‹ Manuel d'anatomie générale, descriptive et pathologique [electronic resource] (volume 2)Chapitre 292 sur 529 · ÊL · texte numérisé non relu

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DU TRONC AORTIQUG. 3l I

plèvre gauche, à droite, par l'œsophage, et en devant, d'abord par la bronche gauche , puis par la partie postérieure du péricarde.

Parvenue au diaphragme, l'aorte s'écarte de l'œsophage en arrière, traverse une ouverture particulière de ce muscle (hiatus aorlicus) (§ 1071), et passe dans l'abdomen, où elle prend le nom d'aorte abdominale (aorta abdominalis). Celle-ci descend jusqu'à la hauteur de la quatrième ou de la cinquième vertèbre lombaire , endroit où elle se partage en deux branches. Elle est côtoyée à droite par la veine cave inférieure, appuyée en arrière sur les vertèbres des lombes, et couverte, tant en devant qu'à gauche, par le péritoine.

En haut et en bas, elle se divise d'une manière analogue, mais non semblable, puisqu'elle donne i° a ses deux extrémités, les vaisseaux destinés aux membres ; 20 et en outre, à l'extrémité supérieure, les artères carotides; 3° à l'inférieure, celles qui fournissent le sang aux viscères du bassin.

De la portion comprise entre les deux extrémités partent immédiatement les vaisseaux des viscères, thoraciques et abdominaux, et la plus grande partie de ceux qui se distribuent dans les parois de la poitrine et du bas-ventre.

La portion comprise entre l'origine de l'aorte et la naissance de l'artère sous-clavière gauche (§ i554)> porte le nom d'aorte ascendante (aorta ascendens). Le reste est désigné sous celui d'aorte descendante (aorta descendens).

i328. Il est extrêmement rare que l'aorte s'écarte beaucoup de cette disposition générale. Cependant elle peut le faire de plusieurs manières différentes (1).

i° L'anomalie la plus légère consiste en ce que l'aorte se porte trop tôt en arrière, en passant de suite sur la bronche droite ; tantôt alors elle gagne le côté gauche en se glissant derrière l'œsophage et la trachée-artère, ce que j'ai observé quelquefois (2) ; tantôt elle reste à droite dans une étendue

(1) 0. Bernard , Diss. de arlcriarum c corde prodctmtium aberratlonibus , Berlin 1818.

(2) Cette anomalicn été vue aussi par Abernelhy ( Pliil. tram., 1793, p. 59-60 ) , et deux fois par Caillot ( Ballet, de t'Éc, dcMéd. , 1807, p. 21-28).

3l2 ANAT0MIE SPÉCIALE.

plus ou moins considérable de la colonne vertébrale, par exemple, jusqu'à la base de la poitrine (i).

On peut considérer celte anomalie comme un premier degré de l'inversion latérale de l'aorte, dans laquelle la crosse de cette artère se recourbe plus ou moins de gauche à droite , au lieu de décrire une courbe de droite à gauche, comme à l'ordinaire.

Les artères qui en proviennent subissent aussi une modification analogue; car tantôt on rencontre quatre troncs, tantôt il existe un tronc innominé à gauche, et deux autres troncs à droite.

2° L'anomalie est plus grande lorsqu'il y a tendance à la division du tronc aortique. Ce vice de conformation offre plusieurs degrés :

a. Quelquefois l'aorte est simple à son origine; mais, quelques pouces plus loin, elle se partage en deux troncs, qui passent Fun devant l'autre, derrière la trachée-artère , et qui se réunissent ensuite pour donner naissance à l'aorte descendante, formant ainsi un anneau autour du conduit aérien. Ilommel a décrit un cas remarquable de ce genre (2).

b. D'autres fois, comme dans le cas rapporté par Malacarne (3), le vice de conformation se trouve porté plus loin. L'aorte est simple à la vérité au moment de son origine; mais, dès ce point même, son ampleur plus considérable, sa forme ovale, et le nombre de ses valvules, porté jusqu'à cinq, annoncent une scission qui s'opère effectivement presque aussitôt. Les deux branches, l'une droite et l'autre gauche, fournissent chacune^ d'abord la sous- clavière, puis la carotide externe, et enfin la carotide interne : elles demeurent séparées l'une de l'autre dans l'espace de quatre pouces, après quoi elles se réunissent pour constituer l'aorte descendante.

Cette scission du plus gros troue artériel du corps est surtout remarquable en ce qu'elle offre évidemment une répétition de la conformation des reptiles, classe d'animaux dans

(1) Fiorali , dans Saggi di Padova , t. I. p. 69.

(2) Comm. Noric, ann. fab. II, f. 1,

(3) Osserv. di chirurgia, t. II, p. 119, tab. I, f. 1, 2. — Aucluarium obs.ct icon. ad osteot. Padouc, 1801, tab. III.

DE LA CROSSE DE L'AORTE. 3l3

les différons ordres de laquelle ces variations constituent l'état normal. Elle conduit en outre à l'anomalie du troisième genre.

5" Celle-ci consiste en ce qu'il n'existe point de crosse. Immédiatement après sa naissance, l'aorte se partage en deux troncs, l'un droit et ascendant, qui produit les artères sousclavières et carotides; l'autre descendant, qui représente l'aorte pectorale et abdominale (1).

1529. L'origine de l'aorte n'est pas le seul point dans lequel cette artère présente des anomalies : elle en offre aussi dans tout le reste de son trajet.

Ainsi l'extrémité inférieure de la crosse est quelquefois très rétrécie (2), ou tout-à-fnit close (3), dans une petite étendue; et quoique l'artère ne se partage pas en deux gros troncs dans cet endroit, la circulation s'effectue cependant au moyeu des -vaisseaux collatéraux 5 qui ont acquis une ampliation extraordinaire.

Des anomalies tout-à-fait semblables s'observent aussi dans la partie inférieure de l'aorte, mais plus rarement à ce qu'il paraît. C'est ainsi qu'il lui arrive quelquefois de se bifurquer bien plus haut qu'à l'ordinaire, pour donner naissance aux artères iliaques primitives , qui , avant de se partager elles-mêmes en deux gros troncs secondaires, communiquent ensemble par le moyen d'une branche transversale (4).

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