DU CQEUK DANS L'ETAT ANORMAL
bas-ventre (i), vice de conformation auquel conduit la situation très déclive de cet organe dans la cavité pectorale.
Les anomalies acquises dans la situation du cœur tiennent principalement à ce que des substances solides ou liquides se sont accumulées dans l'intérieur de la poitrine, ou à ce que des corps étrangers y ont pénétré par accident, et elles ne suivent point de loi fixe et constante.
i32i. Les anomalies dans le volume sont bien plus rarement congéniales qu'accidentelles. Cependant elles ont quelquefois le caractère de formation primitive, et forment même l'apanage de certaines familles. Dans ce cas, le cœur est ou trop petit ou trop gros. Assez souvent on rencontre à la fois ces deux genres d'aberration dans diverses parties d'un même cœur.
La petitesse du cœur (2) est beaucoup plus rare que son excès de volume. Souvent elle est portée à un point extrême, sans que la conformation de l'organe ait subi aucun changement (5).
Quant à l'excès de volume du cœur, il faut bien distinguer V augmentation pure et simple de sa masse , V épaississement de ses parois (4) > de l'augmentation de sa masse avec accroissement de sa capacité (5), et de sa simple dilatation, ou de Vac-
(1) De6cliamps en a rapporté un exemple dans Sédillot , Recueil périodique, t. XXVI, p. 275-279.
(2) J'en ai cité plusieurs cas dans mon Handb. der patli. Anal., 1. 1 , p. 470-472.
(3) Consultez aussi sur l'atrophie du cœur Laennec (De l'ausc. mcd., t. II , p. 291 ), et Bertin (Bes maladies du cœur, p. 387). Ce dernier en admet deux sortes : l'une dans laquelle les parois du cœur sont revenues sur elles-mêmes, et comme flétries ; l'autre dans laquelle ces mêmes parois , notamment celles des ventricules, sont au contraire dilatées, en même temps qu'amincies, et c'est là l'état qu'il désigne sous le nom d'anevrysme passif. (/Voie des traducteurs.)
(4) Divers exemples de simple augmentation de la masse du cœur ont été rapportés par Vetter , Apliorismen aus der pathologisclien Analotnie , p. 99. — Legallois, dans Dullct. de l'Ec. de Méd., an. i8i5 et 1814., p. G9.
— Morgagni, Ep. anal, mcd., 3o à 20. — Burns.
(5) On en trouve plusieurs cas dans Morgagni, Epit. anal., 18 a. 28, 3o.
— Corvisart, Malad. du cœur , p. 61.
2C)6 - ANATOMIE SPÉCIAIE-
croissement de sa capacité (1), avec ou sans amincissement des parois, puisqu'on rencontre, tous ces états tantôt réunis et tantôt isolés (2). Les deux derniers sont connus sous le nom
(1) Plusieurs exemples de cette anomalie sont consignés dans Burns. — Morgagni, Ep. anat., 18 a. 2, i4- — Dundas, On a pccutiar diseuse of the heart; dans Mcd. surg. trans., vol. I, p. 07.
(2) Cette distinction, négligée par Gorvisart , qui n'admet, sous les noms d'anevrysme actif et. d'anevrysme passif, que la dilatation du cœur avec épaississemerit ou amincissement de ses parois, a été faite en France par Bertin , en 181 1, dans un mémoire lu à l'Institut. Bertin admet trois formes distinctes del'hypertrophie du coeur, c'est-à-dire de so,n épaississement charnu, total ou partiel : i° hypertrophie simple, celle dans laquelle les cavités de l'organe conservent leur capacité naturelle , en môme temps que leurs parois sont plus ou moins épaisses ; 20 hypertrophie excentrique ou unèvrysmale , celle dans laquelle les cavités sont dilatées et les parois épaissies; c'est l'anévrysme actif de Gorvisart; 3° hypertrophie concentrique , celle dans laquelle l'épaississement des parois coïncide avec un rétrécissement plus ou moins considérable des cavités. Il distingue en outre deux espèces d'hypertrophie anèvrysmatc : l'une dans laquelle les parois sont épaissies, et l'autre où les parois conservent leur épaisseur naturelle, en sorte que l'accroissement s'opère en quelque sorte suivant l'étendue et la circonférence , ou suivant la surface. Il a fait aussi les remarques suivantes : Dans l'hypertrophie des ventricules , l'épaisseur va souvent en diminuant de la base à la pointe , mais elle est quelquefois aussi à peu près la même à la pointe qu'à la base ; et , dans certaines circonstances , plus marquée à la partie moyenne, elle va en diminuant vers la pointe et même vers la base. Elle peut aller jusqu'à quinze lignes, et au-delà , tandis que Laennec assure qu'elle ne dépasse jamais quatre ou cinq lignes. On trouve quelquefois, dans le même ventricule, une portion dilatée et hypertrophiée , et une autre rétrécie et hypertrophiée , ou d'autres fois une portion amincie pendant que l'autre est épaissie. On observe quelquefois une grande différence entre les parois des ventricules , surtout du droit, et les colonnes charnues, celles-ci étant doublées ou même triplées d'étendue, tandis que les parois ne sont pas ou presque pas hypertrophiées. Dans d'autres cas, l'hypertrophie du ventricule gauche semble s'opérer aux dépens des colonnes, qui s'effacent et deviennent à peine visibles. En général , l'hypertrophie du ventricule gauche entraîne celle de la cloison. On observe quelquefois aussi une hypertrophie isolée de la cloison inter-ventriculaire. Les piliers charnus du ventricule droit ont été trouvés tellement épaissis et entre-croisés qu'il n'y avait presque plus de cavité. L'hypertrophie attaque assez souvent les deux ventricules à la fois , mais il n'est pas rare de les voir se présenter dans un état opposé. La pointe du ventricule hypertrophié descend toujours plus bas que celle de l'autre. Les trois formes de l'hypertrophie s'obser-