I. ARTÈRE BAS1LAIRE
i583. L' 'artère b asilaire , méso-céphalique , Ch. (arteria basilaris , s. meso-cephalica) , qui naît, marche et varie de la manière que j'ai indiquée plus haut, existe constamment. Cependant ou remarque quelquefois, dans sa disposition, une tendance à la non-réunion ou à la séparation des artères vertébrales, attendu qu'elle forme des îles, principalement à sa partie postérieure. Celte artère est du moins la seule dans laquelle j'aie observé une disposition semblable. Elle se partage, dans une très petite étendue, en deux moitiés, qui se réunissent presque sur-le-champ. Je considère cette anomalie comme très rare, non seulement parce que je ne l'ai vue que deux fois, mais encore parce qu'aucun des angiologistes les plus exacts n'en fait mention (1). Elle est remarquable, non pas uniquement comme aberration de la règle, mais surtout
(1) Une disposition dont Heuermann (Physiologie, t. Il, tab. 8) a donné la figure, où l'on voit que les deux artères vertébrales étaient réunies par une grosse branche transversale derrière leur réunion, pour donner naissance à la basilairc, semble avoir quelque rapport avec cette anomalie ; mais il est plus vraisemblable qu'elle consistait uniquement dans la réunion des artères spinales antérieures, puisque les deux vertébrales ne sont pas encore confondues derrière celte branche.
parce qu'elle rend plus sensible l'analogie entre l'artère basilaire et la spinale antérieure, qui ont déjà tant de rapports ensemble. Il n'est pas sans importance non plus de dire que, dans les deux corps qui m'ont offert cette disposition insolite, l'artère communicante antérieure des deux carotides internes présentait des scissures analogues. Cependant cette anomalie est bien plus commune dans l'artère communicante que dans la basilaire.
Des deux côtés de la basilaire naissent, a angle droit, mais la plupart du temps sous des angles un peu aigus en arrière, une grande quantité de branches , dont le nombre et le -volume varient beaucoup, et qui ne se correspondent pas parfaitement des deux côtés. Les plus petites s'enfoncent dans le pont de Varole et les nerfs qui en proviennent; les plus grosses , lors même que les artères cérébelleuses inférieures ordinaires existent, pénètrent jusqu'à la face inférieure du cervelet.
Quelques rameaux, les artères auditives internes [arteriœ auditivœ internœ), pénètrent dans le conduit auditif interne, se répandent dans le labyrinthe , et s'anastomosent avec les branches de la carotide interne et de la carotide externe qui s'introduisent dans cet organe.
i583. A son extrémité antérieure , au milieu du bord antérieur de la protubérance annulaire, l'artère basilaire se partage ordinairement en quatre branches, deux de chaque côté, la cérébelleuse supérieure et la cérébrale postérieure.
i38/j. La cérébelleuse supérieure, dont le calibre égale à peu près celui de l'inférieure, manque rarement d'un côté, cas dans lequel elle est remplacée par une branche de la suivante. Il lui arrive bien plus souvent d'être double, de sorte qu'alors l'artère vertébrale se partage en cinq branches , les deux cérébelleuses supérieures étant situées très près l'une de l'autre. Quelquefois, mais beaucoup plus rarement, elle naît à quelques lignes en arrière de l'extrémité antérieure de la vertébrale. Elle se porte transversalement en dehors et en haut, immédiatement derrière le bord antérieur du pont de Varole , inarche ensuite un peu en arrière, se contourne sur la protubérance annulaire, pour gagner le bord antérieur du cervelet, et
DE L'ARTÈRE SOCS-CtAVlÈRE. 56g
se partage en branches superficielles et profondes. Les premières marchent, d'avant en arrière, sur le dos du cervelet, jusqu'à son bord postérieur, où elles s'anastomosent avec les rameaux de la cérébelleuse inférieure ; les autres pénètrent de bas en haut dans les lobes antérieurs.
1 585. Les deux branches antérieures, artères cérébrales postérieures ou profondes, lobaires postérieures du cerveau, Ch. {arterice cereb ri poste riores , s. prqfundœ), sont beaucoup plusvolumineuses que les cérébelleuses supérieures. Elles naissent à angle aigu, et s'écartent beaucoup l'une de l'autre, en se portant d'arrière en avant et de dedans en dehors. Ordinairement , à peu de dist ance de leur origine, elles fournissent , de leurs parties supérieure et externe, plusieurs branches, dont quelques unes , assez considérables , se rendent aux pédoncules cérébraux, aux couches optiques, aux tubercules quadrijumeaux et à la valvule de Vieussens. Après un court trajet, elles se partagent en deux rameaux, Vartbre communicante et la continuation du tronc.
L'artère communicante est placée en dedans , et plus petite que l'autre. Elle se dirige de dedans en dehors et d'arrière en avant , et marche à la rencontre de la branche anastomotique de la carotide interne (§ i565), avec laquelle elle s'anastomose.
La continuation du tronc de la cérébrale postérieure, qui est ordinairement la plus petite des trois artères du cerveau proprement dit, provient quelquefois de la carotide interne avant sa bifurcation , et quelquefois aussi de la réunion des branches anastomotiques fournies par la carotide interne et la vertébrale. Elle se porte de dedans en dehors et de bas en haut, devant la troisième paire des nerfs cérébraux , et se contourne sur le pédoncule cérébral, à la face inférieure duquel elle donne quelques ramuscules, qui gagnent aussi les couches optiques et les tubercules quadrijumeaux, pénètrent dans le troisième ventricule, et se répandent principalement dans le plexus choroïde. Du reste, elle se distribue, d'un côté à la partie postérieure du cerveau et du corps calleux, ainsi qu'aux couches optiques ; de l'autre, et surtout , à la face inférieure des hémisphères du cerveau. Elle s'anastomose un grand nombre de 2. il\
fois avec les artères antérieures ou moyennes et les artères calleuses du cerveau, l'ournies par la carotide interne.
1386. Les particularités que les artères du cerveau présentent ont déjà été décrites précédemment, ou le seront lorsque je parlerai de l'encéphale.