est redevable de la longueur de son trajet aux vaisseaux de renforcements (jui lui sont fournis : au cou , par les cervicales ascendantes et les vertébrales, au dos par les intercostales, et aux lombes par les lombaires.
Parmi les ramuscules que donne ce tronc médian un grand nombre se portent à droite, et à gaucbe sur l'enveloppe de la moelle où ils se ramifient ; les aulres plus volumineux se dirigent d'avant en arrière, entrent dans le sillon antérieur du prolongement racbidien , et se perdent de chaque côté dans son épaisseur.
6° Jrlcre cérébelleuse inférieure et j^ostérieure. Elle ne vient pas toujours de la vertébrale ; on la voit naître souvent du tronc basilaire. Son volume, supérieur à celui des spinales antérieures, varie chez les divers sujets et d'un côté à l'autre. Immédiatement après son origine elle se porte de dedans en dehors et d'avant en arrière , passe entre les filets d'origine du grand hypoglosse , croise le corps restiforme , devient postérieur au bulbe racbidien, s'avance en décrivant des flexuosités sur la face inférieure du cervelet et se partage en deux branches : l'une interne qui se distribue au lobide médian du cervelet, l'autre externe qui recouvre de ses ramifications la face inférieure de l'hémisphère cérébelleux correspondant.
Tronc basilaire. Ce tronc produit par l'anastomose à angle aigu des deux vertébrales, est plus volumineux que chacune de ces artères prise isolément , et moins considérable que leurs volumes réunis. Il se porte obliquement en haut et en avant, logé dans un sillon médian et superficiel que lui présente la protubérance annulaire, fournit un grand nombre de ramuscules qui rampent sur cette protubérance à laquelle ils sont destinés, puis deux artères plus importantes les cérébelleuses inférieures et antérieures et se divise au niveau de l'origine des pédoncules cérébraux en (juatre bi'anches terminales : deux postérieures , une droite et une gauche , ce sont les cérébelleuses supérieures et deux antérieures, ce sont les cérébrales postérieures.
L'artère cérébelleuse inférieure et antérieure , dont le volume est en raison inverse de celui de la cérébelleuse inférieure et postérieure , varie suivant les sujets, et d'un côté à l'autre. Elle naît de la partie moyenne du tronc basilaire, se dirige aussitôt en dehors , puis en arrière dans la direction du pédoncule cérébelleux et se ramifie sur la partie antérieure de l'hémisphère correspondant du cervelet.
L'artère cérébelleuse supérieure part à angle droit de l'extrémité terminale du tronc basilaire, contourne le pédoncule cérébral, en suivant le sillon (lui sépare ce pédoncule de la protubérance annulaire , ainsi que le nerf pathéli(iuc ({ui lui est accolé, et arrivée au niveau des tubercules
•iit) ANATOMit;.
quadrijuineaiix se divise en deux branches, l'une externe et l'autre interne.
La première se porte en dehors sur la moitié antérieure de la circonférence du cervelet oîi elle s'épuise.
La seconde se porte en dedans dans la direction du vermis supérieur, fo irnit un rameau (jui se dirige transversalement entre le vernils supérieur et la valvule de Wieussens auxquels il se distribue, et s'avance en serpentant sur la face supérieure du cervelet (prelie recouvre de ses ramifications.
L'artère cérébrale iiosiérieure naît de la terminaison du tronc basilaire immédiatement au-devant de la cérébelleuse supérieure qu'elle dépasse par son volume et dont elle est séparée à son origine par le nerf de la sixième paire. Sa direction est d'abord obliciue en avant et en dehors ; mais elle se recourbe bientôt d'avant en arrière , contourne le pédoncule cérébral, marche parallèlement à la grande fente cérébrale ju?(iu'à l'extrémité postérieure du corps calleux , oii elle devient antéro-postérieure, et se partage en un grand nombre de rameaux qui serpentent sur la partie la plus reculée du lobe postérieur du cerveau.
A son origine la cérébrale postérieure fournit un petit groupe de rameaux chevelus qui se jiortent de bas en haut et plongent perpendicidaircment dans l'espace interpédonculaire.
Au niveau du point oii elle change de direction pour se porter d'avant en arrière , elle reçoit la conmiunicaate postérieiu-e , qui la renforce, en sorte qu'elle est souvent plus volumineuse au-delà de cette anastomose qu'à son origine.
En dehors de la communicante la cérébrale postérieure donne une artère choroïdienne, la choroïdienne jyosiérieurc , petite branche qui se porte «le bas en haut vers les tubercules qùadrijumeaux, pour se distribuer à la glande pinéale, à la toile choroïdienne et au plexus choroïde.
L'anastomose des cérébrales postérieures, avec les carotides internes, et celle des cérébrales antérieures entre elles , forment un hexagone artériel , dans l'aire duquel sont inscrits les tubercules mamillaires, le corps cendré, la tige pituitaire et les nerfs optispies. Les côtés postérieurs de cet hexagone sont représentés par le tronc basilaire et les cérébrales postérieures, les antérieurs par les artères du corps calleux et la communicante antérieure , et les latéraux par les communicantes postérieures.
2" Artère thyroïdienne inférieure. Elle nait de la partie supérieure de la sous-clavière, en avant et un peu eu dehors de la vertébrale , à peu près au niveau de la mammaire interne. Son origine a lieu assez fréquemment par un tronc qui lui est commun soit avec la scapulaire supérieure , soit avec la scapulaire postérieure , soit avec ces deux artères réunies; ce tronc se bifin-quc ou se trifurque après un trajet de quelques millimètres. Le volume de la thyroïdienne inférieure , plus considérable chez les enfants , présente chez l'adulte de grandes variétés ; il est en rapport avec le développement de la glande thyroïde et en raison inverse de celui de la thyroïdienne supérieure de son côté ou de la thyroïdienne inférieure du côté opposé.
Cette artère se porte d'abord verticalement en haut; ensuite elle s'infléchit à angle droit pour se diriger en avant et en dedans , passe entre la carotide primitive et les muscles prévertébraux , puis monte en serpentant
aN(;kiologie. 417
vers le corps thyroïde dans UhiucI cUe se divise en deux ou trois branches tenniuales.
Dansée trajet elle déerit deux coîubures : l'une à coneavité inférieure et antérieure ([ui embrasse la jugulaire interne, la carotide primitive, le l)neumo-gastrique et le grand gympathi(iue ; l'autre à concavité sup(rieure et postérieure qui contient le nerf récurrent. La première de ces courbures répond par le sonnnet de sa convexité à la vertébrale, d'où il suit (pie dans ce point trois artères, la carotide primitive, la thyroïdienne inférieure et la vertébrale se trouvent superposées; la seconde touche par sa convexité l'crsophage et la trachée.
Branches collatérales. Elles sont ascendantes et descenda^ntes.
Parmi les premières la plus remarquable est la cervicale ascenclanie «pii d'abord appliiiuéc sur le scalène antérieur, se p.l^ceWentôt dans l'interstice de ce muscle et du grand droit antérieur, et s'élève ainsi verticalement just[u'à la partie su[)érieure du cou , en devenant de plus en plus grêle. Cette branche fournit : 1° des rameaux musculaires qui se distribuent an long du cou , au grand droit antérieur, aux intertransversaires, à l'angulaire de l'omoplate et aux deux eomplexus; 2° des rameaux spinaux (}ui traversent les gouttières par les(pielles sortent les nerfs cervicaux, passent au-devant de la vertébrale et ^'anastomosent avec les branches spinales qui partent de cette artère pour aller concourir au renforcement des vaisseaux qui occupent les faces antérieure et po.stérieure de la moelle épinière.
Les branches descendantes sont destinées au long du cou, aux sternehyoïdien et sterno-thyroïdien , et surtout à l'œsophage et à la trachéeartère; dans le nombre des ranieaux destinés à ce dernier conduit, on eu voit ordinairement un ou deux arriver jnsiju'à la bronche correspondante et s'anastomoser avec l'artère bronchiipie. Quehiuefois même une branche venue de la thyroïdienne inférieure remplace cette dernière artère.
Branches terminales. Au nombre de deux ou trois : elles se portent l'une en haut et en dehors sur le bord externe et postérieur du corps thyroïde, où elle, se perd en s'anastomosant avec la branche correspondante de la thyroïd.ienne supérieure ; l'autre en haut, en dedans et en arrière vers la partie médiane de la glande. Lors{pril existe une troisième branche elle marche (transversalement au-devant de la trachée et longe le bord inférieur du corps thyroïde. C<\s brandies s'anastomosent, soit entre elles, soit avec celles de la thyroïdienne supérieure du même côté et des thyroï- <liennes du côté opposé ; il suit de ces anastomoses ([ue les thyroïdiennes établissent une facile eommuniealion d'une part entre la carotide externe et la sous-clavière correspondante , de l'autre entre ces deux artères et celles du côté opposé.
3° Artère maïnmaire interne. Moins remanpiable par son volunte que par la grande étendue du trajet qu'elle parcourt, cette artère naît de la sous-clavière sur un point diamétralement opposé à celui qui donne naissance à la thyroïdienne inférieure. Immédiatement après son origine, qui offre peu de variétés, elle est croisée obliquement par le nerf diaphragmatique qui se place à son côté interne, croise perpendiculairement l'extrénnté sternale de la clavicule dont la sépare le troue veineux brachio eéphalique , puis le cartilage de la première côte, s'enfonce dans la poi-
trine , descend derrière les cartilages des côtes suivantes et les muscles intercostaux internes, au-devânt de la plèvre pariétale et du triangulaire
FiG. Iô8.
Jrleres mammaire interne et epignstrique. 1,1. Mammaire interne du côle' gauche, — 2,2,2,2, etc. Intercoslales ante'rieurps. — 3,3.5. Branches perforanles de la mammaire interne du côté droit. — 4, Branche terminale externe ou thoracique. — 5. Branche terminale interne ou abdominale. — 6,6. Êpigastrique. — 7,7. Anastomose des mammaire et e'pigastrique. — 8, Manimah-e externe on thoracique intërienre. — 9. Circonflexe iliaque. — -10,10. Branches musculaires de l'artère fémoraJe. — 1 1. Honteuse externe sous-cutanée. — 12,1:2, Artère tégumenteuse de Tabdomen. — A. Mnscle grand oJjlique, — B, Muscle transverse. — C, C. Cordon des vaisseaux spermaliqties. — D, Appendice xyphoïde.
ANCËIOLOGÎK. 449
(lu sterntiiii, distante de cet os de quatre à cinq millimètres et se divise siu" les côt{>s de l'appendice xyplioïde en deux branches terminales.
Branches collatérales. Très nombreuses; divisées en postérieures, externes et antérieures.
Les branches postérieures. les plus élevées se distribuent au thymus et au médiastin antérieur. Un peu plus bas la mammaire interne fournit la dlaphragmaticpie supérieure , rameau long et grêle qui chemine entre le péricarde et le feuillet correspondant du médiaslin, accoml)agné par le nerf pbrénique , et arrive au diaphragme dans lequel il se distribue, ainsi que dans les parties voisines du péricarde ; ses anastomoses avec la diaphragmalique inférieure établissent une comnnjnication entre l'aorte abdominale et la sous-clavière.
Les branches externes sont connues sous le nom d'intercostales ontérieures ; il en existe deux pour chaque espace intercostal: une supérieure qui longe le bord inférieur de la côte située au-dessus, et une inférieure qui longe le bord supérieur de la côte située au-dessous. Leur calibre est en rapport avec l'étendue de l'espace intercostal qu'elles occupent. Leur origine n'a pas lieu au niveau de l'espace auquel elles sont destinées, mais un peu plus haut, en sorte qu'elles croisent obliquement les cartilages costaux. On voit assez souvent les deux branches d'un même espace intercostal naître par un tronc commun. Dans leur trajet ces artères fournissent des ramifications aux intercostaux, aux côtes, au périoste et se terminent en s'anastomosant par inosculation avec les intercostales aortiques.
L.es branches antérieures ou perforantes, en nond)re égal à celui des espaces intercostaux , se portent directement d'arrière en avant, donnent quelques ranmscules très grêles qui se dirigent en dedans sur la face postérieure du sternum auquel ils se distribuent , traversent ensuite l'espace intercostal correspondant, et se partagent ; 1° en rameaux musculaires qui se perdent dans le grand pectoral ; 2° en rameaux sous-cutanés qui, après avoir perforé ce dernier muscle, se consujr.ent entièrement dans la peau chez l'homme , tandis qu'ils se divisent chez la femme en i-amuscules cutanés et mammaires; ces derniers, extrêmement variables dans leur volume , se dirigent de dedans en dehors , et s'engagent sous la glande mammaire qu'ils pénètrent par sa partie profonde.
Branches terminales. Au nombre de deux, l'une verticale interne ou abdominale, l'antre oblique externe ou thoracique.
La branche interne ou abdominale plus petite, donne d'abord une artériole qui contourne l'appendice xyphoïde et s'anastomose au-dessous ou au-devant de cet appendice avec une artériole semblable venue de la mammaire interne du côté opposé. Elle continue ensuite son trajet primitif, s'introduit dans la gaine du grand droit abdominal, chemine d'abord entre le feuillet postérieur de cette gaine et le grand droit, puis pénètre <laus l'épaisseur de ce muscle , et se partage en un grand nombre de rameaux qui s'anastomosent avec les l'amifications les plus élevées de l'artère épigastriqu.e ; ces anastomoses, à l'aide desquelles les anciens avaient tenté d'expliquer l'étroite connexion qui existe chez la femme cuire l'appareil génital et les glandes mammaires, ne diffèrent sous aucun rapport de celles qu'on observe dans les autres régions de l'économie.
Ln branche externe ou thoracique , (jui représente par son volu.mc la continuation de la mammaire interne, se porte en bas et en dehors derrière
ANATOMiE.
les cartilages des fausses côtes, fournit clans son trajet deux rarsieaux à chaque espace intercostal et se termine inférieurcment au niveau des dernières côtes en se ramifiant dans la partie voisine des muscles alidoininaux. Indépendamment des intercostales antérieures qu'elle donne par son côté externe, intercostales qui se comportent comme celles qui viennent du tronc de la mammaire, cette branche émet en arrière de nombreux rameaux (jui pénètrent dans le diaphragme par sa circonférence et s'y épuisent en s'anastomosant avec les diaphragmatiques inférieures. De là le nom de uiKsciilo-phrénique sous lequel elle avait été désignée par îlaller.
4° Artère intercostale supérieure. Destinée aux deux ou trois premiers espaces intercostaux , s'étendant rarement jusqu'au quatrième espace, plus rarement encore limitée au premier , cette artère naît de la partie postérieure et inférieure de la sous-ciavière, très près de la cervicale profonde et quelquefois par un tronc qui lui est commun avec celip
riG. i"9.
J itère intercostale supe'rieiire,
\, Sousc^liivièie droite. — 2. Origine de la mr.nimuiie interne. — ",ô,o. InlercosUde supérieure. — A, A, A. Pjemicre, secunde et troisièn:e côtes vues par leur face inleine, — B, Sternum \\\ par sa face pnslericiirc. — C. Coips des premières vertèbres dorsales.
ANliElOLOGîE. 451
brancbo. Son vuiuine est en rapport avec l'étendue de sa distribution. Dès son origine elle se porte en bas en décrivant de légères ilexnosités , croise perpendiculairement le col de la première côte , puis celui de la seconde, placée en dehors du grand sympatliique, et se termine dans le second ou ie troisième espace intercostal.
Au niveau de chaque espace l'intercostale supérieure fournit une branche qui se comporte exactement comme les intercostales aortiques, c'està-dire qui se subdivise au-devant du trou de conjugaison pour fournir : une branche dorso-sinnale destinée aux muscles des gouttières vertébrales, à la moelle et à ses enveloppes ; et une branche intercostale proprement dite qui vient s'anastomoser en avant avec l'intercostale antérieure correspondante fournie par la mammaire interne.
5*^ Artère scapolaire stspérieuîre 02t stas 'scapislaire. Elle naît de la partie antérieure et supérieure de la sous-clavière, un peu plus en dehors que la thj'roïdienne inférieure et qîielquefois d'un tronc qui lui est commun, soit avec cette artère, soit avec la scapulaire postérieure. Il est rare de la voir se confondre à son origine avec la mammaire interne. Sa direction est d'abord oblique en bas et en avant ; arrivée au voisinage de la clavicule, elle s'infiéchit pour se porter horizontalement eu dehors vers le bord supérieur de l'omoplate, passe au-dessus, très rarement au-dessous du ligament coracoïdiers, traverse la fosse sus-épineuse, croise le bord antérieur de l'épine et se termine dans la fosse sous-épineuse.
Dans sa portion cervicale ou horizontale, elle répond : en arrière, à la sous-clavière, au plexus brachial et à l'omoplat-hyoïdien ; en avant, au muscle sous-clavier et au bord postérieur de la clavicule dont elle est distante de trois ou quatre millimètres ; en bas , à la veine sous-clavière et aux nombreux ganglions lymphatiques qui occupent la base du creux sousclaviculaire ; en haut, à la porîioii clavicuiaire du sterno-mastoïdien , au peaucier qui la sépare de la peau et au trapèze. — Dans sa portion scapulaire ou descendante, elle chemine entre le périoste et les muscles sus et sous-épineux ; le nerf sus-scapulaire lui est accolé dans cette dernière ^rtie de son trajet.
Branches collatérales. Après avoir fourni plusieurs rameaux qui se distribuent au pearicier, à la peau , aux ganglions lymphatiques voisins , l'artère sus-scapulaire donne :
1° Un rameau qui traverse le sous-clavier , laisse des ramuscules dans ce muscle et se termine en s'anastomosant avec les thoraciques, branches de l'axiilaire.
2° Un peu plus loin une branche importante qui s'engage dès son origine sous le bord antérieur du trapèze, chemine entre ce muscle et le susépineux et se divise en rameaux supérieurs et inférieu.rs : les supérieurs destinés au trapèze, pénètrent dans ce muscle par sa face profonde et s'y ramifient en se portant dans toutes les directions, et principalement en haut ; parmi ces rameaux il en est un qui contourne ordinairement l'extrémité externe de la clavicule et fournit à cet os, au périoste et à l'articulation acromio-claviculaire. Les rameaux inférieurs plongent dans le sus-épineux par sa face superficielle et s'y épuisent.
3° Dans la fosse sus-épineuse, d'autres rameaux qui s'engagent dans l'épaisseur du sus-épineux par sa face adhérente.
.icj2 ANATOMIE.
Brandtes terminales. Elles s'étalent en rayonnant et en décrivant des (lexnosités sur le périoste de la fosse sous-épineusc, se distribuent exclusivement au muscle qui remplit cette fosse , et s'anastomosent largement avec la scapulaire inférieure, branche importante de l'axillaire ; elles communiquent aussi par quelques rameaux moins importants avec la scapulaire postérieure.
G° Artère scapulaire postérieure , cervicale transverse, cervicale superficielle. Moins considérable ([ue la vertébrale, la thyroïdienne inférieure et la mammaire interne, cette artère dépasse par son calibre la sus-scapulaire, l'intercostale supérieure et la cervicale profonde. Elle nait tantôt en dedans, tantôt dans l'intervalle et tantôt en dehors des scalènes ; dans le premier cas elle vient d'un tronc qui lui est comuiun avec la thyroïdienne inférieure ; dans le second elle se confond à son origine avec la sus-scapulaire ; dans le troisième elle part directement de la sous-clavière.
Trajet. Flexueuse et horizontale, elle s'étend transversalement de dedans en dehors, en passant au-dessus du plexus brachial, ou entre les cordons nerveux qui le composent , s'engage sous le bord antérieur du trapèze puis s'incline en arrière, et, parvenue au niveau de l'angle supérieur et postérieur de l'omoplate , s'infléchit de haut en bas pour suivre le bord s^ inal de cet os jusqu'à sa partie inférieure, où elle se termine.
Rapports. Elle est recouverte dans sa portion horizontale par le sternomaSi:oïdien , Fomoplat-hyoïdien et le peaucier , plus loin parle trapèze, puis par l'angulaire de l'omoplate. Sous le bord spinal du scapulum, elle est située entre le rhomboïde et le grand dentelé.
Branches collatérales. Au cou. la scapulaire postérieure abandonne plusieurs rameaux, au sterno-mastoïdien , aux scalènes, au peaucier, aux téguments et aux ganglions lymphatiques voisins ; sous le bord antérieur du trapèze elle donne une branche importante qui s'engage entre l'angulaire de l'omoplate et le trapèze, se distribue à ces deux muscles principalement dans la moitié supérieure du dernier, au grand complexus, au splénius et aux téguments correspondants.
Brandie terminale. Elle mesure toute la longueur du bord spinal de l'omoplate et émet de ses parties latérales deux ordres de rameaux : les uns internes qui se distribuent au petit dentelé supérieur, au rhomboïde, au trapèze et aux téguments du dos ; les autres externes, ordinairement plus considérables, qui s'épuisent dans le grand dentelé et le sous-scapulaire ; ces derniers s'anastomosent avec la scapulaire inférieure , branche de l'axillaire. Les ramuscules les plus inférieurs de la scapulaire postérieure arrivent jusqu'à l'angle de l'omoplate qu'ils contournent pour se rendre dans le grand dorsal; quelques uns pénètrent dans le sous-épineux oii ils communiquent avec les ramifications terminales de la scapulaire supérieure.
7° Artère cervicale profonde. Elle naît de la partie postérieure de la sous-clavière, en deliors de la vertébrale , tantôt isolément , tantôt par un tronc commun avec l'intercostale supérieure. D'abord oblique en haut et en arrière, elle s'enfonce bientôt profondément entre le col de la prennère côte et l'apophyse transverse de !a sixième vertèbre du col , traverse cet espace int«^rosseux et fournit aussitôt une branche longue et grêle qui se porte en bas au milieu des muscles spinaux dans lesquels elle s'épuise ;
ANLiElOLOUlE.
cette branclic peut être suivie jusqu'à la liauteur de la troisième ou quatrième vertèbre dorsale. Ensuite elle monte entre les muscles transversaires épineux du cou et grand complexus et se distribue princijjalenîent à ces deux muscles. Ses ramcauv les plus externes arrivent jusqu'au petit complexus, au splénius, à Tangulaire de l'omoplate dans lesquels ils se perdent en s'anastomosant avec la vertébrale et la cervicale ascendante, branche de la thyroïdienne inférieure.
FiG. U3
Jrlàres verlehrnle et ceri'icale profonde.
I. Tronc brachio-cepludique. — 2. Carolide primiLive droite. — 5. Sous-chivicre droile. — 4. Oiigirie commune des artères thyroïdienne inférieure, cervicaletransvorse, et scapulaire supérieure. — o. Verte'l)rale. — 6. Cervicale profonde. — 7. Origine de la mammaire interne. — A. Muscle sterno-mastoïdien divise' •ui-dessus de son attache slernale. — B. Tendon du scalène antérieur. — C. Tendon du scalène posle'ricur. — U. Portion cervicale du transversaii e épineux.
46 4 ANATUMIE.
ÂiiTÈilE AXILLAIKE.
Étendue de la [u-eniière côte au côté interne de riuuiiénis, cette ai'tère occupe dans la première moitié de son trajet, les parties supérieure et latérale de la poitrine, et dans la seconde le creux de raisseile qu'elle traverse à la manière d'uise diagonale. Ses limites, entièremeat artificielles, sont : pour son origine la clavicule, et pour sa tcr.minai'-on le bord infé-, rieur du tendon du grand pectoral. Une ligne tirée de la [lartie moyenne de la clavicule au côîé interne du col humerai représente assez bien sa direction. Au niveau de l'articulation de l'épaule elle s'infléchit en bas et en dedans, et décrit ainsi une coiirhure dont la convexité regarde en haut et en dehors.
Tlapporls. L'artère axiilairc répond :
1" En acant, au sous-clavier, au grand pectoral, au petit pectoral: puis au-dessous de ce muscle dont elle croise perpendiculairement le teuilon, elle se trouve de nouveau en contact avec le grand pectoral, et })iusbas avec le coraco-huméral ;
2° En arriére, à l'intervalle qui sépare le sous-scapulaire du grand dentelé, et inférieurement au grand rond et au grand dorsal.
3° En bas, à la gouttière creusée sur la première côte, au premier intercostal externe, à la portion supérieure du grand dentelé, et plus bas à l'aponévrose et aux téguments du creux <le l'aisselle.
i" En haut, au soiis-clavier , à l'apophyse coracoïde , aux tendons du sous-scapulairc (jui la sépare de 'a tète de l'humérus et au. côté interne de cet os.
Les ra[)})orts de l'artère avec la veine axlilaire et le plexus t>racliial sont les suivants : la veine située en avant et un peu eu dedans de l'artère dans la première moitié de son trajci , !a coiiiOiirne légèrement et hii devient tout à fait interne dans sa moitié terminale. ?.e plexus I)rachial d'abord situé en arrière et en dc'iors du tronc art<'riel , l'entonre au niveau du petit jiectoral , de tclîe porte (pie dans le crer.x axiSlaire, les nerfs médian et Cid}ital occupent son côté inférieur, cl le nerf radial son côté supéricîir.
i-oiU' ne rien omettre ajoutons que l'artère axiliaire est en rapport, en avant, avec les veines acromiale et céphaîiiiue qui la croisent à angle aigu pour se rendre dans la veine axiliaire: il importe de connaître exactement ce rapport lorsipi'on procède à la ligature du tronc artériel ; pour découvrir ce tronc et le saisir facilement , les veines acromiale et céphaliquc doivcîit être cosîsîammeiit refoulées en bas et en dehors, et non en haut comme le conseillent quelques auteurs ; en les refoulant dans ce dernier sens on ramène la veine axiliaire aiî-dcvant de l'artère qu'on se propose de mettre à nu, et on s'expose à la blesser, accident qui serait promptement su.ivi des conséquences les plus funestes.
Branches collaiéralcs. Au nombre de six, savoir: V acromiale et la iJiGraciqac supcricnre qui naissent au niveau du bord supérieur du petit pectoral; la iJioracique inférieure qui naît en arrière de ce nuiscle; la acapidaire iv.fi'ricnre , la circQv.fie.re posicrieiire ci la circonflexe anierlenre (pîi émanent de ra:iiilairc au-devant du bord inférieur du sons-scapalaii'c.
ANGEIOLOGIE.
1" Artère acroîiiiale. Elle part de la parlie aiitciieuvc de l'axillairc , iiniK'dialouicnt au-dessus du petit pectoral ; on la voit naître si souvent
■fr^«<-^ ;s!î5n:r:rJ,i^g^;
Branches foiirîties h In partie posiërieare de l'épaule par les artères soiis-clavière et axillaire.
1,1,1. Branclms terminales de l'aiière cervicale trausverse on scapulaire posté-' rieure — 2 Terminaison de Partèie scapulaire supëiieure. — 5,5,5. Brandies terminales de l'artère scapulaire commune. — 4-. Artère circonflexe posîcrienre, — \. Muscle sterno-masIoïdien. — B. Muscle angulaire de l'omoplate. —C. Grand muscle rhomboïde tlivisè à son insertion scapulaire. — D. Petit rond. — E. Grand rond. , F. Tendon du sous-épineux. — G. Face poste'rieure de l'omoplate. — H. Epine de Pomoplale. — I. Muscle deltoïde divise à son inseï'lion supérieure', et renversé. — R. liOngue jiortion du lrice[)s Inachial. — L. Muscle 4rand dentelé. — M. Muscle erand dorsal.
io6 ANATOMIE.
l)ar lin Ironc commun avec la tlioraci;{ue snpcrieure que M. Cniveilliier a considéré cette origine commune comme normale, et décrit collectivement ces deux artères sous le nom d'acromio-thoracique. Son volume est assez considérable. Elle se porte en bas et en dehors , derrière le grand pectoral, et se divise au niveau de la ligne cellulense (jui sépare ce muscle du deltoïde en deux branches terminales, l'une inférieure ou descendante et l'autre supérieure ou liorizontaie.
Les brandies collatérales (prelle fournit avant sa bifurcation se distribuent au sous- clavier, à la clavicule et aux pectoraux.
Sa branche inférieure ou, descendante suit l'interstice des muscles grand pectoral et deltoïde, accompagnée dans ce trajet par la veine ccplialiiiue et (pielquefois par un gros vaisseau lymphatique qui a été signalé paï M. Blandin et que nous avons observé deux fois; elle se distribue aux deux muscles sur les limites des.pjels elle se trouve placée.
Sa branche supérieure ou horizontale continuant le trajet primitif de l'arlèrc marche au-dessous de l'insertion du deltoïde, paralièleuient au bord antérieur de la clavicule, et se termine au voisinage de l'articulation acromio-claviculaire, en s'anastomosant avec la scapulaire supérieure. Ses principaux rameaux s'épviiscnt dans le deltoïde; quebiucs uns se rendent dans la tète de l'humérus, d'autres dans le muscle sus-épineux , d'autres se ramifient sur le périoste de la clavicule et dans les téguments voisins.
2° Artère thoracique supérieure. Elle naît de la partie antérieure de l'axillaire, quelquefois directement, plus souvent par un tronc (jui lui est connnun avec Tacromiale , descend entre le grand et le petit pectoral , et se divise en plusieurs rameaux qui se consument dans ces deux muscles; quelques unes des ramifications qui pénètrent dans le giand pectoral, le traversent, deviennent sous-cutanées et se terminent soit dans la p^eau , soit dans la glande mammaire où elles s'anastomosent avec les divisions de la mammaire interne.
3° Artère thoracique inférieuro , thoracique longue , ou mammaire externe. Son volume est plus considérable que cehii des arlères précédentes. Son trajet est aussi beaucoup plus éiendu : elle part de l'axillaire on arriè're du tendon du petit pectoral, le plus souvent isolément, quelquefois par un fronc qui lui estcomnmn avec la thoraciiiue sujiérieure ou avec la scapulaire inférieure, et descend sur les parties latérales du thorax, applicpiéc sur le grand dentelé , recouverte d'abord par le grand pectoral puis par la peau. Ses rameaux très nombreux, se distribuent ausousscapulaire, au grand pectoral, au grand dentelé, aux deuxième, troisième, quatrième, ciniiuième et sixième paires de muscles inteixostaux, à la glande mammaire et à la peau. Elle communique avec les artères intercostales, mammaire interne et thoracique supérieure.
4° Artère scapulaire inférieure, scapulaire commune, sous-scapuîaire. Bien supérieure par son calibre à toutes les autres branches dii même tronc, cette artère naît de la partie postérieure de l'axillaire au niveau du bord inférieur du muscle sous-scapulairc. Elle se confond queî;;uefois à son origine avec la circonllexe postérieure, d'autres fois avec la thoracitjue inférieure, et dans certains cas plus rares ave:^ ces deux artères réunies;
ANGEIOLOGIE. io;
ou l'a vue aussi s'associer à son point de départ, avec riuimdrale profonde? son volume est alors très considérable , et à peu près égal à celui de la bra» cil i aie.
Placée à son origine entre le nerf radial qui est en dedans , et la branche principale du nerf médian qui est en dehors, elle descend en décrivant des tlexuosités sur le bord inférieur du sous-scapulaire , fournit dans ce trajet plusieurs rameaux qui se portent aux ganglions lymphatiques du creux axillaire , un^ autre plus important qui pénètre dans le sous-scapulaire, puis se divise en deux branches terminales : l'une inférieure, interne ou descendante plus petite , et l'autre supérieure externe plus considérable.
La branche interne ou descendanie , située sur le bord axillaire de l'omoplate, en arrière de la thoracique inférieure , entre le grand dorsal et le grand dentelé , se partage en un grand nombre de rameaux qui se consument dans ces muscles, principaleuient dans le premier; quelques unes de ses ramifications se portent au grand rond et à la peau. Au niveau de l'angle du scapuluni elle s'anastomose soit avec la branche externe de la même artère soit avec la terminaison de la scapulairc postérieure.
La branche externe destinée aux muscles de l'épaule marche d'avant en arrière, contourne le bord inférieur du sous-scapulaire. croise la longue portion du triceps brachial et se divise au-dessous de l'insertion scapulaire de ce muscle en trois rameaux : 1° un rameau antérieur ou sousscapulaire qui s'enfonce sous le muscle de ce nom pour le pénétrer par sa face profonde en se partageant en nombreux ramuscules ; 2° tm raoiieau postérieur ou sous-épineux qui se ramifie dans la fosse sous-épineuse , s'anastomose largement avec la sus-scapulaire et se perd dans le muscle correspondant; 3° un rameau interne intermédiaire aux précédents, qui marche parallèlement au bord antérieur de l'omoplate, entre le grand et le petit rond , auxcjuels il donne des ramifications , et se termine sur l'angle inférieur de cet os en s'anastomosant d'une part avec la branche interne, de l'autre avec la scapulaire supérieure.
5° Artère circonflexe postérieure. Moins volumineuse que la scapulaire inférieure, mais plus considérable que les autres branches du même tronc , cette artère nait de la partie postérieure de l'axillaire , se porte d'avant en arrière, passe entre le grand et le petit rond , en avant de la longue portion du triceps brachial, contourne la partie supérieure de l'humérus et s'accole à la face profonde du deltoïde, dans lequel elle se partage en un grand nombre de rameaux , les uns descendants les autres ascendants. Par son trajet cette artère décrit les trois quarts d'un cercle. La veine et le nerf circonflexes lui sont accolés dans toute son étendue. Près de son origine la circonflexe postérieure fournit des rameaux au grand rond, au petit rond, à la longue portion du triceps brachial et à l'articulation de l'épaule ; à sa terminaison elle donne d'autres rameaux à la même articulation, et s'anastomose avec la circonflexe antérieure.
()° Artère circonflexe antérieure. Elle est très grêle , quelquefois double et vient tantôt directement de l'axillaire , tantôt de la circonflexe postérieure. Elle marche horizontalement au-dessous du coraco-lunnéral et de la courte portion du biceps, auxquels elle abandonne des rameaux,
458 ANATUMIE.
croise perpeiKliculaiieiuent la coulisse bicipitale, eu passant aii-dessoiis du teîRlon qu'elle contient et arrive sous le deltoïde où elle se lennine en s'auastomosaut avec la circonilexe postérieure. Dans la coulisse bicipitale la circonflexe antérieure donne un rameau qiii moule vers la tête de l'humérus et se distribue soit à cette léte , soit à la capsule articulaire. A sa terminaison eiie fournit ùl's rauuiscules au périoste, au petit rond et au deltoïde.
ARTÈRE IILJIÉUALE.
L'artère huniérale ou brachiale , située à la partie aiitérieure et interne du bras, s'étend de la paroi externe du creux de l'aisselle, à la partie moyenne du pli du coude , où eiie se divise en radiale et cubitale. Le bord inférieur du tendoji du grand pectoral d'une part , de l'autre une ligne transversalement étendue de la tubérosité interne de l'hinnérus à la tubéroslté externe, établissent ses limites supérieure et inférieure. Sa direction n'est pas verticale, mais un peu oblique de haut en bas, d'arrière en avant et de dedans en dehors.
Rapports. Celle artère répond : 1° en avant, au coraco-huméral , à l'aponévrose du bras , à l'expansion aponévrotique du biceps , à la veine médiane basilique qui la croise dans son quart inférieur à angle très aigu, au nerf cutané interne qui lui est parallèle et enfin aux téguments; 2° en arrière , dans sou tiers supérieur au vaste interne du triceps , et dans ses deux tiers inférieurs au brachial antérieur; 3° en dedans , à l'aponévrose du bras, à la cloison intermusculaire interne qui la sépare du nerf cubital et à la peau : 4° en dehors , daiis son tiers supérieur, à la face interne de l'humérus dont la sépare le tendon du coraco-brachial , et dans le reste de son étendue au bord interne du biceps qui la recouvre chez les sujets fortement constitués.
Deux veines et une brandie nerveuse fort importante , le nerf mcdian, accompagnent l'humérale; — les veines marchent Tune en dedans et l'autre en dehors de l'arlère , en communiquant par des anastomoses transversales qui embrassent perpendiculairement sa circonférence. — Le nerf médian placé supérieurement en dehors du tronc artériel, et plus bas à sa partie antérieure, occupe inférieurement son côté interne ; il la croise par cousé(pient sous un angle très aigu, en passant au-devant d'elle; quelquefois aussi il passe à sa partie postérieure. L'artère, le nerf qui la croise et les deux veines qtii l'entourent , sont renfermés dans une même gaîne aponévrotique.
Le nerf cubital , qui occupe le côté interne du tronc artériel dans le creux de l'aisselle , se sépare à angle aigu de la brachiale au niveau de la cloison intermusculaire interne pour entrer dans la gaîne du triceps. Le nerf radial situé primitivement en arrière de l'artère s'en écarte aussi, mais un peu plus bas pour pénétrer dans la même gaine et aller contourner le corps de l'humérus. Le nerf cutané interne, d'abord accolé à sa partie antérieure et interne, traverse bientôt l'aponévrose brachiale pour devenir sous-cutané.
Brandies collatérales. Elles sont nombreuses ; les unes, dirigées en
AXGEÎOLOGÎE.
avant et on dcliors, se dii^tribiiouî an coraco-Iiracîiial, an deUdïtlo, au liicrps. au bracliiai aulcrioar, au (isssj graisseux fsouR-cntaîU' et à la peau ; les
, î. riumciale.
. Collalérale externe.
. Collatérale iislenie.
,4. Radiale.
. Radio-palmaiie,
. Cuhilalc.
. Arcade palmaire superficielle.
,8, H, 8. Branches digilales se hifiirqnanl à leur parlie intérieure pour fournir les ciillalérales des trois derniers doigts , et la collatérale interne de- l'index.
. Biceps.
. Brachial antéiicur.
. Triceps.
. Grand supinateui'.
. Grand pronateur.
, Grand palmaire.
. Petit palmaiie.
. Cuhital antérieur.
antfc;, inclinées en dedans et en arrièi'o, pénètrent soit dans la partie interne du brachial autcricuv, soit surtout dans le triceps bracliiai. Les premières l)Uis niuKipliées mais moins volumineuses r.e portent aucun nom ; les se-
460 ANâTOMIE.
condes moins remarquables par lem- nombre et leur volume que par leur constante existence, sont : la collatérale externe, la collatérale interne, la branche suferficielle du vaste interne du triceps, et la branche superficielle du brachial antérieur.
1° Collatérale externe ou humérale profonde. Plus considérable que la collatérale interne, elle nait de la partie supérieure et postérieure de la bracbiale au niveau du bord inférieur du grand rond ; il n'est pas rare de la voir partir de la circonflexe postérieure, qui passe alors en arrière des tendons du grand rond et du grand dorsal ; chez quelques sujets la scapulaire inférieure lui donne naissance. Elle se porte en bas , en arrière et en debors , entre les trois portions du triceps bracbial , auxquelles elle abandonne des rameaux, appliquée sur la face postérieure de l'bumérus qu'elle croise en la contournant, accompagnée par le nerf radial, et arrive sur le bord externe de cet os, un peu au-dessous de l'insertion du deltoïde, où elle se divise en deux brancbes, l'une superficielle ou externe qui reste accolée au nerf, l'autre profonde ou interne qui se ramifie dans la moitié inférieure du triceps : la branche superficielle suit la cloison intermusculaire externe, en donnant des rameaux au triceps, au bracbial antérieur puis au grand supinateur, et arrive ainsi juscju'à l'épicondyle sur lequel elle termine en s'anastomosant avec les récurrentes radiales antérieure et postérieure ; la branche profonde, bien qu'essentiellement musculaire, fournit aussi des ramuscuies à l'bumérus et à l'articulation du coude ; elle s'anastomose par de nombreuses ramifications d'une part avec la brancbe superficielle, de l'autre avec la récurrente cubitale.
2° Collatérale interne. Elle part de la partie inférieure et intei'ue de la bracbiale, descend obliquement en dedans, entre le bracbial antérieur, sur lequel elle repose , et le nerf médian dont elle croise la direction , puis se divise après un court trajet en rameaux antérieurs très grêles, et rameaux postérieurs moins ténus. Les premiers se portent au-devant de la tubérosité interne de l'bumérus , entre le rond pronateur et le bracbial antérieur, donnent à ces muscles et s'anastomosent avec la récurrente cubitale antérieure. Les seconds traversent la cloison intermusculaire interne, et se partagent : en rameaux musculaires qui se rendent au triceps bracbial et au cubital postérieur, en rameaux périostiques, et rameaux articulaires; un autre rameau accompagne le nerf cubital ; tous s'anastomosent avec la récurrente cubitale postérieure.
Il existe quelquefois deux collatérales internes , qui se distinguent par leur position en supérieure et inférieure; la supérieure naît ordinairement de la partie moyenne de la bracbiale , traverse la cloison intermusculaire interne, s'accole au nerf cubital, et communique à sa terminaison avec la récurrente cubitale postérieure ; l'inférieure part de la partie interne du tronc bracbial et se termine ai^-devant de l'épitrocblée en s'anastomosant avec la récurrente cubitale antérieure. Celte anomalie consiste donc simplement dans la complète séparation des deux ordres de rameaux fournis par la collatérale interne lorsqu'elle est uni(iue.
3° Branche superficielle du vaste interne. Elle naît de la bracbiale sur un point très rapprocbé de la collatéi-ale externe, et assez souvent par un tronc qni lui est commun avec cette dernière, traverse la cloison inlerinu?culaire interne pour s'accoler au nerf cubital, descend ju>(iu'à l'olécràne en donnant de nombre\ix rameaux au vaste interne et s'anastomose
ANGEIOLOGIE. 461
avec la collatérale interne , la collatérale externe et la récurrente cubitale postérieure.
4° Branche superficielle dit bracldal antc'rknr. De même volume que la précédente, elle se détache de la brachiale sur un point un peu plus déclive , suit le bord interne du brachial antérieur, et devenue très grêle au niveau de l'épitroclilée, s'anastomose avec les artères collatérale interne et récurrente cubitale antérieure.
Branches terminales de la &rac/iifi'Zc. Au nombre de deux , divisées en externe ou radiale, et interne ou cubitale, ces branches se séparent à angle aigu à peu près au niveau de la ligne de jonction de l'extrémité inférieure de l'humérus, avec l'extrémité supérieure des os de l'avant-bras. Il est extrêmement rare (pie cette séparation s'accomplisse à une distance plus ou moins grande au-dessous de l'articulation du coude; mais on voit assez souvent la brachiale se bifurquer sur un point plus élevé , tantôt au tiei's inférieur du bras, tantôt à sa partie moyenne, quelquefois au niveau du creux de l'aisselle. Cette précocité de division doit toujours être présente à l'esprit du chirurgien lorsqu'il se propose d'ouvrir l'une des veines du pli du coude ou de prati(pier la ligature de la cubitale, dans le premier cas parce ([u'elle modifie la situation relative des troncs artériels et veineux, dans le second parce que l'artère cubitale devient alors le plus souvent sousaponévrotique dans toute l'étendue de son trajet; en la cherchant dans sa place accoutumée , on s'exposerait , pour avoir négligé l'exploration préalable de la région antérieure de l'avant-bras, à faire une opération longue, laborieuse et inutile,
ARTÈRE RADULE.
L'artère radiale , branche de bifurcation de l'humérale , s'étend de la partie supérieure de l'avant-bras , à la partie externe du poignet et dans la paume de la main.
Direction. Dans sa portion antibrachiale elle descend en s'inclinant un peu obliquement en dehors ; une ligne tirée de la partie moyenne du pli du coude à l'apopbysc styloïde du radius représente assez exactement son trajet. — Dans sa portion carpienne elle se porte du sommet de l'apophyse styloïde du radius, au sommet du premier espace intermétacarpien , en croisant le côté externe du poignet à la manière d'une diagonale. — Dans sa portion palmaire elle passe transversalement au-devant de la partie supérieure du corps des quatre derniers métacarpiens , en décrivant une courbe à concavité supérieure; cette courbe connue sous le nom d'arcade palmaire profonde se termine en s'anastomosant à plein canal avec une branche importante venue de la cubitale.
Rapports. Ils diffèrent suivant qu'on examine la radiale, à l'avantbras, au poignet ou dans la paume de la main.
J l'avant-bras, la radiale répond : 1° en avant, M'aponévrose dont elle est séparée dans son tiers ou sa moitié su[iérienre par le grand supinateur chez les sujets fortement musclés; — 2° en arrière, au court supinateur, au rond pronaleur, au lléchisseur superliciel des doigts, au fléchisseur propre du pouce et au carré pr<mateur qui la s('iiarent do la face antérieure du
ifi2
AXATOMfE.
radins, <lont elle est cependant très rapprocltée, circonstance qui, réunie à sa position sons-apon(''vroti(iue et à sa situation dans une spctiondu juenibre facilement mobile, et plus ou moins déccuvcrle , lui a fait accorder la pré-
FiG. 14^.
1,1. Humérale.