‹ Manuel d'anatomie générale, descriptive et pathologique [electronic resource] (volume 2)Chapitre 301 sur 529 · Artère maxillaire interne · texte numérisé non relu

Artère maxillaire interne

i358. \S artère maxillaire interne , gutturo-maxillaire , Ch. (artcria maxillaris interna, s. orbito-maxillaris ), est plus volumineuse que la précédente , mais s'écarte davantage de la direction du tronc primitif, et s'enfonce à une grande profondeur, de sorte qu'on ne parvient à la bien voir tout entière qu'après avoir enlevé l'arcade zygomatique et la partie externe du corps de l'os maxillaire supérieur.

Elle change plusieurs fois de direction dans son trajet. D'abord elle se porte transversalement en dedans et un peu en devant, derrière le col de la mâchoire ; ensuite elle marche directement eu dedans , et passe entre les deux muscles ptérygoïdiens, où de nouveau elle se recourbe un peu d'arrière en avant. Parvenue à l'apophyse ptérygoïde, elle se dirige perpendiculairement de bas en haut, traverse le muscle ptérygoïdien externe, et se réfléchit sur elle-même, à la hauteur du plancher de l'orbite , de sorte qu'elle acquiert une direction horizontale. Là elle se partage en plusieurs rameaux plus ou moins descendans, par lesquels elle se termine , en §e distribuant d'un côté à la partie interne et postérieure du nez, de l'autre à la partie externe de la face.

Chemin faisant elle distribue le sang à la dure-mère , à l'oreille interne, aux muscles ptérygoïdiens, au temporal, aux dents, à l'intérieur du nez, à la partie supérieure du pharynx, et a une portion de la face, et communique avec plusieurs branches des carotides externe et interne , par les rameaux suivans, qu'elle fournit les uns après les autres. Ordinairement

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elle commence par en envoyer un on deux a l'organe auditif» savoir :

i° ~V artère auriculaire profonde ( arteria auricularis profunda), qui est destinée au conduit auditif, etc. ;

2° L'artère tympanique [arteria tympanica ), qui se distribue a l'articulation temporo-maxillaire , et pénètre ensuite dans la caisse du tympan, par la scissure de Gla9er.

Ces deux rameaux proviennent souvent de la carotide externe, de la faciale ou de la temporale.

Z" artère petite méningée ou ptérygoïdienne externe (arteria meningea parva , s. pterygoidea externa) , rameau inconstant, qui naît souvent de la méningée moyenne, ou d'une ptérygoïdienne , donne des ramifications aux muscles ptérygoïdiens, à ceux de la portion molle du palais, à la duremère voisine de la selle turcique , et pénètre quelquefois jusque dans le crâne , par le trou ovale.

4° L'artère grande méningée, ou méningée moyenne, ou sphéno -épineuse (arteria meningea média , s. magna, s. spinosa) (î), est le plus gros de tous les rameaux de la maxillaire interne, qui la fournit de sa partie supérieure. Cette artère se porte directement de bas en haut. Elle donne de suite quelques ramusculcs destinés aux muscles ptérygoïdiens, au constricteur supérieur du pharynx, au crotaphyte, et aux muscles du voile du palais. Ces divisions manquent quelquefois, mais il est rare qu'elles soient toutes absentes, et lorsqu'elles n'existent pas , la petite méningée les remplace.

L'artère s'engage ensuite, simple ou divisée, dans le trou sphéno - épineux du sphénoïde, parvient dans le crâne, et

(i) Quelques anatomistes, comme Sa bâtit r (p. , Boyer (p. 44) et Bichat (p. i55), disent qu'elle est la première branche de la maxillaire interne. Cependant je l'ai toujours vue précédée par une ou plusieurs de celles que j'ai citées, et jamais je n'ai trouvé que, comme le dit Mayer (p. 76), elle naquit immédiatement de la bifurcation de la carotide externe. D'après mes observations, il n'est pas non plus de règle qu'elle naisse avant la dentaire inférieure , comme le prétendent Sœmmerring (p. i5o), Mnrray (p. 18) et Monro (p. 268). J'ai reconnu que Portai avait raison de dire (p. 176) qu'il lui arrive au moins aussi souvent de se détacher après elle, ou du moins vis-à-vis d'elle.

fournit quelques petites ramifications postérieures qui se glissent clans l'hiatus de Fallope, pénètrent dans la caisse du tympan et le canal du nerf facial, se distribuent à la membrane tympanique, à ce nerf et aux muscles de la membrane, et s'anastomosent avec l'artère stylo-mastoïdienne. D'autres, antérieurs, s'introduisent quelquefois dans l'orbite, à travers l'os de la pommette ou la grande aile du sphénoïde, et parviennent jusqu'à la glande lacrymale. Mais le tronc lui-même, collé à la face externe de la dure-mère, au-dessus de laquelle il fait saillie, et dont il est la plus grosse artère, se répand principalement dans la partie antérieure et moyenne de ^ette membrane. 11 s'élève , non loin du bord antérieur de l'os pariétal, jusqu'à la ligne médiane du crâne, et donne, tant en arrière qu'en avant, un nombre considérable de rameaux, qui s'anastomosent avec d'autres rameaux de l'artère méningée moyenne, de même qu'avec ceux des artères méningées postérieure et antérieure.

En outre, ses rameaux communiquent aussi avec ceux des artères temporale et occipitale.

Comme ils dépassent le niveau de la dure-mère , et qu'ils suivent les sillons des os du crâne, ceux-ci indiquent fort bien leur trajet.

5° L.' artère dentaire inférieure, on maxillaire inférieure, maxillo- dentaire , Ch. (arleria maxillaris , s. alveolaris , s. dentalis inferior) , qui provient quelquefois de la méningée moyenne, et qui naît toujours du côté inférieur de la maxillaire interne, descend entre les deux muscles pférygoïdiens, auxquels elle fournit des artérioles , comme aussi quelquefois au muscle temporal, pénètre dans le canal dentaire, qu'elle parcourt d'arrière en avant, donne à toutes les dents et à tous les nérfs dentaires inférieurs des ramifications qui s'engagent dans les mêmes conduits que ces derniers, sort ensuite par le trou mentonnier, se répand dans les muscles de la lèvre inférieure et du menton, et s'anastomose, en haut, avec l'artère coronaire labiale inférieure, et en bas, avec la sousmentale , produite , comme la précédente , par la faciale.

Ce rameau sortant naît presque toujours, à quelque distance du trou mentonnier, dans l'intérieur du canal dentaire, et au

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niveau des petites dents molaires, endroit où l'artère dentaire inférieure se bifurque pour le produire, ainsi que la Continuation du tronc.

6° et 70 Les artères temporales profondes (rarni temporales profundi) , qui naissent du côté supérieur de la maxillaire interne , se distribuent dans les muscles ptérygoïdiens et buccinateur, mais principalement dans le temporal, pénètrent aussi jusque dans l'orbite, où elles envoient des rameaux à la glande lacrymale et aux paupières , et s'anastomosent plus d'une ibis avec l'artère ophthalinique.

8° L'artère massete'rine ( ramus massetericus) , qui n'est pas constante, et provient quelquefois de la temporale externe, ou même de la carotide externe, ou enfin d'une des ptérygoïdiennes profondes. Elle passe sur l'échancrure demi-circulaire de la mâchoire, pour se jeter dans la partie supérieure du muscle masseter. Elle donne aussi des rameaux au temporal et aux deux ptérygoïdiens, principalement à l'externe.

g0 L'artère buccale [arteria buccalis , s. buccinatoria') est très constante , quoiqu'elle naisse souvent d'une des temporales profondes ou d'une des branches suivantes. Elle tire son origine du côté inférieur de la maxillaire interne, se dirige de haut en bas et d'arrière en avant, le long de la face externe du corps de l'os maxillaire supérieur, distribue ses rameaux dans le muscle buccinateur, les muscles de la lèvre supérieure, la partie inférieure de l'orbiculaire des paupières, la membrane buccale, quelquefois aussi les dents antérieures , auxquelles elle arrive par plusieurs ouvertures dont la partie antérieure de l'os maxillaire supérieur est percée, et s'anastomose avec les branches de la faciale, de même qu'avec celles de la sous-orbitaire.

io° L'artère alvéolaire , sus-maxillaire , Ch. (arteria maxillaris superior , s. alveolaris), naît quelquefois d'une des temporales profondes, ou de la sous-orbitaire. Elle est plus volumineuse que la précédente, marche un peu de haut en bas et d'arrière en avant, se contourne sur l'os maxillaire supérieur, et envoie une multitude de rameaux gros et petits, dont un porte le nom d'artère dentaire supérieure ( ramus dentalis superior), dans les dents de la mâchoire supérieure.

Ces rameaux alimentent les capsules dentaires, le périoste , la gencive, le muscle buccinateur, le grand zygomatiquc, et s'anastomosent avec ceux des artères faciale et sous-orbitaire.

ii° L1 'artère sous- orbitaire [arteria ùifra- orbilalis), ordinairement un peu plus petite que la précédente, naît aux environs du fond de l'orbite. Elle ne tarde pas à s'engager dans la gouttière sous-orbitaire et le canal du même nom, envoie quelques ramifications dans l'orbite et le sinus maxillaire, sort par le trou sous-orbitaire, derrière le releveur propre de la lèvre supérieure, arrive ainsi à la face, et se termine par un grand nombre de ramuscules, dont les uns se jettent dans les muscles de la lèvre supérieure, tandis que les autres s'anastomosent avec les artères dentaire supérieure , dorsale du nez et orbitaire.

Enfin, au fond de la fosse zygomatique, l'artère maxillaire interne se partage en deux branches, l'une descendante, et l'autre qui se porte en dedans ;

12° Varié re palatine supérieure [arteria palatina suprema, s. descendens, s. pterygo-palatina) donne d'abord Y artère pharyngienne supérieure ou descendante (arteria pharyngea supremas. descendens). Celle-ci s'engage dans le conduit ptérygo- palatin , et se répand dans l'apophyse ptérygoïde du sphénoïde , la trompe d'Eustache et la partie supérieure du pharynx. Quelquefois elle naît de la maxillaire interne par un tronc distinct. Ensuite l'artère palatine supérieure descend dans le canal ptérygoïdien , et se partage en plusieurs ramuscules , qui traversent diverses ouvertures pour aller gagner les parties molles du palais. Le tronc passe dans le canal palatin postérieur, arrive à la voûte palatine, sur la face inférieure de laquelle il se colle immédiatement, décrit un angle droit pour se porter d'arrière en avant, en formant de nombreuses flexuosités, donne, chemin faisant, des artérioles à la membrane palatine et aux glandes mucipares, s'anastomose, en devant, avec celui du côté opposé, et fait passer ses dernières branches, par le trou palatin antérieur, dans la cavité nasale, où elles s'étendent jusqu'au cornet inférieur, communiquant avec les rameaux de l'artère de la cloison et de celle du dos du nez, fournies par la faciale.

i5° La dernière branche, V artère nasale postérieure ou sphe'no-palatine (arteria nasalis posterior , s. spheno-palatina), s'insinue, par le trou sphéno-palatin , dans la partie postérieure de Ja fosse nasale, et se partage en deux rameaux, l'un interne, l'autre externe, auxquels s'en joint quelquefois encore un troisième.

Le rameau interne, artère postérieure de la cloison du nez (arteria septi narium posterior ), descend le long de la partie postérieure de la cloison des fosses nasales, envoie des ramuscules à la partie supérieure du pharynx, et pénètre dans les cellules postérieures de l'ethmoïde, ainsi que dans le cornet supérieur.

Le rameau externe descend le long du bord externe de l'ouverture postérieure de la fosse nasale, et se divise ordinairement en deux ramuscules, destinés, le supérieur au cornet moyen, et l'inférieur au cornet inférieur. Ces ramuscules se répandent principalement dans la partie postérieure de la fosse nasale et du sinus maxillaire.

1359. L' artère carotide interne, ou cérébrale antérieure (arteria carotis interna , s. cerebralis , s. cerebralis anterior, s. encephalica) , ordinairement plus petite que l'externe, monte derrière elle, au-devant de la veine jugulaire interne, en dehors du nerf pneumo-gastrique, immédiatement devant la colonne vertébrale, jusqu'à l'orifice inférieur du canal carotidien. Elle est ordinairement peu flexucuse ; quelquefois elle l'est beaucoup , et il est rare qu'elle ne décrive aucune flexuosité.

Elle donne rarement des branches dans ce trajet. Il est rare , en effet, qu'elle fournisse, soit une des branches internes et postérieures de la carotide externe, soit l'artère occipitale. Celle dernière en provient moins souvent que les autres. Supérieurement, elle fournit quelquefois un petit rameau qui se porte a la région palatine et au voile du palais.

Immédiatement au-dessous de son entrée dans le canal carotidien , elle marche presque toujours à peu près hori-

zontalement, ou du moins obliquement de bas en haut et d'arrière en avant. A la partie inférieure de ce canal, elle se dirige verticalement de bas en haut. Ensuite elle se porte presqu'à angle droit en avant , et devient pour ainsi dire horizontale, quoiqu'elle soit cependant un peu ascendante. A sa sortie du canal, elle reprend sa direction primitive de bas en haut, mais marche dans le même temps en avant et en dedans , et arrive ainsi sur les côtés de la selle turcique. Parvenue a l'extrémité postérieure de celte excavation, elle se recourbe une seconde fois à angle droit, se place horizontalement dans le sillon carotidien latéral, se dirigeant aussi en dehors et un peu en bas. Dans cette partie de son trajet, elle accompagne le sinus caverneux , renfermée dans le même vide de la dure-mère que lui, mais séparée du sang qu'il contient par ses tuniques propres. A l'extrémité antérieure de la face latérale de la selle turcique, au-dessous de l'apophyse clinoïde antérieure, elle décrit un troisième angle droit , et se porte en haut, un peu en arrière et en devant. Dans tout ce trajet, elle ne donne que des ramuscules très insignifians à l'oreille interne, à la dure-mère , et aux nerfs des troisième, quatrième, cinquième et sixième paires. Vis-à-vis de l'extrémité interne de la fente orbitaire supérieure, elle se partage en deux branches , la continuation du tronc qui se rend au cerveau , et l'artère ophthalmique.

Ainsi elle change cinq fois au moins de direction , et celle disposition contribue d'aulant mieux à modérer l'effort du sang, que toutes les inflexions sont soudaines, et qu'en outre elles n'ont pas lieu dans le même plan.

L'arlère carotide interne est unie d'une manière intime, par un tissu cellulaire très court, au canal qu'elle traverse, et elle le remplit presque entièrement.

t. AHTiîHE OFHTHA LMIQCE.

i56o. L'artère ophthalmique [arteria ophthàlmica) , branche très considérable, qui surpasse de beaucoup en volume toutes celles dont j'ai parlé jusqu'ici , est toujours simple. Elle sort du crâne par le trou optique, ordinairement au côté externe'

DE i/ ARTERE CAROTIDE EXTERNE.

et inférieur, rarement au côté supérieur du nerf visuel, pénétre dans l'orbite ,' distribue une multitude de rameaux à toutes les parties de l'organe de la vue, et envoie en outre des ramifications plus ou moins considérables , tant dans les fosses nasales qu'à la face.

Arrivée dans la cavité orbitaire , vile ne tarde pas à monter sur le nerf optique, se dirige en haut et en dedans, passe entre ce nerf et le muscle droit supérieur de l'œil ; et parvient ainsi à la partie interne de l'orbite, où elle se dirige d'arrière en avant, jusqu'à l'angle interne de l'œil.

Ses branches varient à un point surprenant, sous le rapport de l'origine , du volume et du nombre. Les principales sont :

i° Ordinairement, mais non toujours, une artère ciliaire postérieure externe [arteria ciliaris posterior) , qui naît du côté externe de l'ophthalmique , se porte en devant, le long du nerf optique , à son côté inférieur externe , et perce la sclérotique immédiatement au-devant de l'extrémité antérieure de ce nerf.

2° L'artère lacrymale [arteria lacrymalis) provient du côté supérieur de l'ophthalmique , ordinairement très en arrière , quelquefois fort en avant. Il est rare qu'elle naisse de la méningée moyenne, cas auquel elle pénètre dans l'orbite par la fente orbitaire supérieure, ou par une ouverture particulière, soit de l'os jugal, soit de la grande aile du sphénoïde. Elle marche de dedans en dehors, sous le muscle droit supérieur de l'œil, auquel elle donne des ramus ules, ainsi qu'au droit externe et au releveur de la paupière supérieure. Elle en envoie aussi quelquefois plusieurs, à travers l'os de la pommette, dans le muscle temporal, où ils s'anastomosent avec ceux de l'artère temporale profonde. Chez certains sujets, elle donne naissance à une ou plusieurs ciliaires. Ensuite elle passe à travers, au-dessus ou au-dessous de la glande lacrymale , sort de l'orbite à l'angle externe de l'œil, s'anastomose face la palpébrale fournie par l'ophthalmique , pour former l'arcade palpébrale , et se termine dans le muscle orbiculaire de? paupières , la peau de ces 'voiles mobiles et la conjonctive.

35o ANATOMIE SPECIALE.

3° En face de l'artère lacrymale , quelquefois un peu plus en avant , naît l'artère ciliaire postérieure et supérieure ( arteria ciliaris posterior , superior) , qui se distribue de la même manière que l'externe, et qui ne donne pas un seul rameau avant d'avoir traversé la sclérotique. 11 arrive souvent que toutes les artères ciliaires ne naissent qu'après l'ethmoïdale postérieure. Mais toujours elles marchent très flexueuses sur la surface même du nerf optique , et, après s'être divisées en un nombre considérables de branches , percent la partie postérieure de la sclérotique pour s'introduire dans l'œil, où elles se comportent d'une manière que je ferai connaître lorsque je décrirai cet organe.

4° Vient ensuite une petite branche inconstante, qui se rend à l'extrémité postérieure du muscle droit supérieur.

5° Y,' artère ethmoidale postérieure ou moyenne [arteria ethmoidalis posterior, s. média), qui est également inconstante, et qui provient souvent de la lacrymale, de l'ethmoïdale antérieure ou de la sus-orbitaire (î).

Elle donne d'abord des ramuscules à l'origine des muscles grand oblique , droit interne et droit supérieur de l'œil, se porte ensuite en dedans, en passant au-dessus du grand oblique, s'engage dans le trou ethmoïdal ou orbitaire interne postérieur, arrive dans les fosses nasales , où elle se répand dans les cellules ethmoïdales postérieures , les sinus sphénoïdaux et l'antre d'Hyghmore, s'anastomose avec les rameaux de la nasale postérieure ou sphéno-palatine, et de l'ethmoïdale antérieure , rentre ensuite dans le crâne par un petit canal de l'ethmoïde, fournit des artérioles au périoste qui tapisse la fosse antérieure et moyenne de la base du crâne, et se termine en pénétrant de nouveau dans les fosses nasales par les ouvertures de la lame criblée.

6° Bien plus en arrière se détache, soit immédiatement de l'artère ophthalmique, soit de la précédente, soit enfin de la lacrymale, ou d'une des deux musculaires, l'artère centrale de

(i) Mais elle n'est pas toujours la plus petite , comme le prétend Bicbat (p 180); car j'ai plusieurs fois remarqué qu'elle était une des plus grosses branches , et qu'elle surpassait de beaucoup l'antérieure en volume.

la rétine [arteria centralis retince), qui pénètre dans le nerf optique , marche d'arrière en avant, le long de son axe, et se distribue dans la rétine, ainsi que je le dirai en décrivant

l'œil.

n" L'artère musculaire inférieure ( arteria muscularis inferior), branche considérable et assez constante, qui donne quelquefois la centrale de la rétine, et une ou plusieurs ciliaires, se porte de dehors en dedans, donne des rameaux aux muscles droits interne et inférieur de l'œil, et pénètre même dans les fosses nasales.

8° L'artère musculaire supérieure ou sus-orbitaire ( arteria muscularis superior, s. supra- orbitaria) , est moins constante que la précédente ; mais il est plus rare qu'elle provienne de la lacrymale que de l'ophthalmique même. Elle marche d'arrière en avant, immédiatement au-dessous de la voûte orbitaire , sort de l'orbite par le trou sus-orbitaire, distribue ses rameaux à l'os frontal, à son périoste aux muscles sourcilier et orbiculaire des paupières, à la peau du front, et s'anastomose tant avec d'autres branches de l'ophthalmique qu'avec la temporale.

De cette branche et de la précédente naissent les artères ciliaires antérieures [arteriœ ciliares anticce) 2 qui se partagent en un moins grand nombre de rameaux que les postérieures, et qui percent la sclérotique bien plus en devant que ces dernières, au voisinage de la cornée transparente.

Les branches que je viens de décrire naissent ordinairement près du plancher de l'orbite, a peu de distance les unes des autres; c'est pourquoi aussi elles ont pour la plupart une longueur considérable. Après les avoir fournies, l'artère ophthalmique, presque toujours diminuée de beaucoup, s'avance le long de la paroi interne de l'orbite, en décrivant des flexuosités nombreuses. Vers l'ouverture anlérieurede la cavité orbitaire elle fournit :

9° L'artère eihmoidale antérieure [arteria ethrnoidalis anterior ) , qui se porte directement en dedans , en passant audessus du muscle grand oblique, et pénètre, parle trou ethmoïdal ou orbitaire interne antérieur, dans la cavité nasale, où elle se répand dans les cellules ethmoïdales antérieures et

352 ANATOM1E SPECIALE.

les sinus frontaux , et s'anastomose avec les autres artères du nez. Elle envoie en outre des rameaux a la région antérieure de la dure-mère.

Après avoir produit cette branche, l'artère ophthalmiquc parcourt encore un trajet de peu d'étendue dans l'intérieur de l'orbite, sort ensuite de cette cavité, à l'angle interne de l'œil, et se termine en donnant naissance aux

io° Artères palpébrales (arteriœ paîpebrales). Celles-ci, tantôt proviennent d'un tronc commun (palpebralis commuais ), tantôt aussi naissent séparément l'une de' l'autre, la supérieure un peu avant Yirférieure, et se portent en dehors. Elles se rendent en partie à la conjonctive , en partie, et surtout, aux paupières, dans lesquelles elles s'épanouissent, entre la peau et le muscle orbiculaire. Elles s'y partagent principalement en deux rameaux, dont l'un marche à peu de distance du bord (ramus marginalis), tandis que l'autre se dirige obliquement de dedans en dehors le long de la base de la paupière.

L'artère palpébrale supérieure s'anastomose en cet endroit avec la lacrymale, la branche sourcilière de la frontale, et même quelques rameaux de la temporale antérieure. Elle forme aussi une ou deux arcades paîpebrales supérieures ( arcus tarseus superior), qui communiquent l'une avec l'autre par une multitude de ramuscules, et produisent ainsi un lacis en manière de réseau.

L'arcade palpébrale inférieure (arcus tarseus inferior ) est produite de la même manière,, par l'anastomose de l'artère palpébrale inférieure avec la sous-orbitairé, la lacrymale et la nasale.

Toutes les parties des paupières sont abondamment pourvues de vaisseaux par ces ramifications artérielles.

1 1° V artère frontale [arleria fronlalis) , qui remonte aussitôt après sa naissance, se partage ordinairement sur-lechamp en trois rameaux, YarLère sourcili'ere [arleria supra-ciliaris), Y artère frontale superficielle ou sous-cutanée (arleria frontalis subeutanea) et V artère frontale profonde [artepia frontalis profunda). Au moyen de cette division, elle se répand : i° dans la partie supérieure du muscle orbiculaire des paupières et du sourcilicr; 2° dans le muscle frontal cl la peau

du front; 5° dans les sinus frontaux. Elle s'étend jusqu'à la sature coronale et à la région temporale, où elle s'anastomose avec les branches de l'artère temporale externe; elle communique aussi, sur d'autres points, avec celles de là sus-orbitaire et de la lacrymale.

12° V artère nasale (arteria nasalis) varie beaucoup pour le volume. Tantôt ce n'est qu'un rameau très faible, qui se termine dès la racine du nez; tantôt elle forme la continuation du tronc de l'ophthalmique, descend très bas, contribue autant que la branche nasale latérale de la faciale à produire l'artère dorsale du nez, s'étend jusqu'au bout du nez, en marchant sur le côté de cet organe , s'anastomose toujours avec la palpébrale inférieure et la faciale, et donne des ramuscules aux tégumens et aux os propres du nez , au muscle frontal , à la partie interne de l'orbiculaire des paupières, aux muscles du nez, et même à la membrane pituitaire.

a. ARTÈHBS DU CEBVEAD.

i56i. Après avoir fourni l'artère ophthalmique, la carotide interne se distribue tout entière au cerveau, particulièrement à sa partie antérieure, la postérieure recevant le sang de la vertébrale. A commencer de ce point, elle mérite donc, à proprement parler , le nom d'artère cérébrale antérieure (arteria cerebralis anterior).

i36a. D'abord elle donne de petits ramuscules qui se jettent en dedans, et qui sont destinés à la partie postérieure du nerf optique, à l'entonnoir, à la glande pituitaire et au troisième ventricule.

i565. Ensuite il s'en détache quatre branches qui sont, , Y artère communicante, la choroïdienne , la cérébrale antérieure et la calleuse. Les deux premières naissent ordinairement l'une après l'autre, et l'artère carotide se bifurque plus loin, pour donner naissance aux deux dernières. Quelquefois, mais plus rarement, trois de ces branches, ou toutes, proviennent du même point.

i364- i" La première, ou Yarlèrc communicante postérieure {arleria communicans poslerior), se dirige en arrière et endea. 23

dans. Elle converge vers celle du côté opposé, et va s'ouvrir dans l'artère cérébrale postérieure, que fournit la vertébrale, ou, si l'on aime mieux, s'anastomose avec une branche analogue que celle-ci envoie à sa rencontre.

Cette anastomose donne naissance à la partie postérieure du cercle de TV Mis (circulus TVillisiï).

Le volume de l'artère communicante varie extrêmement. En général, elle est considérable, et seulement de moitié environ plus petite qu'une des branches suivantes, dans lesquelles la carotide interne se partage. Quelquefois cependant elle est très petite; dans ce cas, il arrive souvent, quoique cette disposition ne soit pas constante à beaucoup près , que l'anastomose entre la carotide interne et la vertébrale s'opère au moyen d'une autre branche plus forte de la cérébrale antérieure, qui va s'ouvrir plus en dehors dans la postérieure. Il n'est pas rare non plus que l'artère communicante soit beaucoup plus volumineuse d'un côté que de l'autre.

Quelquefois cette artère provient de la cérébrale antérieure (i). Plus rarement elle naît, non de cette dernière , mais immédiatement de la basilaire, lorsque la cérébrale postérieure ne provient point de celle-ci, et qu'elle est fournie par la carotide interne.

Mais presque toujours l'anastomose existe. Constamment aussi elle est simple, ou tout au plus double de chaque côté, quand elle a lieu par des branches considérables, quoiqu'il s'en trouve d'autres accessoires et plus petites sur les pédoncules cérébraux.

Je considère son absence totale comme une anomalie des plus rares. Elle ne s'est jamais offerte à mes regard-, et Bar-

(i) Cependant cette anomalie est, proportion gardée, fort rare. Portai évalue donc d'une manière inexacte le rapport qui existe entre la règle et l'exception, quand il dit (p. 2o3 et 207) que la carotide interne se partage ordinairement en deux branches, l'une plus petite, l'artère calleuse, l'autre plus grosse , la lobaire antérieure , dout la seconde donne l'artère communicante , à laquelle il arrive aussi quelquefois d'être fournie immédiatement par la carotide interne. Hildebrandt ( p. 64 ) paraît croire que les deux cas se rencontrent aussi souvent l'un que l'autre, ce qui n'est guère moins faux.

clay seul rapporte un cas dans lequel l'injection ne put pénétrer ni de la carotide dans la vertébrale, ni de la vertébrale dans la carotide (1).

De l'artère communicante naissent un nombre considérable de vaisseaux qui se rendent à la pie-mère , au plancher du troisième ventricule, aux éminences mamillaires , à la partie postérieure des nerfs optiques, aux couches optiques, aux pédoncules cérébraux, à la face interne de la partie antérieure du grand lobe cérébral et aux plexus choroïdes.

1565. 2° Au-dessus de l'artère communicante, la carotide interne fournit toujours une branche particulière , l'artère choroïdienne (arleria choroidea) , qui naît également de son côté postérieur (2). Cette artère se porte un peu en arrière et en dehors , le long du bord postérieur de l'origine du nerf optique, monte au-dessus de la partie supérieure du pédoncule cérébral, et se répand en partie dans la pic-mère de la partie antérieure du lobe cérébral postérieur et la couche optique, en partie aussi pénètre, par l'ouverture antérieure du ventricule latéral, dans cette cavité, où elle répand ses rami6cations dans le plexus choroïde.

1566. Après avoir donné l'artère choroïdienne, la carotide interne se partage toujours, sous un angle très ouvert, et à l'extrémité antérieure de la scissure de Sylvius, en deux branches d'inégale grosseur, qui sont V artère calleuse et l'artère cérébrale antérieure.

1367. L'artère calleuse , mésolobaire , Ch. [artcria callosa, s.

(1) Loc. cit., p. k~-

(2) J'ai toujours trouvé cette branche fort constante , quoique plusieurs anatomistes, en particulier Mayer (p. io3), Murray (p. 27), Portai (p. ao5 ), Hildebrandt (p. 64 ) et Sœmmerring ( p. 172 ), n'en fassent au cune mention. Hallerdit (7c. an., t. VII , p. 5) qu'on la rencontre quelquefois. Sabatier (p. 45 ) , Boyer ( p. 65) etBichat(p. i83, 1S4) assurent qu'elle existe toujours , ce qui s'accorde avec mes observations. Mais Bichat est tombé dans l'erreur en disant que l'artère choroïdienne est toujours plus petite que la communicante. Ce cas a lieu souvent , attendu que , comme j'en ai fait la remarque , l'artère communicante est ordinairement volumineuse ; mais il m'est arrivé fréquemment, lorsque celle-ci était petite, de trouver l'artère choroïdienne d'un calibre égal au sien, ou mrme plus grosse.

356 ANATOMIE SFECIAEE.

corporis callosi, s. anterior cerebrica, s. hemisphœri anlerior.s. mesolobica), est toujours plus petite que la branche postérieure. Elle se porte en avant et en dedans, immédiatement devant l'union des nerfs optiques, marche à la rencontre de celle du côté opposé, vers laquelle elle converge fortement, et, après avoir ordinairement fourni en haut plusieurs ramuscules destinés à l'extrémité postérieure du lobe antérieur, au nerf olfactif et au nerf optique, elle s'anastomose avec elle, entre les extrémités postérieures des deux premiers lobes, par le moyen de Yarlbre communicante antérieure ( arteria conimunicans anterior, s. anostomotica). Cette branche est> en général, fort courte ; cependant elle a quelquefois trois à quatre lignes de long; elle est ordinairement beaucoup plus grosse dans le premier cas, et souvent très étroite dans le second. Toujours elle suit une direction transversale. Elle est quelquefois entièrement double, et il n'est pas fort rare de la trouver feulement double à demi (i). Elle donne, surtout lorsqu'elle est plus longue qu'à l'ordinaire, des ramuscules qui se portent en haut et en arrière, dans la cloison transparente , la voûte et le corps calleux.

Le tronc lui-même donne ordinairement un ou plusieurs petits rameaux qui se portent en devant et dehors, à la partie interne de la face inférieure du lobe cérébral antérieur. Il se place ensuite immédiatement auprès de celui du côté opposé, se contourne sur l'extrémité antérieure du corps calleux, monte à la face interne des hémisphères cérébraux, et se partage en plusieurs branches, dont les antérieures s'engagent dans les circonvolutions de cette face interne, tandis que les postérieures marchent sur le corps calleux, jusqu'à son extrémité postérieure, où elles commencent seulement à changer de direction et à se porter en haut. Toutes ces branches s'étendent jusqu'à la l'ace supérieure du cerveau, et s'anastomosent avec celles tant de l'artère suivante que de la cérébrale postérieure fournie par la vertébrale.

Outre ces grosses branches, dans lesquelles l'artère calleuse se divise supérieurement, elle donne encore, de sa partie in-

(i) Bicliat s'est trompé (p. iS5) en disant que cette disposition est très

férieure et concave , une multitude de rameaux plus petits, qui s'enfoncent dans le corps calleux.

Il est rare qu'a l'endroit de la réunion des deux artères calleuses il se détache, de chaque côté, une grosse branche postérieure , et que la branche anastomotique antérieure devienne le tronc simple de la portion antérieure de l'artère calleuse, lequel se partage, après un court trajet, en deux gros rameaux, l'un adroite, l'autre à gauche, ou que les deux artères proviennent d'un tronc commun, sans donner une branche en arrière. Cette disposition est remarquable à cause de l'analogie qu'elle établit avec la réunion des deux vertébrales en une seule artère, placée sur la ligne médiane , la basilaire.

i368. L'artère cérébrale antérieure , ou, plus exactement, moyenne (arteria cerebri anterior, s. média, s. hemisphœrica média, s. fossce Sylvii, s. sylviana) , la dernière et la plus postérieure des branches de la carotide interne , est toujours beaucoup plus grosse que la calleuse. Aussitôt après sa naissance, elle se dirige en dehors, et seulement un peu eu dedans, s'engage dans la scissure de Sylvius, fournit, de sa partie postérieure et supérieure, un nombre considérable de ramuscules, la plupart du temps peu volumineux, qui pénètrent, les uns dans l'extrémité antérieure du lobe postérieur, les autres dans l'extrémité postérieure du lobe antérieur, et se partage ensuite, ordinairement à un demi-pouce environ de son origine, en deux, trois ou quatre grosses branches. Celles-ci , dont les plus volumineuses sont tournées en arrière , ne tardent pas à se bifurquer, et marchent, pressées les unes contre les autres, dans le fond de la scissure de Sylvius, où elles se dirigent de bas en haut et d'avant en arrière. Les antérieures gagnent la partie postérieure et externe du lobe antérieur, et les postérieures la partie antérieure et moyenne du postérieur, en se glissant dans les circonvolutions de la face postérieure du premier et de la face antérieure du second, mais pénétrant, pour la plupart, dans leur substance, par leur face externe, et «'étendant ainsi jusqu'au bord supérieur des hémisphères, où elles s'anastomosent avec les rameaux ascendans des artères antérieure et postérieure du cerveau

i56g. Les artères antérieure et moyenne du cerveau ne sont pas toujours disposées d'une manière symétrique. Il n'est pas rare, comme le dit Haller (1), dont j'ai vérifié l'assertion, que les deux grosses artères moyennes proviennent uniquement de la carotide droite, et l'antérieure, plus petite, de la seule carotide gauche; disposition remarquable, en ce qu'elle paraît tenir à la prédominance du côté droit sur le gauche.

Quelquefois aussi il n'y a que l'artère antérieure gauche qui naisse de la carotide interne du côté gauche, et les trois autres proviennent de la droite. J'ai rencontré cette anomalie chez plusieurs sujets.

Si l'on ajoute la réunion des artères calleuses à leur naissance, dont j'ai parlé plus haut, on trouve ici une répétition remarquable de plusieurs des variétés auxquelles sont sujettes les origines des troncs provenans de la crosse aortique.

ARTICLE I V

1370. Les artères des membres supérieurs, auxquelles on ne pourrait pas donner un nom qui leur convînt mieux que celui de brachiales (arteriœ brachiales) (2), naissent, de chaque côté, par un seul tronc, dont on appelle le commencement artère sous-clavière.

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