‹ Manuel d'anatomie générale, descriptive et pathologique [electronic resource] (volume 2)Chapitre 254 sur 529 · B. DE LA STATION · texte numérisé non relu

B. DE LA STATION

1286. Le tronc et les membres inférieurs agissent dans la station.

La part qu'y prend le tronc consiste ,

1° Dans l'appui que la tête reçoit de la colonne vertébrale;

20 Dans l'action des longs muscles du dos. Ces muscles, qui sont très robustes , remplissent les gouttières creusées entre les vertèbres et les côtes. Ils s'opposent avec énergie à la chute du corps en avant, que tend à produire le poids des viscères pectoraux et abdominaux, placés au devant de la colonne vertébrale. A cet effet, ils sout bien plus développés dans leur partie inférieure qu'à leur sommet. C'est aussi dans cette région que la lassitude et la douleur se font le plus vivement sentir, lorsqu'on demeure debout pendant long-temps , 2. 16

et surtout quand on tient long -temps le corps penché en avant. ,

Le tronc est porté par les membres inférieurs. Toutes les fois que la station change , le bassin, lui offre un large point d'appui, sur lequel portent son poids et celui de la tête, que soutient la colonne vertébrale. L'articulation des fémurs avec les os coxaux, en avant de leur jonction avec le rachis , augmente l'étendue de cette base de sustentation.

Dans la station, le poids du corps est transmis par cette base à la cuisse , puis à la jambe, et enfin au pied , de sorte que le corps repose, en dernière analyse, sur celui-ci.

Dans la station ordinaire, sur les deux pieds, indépendamment des particularités relatives aux membres inférieurs, et que j'ai fait connaître plus haut, l'écartement de ces deux membres, produit par la largeur du bassin et la longueur du col des fémurs, est surtout fort avantageux, en ce qui! augmente beaucoup l'étendue de la base de sustentation qui tombe entre les deux plantes des pieds ; aussi la station devient-elle incertaine et chancelante quand la largeur de cette base vient à être diminuée par le rapprochement des pieds.

La station, en tant qu'elle dépend des membres inférieurs, est opérée, d'une manière active, par tous les muscles qui naissent du tronc et des diverses sections de ces membres. Ces muscles se contractent de haut en bas, meuvent ainsi les sections du membre situées immédiatement au-dessus d'eux, et agissent dans une direction inverse de celle dont la progression est le résultat , puisqu'ils rapprochent le point le moins mobile de celui qui l'est le plus. Ainsi les plus actifs sont : i° les fessiers, qui tirent le tronc en arrière; a0 les trois fléchisseurs de la jambe, qui empêchent le bassin de s'incliner en avant; 5° les extenseurs de la cuisse, à l'exception du droit, qui empêchent ce membre de tomber en arrière; 4° la tête inférieure du triceps sural, qui maintient la jambe sur le pied, dans une direction intermédiaire entre la flexion et l'extension.

Les autres muscles, qui limitent l'action de ceux dont je viens de parler, sont peu actifs, ou même tout-à-fait inertes, et leur action est surmontée pour celle des autres.

CONSIDÉRATIONS SUR LES MOUVEMENS DU CORPS HUMAIN. 2/j3

La station sur un pied, celle dans laquelle le poids du corps entier repose sur un seul membre intérieur, est rendue possible surtout par la longueur du col du fémur et la largeur de la plante du pied. Cette position du corps est maintenue principalement par l'action des muscles situés au côté externe des membres inférieurs, par les muscles larges du bas-ventre et par les carrés des lombes, qui agissent de bas en haut, empêchant le corps de tomber du côté opposé , où il ne se trouve pas d'appui pour lui.

Dans la station sur les orteils , il n'y a de changé que les rapports des os de la jambe et l'action de ses muscles. Les orteils sont étendus autant que possible sur les os du métatarse, le pied l'est de même sur la jambe , et le poids du corps repose alors tout entier sur les orteils ainsi que sur les os sésamoîdes du pied, dont le volume et le nombre sont considérables.

Cette position est effectuée principalement par l'action simultanée des muscles placés sur les faces antérieure et postérieure de la jambe et du pied : le libial antérieur , les péroniers, surtout le court , les extenseurs des orteils en devant , et le triceps sural en arrière , en sont les principaux agens.

Dans le même temps, les orteils sont appuyés avec force contre le sol, par l'action de leurs fléchisseurs; de là résulte qu'ils sont mieux fixés , et qu'ils fournissent un point d'appui plus solide aux muscles.

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