‹ Manuel d'anatomie générale, descriptive et pathologique [electronic resource] (volume 2)Chapitre 356 sur 529 · I. ARTÈRE TIBIALE ANTERIEURE · texte numérisé non relu

I. ARTÈRE TIBIALE ANTERIEURE

i5oj. L'artère tibiale antérieure [arteria tibialis antica, s. rotularis) (3) décrit un angle peu aigu pour se porter en devant, au-dessus du bord supérieur de la membrane interosseuse. Parvenue à la face antérieure de la jambe, elle se partage en deux branches , l'une plus petite, ascendante ou récurrente, l'autre qui est la continuation du tronc ; celle-ci descend sur la face antérieure du membre, et se distribue au côté tibial tant de la jambe que du pied.

1508. L1 'artère récurrente, récurrente du genou, Ch. {arteria recurrens), donne des ramifications au muscle jambier interne , et, immédiatement collée à la fr.ee externe de l'extrémité supérieure du tibia , marche de bas en haut , pour se répandre en partie dans la tête du tibia , en partie aussi dans la partie externe et inférieure de l'appareil ligamenteux du genou et le tendon commun des muscles extenseurs de la jambe. Elle s'anastomose avec l'artère articulaire inférieure (§ i5o5-i5o6), et par elle avec la supérieure (§ 1498-1499), de même qu'avec les ramifications de l'artère crurale. On doit la ranger parmi les vaisseaux accessoires des membres inférieurs.

1509. Le tronc de l'artère tibiale antérieure descend sur la face antérieure de la membrane interosseuse , entre les mus-!

du coté gauche , la division se faisait t comme à l'ordinaire, dans le creus du jarret.

(1) Anat. mcd., t. IV, p. a3g.

(2) Account of unusual conformation ofsotnc muscles and vesscls ; dans Edinb. med.journ., vol. VIII, p. 283. — Barclay, toc. cit., p. 265.

(3) Je décris cette artère la première , quoique, d'après sa direction et son petit calibre , elle ne soit pas la continuation du tronc, parce qu'en ayant égard à sa distribution, on reconnaît qu'elle correspond à la radiale.

cles jainbier interne, long extenseur commun des orteils , et long extenseur propre du gros orteil, couverte par ces deux derniers. Elle donne en dehors et en dedans une multitude de rameaux courts et d'un petit calibre, dont les uns se répandent dans ces muscles, tandis que les autres les traversent pour se jeter dans les muscles péroniers, et pénétrer jusqu'à la peau.

Rarement, ce qui a lieu quand l'artère tibiale postérieure ou la péronière est plus volumineuse que de coutume, la tibiale antérieure se termine sur le dos du pied ou à la jambe. Quelquefois même elle n'existe pas du tout comme tronc distinct, et se trouve remplacée, à la jambe, par des branches perforantes de la tibiale postérieure, sur le dos du pied, par la péronière. Chez certains sujets aussi elle est oblitérée à la hauteur de l'articulation du pied, tandis qu'au-dessus et audessous de ce point elle admet le sang dans son intérieur, et se distribue comme à l'ordinaire (1). En général, c'est elle qui fournit les artères du dos du pied et du gros orteil.

Vers l'extrémité inférieure de la jambe, elle donne les deux artères malléolaires {arleriœ malleolares) , externe et interne, qui varient beaucoup, tant sous le rapport du lieu où elles prennent naissance , que sous celui de leur volume.

i5io. h1 artère malléolaire externe [arleria malleolaris exlernà) naît souvent un peu plus haut que l'interne, descend ensuite d'arrière en avant, entre le tibia et le péroné , appliquée immédiatement sur les os, et au-dessous des tendons des muscles péroniers, se jette en dehors, se répand sur et dans la malléole externe, envoie fréquemment aussi des ramifications à la partie antérieure de l'extrémité inférieure du tibia, en donne aux muscles court extenseur du gros orteil et abducteur du petit, et s'anastomose, tant, par un gros rameau, avec les branches récurreutes de l'artère du tarse, sur la face antérieure do l'articulation du pied, qu'avec les branches anté-

(1) Cette disposition n'est pas nécessairement une condition de première formation ; elle peut aussi, comme Burns l'a t'ait remarquer avec justesse (dans Barclay, toc, cit., p. a63), être accidentelle, et avoir «té produite par la compression. C'est ce qu'on doit surtout admettre dans le second cas.

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ricnres de la péronière , sur le côté externe du calcanéum. Cette branche est constante, mais tantôt plus et tantôt moins volumineuse; dans le premier cas, elle donne l'artère pédieuse, en totalité ou en partie. Quelquefois elle ne naît pas de la libiale antérieure , mai-; de la péronière , lorsque celle-ci est plus grosse qu'à l'ordinaire. Il est rare qu'elle soit Tournie par l'artère péronière, et plus encore qu'elle provienne de la tibiale postérieure.

1 5 1 1 . L'artère malléolaire interne {arteria malleolaris interna) naît ordinairement un peu plus bas que la précédente. Il n'est pas rare de la trouver partagée en plusieurs branches qui se détachent de la tibiale antérieure, l'une sur le tibia , et l'autre sur l'articulation tibio-tarsienne.

Elle marche de dehors en dedans, sous les tendons des muscles jambier antérieur et long extenseur des orteils, collée immédiatement sur le tibia, et, dans le second cas , sur le ligament capsulaire, gagne la malléole interne, distribue des rameaux ù cette éminence, à la capsule de l'articulation du pied , à l'astragale, et s'anastomose avec les branches de l'artère du tarse et de la tibiale postérieure.

Lorsqu'il existe deux malléolaires internes, elles communiquent aussi l'une avec l'autre.

Cette artère provient aussi quelquefois, mais plus rarement encore que la précédente, delà péronière ou de la tibiale postérieure.

1512. Après avoir donné les artères malléolaires, le tronc de la tibiale antérieure passe sous et entre les tendons du muscle long extenseur commun des orteils, au côté externe de l'extenseur du gros orteil, et arrive sur le dos du pied, donnant à droite et à gauche de petits rameaux qui se jettent dans le périoste, les ligamens dorsaux du carpe et les tendons tant de l'extenseur que du court péronier. Parvenu en cet endroit , il prend le nom (Vartère pédieuse ( arteria pediœa). Il est rare que celle dernière soit la continuation du tronc de la péronière ou de la tibiale postérieure.

1 5 1 5. De l'artère pédieuse naissent des branches internes et de.- branche!-, exlerries. Celles-ci sont plus nombreuses, plus grosses et plus constantes que les internes. On en dis-

tingue surtout deux , Vaitère du tarse et Yartère du métatarse.

Du côté externe de la pédieuse, tantôt plus haut et tantôt plus bas sur le dos du pied , quelquefois même au-dessus de l'extrémité inférieure du tibia, cas dans lequel l'artère malléolaire externe est très petite, naît V artère du tarse, sus-tarsienne, Ch. [arteria tarsea), vaisseau très considérable, dont quelquefois, mais très rarement, le calibre égale presque celui de la continuation du tronc de la tibiale antérieure , et auquel il conviendrait de donner le nom d'artère tarsienne externe [arteria tarsea externa), par opposition avec une autre branche qui lui correspond au côté interne.

Cette artère du tarse se porte transversalement en dehors , sur l'astragale et le calcanéum, donne des branches a ces os, ainsi qu'à la partie externe de l'appareil ligamenteux de l'articulation tibio-tarsienne et au tarse, envoie, vers la malléole externe, un gros rameau qui s'anastomose avec l'artère malléolaire externe (§ i5io), communique, sur le côté externe du calcanéum, avec l'artère péronière, fournit en devant d'autres branches qui s'unissent à celles de l'artère du métatarse, pénètre jusqu'au cuboïde et à l'extrémité postérieure du cinquième os du métatarse, s'anastomose aussi avec l'artère plantaire externe, sur le bord externe du pied, et distribue des branches tant au court extenseur des orteils qu'à l'abducteur du petit orteil.

i5i8. Vient ensuite Vartère du métatarse, sus-métatarsienne, Ch. [arteria melatarsea), qui naît également du côté externe de la pédieuse , et qui varie tellement, sous le point de vue du lieu de son origine , qu'elle est quelquefois une branche de l'artère du tarse, tandis que, dans d'autres cas, elle se trouve séparée de cette dernière par une distance de plusieurs pouces, et provient de la pédieuse, immédiatement derrière le bord antérieur du tarse.

Elle est ordinairement plus petite que la précédente, se dirige comme elle de dedans en dehors, affectant une marche d'autant plus transversale qu'elle naît plus en devant, et se trouve toujours placée au-dessous du' muscle péclieux. Elle j offre une convexité plus ou moins sensible en avant, et forme

une arcade, complétée en dehors par l'anastomose qui a constamment lieu entre elle et l'artère du tarse. Sur le bord externe du tarse , cette arcade est convertie , par des rameaux externes, plus petits, mais assez constans , de l'artère du tarse , en un réseau vasculairequi couvre la plus grande partie du dos du pied.

Quand cette artère naît fort loin en arrière, on en trouve ordinairement une seconde, plus petite, qui marche sur le bord antérieur de la face dorsale du tarse ,et qui communique avec la postérieure par des branches longitudinales fort analogues, dont le nombre et la situation correspondent aux intervalles des trois os métatarsiens externes. Cette seconde artère n'est pas tant une branche de la pédieuse que le résultat des anastomoses entre ces branches longitudinales et les artères interosseuses dorsales.

Quelquefois même il y a trois artères du métatarse , une troisième existant encore entre les deux dont je viens de parler.

Mais constamment il se forme', sur la partie antérieure de la face dorsale du tarse, ou sur la partie postérieure du métatarse, une arcade transversale, dont la convexité regarde en avant. Cette arcade contribue plus ou moins à la formation des artères interosseuses dorsales ( arteriœ interossece dorsales); mais elle y contribue toujours de concert avec les artères perforantes postérieures fournies par la tibiale inférieure.

On appelle arcade dorsale du larse (arcus dorsalis tarseus), celte anse vasculaire, qui varie beaucoup sous le rapport de l'étendue et de la complication.

Dans chaque espace compris entre deux os du métatarse marche une artère interosseuse dorsale. Ces artères sont toujours très grosses, et quelquefois d'un fort grand calibre. Leur nombre s'élève à quatre; mais la première, ou la plus interne, comprise entre le premier et le second os du métatarse, est considérée comme la continuation du tronc, et porte le nom très inconvenant d'artère dorsale externe du gros orteil ( arteria dorsalis hallucis ) .

foutes Ces arleres interosseuses dorsales se ressemblent par les caractères suivons :

i° Elles s'anastomosent, par leur extrémité postérieure, avec les artères perforantes postérieures.

a° Elles communiquent ayee les artères perforantes antérieures, par leur extrémité antérieure, entre les bases des premières phalanges des orteils.

3° Elles donnent , en dehors et en dedans, des branches au moyen desquelles elles s'anastomosent les unes avec les autres sur le dos du tarse , et qui se répandent dans les muscles interosseux externes, les os du métatarse, l'abducteur du gros orteil, et la peau de la face dorsale du tarse et des orteils. Les branches destinées aux orteils, dont chacune en reçoit au moins deux, l'une tibiale , l'autre péronière, sont les artères dorsales des orteils ( arteriœ digitales dorsales tibiales et peroneœ ) .

Quelquefois ces artères interosseuses supérieures se bifurquent antérieurement en deux branches , l'une tibiale , l'autre péronière , qui se rendent toujours à deux orteils différens.

De la partie externe de l'arcade du tarse, naît ordinairement une branche qui a aussi des rapports avec les inlerosscuses supérieures, mais qui se jette dans le muscle abducteur du petit orteil, et qui provient quelquefois de la quatrième interosseuse, c'est-à-dire de la troisième, d'après la manière dont on est dans l'usage de compter ces artères. Cette dernière donne en outre presque toujours une autre branche destinée au côté péronier du petit orteil , le rameau péronier dorsal de cet appendice, tandis qu'elle-même fournit le rameau tibial dorsal.

Quelquefois , mais rarement, la seconde interosseuse supérieure, qui est la première d'après la manière ordinaire de compter ces artères, ne provient pas de l'artère du métatarse, mais de la continuation du tronc de lapédieuse, et alors cette dernière correspond plus qu'elle n'a coutume de le faire à la partie moyenne de la face dorsale du tarse.

i5i5. Les branches internes de l'artère pédieuse sont plus petites que les externes. En général, elles ne sont pas moins nombreuses!; mais il n'y en a ordinairement qu'une seule qui présente un calibre remarquable. Celle-là se détache à peu

près dans le milieu du tar9e, un peu au-devant de l'extrémité antérieure de l'astragale. Le nom d'artère interne du tarse ( arteria tarsea interna) lui convient parfaitement.

Cette artère marche obliquement de dehors en dedans et d'arrière en avant, distribue des ramifications à la moitié interne des os du tarse, ainsi qu'au premier os du métatarse, à une portion du court extenseur des orteils et à l'abducteur du gros orteil, et s'anastomose avec la pédieuse sur ia face dorsale du tarse, avec la première véritable interosseuse, avec la plantaire, interne, sur le bord interne du pied, enfin avec la malléolaire interne , et contribue ainsi à la formation de l'arcade dorsale du tarse.

i5i6. Le tronc de l'artère pédieuse se partage, entre les extrémités postérieures du premier et du second os du métatarse, en deux branches : l'une est la continuation du tronc , la première artère du métatarse , appelée ordinairement artère dorsale du gros orteil (arteria dorsalis hallucis) ; la seconde, branche anastomotique profonde ( rarnus anastomoticus profundus ) , passe immédiatement à la plante du pied, entre les deux os , et forme, avec l'artère plantaire externe, Y arcade plantaire profonde (ar eus plantaris prof undus\ d'où naissent la plupart des artères plantaires des orteils ( arteriœ digitales plantares ).

L'artère dorsale du gros orteil se dirige ordinairement d'arrière en avant, sur le dos du pied, le long du bord externe de l'orteil, et là se partage en deux branches, qui deviennent, l'une V artère dorsale commune du gros orteil, l'autre la branche dorsale tibiale du second orteil.

Soit à l'endroit même de sa division , soit au moyen de l'une de ses deux branches, elle s'anastomose le plus ordinairement avec l'artère plantaire du gros orteil.

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