DU FA&CIA TRANSVERSALIS
A. Cooper en Angleterre, et M. J. Cloquet en France , ont décrit sous ce nom une lame aponévrotique (pil orrupe la partie postérieure et infé-
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riciu'C du muscle transverse, et qui contribue puissamment à fortifier la paroi abdominale antérieure au niveau du trajet que parcourt le canal inguinal. La forme de cette aponévrose est triangulaire.
Sa face antérieure répond au transverse , et plus bas au canal inguinal dont elle forme la paroi postérieure.
Sa face postérieure est en rapport avec le péritoine.
Son bord supérieur, mal déterminé , dégénère en tissu cellulaire au niveau d'une ligne borizontale tirée du muscle droit à l'épine iliaque antérieure et supérieure.
Son bord inférieur se confond dans sa moitié externe avec l'arcade crurale et le fascia iliaca; dans sa moitié interne il se continue avec le bord postérieur de la portion directe de l'arcade crurale , de telle sorte que cette arcade et le fascia transversalis ont été considérés comme deux dépendances de l'aponévrose du grand oblique qui, parvenue au niveau du pli de l'aine, ne se terminerait pas dans cette région, mais se réllécbirait d'avant en arrière pour remonter sur la face postérieure des muscles abdominaux ; de là le nom de feuillet réfléchi, de^Jorfioii re fléchie de l'aponévrose du grand obliciue, sous lequel le fascia transversalis a été quelquefois désigné.
Son bord interne répond au bord externe du droit abdominal, et semble s'y attacber; mais il ne s'y fixe en aucune manière; parvenu au niveau de ce bord, le fascia transversalis se comporte exactement comme les aponévroses des muscles obliques et transverse. Pourquoi ces trois aponévroses passent-elles au-devant ou en arrière du muscle droit, et ne s'insèrentelles pas à son bord externe? Parce que ce bord est musculaire et qu'une fibre aponévrotique ne peut se fixer qu'à d'autres fibres de même nature, en l'absence d'une surface osseuse ou cartilagineuse ; ne pouvant s'attaclier à ce bord, elles se prolongent donc au-delà , jusqu'à ce qu'elles rencontrent une surface d'insertion convenable ; or, cette surface , elles ne la trouvent que sur la ligne médiane où elles se l'empruntent en quelque sorte mutuellement en se continuant avec celles du côté opposé. De même le fascia transversalis , arrivé au bord externe du muscle droit, se divise en deux feuillets , l'un extrêmement mince , qui se prolonge en arrière du muscle jusqu'à la ligne médiane, l'autre plus fort, qui se confond en avant avec la partie correspondante des aponévroses du petit obUque et du transverse. Le bord externe du muscle droit répond à l'angle d'écartement de ces deux feuillets , de même qu'il répond à l'angle d'écartement des deux feuillets du petit oblique.
Mince et faible en dehors , le fascia transversalis devient très résistant en dedans, où sa présence était plus nécessaire, puisque dans ce point les muscles abdominaux cessent d'exister. Au niveau de l'orifice supérieur ou péritonéal du canal inguinal , il est perforé pour le passage des vaisseaux spermatiques. La plupart des anatomistes admettent, il est vrai, que cette aponévrose , au lieu de s'ouvrir pour laisser passer le testicule lorsqu'il sort de l'abdomen, est seulement déprimée en doigt de gant, de telle sorte qu'elle formerait une gaine complète à cet organe et aux vaisseaux spermatiques ; le muscle crémaster serait situé en dehors de celt ^ gaîne , et appliqué immédiatement sur elle : nous avouerons qu'il nous a été impossible de la distinguer nettement et que son existence nous semble reposer sur des considérations purement théoriques.
REGION DIAPHRAGMATIQUE. DIAPHRAGME.
Préparation, La paroi antérieure de l'abdomen étant incisée crucialement ou ovalairement, on enlèvera tous les viscères abdominaux en procédant de la manière suivante : lo placer deux ligatures sur la partie inférieure de l'œsophage, à trois centimètres Tune de l'autre, et diviser entre elles l'œsophage ; 2o détacher le foie avec beaucoup de ménagement, afin de ne pas perforer Je diaphragme, car alors, l'air pénétrant dans la cavité de la plèvre, ce muscle retombe vers l'abdomen , et présente un état de flaccidité très défavorable à son étude ; 5o détacher également la rate, les reins, le duodénum , le pancréas, et couper les vaisseaux mésentériques supérieurs, en attirant tous les organes abdominaux comme une seule masse vers le bassin; 4o enfin, faire une double ligature à la partie supérieure du rectum, et enlever les viscères.
Après avoir mis à nu la face inférieure du diaphragme , le sang veineux reflue souvent du cœur vers l'abdomen par la veine cave inférieure qu'il faut nécessairement diviser pour enlever le foie ; laissez écouler la plus grande partie du sang qui se présente à Torifice de cette veine, épongez ensuite le muscle, et, afin de prévenir un retour d'écoulement qui tacherait la préparation, placez sous les lombes un billot qui imprimera un mouvement de bascule au thorax, en abaissant son sommet et en élevant sa base ; dans cette position, le diaphragme devient très apparent et assez facile à préparer. Cette préparation sera faite d'avant eu arrière et de haut en bas, ou du sternum vers le rachis; le péritoine, peu adhérent, sera saisi avec les doigts aussitôt que le lambeau isolé le permettra; les doigts et les ongles, ou les doigts et le manche du scalpel suffisent, en général, pour détacher celte membrane.
Situation. Dans la grande cavité du tronc qu'il divise en deux cavités secondaires : l'une supérieure ou le thorax, l'autre inférieure ou l'abdomen.
Forme. Hémisphérique.
Attaches. En avant, aux parties latérales du sternum, par des fibres courtes et peu nombreuses, qu'un intervalle triangulaire sépare de celles du côté opposé en établissant une libre cavité abdominale. — Sur les côtés, à la face postérieure et au bord supérieur des cartilages des six dernières côtes , par des digitations qui s'entre-croisent avec celles du muscle transverse de l'abdomen. — En arrière : 1"^ à une arcade fibreuse transversalement étendue du sommet de la dernière côte à la base de l'apophyse transverse de la première vertèbre des lombes , arcade qui a reçu le nom de ligament cintré du diaphragme ; 2° à une seconde arcade plus petite qui répond, en arrière , à l'extrémité interne de la précédente, en avant, au corps de la seconde vertèbre lombaire ; S" à la partie antérieure du corps des seconde et troisième vertèbres des lombes , par des fibres tendineuses qui s'entre-croisent avec celles du grand ligament vertébral commun antérieur, et auxquelles succèdent deux gros faisceaux charnus qui constituent les 'piliers du diaphragme.
Ces piliers se portent verticalement en haut en s'élargissant et en s'unissant l'un à l'autre par l'échange de leurs fibres les plus internes. Le pilier droit, plus volumineux, recouvre le côté antérieur des vertèbres correspondantes ; le pilier opposé occupe la partie latérale gauche du corps des même- vertèbres. Les bandelettes qu'ils s'envoient réciproquement ne présentent pas des dimensions égales ; celle qui vient du pilier droit offre un volume plus considérable que celle qui émane du pilier gauche, et passe au-devant d'elle en la croisant à angle aigu ; cet entre-croisement a pour
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effet de transformer l'intervalle qui sépare les piliers en deux orifices, dont l'inférieur, fibreux et parabolique, donne passage à l'aorte , à la \eine azygos, au canal thoracique, et quelquefois au nerf grand sympathique gauche, tandis que le supérieur de nature musculaire et de forme elliptique transmet dans l'abdomen l'œsophage et les nerfs pneumo -gastriques.
Direction. Toutes les fibres qui composent ce muscle se dirgent de la circonférence au centre, les antérieures et les postérieures de bas en haut , les latérales de dehors en dedans ; toutes sont curvilignes même dans l'élat de contraction , où la courbe qu'elles décrivent s'ouvre sans jamais se redresser complètement.
Structure. Charnu à la circonférence, fibreux dans sa partie centrale, qui porte le nom de centre phrcniciue , de centre aponévrotique, et qui présente la forme d'une feuille de trèfle , dans laquelle on distingue trois foholes , l'un médian un peu plus large , le second situé à gauche et très petit, le troisièaie situé à droite et perforé pour le passage de la veine cave inférieure ou ascendante. Cette ouverture présente une figure régulièrement quadrilatère qui dérive de la structure même du
Diapmghme vu par sa Jnce inférieure.
Foliole médian du contre phréniqae. — 2. Foliole gauche. — 3. Foliole droit.
— 4. Appendice xyphoïde. — 5. Arcade fibreuse externe ou ligament cintré.
— G. Arcade fibreuse interne. — 7. Ouverture pour le passage du nerf grand splanchnique. — 8. Pilier droit du diaphragme, — 9. Qualrième vertèbre lombaire. — 10. Pilier gauche du diapînagme. — 11. Ouverture aortiquc. — 12. Ouverture œsophagienne. — 13. Ouverture de la veine cave inférieure. — 14. Psoas. — 15. Carré des lombes. — 16. Apophyses Iransverses des vertèbres lombaires.
centre aponévrotique ; pour s'en rendre compte il faut se représenter chaque fibre du diaphragme comme un petit muscle digastrique : ainsi les fibres qui s'attachent au sternum sont d'abord musculaires , puis fibreuses à leur partie moyenne, et redeviennent musculaires en se portant au rachis ; de même celle qui naissent des côtes droites sont d'abord charnues, puis fibreuses à leur partie moyenne, et redeviennent charnues en approchant des côtes gauches ; les fibres antéro-postérieures et les fibres transversales s' entre- croisent donc par leur partie moyenne ou aponévrotique, et interceptent par conséquent de petits espaces quadrilatères très rapprochés les uns des autres : or l'orifice qui donne passage à la veine cave inférieure est un de ces espaces ; il ne diffère de tous les autres que par ses dimensions beaucoup plus grandes.
Rapports. En haut et par le centre aponévrotique , avec le péricarde au(|uel il est uni de la manière la plus intime ; latéralement, avec la base des poumons dont il est séparé par la plèvre. — En bas , avec l'estomac dans sa partie moyenne et antérieui'e , avec le foie à droite , la rate à gauche, le pancréas, le duodénum et les reins en arrière.
Usages. On a pensé jusqu'à cette époque que le diaphragme agrandit exclusivement le diamètre vertical de la poitrine, au moment où il se contracte. MM. Beau et Maissiat, par leurs recherches sur le mécanisme des mouvements respiratoires , ont été conduits à constater que ce muscle agrandit également, soit le diamètre transversal du thorax en portant les côtes en haut et en dehors, soit le diamètre antéro-postérieur en portant le sternum en avant. Cette opinion, nous l'avouerons, nous a paru d'abord éminemment paradoxale et presque impossible ; cependant une étude plus attentive de ce point de physiologie n'a pas tardé à nous convaincre que les faits avancés par ces deux observateurs sont rigoureusement vrais. Pour démontrer en peu de mots que le diaphragme en se contractant augmente simultanément les trois diamètres de la poitrine , il nous suffira de rappeler que lorsqu'un muscle se contracte, il agit avec la même intensité par ses deux extrémités : d'où il suit que si ces deux extrémités s'insèrent à des parties également mobiles, ces parties se déplaceront de la même quantité ; d'où il suit encore que si ces parties sont inégalement mobiles, elles se déplaceront chacune proportionnellement à leur mobilité. Or les fibres contractiles du diaphragme, se dirigeant obliquement de haut en bas , ou de la circonférence du centre phrénique vers la base de la poitrine, agissent par leur extrémité supérieure sur ce centre phrénique qu'elles tendent à abaisser , et par leur extrémité inférieure sur la base du tborax qu'elles tendent à élever ; de ces deux extrémités la première est plus mobile que la seconde, en sorte que le centre aponévrotique s'abaisse plus que les côtes ue s'élèvent.
L'abaissement du diaphragme produit l'allongement du diamètre vertical de la poitrine.
L'élévation des côtes détermine l'agrandissement du diamètre transversal de cette cavité.
MM. Beau et Maissiat, pour démontrer la réalité de ce dernier phénomène, ont fait intervenir les principes de la mécanique; mais à une longue et laborieuse démonstration nous croyons qu'on peut substituer avec avantage un fait fort simple et incontestable ; ce fait est celui-ci ; Toute côte qui s'élève se porte en dehors. Pour établir que le diaphragme im-
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prime aux arcs costaux un mouvement de projection en dehors, il suffisait donc de prouver que ces arcs s'élèvent au moment de la contraction du muscle, et sous l'influence même de cette contraction ; or l'observation, les expériences faites sur des animaux vivants, et le raisonnement, démontrent de la manière la plus rigoureuse ce mouvement d'élévation.
De même que les côtes ne peuvent s'élever sans se porter en dehors, de même elles ne peuvent se porter en dehors sans repousser en avant le sternum auquel elles s'unissent , c'est-à-dire sans agrandir le diamètre antéro-postérieur de la poitrine.
Le diaphragme par ses contractions dilate donc le thorax dans tous les sens. Ce fait est un des résultats les plus importants, les plus inattendus, et nous sommes heureux de pouvoir ajouter un des plus irrécusables qui découlent des belles recherches de MM. Beau et Maissiat.
Nous ferons remarquer en terminant : 1° que les côtes s'élèvent d'autant plus que le centre phréniqneest plus difficile à abaisser ; c'est pourquoi dans l'état de gestation , chez l'hydropique , après un repas copieux, etc., nous voyons le mouvement d'élévation des côtes devenir plus manifeste; 2° que dans l'hypothèse où le centre phrénique jouirait de la plus grande mobilité possible, c'est-à-dii'e dans le cas où les viscères abdominaux seraient enlevés, le diaphragme en se contractant élèverait encore les côtes ; car l'élasticité des poumons, ainsi que l'ont fait observer MM. Beau et Maissiat, ne s'oppose pas moins à l'abaissement du centre aponévrotique que les viscères de l'abdomen : ce sont ces deux causes réunies qui assurent au diaphragme sa forme voûtée, et qui modèrent assez la mobilité de sa partie centrale pour que ses fibres charnues puissent agir sur les côtes .
Diaphragme des mammifères et des oiseaux. Dans les mammifères comme dans l'homme, ce muscle se pre'sente suus la forme d'un plan qui se'pare les poumons des viscèi es abdominaux en constituant à la fois un moyeu de dilatation pour les organes de l'he'matose. et un moyeu de cloisonnement pour la cavité' du tronc. Dans les oiseaux, le diaphragme aftecte une disposition si diflërenle de celle qu'on observe dans les vertébre's supe'rieurs, que son existence, tour à tour constatée et méconnue, admise et réfutée, est encoie problématique aujourd'hui pour nu grand nombre d'anatomistes ; cependant ce muscle exisie, et son développement est en parfaite haimonie avec l'importance de ses fonctions. Deux plans le composent; confondus à leur point de départ, ces plans s'isolentbientôt pour suivre, l'un une direction transversale, l'autre une direction oblique : le plan transversal, de forme triangulaire, se porte horizontalement des côtes droites aux côtes gauches en s'appliquant sur la face inférieure des poumons; le plan olilique, saillant eu avant, concave en arrière, s'étend de la face dorsale du racbis au sternum, et divise la cavité du tronc en deux cavités secondaires, le thorax et l'abdomen.
Dans les oiseaux comme dans les mammifères, le diaphragme est donc appelé à remplir deux us-iges principaux; seulemeut, pour réaliser cette double destination, dans les premiers, il a été en quelque sorte dédoublé. Loin d'être privés de ce muscle inspirateur ou de le posséder à un degré rudimeutaire, les oiseaux sont donc réellement pourvus de deux diaphragmes :
1" D'un diapliragme pulmonaire qui préside à la dilatation des poumons;
2" D'un dinpliragme ilioracico-abdominal qui cloisonne la ,°;rande cavité du tronc et concourt à l'aspiration de l'air atmosphérique en dilatant de vastes réservoirs aériens adossés à sa face antéiieure.
De ces deux plans musculo-fibreux , le premier a pour analogue dans l'homme et les mammifères toute la partie du diaphragme qui s'insère au sternum et aux côtes, le second re|)réscnle manifestement les piliers du diaphragme.
(Voy. mes Reclierch&s sur l'appareil resj.iratoire des oiseaux^ pi. 11 , fig. 1, 3 et 3.)