‹ Manuel d'anatomie descriptive et de préparations anatomiquesChapitre 227 sur 267 · VEINES PROFONDES DES MEMBRES ABDOMINALX · texte numérisé non relu

VEINES PROFONDES DES MEMBRES ABDOMINALX

Les veines profondes des membres inférieurs suivent exactement le trajet des artères. Il n'existe qu'une seule veine fémorale, une seule veine poplitée ; mais les branches qui viennent se réunir à ces veines sont toujours en nombre double des branches artérielles. A la jambe et au pied toute artère est accompagnée de deux veines, les troncs comme les branches qui en partent : ainsi on observe deux veines tibio-péronières, deux veines péronièreS; deux veines tibiales postérieures, deux veines tibiales antérieures, deux pédieuses, deux plantaires internes, deux plantaires externes, etc.

Les rapports de toutes ces veines profondes sont ceux des artères correspondantes. Leur direction est la même que celle de ces vaisseaux. De nombreuses valvules entrecoupent leur cavité. Elles communiquent entre elles autour de chaque tronc artériel par des anastomoses transver- ' sales plus multipliées que celles qui unissent ces mêmes veines dans les membres supérieurs. Un autre caractère qui leur est propre et qui les distingue davantage des veines profondes du membre tlioracique se tire de l'épaisseur de leurs parois , épaisseur quelquefois égale et en général peu inférieure à celle des artères ; les veines tibiales postérieures derrière la malléole, la veine poplitée, etc., diffèrent si peu des artères qu'elles accompagnent que l'anatomiste qui observe ces vaisseaux sur le cadavre pour démêler l'artériel et en faire la ligature, s'exposerait à de fréquentes méprises s'il prenait pour seul guide de son choix leur aspect extérieur. En même temps qu'elles deviennent plus épaisses , les veines profondes des membres abdominaux prennent un reflet légèrement jaunâtre; divisées transversalement, elles restent béantes ou s'affaissent incomplètement; par leurs propriétés et leur structure, en un mot, elles offrent une analogie plus ou moins manifeste avec les artères.

ANGÉIOLOUIE. o73

VEINES SUPERFICIELLES DES MEMBÎŒS ARDOMIN \L'\.

Les veines superficielles des membres inférieurs forment sous les légumens un plexus à larges mailles, non moins variable dans son développement ipie le plexus veineux sous-cutané des membres supérieurs. Tandis que ce dernier s'hypertropbie par l'action souvent réitérée des muscles du bras et de l'avant-bras, celui des membres abdominaux se déveloiipe sous l'inllucuce de toutes les causes qui deviennent un obstacle pour l'ascension du sang noir; parmi ces causes la plus générale est la station verticale longtemps prolongée; car les forces de la vie essentiellement actives s'épuisent j)ar le seul fait de leur activité ; les forces pbysiques essentiellement passives demeurent inaltérables ; et dans cette lutte de deux forces dont l'une ne peut s'exercer sans s'affaiblir tandis que l'autre se conserve toujours intacte, quelle (pie soit au début la supériorité de la première, si la lutte se prolonge elle doit nécessairement succomber. C'est pouniuoi la station liorizontale dans tous les animaux chez lesquels le sang circule contre les lois de la yiesanteur, est une attitude à Ia([ueHe aucun d'eux ne peut se soustraire parce cprellc leur est commandée en quclipie sorte par la nature entière. Le sang qui s'élève du cœur vers le cerveau semble se ralentir dans son mouvement ascensionnel après une lutte de quinze ou dix-liuit heures soutenue contre l'induence de la gravitation ; celui qui s'élève des orteils vers le cœur, c'est-à-dire ([ui parcourt un trajet beaucoup plus long, dans des conduits moins résistants et sous l'empire d'une force d'iuipulsion beaucoup moins grande, luttera avec moins d'avantage encore ; il pèsera sur les parois qui le contiennent d'un poids plus lourd, et si ces parois sont faibles, il les dilatera; ainsi se dilate le plan veineux superficiel des membres inférieurs chez tous les individus que leur profession condamne à rester eonstamment debout; ainsi débutent et se développent les dilatations variiiueuses ou les varices dont ces meud)res sont le siège de prédilection.

Peu développées dans le jeune Age et chez les femmes (pii n'ont pas eu d'enfants , ces veines accpiièrent un développement rcmartpiablc chez les hommes dans l'âge adidte et chez la femme pendant la grossesse.

Les veines des orteils offrent une disi)Osilion tout à fait analogue à celles des doigts; elles rampent au-dessus des tendons extenseurs et se dirigent horizontalement d'avant en arrière pour se jeter dans le plexus des veines dorsales du pied. Ce plexus, remanpiable comme celui de la main par le nombre et le volume des branches (pii le composent, est limité: 1° en avant, par une arcade assez régulière ([ui reçoit les veines des orteils; 2° en dedans par une branche volumineuse qui forme l'origine de la veine sa phène interne; 3° en dehors, par une autre branche beaucoup moins considérable, qui représente l'origine de la veine sai^hàne e.vlernc. Ces deux veines sont les seuls troncs auxquels aboutissent toutes les autres veines superficielles des membres inférieurs.

1° Vel\e sàpiiÈlNE interne. Elle s'étend de la face dorsale du pied au pli de l'aine à la manière d'un grand arc (pii répond par une de ses extrémités à la malléole interne, et par l'autre à la veine crurale. Sa courbure peu prononcée regarde en avant et en dehors par sa concavité, en arrière et en dedans pai" sa convexité.

374 AiNATOMlE.

Née (le rextréinité interne de l'arcade veineuse dorsale du ^lied, qui représente elle-méine le tronc des veines doi sales du gros orteil , elle longe le côté supérieur du premier métatarsien et la partie correspondanle du tarse et arrive au-devant de la malléole interne ; là elle se réfléchit de bas en haut, croise dans son. trajet ascendant la face interne du tibia, se place en arrière de la tubérosité interne de cet os et du condyle interne du fémur qu'elle embrasse en quelque sorte dans'sa concavité, puis se dirige d'arrière en avant pour atteindre la veine fémorale dans laquelle elle se jette à deux centimètres environ au-dessous de l'arcade crurale. L'ouverture que lui présente l'aponévrose de la cuisse est limitée en bas par un repli falciformc qui occupe l'angle de séparation des deux veines; cette ouverture a été considérée à tort par quelques anatomistes connue l'orifice inférieur du canal crural ; le canal qu'on avait autrefois désigné sous ce nom constitue une partie intégrante de la gaine des vaisseaux fémoraux à laquelle une observation bien raisonnée la fait restituer de nos jours.

La veine sapliène interne est logée dans l'épaisseur du tissu ceHuloadipeux sous-cutané. Le feuillet profond du fascia superficialis la sépare des aponévroses jambière et fémorale ; elle glisse par conséquent sur ces plans fibreux avec les téguments lorsqu'une cause quelconque vient im- })rimer à ceux-ci un léger déplacement.

Le nerf saphène interne l'accompagne depuis le genou jusqu'à la malléole tibiale, en l'entourant de nombreux rameaux dont les uns se placent à son côté interne et les autres à son côté externe.

Les vaisseaux lymphatiques les plus volumineux du membre inférieur lui sont accolés dans toute son étendue ; au-dessous de sa portion fémorale on trouve constamment deux ou trois troncs lymphatiques qui l'abandonnent vers le sommet au triangle inguiiial pour se rendre dans les ganglions les plus inférieurs du pli de l'aine.

Cette veine reçoit un très grand nombre de branches parmi lesquelles nous mentionnerons :

1° Toutes les veines superficielles qui émanent de la région plantaire iiilerne, et qui vont s'ouwir dans la portion pédieuse en suivant un trajet d'autant plus ascendant et oblique (pi'elles sont plus antérieures ;

2° La plupart des veines qui forment le réseau dorsal du pied ;

o° Le plus grand nombre des veines sous-cutanées de la jambe ;

\'^ Toutes les veines sous-cutanées de la cuisse, (|ui se réunissent chez (pichiues sujets en un tronc comnuin i)arallèle au tronc de la saphène dans laquelle il vient s'ouvrir à une petite distance de son embouchure ;

ô° Les veines honteuses externes (lui se terminent au niveau du coude (ju'clle décrit pour aller se réunir à la fémorale.

G" Les veines tégumenteuses abdominales, au nombre de trois ou cpiatre, qui se terminent tantôt isolément, tantôt par un tronc comnnm dans le mêiue point que les précédentes.

Indépendamment de ces branches d'origine, la saphène interne présente des branches anastouiotiques par lesquelles elles entrent en connnunicalion avec les veines isrofondes ; ainsi elle communiipie :

1° Dans sa portion pédieuse, avec la veine plantaire interne par une branche assez volumineuse et qui parait constante ;

■i" Au niveau de l'articulation tibio-tarsicnne avec la terminaison des pédicus-'^ par une uu plusieurs braneiies qui traversent les deux aponévroses

AiNGElULOGIE.

dorsales du pied, et avec l'origiiic des tibiales antérieures par une ou deux veines sus-nialléolaires ;

3-^ Avec les veines tibiales postérieures par des branches qui traversent les insertions tibiales du muscle soléaire.

FiG. 161.

lu;. !(^J

t'clnc S(i/'livjn' iiiU'iiu

Faille s(if/l,viic cxieritr.

576 A.NATUMIE.

4° Avec la veine fémorale par deux on trois rameaux qui traversent les orifices vasculaires île la gaine des vaisseaux cruraux, mais qiii sont en général peu développes.

Cette veine , dont la disposition est constante dans sa moitié inférieure , présente dans sa portion fémorale quelques variétés qui ne sont pas très rares ; on la voit assez souvent se bifur(juer au niveau du genou pour se reconstituer en un tronc unicpie sur un point plus élevé de son trajet après avoir circonscrit par les deux branches de sa bifincation un espace ellipti(pie plus ou moins allongé. D'autres fois les branches crurales antérieures ou les postérieures, et même ces deux ordres de branches simultanément, se groujjent pour former un tronc collatéral, en sorte qu'on trouve alors sur les faces antérieure et interne de la cuisse deux ou trois veines distinctes; mais ces veines saphènes aeccessoires se réunissent toujours au tronc principal pour s'ouvrir dans la fémorale par une seule embouchure.

Le nombre des valvules que présente la veine sapliène interne est indéterminé ; il m'a i)aru varier de huit à douze.

2'' Veine sapuène externe. Moins volumineuse et beaucoup moins longue que la saphène interne , cette veine part de l'angle externe de l'arcade veineuse dorsale du métatarse et se porte d'avant en arrière , parallèlement au bord externe du pied, vers le sommet de la malléole péronéale (pi'clle contourne en se réfléchissant de bas en haut; parvenue en arrière de cette saillie, elle atteint bientôt la partie moyenne de la face postérieure <le la jambe, et monte alors verticalement dans l'interstice des deux jimicaiix jusqu'à la hauteur de l'espace intercondylien où elle traverse l'aponévrose correspondante, pour se diriger d'arrière en avant et se jeter dans la veine poplitée dont elle est inie dépendance de même que la grande saphène est une dépendance de la veine fémorale.

La saphène externe, séparée de la couche cellule-graisseuse sous-cutanée par une lame fibreuse , est accolée dans sa moitié supérieure à une artère longue et grêle (pii occupe l'interstice des jumeaux, et dans toute son étendue d'une part au nerf saphène externe et de l'autre à deux ou trois troncs lymphatiques qui pénètrent avec elle dans le creux poplité et se jettent dans les ganglions de cette région. A son embouchure elle est située entre le nerf sciatiipie poplité interne qui lui est contigu et le nerf scialique po[)lité externe (pii s'en éloigne pour aller contourner la tête du péroné.

Ses branches d'origine proviennent : 1° de la région dorsale du pied; 2" de la région calcanéenne externe ; 3° des téguments de la partie postérieure et externe de la jambe.

Elle comunniiquc : 1" avec les veines plantaires externes au niveau d3 la face inférieure du cuboïde ; 2° avec les veines péronières antérieure et postérieure au niveau de la face externe du calcanéum ; 3" avec la veine saphène interne et par cette veine avec la fémorale, à Taide d'une branche (pii n'est pas constante et qui s'étend du soiumet de la courbure (|u'clle décrit à son embouchure, vers l'extrénuté terminale de la saphène interne.

Cette veine est rarement le siège de dilatation variiiueuse; sous ce point de vue elle diffère essentiellement de la grande saphène.

ANGÉIOLOGIK. 577

YEIJNES DU RACIllS.

Les veines du racliis cori-espondent à cette partie du système artériel qui se ramifie dans la paroi postérieure du tronc , c'est à-dire aux branches pariétales de l'aorte, dont la série est prolongée, en liant parles artères intercostales supérieures et cervicales ascendantes, inférieurement par les artères iléo-lombaires, sacrée moyenne et sacrées latérales.

Chacune de ces branches artérielles se subdivise en trois branches secondaires : la première interne ou intra-rachidienne , la seconde postérieure dorsale ou musculo-cutanée , la troisième antérieure ou externe. A ces trois longues séries de rameaux divergents se rattachent trois ordres distincts de rameaux veineux, qui permettent de diviser les veines du rachis :

1° En veines intra-rachidiennes;

2° En veines extra-rachidiennes postérieures;

3° Eu veines extra-rachidiennes antérieures.

1° VeiiSES intr.\-raciiidieinnes. Elles sont remarquables à la fois par leur calibre, par leur nombre, yjar leurs anastomoses qui leur donnent une forme plexueuse, et par l'uniformité d'origine, de situation, de direction qu'elles présentent.

Quatre canaux longitudinaux étendus du trou occipital à la base du coccyx et reliés entre eux au niveau de chaque vertèbre par (juatre canaux à direction transversale , telle est la disposition la plus générale de ces veines.

Celles qui offrent une direction longitudinale se distinguent par leur situation en antérieures et postérieures ; les transversales se divisent en antérieures, postérieures et latérales.

a. reines longUudinales antérieures. Ces veines , appelées aussi sinus longitudinaux, plexus longitudinaux antérieurs, sont situées sur les parties latérales de la face postérieure du corps des vertèbres en dehors des festons du ligament vertébral commun postérieur. Elles décrivent au niveau de chaque vertèbre une arcade qui embrasse par sa concavité leiir pédicule. En se réunissant par leurs extrémités ces arcades donnent naissance d'une part aux veines longitudinales antérieures , de l'autre à un tronc qui traverse le trou de conjugaison voisin pour aller se jeter dans les veines extra-rachidiennes.

Les veines longitudinales antérieures présentent un renllement au niveau de chacpie corps vertébral et un rétrécissement au niveau de chaque disque inter-arliculaire. Les renflements correspondent aux points par lesquels elles communiquent avec les veines transverses ai térieures et transverses latérales. Fréquemment elles se divisent pour se reconstituer presque aussitôt en un tronc unicpie; ce sont ces décompositions et recompositions successives réunies à l'inégalité de leur calibre (pii leur communiquent le caractère plexiforme.

b. Feines longitudinales postérieures. Beaucoup moins développées que les précédentes, ces veines sont situées de chaipie côté entre la duremère et la paroi postérieure du canal rachidien; au dos elles reposent sur la dure-mère ; au cou , aux lombes , et dans le canal sacré elles sont appliquées sur les lauics vertébrales et les ligaments jaunes, Les enveloppes de

ANATUMIE.

la moelle , le segment postérieur des verlèbi-es et une coiielie eelliilogi-aisseuse intcmiédiaire et très variable constituent leur point de départ. c. reines transverses. Les antérieures, (pii sont les plus considérables,

FiG. IG5.

FiG. IGi.

FiG. ig:;.

freines inlrn - rachi- Vaines inlra - racJii- Viines exlni - rnchi-

iliennes anlériaurea, dienncs posiérieures. dieiiues puslerieiires.

AX(^.El()L(Ui(E. 579

s'c'tcndent liorizoïitalenieut de l'inîc des vciiifs l(iiigi!iidin;dcs à la veine semblable du côté opposé, en passant an niveau du tronque présenle la face postérieure du corps de chatiue vertèbre. Elles ne forment pas \m canal unique , mais se composent ordinairement de deux ou trois branches plexueuses recouvertes en arrière par le ligament vertébral commun postérieur dont elles sontcouiidétement indépeuilantes, en sorte qu'elles n'appartiennent pas à la classe des sinus.

Les veines transverses antérieures, en se divisant à leurs extrémités en branches ascendantes et descendantes (pii s'anastomosent entre elles, produisent les veines longitudinales antérieures : ces deux ordres de vein< s longitudinales et transverses ont pour origine les canaux veineux ou diploïques des corps vertébraux, canaux tout à fait analogues à ceux des os du crâne et ordinairement au nombre de deux ou trois ; ils se dirigent d'avant en arrière parallèlement aux faces supérieure et inférieure du corps de la vertèbre et viennent s'ouvrir tantôt par un orifice unique , tanlôt par des orifices multiples à la partie moyenne des veines transverses aux- (pielles ils donnent naissance. Quelquefois il n'existe qu'un seul canal diploïque; il est alors demi-circulaire, à convexité antérieure et fournit par sa concavité un canal antéro-postérieur qui vient s'ouvrir perpendiculairement dans les veines transverses.

Les veines transverses postérieures, plus grêles encore que les veines longitudinales qu'elles font communiquer, sont loin d'offrir une direction aussi uniforme que les antérieures; quelques unes sont plus ou moins obliiiues; assez souvent il en existe deux au niveau de chaque lame vertébrale; leur volume est toujours en raison inverse de leur nombre.

Les veines transverses latérales se dirigent d'arrière en avant pour établir une communication entre les veines longitudinales antérieures et les postérieures.

Indépendamment de ces veines intra-rachidiennes pariétales , il en est d'autres qui émanent de la moelle épinière ; ces veines viscérales ou médullaires présentent sur les faces antérieure et postérieure de la moelle une disposition qui rappelle celle des artères ; elles forment en un mot des veines spinales antérieures et postérieures qui parcourent toute la longueur du prolongement rachidien et communiquent entre elles par des branches transversales; du plexus qu'elles forment partent des brandies qui cheminent de chaque côté entre les racines antérieure et postérieure des nerfs spinaux, traversent avec ceux-ci l'orifice que leur présente latéralement la dure-mère et se réunissent au niveau du trou de conjugaison aux veines pariétales.

2° Veines extra-raciiidieinses postérieures. Ces veines forment à la partie postérieure du racliis un plexus dont les mailles embrassent les apophyses épineuses , les lames vertébrales , les apophyses articulaires et les apophyses transverses. Nées de la peau et des muscles spinaux, les branches d'origine de ce plexus se portent d'arrière en avant en suivant les interstices musculaires ; une première série de branches chemine entre les sacrolombaires dont elle croise les faisceaux de renforcement et le long dorsal; une seconde occupe l'espace qui sépare le long dorsal du transversaire épineux; une troisième marche entre le transversaire é[)iueux d'iuie part, et les ligaments inter-épineux de l'autre.

De ces ti'ois longues séries de branches les deux premières accompagnent fidèlement les artères correspondantes. La dernière est d'abord formée de veines longitudinales situées en arrière du sommet des apophyses épineuses; ces veines émettent par leur côté antérieur des rameaux inter-épineux qui s'accolent aux ligaments de ce nom, jusqu'au niveau de la base des apophyses épineuses où ils se dévient pour se porter en dehors et se diviser entre les apophyses transverses en branches ascendante et descendante; la branche ascendante s'anastomose avec la branche descendante de la veine qui est au-dessus et la branche descendante avec la branche ascendante de la veine qui est au-dessous. De ces anastomoses naissent des arcades à concavité antérieure dont les extrémités connnuniquent au niveau de chaque trou de conjugaison avec le tronc des veines intra-rachidiennes.

Les veines extra-rachidiennes postérieures de la région cervicale sont plus développées que celles des régions dorsale lombaire et sacrée; indépendamment du plexus que ces veines cervicales postérieures forment autour des apophyses épineuses arliculaires et transverses , on observe ordinairement entre le grand complexus et le transversaire épineux deux veines longitudinales décri'es par M. Cruveilhier sous le nom de veines jugulaires postérieures.

Les veines jugulaires postérieures naissent entre l'atlas et l'occipital, sortent flexueuses de l'intervalle de ces os, se portent très obliquement en bas et en dedans, et parvenues au niveau du sommet de l'apophyse épineuse de l'axis , s'anastomosent entre elles par une branche transversale. Là elles changent de direction, se portent ohlicpiemcnt en bas et en dehors, c'est-à-dire en sens inverse de leiu' direction première, mais beaucoup moins obliquement : vers la partie inférieure de la région cervicale elles s'insinuent d'arrière en avant , entre la septième vertèbre cervicale et la première côte , pour s'ouvrir dans le tronc veineux brachio-céphalique, derrière la veine vertébrale. Ainsi unies les veines jugulaires postérieures représentent la forme d'un X ; elles cominunicpient en haut avec les veines occipitales profondes et les veines mastoïdiennes et dans le reste de leur étendue avec la jugulaire interne, la veine vertébrale et les veines intra-rachidiennes.

3° Veines extrà-rachidieniNES A^■TÉrxlELRES. Ces veines, d'abord dirigées de dehors en dedans, s'iniissent a\]x précédentes au niveau des trous de conjugaison et forment sur les parties latérales et antérieure du corps des vertèbres des troncs volumineux qui , après s'être anastomosés , vont s'ouvrir les uns dans la veine cave descendante , les autres dans la veine cave ascendante ; elles établissent par conséquent une large communication entre ces deux veines et jouent ainsi un rôle fort iuiportant dans la circulation du sang veineux.

Ces veines sont : 1° la grande veine azygos; 2" la petite azygos; 3° les intercostales supérieures gauches; 4° les intercostales supérieures droites; 5° les veines lombaires; G° les iléo-lombaires ; 7° la sacrée moyenne; 8" les sacrées latérales.

Grande veine azygos. Volumineuse et impaire, d'où le nom d'azygos ■^composé d'i priva'.if et de Ç-j/^ç pair, vena sine pari}, celte veine

AXGKlOLOdlE.

s'i'lend ilo la colonne lombaire où elle prend naissance à la veine cave snpérienre dans laqnelle elle se termine. Son orii;ine présente de nombrenses variétés : ordinairement elle naît d'une série d'arcades anastomotiipies ipii embrassent la base des apopliyses transverses des vertèbres lombaires ; queUpiefois elle fait snile an tronc de la dernière veine intercostale on de la première veine lombaire ; plus souvent elle provient k la fois de

Fi 2. 1G6.

FiG. IGG.

Ftiiies extrn-ruchliUennes rtnle'i ieiires et postérieures.

\. Grande veine azygos.

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